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Critiques sur Son frère (54)
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rabanne
  14 décembre 2017
J'avais volontairement fait une pause après mon dernier roman de Philippe Besson (Les passants de Lisbonne).
Légèrement déçue par une sorte de langueur (paresse ?) dans la narration... Je suis donc ravie de revenir, pour la 6ème fois, vers cette plume sensible et authentique qui m'avait captivée dans Les jours fragiles, roman de la découverte !
Tout à été déjà dit ou presque sur Son frère, dont de bien jolis billets parmi ceux de mes amis. :-)
Ce roman est un hommage universel et un témoignage rempli de force, de respect et de pudeur, sur l'amour entre deux frères, unis pour le meilleur et le pire face à une put*** de maladie.
Les souvenirs d'enfance, le lieu de vacances choyé, viennent donner au récit introspectif (journal intime) des respirations poétiques et sensuelles, illuminant de fulgurances salvatrices ce texte forcément emprunt d'une réalité impitoyable...
Absolument prégnant, inévitablement émouvant. J'ai besoin d'air (!)
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isabelleisapure
  04 juin 2017
Il me paraît inutile de faire un long commentaire sur cette histoire simple et bouleversante.
Thomas est malade, très gravement, il va probablement mourir.
Lucas, son frère va l'accompagner pendant des mois, en espérant par sa présence faire reculer l'échéance.
Les deux hommes se retrouvent dans la maison familiale sur l'île de Ré et tentent de saisir les derniers plaisirs qui s'offrent à eux.

Philippe Besson signe un livre fort, juste et limpide qui se concentre sur la relation entre un condamné à mort et son accompagnateur ultime, témoin de la dégénérescence d'un corps, puis la disparition d'un autre lui-même : Son frère.

Philippe Besson a l'art de trouver des mots simples pour parler de l'inacceptable, la mort d'un être cher.




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1967fleurs
  06 juin 2017
Au-delà des mots… me voilà restée figée sur cette première de couverture de « Son frère », montrant un torse avec des grains de beauté, après ma lecture de « arrête avec tes mensonges »…de Philippe Besson, je fais ce lien avec sa relation avec Thomas Andrieux….

Les bras m'en sont tombés…., bercée par les premiers mots déjà lus….dans ce début de lecture suspendue… pendant cette période de latence, je suis déjà débarquée à l'Ile de Ré, avec ses maisons fleuries de roses trémières, décorées de vélos bleus, me revoyant au Phare des Baleines, à Ars en Ré avec ses venelles, à Saint Martin servant autrefois d'étape pour les condamnés au bagne et son port, aujourd'hui son embarcadère pour sa petite croisière vers Ford Boyard, l'Ile d'Aix…Que de merveilleux souvenirs face à cet élément qu'est l'océan, cette immensité qui vous rend si infiniment petit….

C'est sur cette toile de fond de «Ré la Blanche », ile de leur enfance, que se situe cette tranche de….vie entre Thomas malade et son frère Lucas qui va l'accompagner jusqu'à son inéluctable fin dans un amour sans faille, évoquant leurs souvenirs, leur amour pour la mer, leur rencontre avec un vieillard….

Cet auteur aborde tellement d'autres sujets, ceux qui gravitent autour du mensonge tacite de la mort, de la souffrance liée aux soins qui s'ajoutent à l'humiliation de la nudité….. l'acharnement thérapeutique, cette prise en charge médicale où parfois on se sent plus qu'un numéro de chambre…

J'aime la manière dont il parle du corps avec une pudeur sensuelle lieu où cohabitent souffrance et plaisir, où la mort et la vie se détachent par fragments successifs.

A travers des mots si justes, sont décrits la dignité d'une mère qui tente de ne pas fléchir face à l'histoire qui se répète …., pourtant c'est la déflagration, et la maladresse parentale qui auraient préféré un départ dans une autre logique…

A l'origine, je cherchais à lire un premier livre de cet auteur, trouvé en format poche, alors c'est sans calcul sur ce thème que je l'ai acheté. Mais je me suis surprise, la lumière éteinte, livre lu, fermé, de sentir des larmes couler. Je dois en convenir, certains de ses aspects m'ont profondément émue me faisant particulièrement écho.

Certes il s'agit d'un roman…mais durant ma lecture, je n'ai eu cesse de revenir à « Arrête avec tes mensonges »…. Philippe Besson dans « son frère » se confond très vite avec le narrateur, aux côtés de Thomas, son grand amour de jeunesse, … Selon moi, il y a un fil conducteur qui est de l'ordre de la broderie fine…..entre ces deux histoires.

« C'est là, au moment où nos routes se sont disjointes pour la première fois, que nous avons compris véritablement que rien ne nous séparerait jamais, que le lien qui nous unissait résisterait à tout, que seule la mort pourrait triompher » P52

J'ai beaucoup aimé ce livre sans mièvrerie, cette histoire tragique entre ces deux… hommes, émouvante, profonde, dans une écriture limpide, étrangement belle…
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Crossroads
  05 avril 2012
Alors que Luc Besson s'épanouissait dans le grand bleu , Philippe Besson , lui , s'illustre dans la grisaille , la noirceur , le mortifere...et c'est douloureusement beau ! Un cri d'amour magistral qui vous prend aux tripes et vous laisse pantelant...

Un court roman , paru en 2001 , qui vous seche de bout en bout !
Thomas et Lucas sont freres . S'ils furent toujours complices , la vie se chargea tout naturellement de les éloigner l'un de l'autre , un temps . Comme bien souvent , c'est cette chienne de vie qui se rappelle à votre bon souvenir , vous faisant toucher du doigt la fugacité d'une existence encore jeune et appréhender un futur de souffrances , prémice d'une disparition bien avant l'heure...
Thomas va mourir . Lucas le sent , il le sait . Redevenus Rétais volontaires et solitaires , c'est dans une communion saturée d'amour fraternel qu'ils vont se rapprocher , se redécouvrir pour finalement se quitter...

J'ai adoré ce premier Besson ! Un sujet grave traité avec beaucoup de retenue , de délicatesse mais surtout d'amour ! Besson alterne ces interminables et douloureux sejours hospitaliers avec ces lumineux souvenirs familiaux , vestiges de vacances inoubliables passées à Saint-Clément-des-Baleines . L'Ile de Ré , là ou tout a commencé et ou tout doit finir...Besson se fendra , d'ailleurs , de tableaux et de représentations aussi saisissants qu'évocateurs...
Lucas se pose comme un soutien indéfectible face à l'incompréhension , la maladresse d'une famille en état de choc . Pensez-donc , ce fils préféré qui se meurt quand l'autre , vil homosexuel , se porte comme un charme . La maladie n'est plus le seul ennemi à combattre...
Un récit qui traite fort justement de la maladie , de son rejet , de ses phases d'espoir alternant avec des désillusions bien plus nombreuses puis de son acceptation finale . Thomas l'accueillant comme un chatiment mérité au regard de son énigmatique " erreur de jeunesse "  . Posséssive , la maladie se veut compagne exclusive et maitrise le don de faire le vide autour de vous . Ce bouquin dénonce un acharnement thérapeutique systématique qui vient vainement se substituer à un accompagnement de fin de vie dans la dignité et le respect car Besson ne nous épargne rien des souffrances journalieres de Thomas , de ses nouveaux traitements voués , dés le départ , à l'échec , apres avoir suscité les espérances les plus folles...Le ton est incroyablement juste . Besson est toujours sur la corde raide sans verser dans le pathos...Comment ne pas succomber , ne pas s'abandonner devant l'inéluctabilité maitrisée de cette poignante oraison funebre...
Et que dire du final ? Grandiose ! Il n'est pas sans rappeler le Temps Qui Reste d'Ozon ou bien encore Deux Jours à Tuer de Becker...
Pour ceux qui désireraient se mettre au diapason d'un jour gris et humide et replonger dans la morosité , Chéreau a pensé à vous en tournant le film éponyme de tres bonne facture...

Son Frere , récit bouleversant et pudique d'une mort annoncée...
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Chrisdu26
  27 juillet 2013
Mon Ange,

Acheter ce livre était une chose, le lire en était une autre, je ne le savais que trop bien...

Il s'est passé presque deux ans avant que je puisse tourner cette première page. Deux ans pour que cette douleur s'atténue un peu, qu'elle soit plus douce pour accepter l'inacceptable. Je savais que ces pages auraient l'effet d'un boomerang, une explosion de souvenirs qui me remettait face aux méandres de ton silence, ton absence, du manque et de ce parcours cruel que fut notre chemin. Je te savais condamné, tu étais plein d'espoir. Je t'ai tenu la main et quand nous sommes arrivés tous deux au point de non-retour, comme un grand frère débordant d'amour, tu as commencé à lâcher ma main, je l'ai retenue. Encore un peu s'il te plait. J'étais prête selon toi. Alors comme un brave petit soldat, c'est seul que je t'ai laissé franchir cette porte, un lâcher prise, vers l'inévitable, mon frère vient de mourir.

31 juillet, Thomas meurt. Voilà les premiers mots de ce livre qui s'enfoncent comme un poignard. Plus j'ai mal, plus je poursuis cette marche funèbre, plus je m'enfonce dans un abysse de souffrance. Malgré la douleur, je continue comme pour me punir d'avoir un coeur qui bat encore alors que le tien n'est plus. Les larmes, les sanglots m'assaillent et puis ma gorge se noue, se serre, prête à m'étouffer, j'abandonne. Chaque ligne de ce livre me rappelle à toi, chaque phrase sonne le glas, chaque mot se diffuse comme un poison. INSOUTENABLE. Je n'ai pu finir ce livre. Trop déchirant, éprouvant. J'étais de nouveau au bord du précipice. C'est trop profond, cette douleur est trop lourde, ça fait encore trop mal. Pourtant que Philippe Besson me pardonne car ce récit est d'une intensité rare. Un face à face empreint de souvenirs magnifiques. Sa plume est pure, délicate, son écriture est sincère, chaque mot, chaque parole transpirent l'amour, le respect et la pudeur. Une trop forte émotion l'a emporté sur tout le reste. L'auteur raconte le douloureux parcours de Lucas et de son frère malade, Thomas. Il va mourir, il le sait, nous le savons. Dans cette chambre d'hôpital, ce n'était plus Lucas et Thomas, c'était toi, moi et ce putain de bip qui ne cessait de ralentir. le retour du boomerang était trop violent, j'ai refermé ce livre, j'ai jeté l'éponge…

Alors que dire de plus sans tomber davantage dans le pathos ? A ceux qui ont perdu un frère, attendez peut-être un peu que le temps cicatrise les blessures. Pour les autres, lisez-le, chérissez-le, ce livre est d'une beauté extrême qui vous fera aimer la vie.

J'ai compris aujourd'hui comme Lucas, que l'on ne guérit jamais d'une telle absence. On vit avec. Chaque jour quelque chose nous rappelle, Thomas, Toi. Une chanson, un parfum, un portable qui ne sonnera plus.

Lundi 19 septembre 2011 2h20 _____________________________

La vie ne sera jamais plus la même.

A mon frère José Antoine, Mon Ange, Je t'Aime.

Lien : http://marque-pages-buvard-p..
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Petitebijou
  17 septembre 2012
Cela fait déjà quelques années que plusieurs de mes proches m'ont conseillée de lire un ouvrage de Philippe Besson, mais à ce jour j'avais toujours trouvé autre chose pour satisfaire ma curiosité de lectrice. Malgré tout, j'avais gardé dans un coin de ma tête ce projet de lecture, et, allez savoir pourquoi, j'ai emprunté « Son frère » parmi les oeuvres de l'auteur présentes à la médiathèque la semaine dernière. J'ai choisi celui-ci un peu au hasard, poussée aussi sans doute par les dieux de la littérature.
Un peu hâtivement, j'ai toujours associé Philippe Besson aux écrivains parisiens quadragénaires médiatiques qui se complaisent un peu trop à mon goût dans le déballage introspectif.
Ce jugement a été plus qu'agréablement démenti par la lecture de ce magnifique roman.
« Son frère » raconte l'amour unissant deux frères « presque » semblables (et toute l'énigme de la fratrie réside dans le presque), à mi-chemin entre la trentaine et la quarantaine, alors que l'un des deux, Thomas, va mourir, frappé par une maladie terrible – dont la cause restera inconnue, qui aura raison de lui, et que l'autre, Lucas, décide de l'accompagner jusqu'au bout, d'être le témoin de la maladie érosive, et de tenter au moyen de l'écriture de mettre en mots le chaos.
Philippe Besson est funambule. Il marche sur un fil ténu au-dessus du précipice de l'impudeur et de la complaisance. Il réussit d'une manière subtile et intelligente à déjouer tous les pièges tendus par l'intrigue. Mais, encore plus étonnant, il ne choisit pas la mise à distance. Il ose parler sentiments, émotions, amour, se frotter au domaine sensible sans tomber dans la sensiblerie.
Son récit est à la fois d'une totale impudeur et d'une incroyable retenue. Rien n'est mièvre, compassé, facile. Tout sonne juste, honnête, sans complaisance. Les mots tranchent comme le scalpel sur la peau en souffrance : précis, secs, ajustés. Les larmes du lecteur coulent à l'intérieur comme l'hémorragie interne menaçant Thomas. L'auteur a du style, et ce n'est pas si courant.

Lucas raconte jour après jour la dégradation du corps du malade et l'apprivoisement de l'adieu pour celui qui va rester, seul, perdant son enfance en perdant son frère.
L'action se déroule de mars à septembre, entre scènes successives à l'hôpital et la maison d'enfance au bord de l'océan sur l'île de Ré. Intelligemment, l'action n'est pas chronologique, se présente à nous comme une sorte de mémoire rédigé par le survivant, suivant les méandres des souvenirs qui on le sait bien surgissent en nous comme un kaléidoscope dans les heures de grande tension émotionnelle.
J'ai aimé infiniment l'évocation de l'insouciance fraternelle lors des séjours estivaux, le rapport charnel avec l'eau matricielle dont on ne guérit jamais, le temps élastique. Ici, les souvenirs sont à la fois douloureux, puisque toute évocation, bien au-delà du sentiment du temps qui passe trop vite conduit à un adieu, mais constituent également le socle sur lequel s'est érigé le monument écrasant de la fraternité presque gémellaire, mystérieuse, faite de rivalité mais aussi d'une intimité unique qui sera bientôt perdue à jamais.
Plus personnellement, j'ai retrouvé mes propres ressentis de malade occasionnelle dans la description du monde hospitalier, du médecin drapé dans ses propos sibyllins, pontifiant et condescendant, aux infirmières dévouées mais impatientes, débordées, se blindant contre la douleur du patient, en passant par l'entourage dépassé par la peur dont les visites s'espacent peu à peu…
Très juste m'a semblé aussi le glissement assez brutal de la colère à la résignation par le malade, ce détachement du corps sans cesse exposé, examiné, brutalisé, qui finit par ne plus vous appartenir, devenir votre ennemi intime, et dont on vous dépossède au moment où vous auriez le plus besoin de vous réconcilier avec lui. Philippe Besson ne juge pas, constate seulement les parois étanches qui séparent les bien-portants des malades, les savants des ignorants, le miroir qu'ils se tendent tour à tour au fil des moments partagés tandis que le fossé séparant la vie et la mort se creuse de plus en plus.

J'ai cependant une petite réserve à formuler : j'ai trouvé l'évocation d'une histoire ancienne très mystérieuse concernant Thomas, révélée par un vieil homme énigmatique croisé par les deux frères, et dont on apprend le dénouement un peu trop attendu à la fin du roman, un peu superflue. L'intrigue aurait pu se suffire du roman à deux voix fraternelles, dans leur solitude à deux à ce moment crucial de leurs vies respectives. Il n'y a pas de place pour d'autres éléments au tableau, ou alors juste esquissés, comme le fait l'auteur avec le personnage de Lucas dont on ne sait pas grand-chose de la vie et des amours homosexuelles. La maladie tient les deux frères prisonniers dans leur relation moribonde. Finalement, le geste ultime de Thomas libère son frère, en un dernier message d'amour et de fidélité.
Mise à part cette légère réserve, « Son frère » est un livre magnifique, au parfum entêtant. On en sort un peu soulagé d'être soi-même vivant, d'aimer et être aimé. Malgré la tristesse du propos, le souvenir d'un bain d'après-midi d'enfance à la lumière d'un soleil qui réchauffe résonne comme une musique apaisante impérissable. Quelque part, notre enfance nous survit.

Lien : http://parures-de-petitebijo..
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diablotin0
  29 décembre 2016
Je n'ai pas les mots pour dire combien ce livre est bouleversant !
P. Besson a toujours une plume délicate et pleine de psychologie, mais dans "son frère", il y a une sensibilité à fleur de peau, exacerbée. Je ne parle pas de sensiblerie , pas du tout, il ne tombe pas dans le pathos, loin de là et c'est ce qui fait toute la beauté de ce livre on ne peut plus poignant.
Il décrit avec un simple mot, un simple geste un Amour indéfectible, inconditionnel, un Amour pur, celui de deux frères.
Lucas sait que son frère Thomas va mourir et il l'accompagne, ils sont ensemble, ils se comprennent, se respectent, s'aiment. Ce livre est beau, très beau, touchant , je ne pense pas que l'on puisse oublier cette lecture. Une fois de plus Merci Monsieur Besson pour cette leçon de vie...
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AgatheDumaurier
  17 mai 2017
Que voilà un beau texte !
Un texte sur la mort, funèbre, sans mièvrerie ni bons sentiments, sans espérance de l'au-delà, mais porteur d'un magnifique sentiment : l'amour, l'amour fraternel.
Un véritable chant d'amour pour un amour véritable, celui qui ne juge jamais, qui n'abandonne jamais, qui soutient l'autre en s'oubliant complètement, jusqu'à la fin.
Thomas, le frère de Lucas, tombe soudainement malade. Il sait qu'il va mourir, porteur d'un sentiment troublant de fatalité. Lucas l'accompagne du début à la fin, entre l'hôpital et les derniers jours, dans la maison familiale de Ré.
Je connais l'île de Ré, ses plages, son soleil et ses maisons blanches. J'ai pu facilement y accompagner les deux frères, ressentir toute la beauté et la nostalgie de leurs souvenirs enfantins.
J'ai apprécié la description sans complaisance de l'univers médical, où le corps aimé du frère, presque le sien, si semblable, devient l'objet d'une science qui torture et échoue, provoquant chez Lucas la haine des mandarins et l'effroi.
J'ai surtout apprécié le lien profond qui unit les deux frères, l'inutilité des discours, la connaissance intime de l'autre, l'oubli complet de soi, et le deuil impossible. Comme si l'on pouvait se remettre d'une telle absence, d'un tel vide creusé dans son propre corps et son propre esprit.
Bravo !
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marina53
  06 août 2012
Thomas découvre un jour qu'il est atteint d'une maladie incurable et qu'il ne lui reste que quelques jours à vivre. Révolté, désespére puis résigné, il reprendra contact avec son frère, pour renouer les liens du passé. Lucas accepte cette triste mission de l'accompagner vers la mort et faire que celle-ci se passe le mieux possible (autant que cela puisse l'être).
Ce petit roman de Besson est rempli de cet amour fraternel, un amour qui finalement semble indissociable entre deux frères, malgré les erreurs du passé. Lucas fait preuve d'une compassion surprenante, il l'accompagne, le soulage, le soutient, parfois au contraire des autres personnes de l'entourage de Thomas qui s'éloignent.
Malgré la maladie, l'acharnement thérapeutique de ce court roman , je ne retiendrai que ces instants de bonheur, de joie et d'amour qui unit ces frères.
L'écriture, comme un journal intime, est dépouillée et les phrases sont courtes. On vit passionnément cette maladie et cet amour grandissant.
Un récit triste et plein d'espoir.
Une rencontre fulgurante et bouleversante avec Philippe besson qui m'a beaucoup touchée...
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le_Bison
  04 décembre 2012
Le 31 octobre,

Mon précédent livre, un roman sur le Wyoming, une tranche de vie dans cet univers de corral, de ranch et d'âmes humaines. J'ai terminé également le fond de ma bouteille de Speyside. A quel whisky vais-je donc me tourner ? Il me faut choisir car je pressens que cette lecture-ci sera lourde, pesante et éprouvante, une lecture entre émotion et douleur que même ce liquide ocre qui coule dans mon verre ne pourra atténuer. Mais il sera nécessairement présent car je ne pourrais ressortir indemne de ce bouquin, c'est le 4ème de couverture qui me le prédit, la 1ère page me le promet également.

Le 1er novembre,

Je pars pour l'île de Ré et son extrémité Saint-Clément-les-Baleines. Au loin, la ligne d'horizon et la mer, fougueuse, impétueuse comme un mois de novembre déchainé. Pourquoi partir à l'autre bout du globe, chevaucher les latitudes, traverser les longitudes. Point de GPS, juste des vagues, un phare, quelques étoiles, un vent glacial qui fouette mon visage transi de froid, de vieux marais salants, des vieux sur un banc, mémoires de cette île. Je suis avec Philippe Besson, avec qui j'avais déjà partagé un Southern Confort dans un bar isolé de Cape Code, Chez Phillies. C'était « l'Arrière-saison ». Cette première rencontre marqua dans mon esprit une déception, un léger désappointement qui ne fut pas irrémédiable puisque je recroise sa route, même si cette fois, je ne traverse pas l'Atlantique. Je vais juste au bout… Au bout de l'île de Ré, au bout de mes émotions, au bout de la vie avec « Son Frère ».

« Son Frère » raconte donc l'histoire de Thomas et de son frère Lucas – ou inversement. Quand on est frère, c'est dans les deux sens. Ce n'est peut-être pas toujours le cas, mais là, je sens que les deux êtres sont proches. La maladie de Thomas y est peut-être aussi pour quelque chose, dans ce rapprochement, dans cette fusion fraternelle. Thomas est malade, ce sont les premiers mots du roman, mais Thomas va mourir aussi. Pas de suspens, je ne serai pas surpris par une fin mélodramatique. le drame est en entrée de jeu. Il est là, il va survenir. Thomas en est sûr. Les médecins se penchent sur son cas, mais ne savent pas grand-chose et ne peuvent donc apaiser sa douleur. Douleur physique mais aussi douleur morale.

Je referme le bouquin. Je me pose cette question : pourquoi lire un tel roman ? Pourquoi lire sur la souffrance, sur le désespoir, sur la mort même ? Est-ce une excuse pour me servir un verre, parce que l'histoire est trop dure, que j'ai besoin de souffler et de ne pas sombrer moi-même dans cette douleur humaine. A défaut, vais-je sombrer tout simplement dans l'alcoolisme ?

Le 3 novembre,

Je me sens comme un voyeur. Je me méprise. Je suis là assis dans mon canapé, un verre de Macallan (oui, j'ai choisi d'ouvrir un Macallan, surtout depuis que j'ai vu James Bond s'en servir un verre, 50 ans d'âge. Il y a un peu de James Bond qui passe ainsi dans mes veines). Je regarde cette souffrance. Je ne fais rien, ne peux rien faire même si je le voudrai. Mais je reste accrocher à ces mots, d'une rare intensité. Je suis coi, mon énergie a été pompée comme si le sang de mes veines s'était transformé en glace. Mais à la différence de Lucas et de Thomas, une fois que l'histoire s'achèvera, je pourrais refermer le bouquin et passer à autre chose, un autre quotidien peut-être plus gai, plus enjoué, où je n'aurais pas honte de boire mon verre de Speyside, de humer la verdure de ces landes écossaises. Mais Thomas n'est pas encore mort. Il lui reste quelques mois, semaines, jours ? Je ne compte plus, l'inévitable étant inévitable, je m'y suis préparé depuis la première ligne. Alors je reviens vers cette angoisse qui me noue la gorge, m'asphyxie, me terrifie.

Le 4 novembre,

La fin est toute proche, fin du livre, fin de Thomas. Je vais survivre, Lucas aussi. Mais pour quelles séquelles ? Je m'en remettrai. Bien sur. Mais je n'oublierai pas. Non plus. Il y a des histoires qui marquent une vie, qui laisse une empreinte presque indélébile. Je garde le ‘presque' en mémoire, car j'espère au fond de moi que certaines images s'effaceront avec le temps. Je ne sais toujours pas pourquoi je me suis attelé à une telle lecture. Mais je ne regrette pas ce choix. L'auteur ne regrette certainement pas, non plus, ses mots. Car il doit savoir qu'ils ont fait écho à ses lecteurs. « Son frère » est une remarquable histoire. Je reviendrai certainement à Philippe Besson.

Le 5 novembre,

Que lire après une telle histoire ? Qui va accompagner mon nouveau Speyside ? J'ai déjà une idée...
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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