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P.O.L.

Les Éditions P.O.L sont une maison d'édition française créée en 1983 par Paul Otchakovsky-Laurens (« P. O.-L. »), aujourd'hui détenue à 88 % par le groupe d'édition Gallimard. Les éditions P.O.L proposent un catalogue éclectique de haute tenue littéraire, de la littérature expérimentale au roman plus traditionnel. La maison est reconnue pour sa production importante de pièces de théâtre ou de recueils de poésie

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Dernières critiques
ELLELITHELENE
  25 juin 2018
Les garçons de l'été de Rebecca Lighieri
J'ai aimé et apprécié alors pourquoi seulement 3 étoiles ? hein pourquoi ? Et bien parce que si le début m'a attrapée au collet et emballée, j'ai trouvé que l'histoire s'essoufflait quand même bcp au moment où...je ne veux pas spoiler donc je vais parler par ellipse -seuls les initiés comprendront - c'est Ysé qui se met à raconter. Je n'ai pas trop adhéré à cette partie de l'histoire qui fait bcp référence à Stephen King et à son clown de ça. Sinon jusque là, rien à dire sinon que c'est sacrément bien mené et que l'auteur a certainement réglé qqs comptes avec la bourgeoise biarrote, ça m'a fait bcp rire, tellement cette description du microcosme biarrot est criante de vérité.
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Nadouch
  25 juin 2018
Les garçons de l'été de Rebecca Lighieri
Incroyable comme ce livre est angoissant ! Si le début s'attarde à montrer une belle petite famille bourgeoise bien-pensante, très vite on devine ses travers, et quand elle est frappée par un premier malheur (le fils aîné a la jambe bousillée par un requin en faisant du surf), le vernis se craquelle. Plusieurs points de vue alternent et montrent la lente plongée aux enfers de cette famille, menée vers le bas par cet aîné machiavélique…



Ce roman est hyper angoissant, surtout la fin, le dernier tiers m'a presque donné des cauchemars ! Très réaliste, très cruel, très bien écrit, vraiment un excellent thriller psychologique et littéraire !
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camati
  22 juin 2018
La douleur de Marguerite Duras
Sous le titre de « La douleur » ont été regroupées cinq nouvelles, mais c’est également le titre de la première, la plus longue, quatre-vingt-cinq pages, sorte de journal intime longtemps oublié, d’après l’auteure, dans un tiroir.

J’ai voulu relire ce livre à l’occasion de la sortie du film d’Emmanuel Finkiel (qui ne met en scène que les deux premières nouvelles) ; j’avais l’impression de ne pas l’ avoir apprécié à sa juste valeur, peut-être parce que ce n’était pas le bon moment, mais probablement parce que ce que j’avais lu de Marguerite Duras il y a longtemps ne m’avait pas enthousiasmée. Trop jeune, peut-être ?

Dans cette nouvelle, la narratrice/auteure semble monologuer : elle déroule sa pensée avec des phrases courtes, indépendantes. Le lecteur devient le témoin de ses sentiments : elle décrit l’attente, l’incertitude, l’envie de mourir même pour ne plus avoir à attendre. La certitude que Robert L., son mari, vit encore est aussi forte que la certitude qu’il gît mort dans un fossé.

Marguerite (car il s’agit bien là d’une autobiographie) passe par tous les sentiments : lâcheté, culpabilité, peur, amour, haine, qu’elle somatise. Son corps les exprime tour à tour : manque d’appétit, nausées, fatigue, fièvre, problèmes de sommeil, vertiges, souffrance.

L’incertitude est un supplice pour Marguerite. J’ai lu dans de nombreuses critiques que l’attente était la cause de la souffrance. Je pense que c’est plutôt l’incertitude teintée de culpabilité, d’une double culpabilité : de ne pas avoir été arrêtée elle aussi et de le trahir puisqu’elle en aime un autre. Lui, c’est la mort, elle, c’est la vie.

Dans le prologue, l’auteure affirme qu’elle n’a aucun souvenir d’avoir écrit ce texte : l’a-t-elle refoulé ? car elle ajoute que cela l’épouvante d’avoir écrit un tel texte. Personnellement, étant bien consciente de la puissance de notre cerveau et de notre inconscient, je n’en suis pas surprise. Nous pouvons (inconsciemment) éradiquer de notre mémoire ce que nous ne sommes pas capables d’affronter, de la même manière que l’on peut perdre connaissance ou dormir des journées entières pour ne plus avoir à faire face à l’intolérable. Quand ce n’est pas perdre la raison…. La question que je me pose est la suivante : mais qu’est-ce qui était donc aussi intolérable ?

Dans la seconde nouvelle, Monsieur X dit ici Pierre Rabier, l’écriture est différente. De la lenteur, voire l’immobilité, nous passons à un texte plus rythmé, avec plus d’allant, de la mort à la vie, alors que paradoxalement l’étau se resserre autour de Pierre Rabier qui s’achemine vers sa mort. Et la menace plane en permanence. Chronologiquement, cela aurait dû être le premier texte, puisque l’action se situe lorsque Robert a été arrêté mais pas encore déporté comme dans La Douleur.

Pierre Rabier, agent français de la Gestapo, qui a contribué à débarrasser Paris des Juifs, noue avec Marguerite une relation assez floue. C’est lui qui a arrêté Robert ; il semble attiré par cette femme mais on sent qu’il la manipule en même temps ; il voudrait arrêter d’autres responsables de la Résistance, en l’utilisant elle. Quant à Marguerite, elle voudrait des nouvelles de son mari et le réseau de résistance lui demande de ne pas rompre avec lui tant qu’ils n’ont pas trouvé le lieu ni le moment pour l’abattre.

Dans une troisième nouvelle, la Résistance devenue inactive car c’est la Libération, s’occupe de retrouver les donneurs de Juifs et de résistants, de remonter entièrement la filière car les gros poissons sont plus intéressants que les petits. C’est le moment de l’épuration, de la revanche ; ils font leur police et leur justice eux-mêmes, ce. qui n’est pas sans créer un sentiment de malaise

Contrairement aux deux précédentes nouvelles, celle-ci et la suivante sont écrites à la troisième personne. Marguerite devient Thérèse : est-ce son nom de résistante ou se désolidarise-t-elle de ces exactions ?

L’ambiguïté est certainement le point commun à tous ces textes, aux personnages-mêmes. L’ambivalence règne entre les bons sentiments et les moins bons. N’avons-nous pas tous en nous une part de victime et de bourreau ? Est-ce cela l’intolérable que je mentionnais au début de cette chronique ? Ter n’en est-il pas un bon exemple ? Il était devenu milicien, mais il aurait pu tout aussi bien entrer dans la résistance. A quoi cela tient-il ?

Peut-être suis-je influencée par le fait que je viens de « lire » un audio-livre, mais j’avais envie de lire celui-ci à voix haute. Il me semble qu’il est fait pour être dit, comme au théâtre. D’ailleurs la dernière nouvelle a fait l’objet d’une lecture au théâtre du Rond-Point à Paris. Monsieur X dit ici Pierre Rabier est en revanche plus visuel, plus cinematographique, et je comprends pourquoi cette nouvelle a été incluse dans le film sorti cette année.

J’ai donc finalement bien fait de redécouvrir La Douleur et vous invite à en faire autant.

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