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4.08/5 (sur 2116 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Jujurieux, Ain , le 30/09/1934
Biographie :

Charles Juliet est un auteur français.

Quatrième enfant d’une famille pauvre, il a un mois lorsque sa mère biologique est internée dans un hôpital psychiatrique (à la suite d'une tentative de suicide et pour son état mental dépressif). Il est ensuite placé à l'âge de trois mois dans une famille de paysans suisses qu'il ne quittera plus.

A douze ans, il entre dans une école militaire d'Aix dont il ressortira à vingt ans, pour être admis à l'École de Santé Militaire de Lyon. Trois ans plus tard, il abandonne ses études de médecine pour se consacrer exclusivement à l'écriture.

Il travaille quinze ans dans la solitude avant de voir paraître son premier livre, "Fragments" (1973) préfacé par Georges Haldas (1917-2010). De ces "années lentes" remontent également des rencontres importantes avec d'autres artistes (Michel Leiris, Bram van Velde, Raoul Ubac, Pierre Soulages, Samuel Beckett...).

Il reçoit la reconnaissance du public avec "L'Année de l'éveil" (Grand prix des lectrices de Elle 1989), récit romancé de son expérience d'enfant de troupe. Il publie également aux éditions P.O.L un important "Journal" (tenu depuis 1957) en plusieurs volumes. En 2010, il reçoit le Prix Jean Morer pour l'ensemble de son œuvre.

Ses poèmes et autres ouvrages sont traduits en allemand, espagnol, italien, anglais (E.U.), polonais, japonais, vietnamien, turc, coréen, chinois. Charles Juliet a réalisé plusieurs séries d'émissions à France Culture et deux pièces radiophoniques ont été diffusées sur les antennes de cette station.

En 2013, il a reçu le Prix Goncourt de la poésie, pour l'ensemble de son œuvre et, en 2017, le Grand prix de littérature de l'Académie française, pour l'ensemble de son œuvre.

site : https://la_cause_des_causeuses.typepad.com/attentivement_charles_jul/
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Avec Marc Alexandre Oho Bambe, Nassuf Djailani, Olivier Adam, Bruno Doucey, Laura Lutard, Katerina Apostolopoulou, Sofía Karámpali Farhat & Murielle Szac Accompagnés de Caroline Benz au piano Prononcez le mot Frontières et vous aurez aussitôt deux types de représentations à l'esprit. La première renvoie à l'image des postes de douane, des bornes, des murs, des barbelés, des lignes de séparation entre États que l'on traverse parfois au risque de sa vie. L'autre nous entraîne dans la géographie symbolique de l'existence humaine : frontières entre les vivants et les morts, entre réel et imaginaire, entre soi et l'autre, sans oublier ces seuils que l'on franchit jusqu'à son dernier souffle. La poésie n'est pas étrangère à tout cela. Qu'elle naisse des conflits frontaliers, en Ukraine ou ailleurs, ou explore les confins de l'âme humaine, elle sait tenir ensemble ce qui divise. Géopolitique et géopoétique se mêlent dans cette anthologie où cent douze poètes, hommes et femmes en équilibre sur la ligne de partage des nombres, franchissent les frontières leurs papiers à la main. 112 poètes parmi lesquels : Chawki Abdelamir, Olivier Adam, Maram al-Masri, Katerina Apostolopoulou, Margaret Atwood, Nawel Ben Kraïem, Tanella Boni, Katia Bouchoueva, Giorgio Caproni, Marianne Catzaras, Roja Chamankar, Mah Chong-gi, Laetitia Cuvelier, Louis-Philippe Dalembert, Najwan Darwish, Flora Aurima Devatine, Estelle Dumortier, Mireille Fargier-Caruso, Sabine Huynh, Imasango, Charles Juliet, Sofía Karámpali Farhat, Aurélia Lassaque, Bernard Lavilliers, Perrine le Querrec, Laura Lutard, Yvon le Men, Jidi Majia, Anna Malihon, Hala Mohammad, James Noël, Marc Alexandre Oho Bambe, Marie Pavlenko, Paola Pigani, Florentine Rey, Yannis Ritsos, Sapho, Jean-Pierre Siméon, Pierre Soletti, Fabienne Swiatly, Murielle Szac, Laura Tirandaz, André Velter, Anne Waldman, Eom Won-tae, Lubov Yakymtchouk, Ella Yevtouchenko… « Suis-je vraiment immortelle, le soleil s'en soucie-t-il, lorsque tu partiras me rendras-tu les mots ? Ne te dérobe pas, ne me fais pas croire que tu ne partiras pas : dans l'histoire tu pars, et l'histoire est sans pitié. » Circé – Poèmes d'argile , par Margaret Atwood

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Citations et extraits (997) Voir plus Ajouter une citation
Si peu d’êtres savent qui vous êtes. Pourtant, ce n’est pas que vous soyez verrouillé, que vous refusiez le contact, ayez peur du regard qui pourrait se glisser en vous. Non. Ce sont eux qui ne vous prêtent pas attention, n’éprouvent pas le besoin de vous connaître, ne désirent pas recevoir plus que ce qu’ils vous ont permis de leur donner.
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"Il faut parfois toute une existence pour parcourir le chemin qui mène de la peur et l'angoisse au consentement à soi-même. A l'adhésion à la vie."
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Ma maison de mots, je la construis avec un grand souci de simplicité, de clarté, de rigueur. Pour bien recevoir mes mots, confie-toi au silence, rends-toi léger, transparent et laisse-toi bercer, porter, entraîner. Laisse les mots te pénétrer, rejoindre en toi ce qu’ils ont à te faire découvrir.
Et lorsque tu quitteras ma maison, je souhaiterais que tu sois plus clair, plus intense, que tu saches mieux voir, mieux aimer les autres et le monde, mieux apprécier les multiples beautés de la vie.
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Souvent, je n’ai en moi que des pierres. Pour que l’écriture me soit possible, il faut qu’elles fondent, que le feu intérieur les transforme en cette substance qui viendra se couler dans mes mots.
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Tes yeux. Immenses. Ton regard doux et patient où brûle ce feu qui te consume. Où sans relâche la nuit meurtrit ta lumière. Dans l’âtre, le feu qui ronfle, et toi, appuyée de l’épaule contre le manteau de la cheminée. A tes pieds, ce chien au regard vif et si souvent levé vers toi. Dehors, la neige et la brume. Le cauchemar des hivers. De leur nuit interminable. La route impraticable, et fréquemment, tu songes à un départ à une vie autre, à l’infini des chemins. Ta morne existence dans ce village. Ta solitude. Ces secondes indéfiniment distendues quand tu vacilles à la limite du supportable. Tes mots noués dans ta gorge. A chaque printemps, cet appel, cet élan, ta force enfin revenue. La route neuve et qui brille. Ce point si souvent scruté où elle coupe l’horizon. Mais à quoi bon partir. Toute fuite est vaine et tu le sais. Les longues heures spacieuses, toujours trop courtes, où tu vas et viens en toi, attentive, anxieuse, fouaillée par les questions qui alimentent ton incessant soliloque. Nul pour t’écouter, te comprendre, t’accompagner. Partir, partir, laisser tomber les chaînes, mais ce qui ronge, comment s’en défaire ? Au fond de toi, cette plainte, ce cri rauque qui est allé s’amplifiant, mais que tu réprimais, refusais, niais, et qui au fil des jours, au fil des ans, a fini par t’étouffer. La nuit interminable des hivers. Tu sombrais. Te laissais vaincre. Admettais que la vie ne pourrait renaître. A jamais les routes interdites, enfouies, perdues. Mais ces instants que je voudrais revivre avec toi, ces instants où tu lâchais les amarres, te livrais éperdument à la flamme, où tu laissais s’épanouir ce qui te poussait à t’aventurer toujours plus loin, te maintenait les yeux ouverts face à l’inconnu. Tu n’aurais osé le reconnaître, mais à maintes reprises il est certain que l’immense et l’amour ont déferlé sur tes terres. Puis comme un coup qui t’aurais brisé la nuque, ce brutal retour au quotidien, à la solitude, à la nuit qui n’en finissait pas. Effondrée, hagarde. Incapable de reprendre pied.

Te ressusciter, te recréer. Te dire au fil des ans et des hivers avec cette lumière qui te portait, mais qui un jour, pour ton malheur et le mien, s’est déchirée.
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Tant de choses pèsent rongent nous meurtrissent
Tant de choses me fatiguent me maculent
Tant de choses usent ma ferveur
Endeuillent mon amour des êtres et de la vie

Mais si avant au long des stagnantes années
Ces coups morsures déceptions
Me maintenaient dans la souffrance
Parfois dans l’accablement
Un insurmontable désespoir
Je dois reconnaître que maintenant
Depuis que j’ai traversé la nuit
Ils n’ont plus le pouvoir de me corroder
Me vouer à la détresse
Me contraindre au refus

Tout au contraire
Soumis à une alchimie qui les transmute
Ils ne cessent de me nourrir
De renforcer mon adhésion
De rendre plus grave et plus lucide
Le OUI par lequel j’accueille
Ce qui m’est consenti
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L’existence ne présente pas grand intérêt lorsqu’on a pour but que soi-même.
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Pour libérer les mots qui parleront à tous et à chacun, l’écrivain ne doit-il pas descendre au plus profond de lui-même, là où s’étend cette terre qui nous est commune, cette terre où il n’est plus de divisions, où rien ne me sépare plus de toi, où tous nous ne sommes plus qu’un seul.

Un seul corps. Une seule psyché. Une même aventure. Un même destin.
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C'est alors que tu ne peux plus te cacher ce que jusque-là tu as obstinément refusé de voir : tu vas quitter l'école pour n'y jamais revenir. [...] Ne plus jamais passionnément t'adonner à l'étude. Et ce monde que tu vénères, ce monde des cahiers et des livres, ce monde auquel tu donnes le plus ardent de toi-même, ce monde va soudain ne plus exister. Tes muscles se raidissent, tes mains se nouent âprement dans ton dos, mais tu ne peux rien contre ce sentiment d'effondrement qui te submerge, et à ta grande honte, deux lentes traînées brillantes apparaissent sur tes joues.
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Charles Juliet
perdu en mes pensées
au fond de ce café
où je suis seul

une visite

un moineau
sur ma table

(" L'opulence de la nuit")
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