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EAN : 9782330081881
Actes Sud (13/09/2017)
3.77/5   26 notes
Résumé :
Prilepine ose et assume le romanesque pour raconter les Solovki – premier camp du régime soviétique a 160 kilometres du Pôle Nord, genese du Goulag – a travers l’histoire d’amour d’un détenu et de sa “gardienne”. Artiom, un jeune homme parricide (allusion assumée aux Frères Karamazov) est déporté aux Solovki et immergé dans la population, haute en couleur, des droits communs, des politiques, des membres du clergé, des officiers de l’armée blanche, des soldats de l’A... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
ninamarijo
  09 novembre 2017
Voilà un roman de 900 pages dont la lecture n'est pas toujours facile mais que je quitte à regret !
L'arrière grand-père de Zakhar Prilépine a été dans un camp allemand, « enfant il sentait, dit-il une grande histoire, mais dans sa famille on en parlait pas ». Voilà une raison suffisante pour prendre sa plume !
Zakhar Prilépine s'est bien documenté il a fait un énorme travail, mais le tout est un roman de fiction.
le roman se déroule sur « L'île aux mouettes et aux moines noirs qui a reçu le nom de Solovki », plus précisément, dans le monastère, cette forteresse construite au XVI siècle par Zosime, Savva et Germain moines ascètes.
Le monastère fut transformé en prison sous les tsars puis il fut, comme on a coutume de le dire «en laboratoire du Goulag » sous Lénine puis sous Staline. Zakhar Prilépine nous raconte en quelque sorte la genèse du goulag dans un récit gigantesque et tentaculaire.
Ce monastère est devenu le haut lieu de Orthodoxie.
Nous sommes en 1929 nous entrons donc dans cette prison avec le jeune Artiom, au-dessus des portes on peut lire : « Nous tracerons une nouvelle route sur la terre. le travail sera le maître du monde » ! La rééducation par le travail est donc l'idée rédemptrice !
Dans les années 20 ne pas oublier nous dit Zakhar Prilépine que « le pouvoir soviétique pensait pouvoir changer l'être humain ». Peut-être ? Mais ce ne fut qu'horreur !

Dans cet espace clos, se trouve rassemblé une population de toutes origines : ethnique, sociale, (paysans, aristocrates, riches et pauvres) religieuse, politique (tchékistes, bolchevicks) militaire (officiers de l'armée blanche, soldats de l'armée rouge) et des droits communs (criminels, voleurs, malfrats).
Tout au long du roman nous découvrons les conditions de vie dans le camp, et une multitude de personnages dont pour les plus marquants :
Artiom, jeune, vigoureux, et esprit libre ; mais il a pour défaut la fougue et la spontanéité de sa jeunesse qui ne le serviront pas toujours. Il a cependant une bonne étoile qui le protège ! Il aura la chance de connaître l'amour avec Galia, et il va tout faire pour ne pas mourir dans cet « antichambre de l'enfer ».
Eïkhmanis le chef du camp, « c'est un salaud, sinon comment aurait-il pu le devenir" dit Afanassiev le poête,
(Eïkhmanis a réellement existé il est d'origine allemande, à la fin du livre nous avons une petite biographie édifiante sur cet homme brillantissime).
Galia , jeune, avide de vivre, fait partie de l'administration du SLON elle travaille à l'ISO (cellule isolement des prisonniers). Elle va séduire Artiom et connaître l'amour. Galia c'est aussi l'autre personnage réel dans ce roman, elle a laissé un journal que Eïkhmanis a conservé, sa fille l'a offert à Zakhar Prilépine qui ne connaissait pas son existence ; Il est inséré en fin de roman.
Tous ces éléments sont du plus grand intérêt et éclairent sur la part de vérité dans le récit, pas si fictif malgré tout !
Vassili Petrovitch, l'homme qui veut prendre Artiom sous son aile, l'aider, l'éduquer et le protéger ; « dans cet endroit lui dit-il, il ne faut pas chercher à vaincre, il ne faut ni bravade ni suffisance ». C'est aussi le sage, celui qui dit : « ici tous peu à peu deviennent féroces, c'est effrayant nous avons une âme tout de même…"! Mais qui est vraiment cet homme, Artiom ne sait rien de lui ?
Afanassiev le poète, qui apporte une part de rêve, « parler avec eux, c'est comme écrire des vers : on trouve la rime et on dame le pion »
Solomonovitch le chanteur.
Les Tchétchènes, surveillants cruels et sans pitié.
Krapine le bourreau sadique, et Ksiva le pickpocket, le criminel, le truand bourreau qui harangue incessamment avec des paroles abjectes et insultantes.
A coté de toute « cette racaille » il y le bon père Ioan, celui qui soigne le corps et console l'âme, celui qui élève les « consciences au bien, aux valeurs existentielles et religieuses dans ce monde de violence et de trahison »
Enfin, au dessus du monastère et au-dessus de toutes ces têtes, planent, menaçantes une multitude de mouettes rieuses, moqueuses, criardes, assommantes, elles scandent ce fou et lugubre récit. Elles sont cruelles, voleuses et chapardeuses, tous les zeks affamés convoitent leur chair, mais, tuer une mouette est puni de mort !
Dans ce monde rude, ce monde de cruauté, le travail forcé est harassant, épuisant, mortel quelquefois. L'hiver il fait un froid intense, les zeks presque nus et affamés travaillent sous les coups des bourreaux qui sont souvent des détenus de droits communs ! La haine décuple la force les coups sont quelque fois mortels... Ce système vicié fonctionne à merveille !
La punition c'est l'isolement et les tortures raffinées à la Sekirka, cellule de toutes les horreurs. Tous sont horrifiés à l'évocation de ce nom ils savent que c'est la mort assurée, de froid, de faim et de tortures.
Je vous épargnerez toutes ces horreurs c'est dans le monde entier toujours les mêmes, indicibles, insupportables, l'homme est capable du pire et du meilleur et l'histoire ne sert pas de leçons !
Dans le camp il y a aussi une vie culturelle, une bibliothèque, un théâtre, un orchestre, on parle politique et philosophie, des soirées de discussions sont organisées, à l'insu des gardiens, chez Mezernitski le penseur, philosophe et agitateur avec ses idées contre révolutionnaires, Artiom, Vassili Petrovitch, Afanassiev, le père Ioan et d'autres y participent.
Des compétitions sportives ont lieu : « le sport c'est la rédemption de l'esprit, aussi importante que le travail." « Oui, nous dit Zakhar Prilépine à côté de la férocité il y avait ça » !
Heureusement, Zakhar Prilépine nous offre un havre de paix, une romance : l'amour entre Artiom et Galia. Ces deux-là vont s'aimer au péril de leur vie lors de rencontres furtives, érotisme et sensualité sont au rendez-vous
Puis, un jour, après une tentative d'assassinat du chef de camp, tout se dérègle, tout tourne à la folie, les violences se déchainent, les exécutions se multiplient.
Le récit change de ton et de rythme et commence alors, pour tous, une longue descente aux enfers… je vous laisse découvrir
Ce roman est une mine de renseignements sur l'histoire de la Russie, l'histoire de l'orthodoxie (la réforme Nikon et les vieux croyants), l' histoire des Solovki avec ses labyrinthes végétaux énigmatiques datant du II siècle avant JC, l'histoire du monastère, avec des canaux creusés par les moines et enfin la naissance du Goulag . « Les Solovki sont le reflet de la Russie où tout est comme sous un verre grossissant – authentique, désagréable, évident » nous dit Prilépine.
L'écriture de Zakhar Prilépine n'est pas toujours facile, son langage est imagé, ses comparaisons sont souvent surréalistes, les images sont insolites par exemple : « Il s'élevait de l'intérieur des gémissements douloureux de femme, comme si chacune d'entre elles était possédée non par un mâle de race humaine, mais par un diable aux testicules noircis par le feu et au sexe de taureau incandescent – mince, long comme une baïonnette et demie, qui ressortait, gluant, des profondeurs d'un ventre plein de vers et d'une puanteur gargouillante ». Ou encore : « il se sentait plein de poissons morts, sonores, dénudés, qui roulaient ici et là comme au fond d'une chaloupe » ou bien « une sirène retentit, longue et toujours inattendue- elle vrillait dans une tempe comme un foret et ressortait de l'autre côté, en tournant toujours, avec un bout de crâne à son extrémité ». Parfois le ton peut devenir humoristique même si l'endroit ne s'y prête pas.
Zakhar Prilépine sait créer l'ambiance, l'atmosphère est étrange, le brouillard, la pluie, la neige, la boue, le cri des mouettes. Enfin il nous dit dans un interview que dans son livre il parle aussi « des russes, de leur endurance et de leur résignation ».
Voilà je ne vous ai pas tout dit 900 pages ça ne se résume pas facilement, à vous de découvrir !


























































































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tynn
  31 mars 2019
J'ai un peu de mal à digérer ce gros plat de bortsch russe qui fait des clins d'oeil au goulag de Soljenitsyne et je n'ai tenu la distance que par mon souvenir (touristique et historique) des îles Solovki et de son étonnant monastère, isolé sur la mer Blanche.
Sous le bolchevisme triomphant, il fut un camp de travail où se côtoyaient autant des droits communs que des relégués politiques ou sociaux pour le moindre larcin.
La plume de Zakhar Prilepine dessine un « laboratoire de rééducation », une industrie pénitentiaire en monde fermé et ubuesque, dantesque dans son organisation administrative en strates de compétence, violente dans sa gestion, incongrue par la cohabitation d'individus aux parcours ou appartenances inconciliables, réunis par l'arbitraire de l'Etat.
Artium, 28 ans, éduqué, intelligent et opportuniste par nécessité, y est en relégation pour meurtre. Sa vie de prisonnier est un perpétuel challenge de survie pour éviter les punitions, les blessures et la maladie, le cachot, la délation et la faim obsessionnelle.
Sur un décor fort réaliste de l'époque, de la société et des lieux, s'invite une trame romanesque sans grand intérêt. Si on peut saluer l'excellence de la documentation, on doit ingurgiter un gros roman foisonnant et bavard, qui se noie dans les détails et les conversations, et qui arrive même à paraître burlesque dans ses excès dramatiques. Un mélange des genres pas toujours réussi, à mon avis.
S'il n'est pas sans intérêt pour les jeunes générations de remettre en lumière une page d'histoire de l'URSS, les plus anciens, dont je suis, trouvent là comme un parfum de déjà lu.
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ithaque
  09 mars 2018
Ce livre est puissant, 800 pages mais pas une qui baisse d'intensité ! C'est étonnant comme un écrivain (au passage officier russe) peut tenir son écriture avec autant de constance, fermeté, fluidité. Pas une phrase foireuse, inutile ou facile. Une véritable endurance militaire justement, quoique au service de l'art d'écrire, de la finesse d'analyse psychologique, introspection et projection dans l'esprit des autres. Ces trésors m'ont laissée coite. J'ai été sciée par sa force à faire apparaître les sentiments de ses personnages, ou inversement à faire comprendre que leur esprit se bloquait en chemin pour éviter d'être débordé par des réflexions qui vont leur ôter de la vie et de la puissance, ce qu'ils ne peuvent se permettre dans le contexte d'une survie au goulag.
Je l'ai lu en une semaine, avec l'impatience de retrouver Artiom, le "héros", sa force, sa jeunesse, sa grandeur d'âme, puis l'angoisse de voir au fil des épreuves les barrières de la civilisation tomber en lui comme des jouets et non comme les murailles qu'on les pensait être.
Il fait le choix de sauver sa peau et pour cela il doit renoncer à quasiment tout ce que la civilisation et même le raffinement de la culture avaient façonné en lui, mais qui ne se révèlent d'aucune utilité pour sa survie, voire même un poids encombrant et nocif.
Un moment, au coeur de ce goulag, on a l'impression que l'amitié va sauver le restant de beauté qu'il a réussi à entretenir avec quelques camarades choisis, mais, et c'est horrible, tout s'effrite sans recours.
L'amour est creux aussi dans ce contexte, car il est pris entre les tenailles des relations de pouvoir, falsifié, galvaudé; il lui est impossible de s'épanouir, les deux amants étant chacun à un pôle opposé du pouvoir (elle chef, lui prisonnier); rien de beau ne peut advenir dans ce contexte.
Oui ce livre est puissant et je pense qu'il va marquer durablement ses lecteurs.
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PatriceG
  06 août 2020
L'Archipel des Solovki
Long roman de 850 pages -c'est quasiment un pavé dans la tradition des illustres écrivains du 19e siècle - publié en Russie en 2014, en France chez Actes sud fin 2017. Etant pour le coup historique puisque l'action se situe dans les années 1920, l'auteur russe de 45 ans a donc mené un vrai travail d'historien, s'est rendu sur place pour enquêter, se documenter. Certains observateurs lui trouvent des accents de Dostoïevski, de Soljenitsyne, ce qui n'est pas pour surprendre puisque l'auteur fait souvent référence au goulag de l'auteur de la Journée d'Ivan Dénissovitch ; Tolstoï aussi en ce sens que l'auteur s'empare d'un thème fort, magistral et développe des considérations à la fois métaphysiques et romantiques autour de ça , mais pas dans le style en tout cas plus près de la dérision de Dostoïevski, les métaphores assez vertes, parfois un peu grasses, effectivement ne sont pas du Tolstoï qui n'en usait pas.
Cet écrivain est un homme courageux qui n'hésite pas à se confronter aux dures réalités de la vie de son pays, dans ses aspects belliqueux même, pour se faire son sentiment lui-même et en forger une vérité. Il est l'auteur contemporain le plus lu en Russie et a reçu de nombreux prix littéraires pour son oeuvre, en particulier le prix Bolchaïa Kniga en 2014.
le fameux monastère Solovetski dont la forteresse est avancée sur la mer Blanche(*), fondé en 1429, passa sous la tutelle de Ivan III en 1479. Il fut fermé par les bolcheviks après la révolution et devint le premier camp de déportation sous Lénine, puis sous Staline passa à un régime plus sévère pour devenir un véritable goulag
Aujourd'hui le site a retrouvé ses couleurs d'antan, une cinquantaine de moines y vivent : virés tous ces bâtiments expérimentaux staliniens à broyer de l'humain et désaffectés tous ces cachots minables et obscènes.
Je reviens juste un instant sur l'idée ipso facto de lui trouver une ressemblance avec ses illustres aînés, eh ben il faut qu'il soit lui-même avant de leur ressembler. Il ne faut surtout pas commencer par là, c'est le meilleur moyen de provoquer une déception chez les lecteurs. Des Tolstoï, il y en a un tous les 3 siècles ..et encore je suis parcimonieux !

Je veux rester sur une note optimiste après tant de souffrances abominables, sordides commises par des idéologues infâmes, minorités actives qui cachent toujours en leur sein un dictateur qui sommeille et qui attend son heure, qui ont manipulé les masses en leur faisant miroiter la lune. Dans le dernier monastère orthodoxe que j'ai visité, j'ai acheté aux moines des pirojkis. Chaque monastère à ses recettes comme ça, Ceux-là étaient rustiques: chou pomme de terre, ça ne caresse pas que le palais, ça réchauffe aussi les coeurs.
(*) La mer Blanche se situe au nord de Saint-Pétersbourg et en dessous de Mourmansk
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ASAI
  26 octobre 2019
Je venais de lire Kourkov, Svetlana Alexievitch et quelques romans slaves et les références m'ont amené sur ce roman et cet auteur. Grosse oeuvre, je l'ai lue avidement. Tant les résonances avec ce qu'il se passe à nos portes sont importantes. Prilepine (par ailleurs discuté pour ses positions politiques, dont je me fiche par rapport à son oeuvre d'écrivain) réussit à raconter comme un roman presque "drôle" une tragédie. Il ne met aucun pathos (à mon avis) ni (toujours à mon avis) aucune empathie et encore de sympathie. On peut lui reprocher. Il y a donc au fil de la lecture quelque chose de plus en plus froid. Je l'ai vu, lu comme une démarche volontaire... voilà où nous en arrivons. Voilà où nous en sommes et où nous en serons. J'ai terminé cette lecture, glacée, glacée que toutes ces tragédies auront été inutiles, il n'y a pas de leçon de l'histoire. Prilépine, de mon point de vue est effroyablement pessimiste et nihiliste. Mais il est bon écrivain. Et cette histoire doit être connue à l'heure où ce site comme celui de Tchernobyl et des camps en Sibérie deviennent des destinations touristiques en toute négation et tout oubli des millions de corps meurtris.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   05 octobre 2017
En une heure, il parvint à rêver d'un oeuf dur -- un oeuf tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Son jaune brillait de l'intérieur, comme s'il était rempli d'or, c'était chaud, c'était tendre. Artiom l'effleura pieusement de ses doigts et ses doigts se réchauffèrent. Il le cassa avec précaution, le blanc se coupa en deux, dans l'une des deux moitiés reposait le jaune, impudemment nu, excitant, comme animé de pulsations -- on aurait pu dire, avant de l'avoir goûté, qu'il était inexplicablement doux et moelleux, jusqu'à en donner le vertige. De quelque part, dans son rêve, apparut du gros sel, et Artiom sala l'oeuf, en voyant parfaitement tomber chaque grain, et le jaune devenir argenté : de l'or plein de douceur dans de l'argent. Pendant un moment, Artiom regarda l'œuf ouvert, incapable de décider par quoi commencer -- le blanc ou le jaune. Dans une attitude de prière, il se pencha vers l'oeuf afin de lécher le sel, d'un geste délicat.
Il se réveilla en sursaut, et comprit que c'était sa main salée qu'il était en train de lécher. p 29
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nadejdanadejda   21 octobre 2017
Le prêtre prit la place de celui qui était mort cette nuit-là.
Plusieurs détenus s'approchèrent de lui pour qu'il les bénisse, il les plaignait tous, leur caressait la tête.
(...) On avait l'impression que tout ce lieu s'était rempli des paroles du prêtre. Elles bruissaient comme des feuilles d'automne qui tombent. Lorsqu'il y avait un courant d'air, les mots s'envolaient jusqu'aux voûtes et se remettaient à tourbillonner doucement. On aurait pu attraper chacun d'eux dans sa paume. S'il y en avait un qui tombait dans un rayon de soleil, on voyait sa chair très fine parcourue de veines bleues. p 565-566
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ninamarijoninamarijo   21 octobre 2017
Nos Solovki, disait-il, sont un lieu étrange ! C'est la prison la plus étrange du monde ! Plus que cela. Nous pensons par exemple que le monde est immense et étonnant, qu'il est plein de mystères et d'enchantement, d'horreur et de charme, mais, nous avons quelques raisons de supposer qu'aujourd'hui même, les Solovki sont l'endroit le plus singulier qu'ait connu l'humanité.
Rien n'y est compréhensible ! Savez-vous, Artiom, qu'en hiver, sur l'aire d'abattage des arbres, on a laissé un jour, pour non-exécution de la tâche, trente personnes dans la forêt - et qu'ils sont tous morts de froids ? Que trois petits vagabonds qui avaient tué et mangé une mouette de ces lieux, ont été, au vu et su de Eïkhmanis , livrés aux moustiques après avoir été attachés, tout nus, aux arbres ?
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nadejdanadejda   14 octobre 2017
Quelque part, à proximité, retentit un coup de feu.
Artiom sursauta.
Il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour comprendre ce qui s'était passé : il le réalisa instantanément, sans avoir le moindre doute.
Sous le magasin se trouvait une prison où étaient enfermés de violents opposants au régime. Et des exécutions y avaient lieu de temps en temps.
Aux Solovki, on appelait cela "faire le grand saut", ce qui voulait dire "aller sous le Rozmag".
Le soleil brillait, et les mouettes criaient, et les vagues du golfe clapotaient.
Artiom chercha des yeux où s'était envolée l'âme de cet homme.
Elle s'était bien envolée quelque part ?
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nadejdanadejda   24 octobre 2017
-- On t'a frappé là-bas ? Qu'est-ce qui t'est arrivé ? demanda-t-elle doucement, et elle s'accroupit à côté de lui.
Ce mouvement précis, empreint de féminité, très beau, découvrit ses genoux et la ligne de ses hanches, pourtant cachés sous la jupe. Et même s'il ne redonna pas à Artiom le sentiment d'une autre vie possible, paisible, physique, source d'aucune douleur, il lui avait au moins rappelé son existence. p 640
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