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Actes Sud

Créée en 1978 par Hubert Nyssen, Actes Sud est une maison d`édition française installée depuis 1983 au lieu dit Le Méjan, à Arles. Son catalogue est varié, et propose littérature, essais, documents, beaux-arts, nature, cuisine, ou encore théâtre... Actes Sud a lancé en 2005 une collection de bandes dessinées et possède également Actes Sud Junior, spécialisée dans l`édition d`ouvrages jeunesse.

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Dernières critiques
latina
  14 juillet 2020
Débâcle de Lize Spit
Faut-il écrire un roman pour se décharger de toute la part effroyable que l’on porte en soi ?

Faut-il la partager avec des dizaines de milliers de lecteurs ?



Encore une fois, je me demande comment c’est possible qu’une jeune-femme-bien-sous-tous-les-rapports puisse se déchainer ainsi…

Déjà, je m’étais posé la question avec Adeline Dieudonné pour « La vraie vie », mais cette auteure avait présenté son histoire sous une forme originale, vive et poétique et je l’avais acceptée et même grandement appréciée grâce à cela.



En lisant ce roman ou plutôt cette débauche d’horreurs de sa compatriote Lize Spit, consignées d’une écriture « hyperréaliste » (oh ça oui !, mais pour moi, ce n’est pas de l’écriture, c’est juste l’effort d’écrire une phrase après l’autre sans effet de style, en utilisant le vocabulaire le plus cru, en décrivant des choses innommables de la façon la plus directe possible), j’ai repensé à Franck Bouysse et son « Né d’aucune femme » qui a été couronné du prix Babelio.



Alors, franchement, je sais que beaucoup d’entre vous vont me dire que je fais ma chochotte, mais je m’en moque complètement.

Pour moi, ce genre de littérature est une façon d’attirer le public toujours avide de sensations fortes et/ou une libération des fantasmes de l’écrivain.

Je n’aime pas cette littérature trop facile parce qu’elle suit exactement les penchants les plus malsains, inavouables et permis ici, puisqu’uniquement (d)écrits.



Un mot de l’histoire pour ceux qui, j’en suis sûre, s’y précipiteront tête baissée : une jeune flamande provenant d’un village de Campine en Belgique, d’une famille lamentable de parents poivrots et suicidaires, nous livre au compte-gouttes ce qu’elle s’apprête à faire en représailles d’un été caniculaire et désastreux quelques années après…

Un ennui profond durant deux-cents pages suivi d’une nausée de plus en plus vive les deux-cents suivantes vous saisiront peut-être.

Quelle débâcle !

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TiboLexie
  14 juillet 2020
Photo de groupe au bord du fleuve de Emmanuel Dongala
Méréana, après une énième inconduite de son mari, quitte le foyer conjugal pour élever seule ses deux enfants et sa nièce dont la mère, sa sœur, est décédée. Dépourvue de revenus, elle rejoint un groupe de casseuses de pierre au bord du fleuve où elles vendent leurs lots à des prix dérisoires.

Bientôt, le gouvernement annonce la construction d'un nouvel aéroport. Effet immédiat, le cours du gravier s'envole mais seuls les intermédiaires, les transporteurs en profitent. Le groupe, dès lors amené par Méréana va mener une lutte pour obtenir un meilleur prix d'achat de leurs marchandises.

Entre arrestations arbitraires, coups, blessures et intimidations émanant des hautes sphères du pouvoir, elles tenteront de garder la tête haute.



Beau récit qui montre la force de volonté et la dignité de ces accidentées de la vie. Cependant, la noblesse de leur combat ne saurait faire l'économie de la solidarité, de la sororité et d'un certain réalisme : sur le plan personnel car les parcours de vie supposent des choix de batailles parcimonieux ; sur le plan systémique car elles affrontent les conséquences d'une corruption ordinaire, d'un service public réduit et défaillant (état des infrastructures, hôpitaux…), et, surtout d'un patriarcat encore à l'œuvre où la femme subit.



Le ton engageant et le style agréable du roman donnent de la force au propos qui offre un exposé concret sur la condition des femmes dans certains endroits de la planète.
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luocine
  14 juillet 2020
Un bon Allemand de Horst Krüger
Au mois de novembre 2019, Eva a lancé le mois de littérature allemande. Et j’y ai découvert deux essais. Le premier, « Un Allemand de l’Est » de Maxim Leo, a été un coup de cœur. J’ai plus de réserves pour celui-ci, dont comme Patrice , je recommande quand même la lecture. Il a fallu que j’attende le dernier chapitre pour en comprendre toute la portée. En février 1964, Horst Krüger se rend à Francfort en tant que journaliste pour couvrir le procès des Allemands qui avaient travaillé à Auschwitz. Il est sidéré de découvrir que des hommes qui, pendant la guerre, ont commis les pires atrocités sont redevenus des Allemands ordinaires. Et c’est sans doute à partir de cette confrontation qu’il s’est efforcé de retrouver qui il était pendant cette période : « un bon allemand, qui a permis le nazisme sans adhérer complètement à cette idéologie ».



La première partie relate son enfance. Son père est un fonctionnaire qui s’élève peu à peu dans la hiérarchie de son ministère. L’ennuie, la routine, la peur du regard des autres caractérisent son enfance. On pourrait même penser que le nazisme a gagné en Allemagne car c’était un pays où les gens s’ennuyaient et n’avaient rien d’intéressant à faire. Il décrit aussi la domination de la noblesse prussienne qui méprise les gens de basses extractions comme son père. Un ami d’origine juive et russe donne un peu de piquant à sa vie de lycéen. Et puis, il raconte aussi l’horrible suicide de sa sœur qui, ayant avalé des produits toxiques, mourra à petit feu à l’hôpital, ses parents n’ayant qu’un souci maquiller le suicide en mort accidentelle.



La deuxième partie du livre raconte sa guerre et sa prise de conscience si tardive qui le fera quitter le front et se rendre aux troupes alliées. On voit alors, ce qui a souvent été décrit, à quel point, jusqu’au bout, certains Allemands étaient fanatisés et voulaient se battre à tout prix et surtout punir tous ceux qui essayaient de fuir le système.



Puis enfin cette troisième partie sur ce procès des bourreaux ordinaires qui est vraiment passionnante et sonne très juste. Rien que pour ce moment il faut lire Hörst Krüger et espérer que jamais un tel régime ne revoie le jour .
Lien : https://luocine.fr/?p=11359
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