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ISBN : 2070462447
Éditeur : Gallimard (19/03/2015)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 99 notes)
Résumé :
" Chez nous on cache son visage. Le corps, pas d'importance. Le corps va nu sous le soleil, le blond soleil qui brûle le jour, qui brûle la nuit.
Car chez nous il n'y a pas de nuit. Ce qu'on appelle la nuit c'est par commodité, quand l'amour vient aux amoureux, quand deux corps se serrent l'un contre l'autre comme deux épis de blé sous le même vent. Quand deux amants mélangent leurs jambes, on dit qu'ils font la nuit. Une nuit privée, une petite nuit de de r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
blandine5674
  20 avril 2019
Bobin, c'est comme un grand vin. Il faut, de temps en temps, boire ses paroles pour se sentir euphorique. Petit livre pour grandes idées sur son métier d'écrivain, la solitude, l'enfance, l'art, l'amour et sur nous, les lecteurs et lectrices.
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anne_le_bruit_des_vagues
  09 juillet 2015
J'ai pris, depuis quelques temps, une fort mauvaise habitude : celle, dès qu'un livre est terminé, d'enchaîner sur le suivant, celui se trouvant tout en haut de ma pile (énorme), de manière assez boulimique, je le crains. Et cela sans prendre ce temps précieux de poser mes idées, sans rien écrire sur ma lecture achevée. du coup, ne me reste, la plupart du temps, que le fil d'une histoire, le conte.
Or, l'histoire seule n''est pas ce qui, à mon avis, fait l'essentiel d'un bon écrit. Par exemple, dans ce livre-ci (que j'ai achevé voilà plus d'un mois...), il n'y a pas vraiment d'histoire. Plutôt un genre de journal tenu par l'auteur, sur ces petits riens qui, mis bouts à bouts, font le fil d'une vie toute entière. Des ressentis. Des émotions. Des moments.
Christian Bobin est particulièrement expert dans ce genre d'exercices : ici, il passe (apparemment ?) (une amie me dit qu'il est heureux s'il a écrit une seule phrase dans sa journée. Donc tous ses enchaînements doivent être pensés... ?) du coq à l'âne, en ayant souvent l'air de s'égarer. Mais il explique aussi très bien que, pour lui, un bon texte est constellé de "mauvais passages" (ici, malgré le fouillis apparent, je ne les ai pas vraiment trouvés...), de ceux où il ne se passe pas grand chose, parfois même rien du tout, mais qui sont précisément là pour permettre au lecteur de se centrer sur le meilleur du récit. Sur le message essentiel. le vecteur.
Je crois qu'il illustre là la vie dans son entier : celle de l'individu, pleine de creux et de pleins (les deux ensemble font une vie), mais aussi (cela n'engage que moi...), si j'ai bien compris les théories du monde quantique, celle où l'information passe en prenant le chemin du "vide" (pour les sceptiques, un lien franchement intéressant : http://www.canal-u.tv/video/cerimes/le_vide_quantique_source_d_energie_et_d_emerveillement.9347).
Poête ? Philiosophe ? Grande rêveur ? Visionnaire ? Bobin réveille de nombreux questionnements et ouvre beaucoup de portes. ..Et m'agace aussi, quelquefois... (parce que je le préfère romancier, même si je l'aime quand même (voui-voui, Monsieur Bobin, j'ose le dire : je vous aime), comme ici, "secoueur de neurones... ;)
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mumuboc
  23 juin 2018
J'ai eu l'occasion, à plusieurs reprises de découvrir cet auteur, à La Grande Librairie en autre….. et l'entendre parler, expliquer était un ravissement.
J'ai donc voulu le découvrir par l'écrit. Une précision s'impose dès maintenant : je suis assez peu sensible à la poésie, en général. J'ai du mal à m'y projeter, à m'imprégner, à comprendre sauf à quelques rares exceptions…. Peut-être un côté trop terrien de ma personnalité, pourtant….
L'effort pour toujours paraître intelligent est un effort stérile et, pour le coup, exemplaire de bêtise. (p61)
Difficile donc de parler de ce petit recueil de pensées de l'auteur sur sa vie, ses sentiments, sa façon d'être. C'est une déambulation très personnelle mais je m'y suis retrouvée dans son rapport à la solitude, la force qu'elle donne :
J'ai toujours craint ceux qui ne supportent pas d'être seuls et demandent au couple, au travail, à l'amitié voire, même au diable ce que ni le couple, ni le travail, ni l'amitié ni le diable ne peuvent donner : une protection contre soi-même, une assurance de ne jamais avoir affaire à la vérité solitaire de sa propre vie. Ces gens là sont infréquentables. Leur incapacité d'être seuls fait d'eux les personnes les plus seules au monde (p26)
Christian Bobin évoque son travail d'écrivain, la recherche du mot juste quand celui est prêt à sortir de sa plume, à son rythme, sans rien brusquer. Il nous parle d'amour également :
L'amour c'est quand quelqu'un vous ramène à la maison, quand l'âme revient au corps, épuise par des années d'absence. (p18)
et partage les moments de sa vie, ses réflexions, son vécu :
Ce qui fait le désespoir de tant de couples c'est un irrespect de la solitude native de l'autre. (p20)
Ecrire un billet après les mots de Christian Bobin est difficile : lui fait une analyse profonde de ses sentiments, certains nous parlent car nous les avons ressentis, d'autres sont parfois un peu plus obscures. On suit le cheminement de l'auteur (et cela me passionne) avec l'observation du monde, de la nature qui l'entourent.
Je lirais à nouveau Christian Bobin : il faut le découvrir par petites touches, je pense, comme une petite madeleine : ouvrir le livre, lire quelques phrases, s'en imprégner, les laisser vous pénétrer et faire le travail sur votre âme… Oh là là ça y est je suis contaminée.
Juste un dernier petit mot : la photo de couverture est superbe … Elle es d'Edouard Boubat / Rapho (Détail)
Lien : http://mumudanslebocage.word..
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Penylane
  04 mars 2019
Impossible de résumer ce livre.
C'est un livre dense et riche. La langue nous attrape et nous bouscule. Il faut laisser le temps aux phrases de se répondre pour les entendre dans tout ce qu'elles portent de sens et de poésie.
Ainsi on croise « L'amour c'est quand quelqu'un vous ramène à la maison, quand l'âme revient au corps, épuisée par des années d'absence. »
Laisser l'écho raisonner en nous.
« Il me semble que nous disposons dans la vie que d'une quantité limité de « oui » et qu'il nous faut, avant de les délivrer, les protéger par une quantité illimité de « non ».
Dans ce livre Christian Bobin veut, je crois, parler d'une rencontre et il n'en dira rien si ce n'est entre les phrases, de faire mille détours et pour finir d'écrire les trois dernières phrases à ce sujet.
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LN
  21 juillet 2015
"Lire pour se cultiver, c'est l'horreur. Lire pour rassembler son âme dans la perspective d'un nouvel élan, c'est la merveille." p. 66
En peu de mots, Christian Bobin offre l'essentiel : à partir d'une réflexion sur l'écriture, il nous livre la poésie du monde, nous fait prendre conscience du pouvoir des mots, nous emmène sur les ailes de l'espoir, du bonheur, du partage.
Tout à coup, le sens de la lecture s'éclaire, la vie s'éclaircit :
"Je crois que c'est ça, un artiste. Je crois que c'est quelqu'un qui a son corps ici et son âme là-bas, et qui chercher à remplir l'espace entre les deux en y jetant de la peinture, de l'encre ou même du silence." p. 30
"L'écriture, par le rythme d'une voix, le mouvement d'une phrase, calme la conscience ordinaire, et réveille une conscience du dessous, plus fine, à vif : l'écrivain est à la fois anésthésiste et chirurgien. Il endort l'âme avant de l'ouvrir." p. 55
Il apprend à aimer les autres, à aimer le monde, à s'aimer soi pour accueillir, ensuite, dignement, les autres et le monde.
"J'ai toujours craint ceux qui ne supportent pas d'être seuls et demandent au couple, au travail, à l'amitié voire, même au diable ce que ni le couple, ni le travail, ni l'amitié ni le diable ne peuvent donner : une protextion contre soi-même, une assurance de ne jamais avoir affaire à la vérité solitaire de sa propre vie. Ces gens-là sont infréquentables. Leur incapacité d'être seuls fait d'eux les personnes les plus seules au monde." p. 26
Etre solitaire, il peuple pourtant ses jours et ses phrases de rencontres confondantes : il convie des auteurs comme Maeterlink quand il parle de la substance des conversations ordinaires, Camus et son "étranger", des musiciens comme Glenn Gould qui lui apprend que "ce qui contrarie notre vie ne fait à terme que la fortifier", Jacques Tati et certaines scènes de "Mon oncle", des enfants qui dans leur innocence nous donne quelquefois des leçons de vie, une phrase d'André Dhôtel...
"La vie n'est pas une plaisanterie
Tu la prendras au sérieux,
Comme le fait l'écureuil, par exemple,
Sans rien attendre du dehors et d'au-delà,
Tu n'auras rien d'autre à faire que de vivre." Nazim Hikmet
Un texte essentiel d'une poésie et d'une beauté rare.
Lien : http://www.lecturissime.com/..
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Citations et extraits (99) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   27 novembre 2010
J'ai toujours craint ceux qui ne supportent pas d'être seuls et demandent au couple, au travail, à l'amitié voire, même au diable ce que ni le couple, ni le travail, ni l'amitié ni le diable ne peuvent donner : une protection contre soi-même, une assurance de ne jamais avoir affaire à la vérité solitaire de sa propre vie. Ces gens-là sont infréquentables. Leur incapacité d'être seuls fait d'eux les personnes les plus seules au monde.

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nadejdanadejda   21 avril 2014
La connaissance que l'on a des écrivains ne vient pas que de leurs livres, elle sort aussi de ce qu'on voit sur leurs visages --- comme si le fait d'écrire la vie changeait leur vie entière, corps et âme, en un livre battu par les vents, donné à tous. Camus, sur les photographies c'est le séducteur même, celui qui se laisse charmer par tout --- les femmes, le soleil d'Alger, la gaieté enfantine du sport, la fumée des cigarettes, la passion volage des idées. J'aime son goût adolescent de la lumière. Je l'aime aussi pour le mépris qu'il suscite chez les universitaires. Ces gens-là sont les plus morts que je connaisse. Le mort en nous c'est le maître, celui qui sait. Le vif en nous c'est l'enfant, celui qui aime, qui joue à aimer.
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nadejdanadejda   27 novembre 2010
Lire pour se cultiver, c'est l'horreur. Lire pour rassembler son âme dans la perspective d'un nouvel élan, c'est la merveille. 

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GeraldineBGeraldineB   23 octobre 2017
C'est le droit élémentaire de ceux que j'aime de me quitter sans aucune explication, sans raisonner leur départ, sans prétendre l'adoucir par des raisons qui seront toujours fausses. Ceux que j'aime, je ne leur demande rien. Ceux que j'aime, je ne leur demande que d'être libres de moi et ne jamais me rendre compte de ce qu'ils font ou de ce qu'ils ne font pas, et, bien sûr, de ne jamais exiger une telle chose de moi. L'amour ne va qu'avec la liberté. La liberté ne va qu'avec l'amour.
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nadejdanadejda   07 juillet 2011
L'amour n'est pas un sentiment. Tous nos sentiments sont imaginaires et, si profonds soient-ils, nous n'y rencontrons que nous-mêmes c'est-à-dire personne. L'amour n'est rien de sentimental. L'amour est la substance épurée du réel, son atome le plus dur. L'amour est le réel désencombré de nos amours imaginaires.
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Videos de Christian Bobin (53) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christian Bobin
pierre, Christian Bobin Éditions Gallimard collection Blanche
Le romancier exprime son admiration pour P. Soulages. Il guide le lecteur pour une visite de la maison et de l'atelier du peintre, lui fait entendre ses mots, lui montre ses tableaux avant de raconter son voyage en train vers Sète, à Noël 2018, pour commémorer l'anniversaire du peintre. Un ouvrage entre réflexion philosophique et portrait intime. ©Electre 2019
https://www.laprocure.com/pierre-christian-bobin/9782072866586.html
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