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EAN : 9782359251258
232 pages
La Découverte (01/10/2015)
4.02/5   30 notes
Résumé :
" Faire son deuil ", c'est l'impératif qui s'impose à tous ceux qui se trouvent confrontés au décès d'un proche. Mais se débarrasser de ses morts est-il un idéal indépassable auquel nul ne saurait échapper s'il ne veut pas trop souffrir ? Vinciane Despret a commencé par écouter. " Je disais : je mène une enquête sur la manière dont les morts entrent dans la vie des vivants ; je travaille sur l'inventivité des morts et des vivants dans leurs relations. " Une histoire... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Cyril_lect
  24 septembre 2018
Il est des ouvrages dont il est difficile de parler. La complexité de certains peut être un frein.
D'autres, en revanche, fouissent profondément et on ne peut que constater, par l'état de sidération dans lequel ils nous laissent, l'impact qu'ils auront.
On comprendra plus, on comprendra mieux, mais pas tout de suite. Les vagues de compréhension n'arrivent que plus tard. Elles seront là. Elles sont déjà là, mais nous sommes aveugles à nous-même. Comme une solution chimique, trop secouée. Il faut laisser sédimenter pour voir les nouvelles couches apparaître. La percolation des âmes n'est pas un processus immédiat.
On lit deux fois ce livre.
L'articulation des idées, le chaînage des concepts s'effectuent phrase après phrase, page après page, l'intellect remplit alors sa mission.
Vinciane Desprets note que "faire son deuil" se pose comme une injonction à ceux qui restent. Obligation de faire avec, de faire sans, pour passer ensuite à autre chose.
Pourtant, des vivants résistent, mais aussi des morts. Pas tous, certains.
La seule réponse donnée à cet étonnant état de fait ressemble à un hold-up. La théorie de l'esprit l'affirme : tout est dans la tête des vivants. Ce sont eux qui dénient la mort d'un proche. Ce sont eux qui doivent donc faire leur deuil. Et il ne saurait y avoir pour d'autres modalités d'existence pour les morts, que le souvenir.
Or c'est un territoire flou, un espace qu'habitent ensemble des morts et des vivants qu'explore Vinciane Desprets. Fait de signes à reconnaître. Des signes qui, parce qu'ils sont reconnus deviennent autant de conséquences qui instancient des causes. Des signes qui permettent de retisser du réel. Des signes des défunts qui ont encore quelque chose à dire, une partition à jouer, une signification à faire advenir dans le destin des survivants. Ils ont à re-susciter quelque chose chez leurs proches, avec eux (merveille du langage et jubilation du lacanien !).
Or la causalité des sentiments et des phénomènes qui nous lient aux autres ne sont pas du seul fait de celui qui les énonce, fut-il allongé dans le cabinet du psy. Les responsabilités sont toujours à co-construire dans nos façons d'être-au-monde. Nous faisons, mais nous laissons-faire, aussi. Nous percevons et relevons (ou pas) certaines paroles, certains signes. Mais cela reste toujours de la responsabilité de tous les êtres engagés dans ces processus. Vinciane Desprets montre que les défunts sont toujours partie prenante de nos mondes intimes. Et, être partie prenante, aussi fugace et ténu cela soit-il, apparaît comme une modalité d'existence à considérer, non ?
Lien : https://leslecturesdecyril.b..
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Taramacha
  07 avril 2022
Un livre qui nous incite à réfléchir non pas qu'à la mort mais à la place des morts dans le monde des vivants. L'auteur ouvre largement l'horizon des pensées en s'efforçant de ne pas juger les individus qui partagent leurs expériences. Et surtout elle propose une troisième voie. Elle nous incite à sortir d'une pensée binaire étriquée. Malgré l'intérêt du sujet j'ai eu parfois du mal à avancer dans ma lecture. Notamment par l'accumulation de notes de bas de page (alourdies par de nombreux remerciements) qui perturbent la fluidité du texte (selon mon expérience personnelle).
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Coutu
  31 décembre 2021
Lire Vinciane Desprets c'est apprendre à voir le monde différemment, c'est l'éloge de la nuance, c'est une douceur et une tempérance à chaque page qui font du bien. Je l'avais découverte avec Habiter en Oiseau je la lis à nouveau, et j'ai le même ravissement. Ce livre m'aide à mieux appréhender le monde de la mort, à regarder ce passage obligé de la perte d'un proche différemment. Il m'apprend à parler et à écouter autrement les choses et ca c'est déjà énorme.
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Albane78
  19 août 2020
Une approche originale et sensible de notre relations aux disparus et de la question du "deuil".
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fyvain
  10 mars 2020
Les morts font vivre les vivants pour continuer à vivre
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Cyril_lectCyril_lect   20 septembre 2018
Une femme du village de Mansfield, en Angleterre, avait promis à une amie proche alors très malade, qu'elle déposerait dans son cercueil un paquet de lettres autrefois écrites par son fils défunt. Dans le désarroi du chagrin, elle a oublié. Elle resta désemparée jusqu'à ce que, peu après, le facteur du même village décède. Elle alla voir la famille du facteur et lui demanda la permission de déposer les lettres dans le cercueil de ce dernier. Elle savait qu'elle pouvait avoir confiance : il serait aussi diligent comme facteur dans l'autre monde qu'il l'avait été dans celui-ci.
[p. 43]
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mamiegaurenmamiegauren   26 juin 2022
J'ai lu des romans que je n'aurais jamais lus, regardé des séries qui me seraient restées étrangères, vu des films qui n'auraient jamais attiré mon attention, fait des démarches que j'aurais estimées infécondes.
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mamiegaurenmamiegauren   26 juin 2022
"Ceux qui restent"...s'efforcent d'être à la hauteur de cette difficile épreuve que constitue celle de perdre quelqu'un --et d'apprendre à le retrouver.
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mamiegaurenmamiegauren   26 juin 2022
Ceux qui apprennent à entretenir les rapports avec leurs morts assument donc bien un travail qui n’a rien à voir avec le travail du deuil.
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mamiegaurenmamiegauren   26 juin 2022
...le projet de l'historien c'est justement d'historiciser, de montrer comment des conceptions, des relations, des consciences, des modes d'existence vont être favorisés ou nourris par certains contextes particuliers.
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Vidéo de Vinciane Despret
Vinciane Despret multiplie les casquettes. Philosophe, psychologue et éthologue. Cesser de voir la nature comme une objet de domination et donner la parole aux animaux, c'est ce que l'écrivaine propose dans "Autobiographie d'un poulpe" aux éditions Actes-Sud.
Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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