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EAN : 9782203231375
437 pages
Casterman (13/04/2022)
3.75/5   42 notes
Résumé :
Kéva, petit royaume perché dans les montagnes, est réputé pour son peuple pacifique, naturellement tourné vers l'étude et le maintien des équilibres naturels. Aussi, lorsque ce pays est attaqué par un empire expansionniste, les Kévarks, malgré une résistance farouche, sont-ils annihilés brutalement. Mais un prêtre a survécu, dernier représentant de sa culture. Il se dirige vers le Lac Miroir, centre spirituel de sa contrée aujourd'hui asservie, afin d'assouvir, seul... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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(Lu dans le cadre du Prix Imaginales de la BD des bibliothécaires 2023)
J'ai bien conscience de détonner dans le concert de louanges qui saluent cette BD, mais sur moi, le charme n'a pas fonctionné. Alors bien sûr, le fait que ce soit une lecture imposée et non choisie, puisque mon CDI est inscrit au prix, a forcément joué. le thème ne m'inspirait pas du tout, et j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire, tout comme je vais avoir du mal à la résumer. Autre contrainte : comme nous ne l'avons pas commandée, j'ai dû lire cette BD sur l'écran de mon ordi, ce dont j'ai horreur et que j'évite au maximum. Je n'ai donc pas vraiment profité de la finesse du graphisme en noir et blanc, j'ai plutôt eu mal au crâne à force d'essayer de distinguer les détails.

L'histoire : un prêtre, unique survivant du peuple pacifique des Kevarks, apparaît mystérieusement assis au centre d'un lac, cerné par des guerriers Haïmars, ceux-là même qui ont décimé sa paisible tribu. Deux autres témoins assistent à la scène, une sorte de chasseur de prime centaure (un Scorne), et son assistant-rabatteur. On comprend assez vite que le Kevark est venu faire prendre conscience aux guerriers de leur lâcheté et de leur cruauté inutile. Toute l'histoire se déroule sur quelques heures, presque exclusivement dans un décor montagneux au centre duquel se trouve le lac.

On peut classer cette BD en Dark Fantasy, je pense, mais je ne suis pas une spécialiste. En tout cas je ne suis pas fan du genre, j'ai trouvé que les scènes étaient figées, même lors des retours en arrière, quand on voit comment les Haïmars ont envahi le territoire des Kevarks. le dessin est très beau, et le noir et blanc bien adapté, mais je ne suis manifestement pas le bon public pour ce type de BD.
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Aucun organisme ne peut grossir indéfiniment. Il finit inévitablement par s'effondrer sous son propre poids.
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Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre. Sa première publication date de 2022. Il a été entièrement réalisé par Amaury Bündgen, scénario et dessin. Il s'agit d'une bande dessinée en noir & blanc qui compte cent-deux planches.

Dans une zone très montagneuse, des rapaces vols au-dessus des cimes. Sur des pentes rocheuses, sans une once de végétation, une silhouette encapuchonnée avance. L'homme serre bien sa cape autour de son cou. Il avance posément, avec un rythme régulier. Son regard est calme, il contemple les sommets devant lui. Il s'arrête protégé par un énorme rocher, derrière lequel il se cache. Il regarde tranquillement par-dessus. Au loin, il aperçoit une demi-douzaine de silhouettes en train de monter la garde, une lance à la main, autour d'un feu de camp. Il continue de marcher, en faisant en sorte de rester masqué par les rochers, pour que sa présence ne soit pas détectée. Il s'engage dans une grande vallée en hauteur, et il s'arrête au bord d'un ruisseau de montagne. Il se désaltère. Il reprend sa marche et le vent souffle fort de face. Il arrive à proximité d'un lac de montagne, en prenant soin de ne pas être aperçu. Il observe et détecte d'autres sentinelles. Il déjoue leur attention et parvient à continuer à avancer. Il s'assoit adossé à un rocher et il médite. Quand les nuages masquent le soleil, il se lève et marche vers la rive du lac.

L'homme, un Kévark, laisse sa cape à capuche tomber à terre, il enlève ses bottes. Il prononce une courte incantation, effectue des passes avec les mains, en prononce une deuxième : une petite flamme apparaît entre ses paumes.il se sent investit d'une grande énergie. Il se remet en mouvement et il marche sur la surface de l'eau du lac. Arrivé au milieu de l'étendue d'eau, il s'assoit en position du lotus, toujours flottant à la surface. La nuit passe ainsi. À l'aube, un soldat haïmar va réveiller Osmir, un serviteur, pour qu'il aille chercher de l'eau lac. Celui-ci y va et commence à remplir sa jarre : il finit par remarquer la silhouette du Kévark au milieu du lac. Il va avertir les soldats haïmars. le soldat qui l'a réveillé se moque de sa frayeur, mais Osmir se montre insistant et les convainc quand il dit qu'il s'agit d'un Kevark. Un groupe d'une demi-douzaine de soldats va voir par eux-mêmes : c'est bien un Kevark, même si leur peuple a été exterminé. L'un d'eux rappelle que c'est un peuple d'illusionnistes et de menteurs. Dans une zone boisée non loin de là dans la même région, un centaure scorne suit la trace de son gibier, un roufle, aidé par Hardelin, son traqueur. Ce dernier se met à gesticuler en s'exclamant dans sa langue. le Scorne n'a pas tout compris, mais il a saisi le sens général : la proie est toute proche. Ils arrivent donc à l'issue de cette traque. Des préparatifs doivent être faits. le Scorne indique à Hardelin qu'il peut ranger sa lame. Il en faut une autre pour la mise à mort. Il lui recommande de bien prendre soin de ne pas sortir Aalbex de son étui. Les conditions ne sont pas réunies.

Le lecteur regarde la couverture avec sa partie basse, l'eau, et sa partie haute, les pentes d'une montagne et la rive, et le personnage en plein rite qui fait le lien entre les deux. Il se lance dans sa lecture : quinze pages sans texte à suivre un individu progresser dans la montagne, jusqu'à s'assoir en tailleur sur l'eau d'un lac. La narration visuelle se fait par des dessins en noir & blanc, avec un trait fin et sec, parfois un peu plus épais et gras, des aplats de noir assez réduits de forme irrégulière. Une passe magique avec une incantation dans une langue inconnue, un simple glyphe, puis un second, la manifestation d'une énergie qui emplit l'individu. Une coiffure étrange, comme des tatouages sur le bas du visage. En page vingt-deux, le fil narratif quitte ce personnage et les soldats du campement avoisinant, pour prendre en cours de route la traque d'un animal sauvage, un roufle, par un centaure et un humanoïde à grosses moustaches, mais au visage caché par une capuche. le trait est toujours aussi fin et bien dosé pour évoquer l'herbe de la forêt, les troncs d'arbre et leur texture, les rochers et leurs aspérités, le déplacement mi-homme mi-bête de Hardelin, la majesté un peu lourde du centaure, et la forme très exotique de son arme blanche. Mais que se passe-t-il ? le narrateur sait très bien ce qu'il fait, il dose à la perfection les ingrédients de son récit, la manière dont il les égraine. le cerveau du lecteur effectue le travail de manière automatique et inconsciente. Un homme à l'allure étrange, aux habits moyenâgeux : une forme ou une autre du genre Fantasy. Des soldats, une guerre ou plutôt une conquête. Un centaure : des créatures fantastiques, avec des us et des coutumes barbares ou primordiaux.

Le lecteur ne s'est rendu compte de rien : pourtant il est déjà en train de supputer, d'établir des liens de cause à effet, d'échafauder des schémas de fonctionnement, de s'interroger sur les motivations des uns et des autres, de projeter du sens sur la base des éléments épars dont il dispose. Il s'est pris au jeu, sans bien s'en rendre compte. Il regarde le Kévark (c'est le nom de son peuple, mais il n'est jamais mentionné son nom à lui) avancer dans la montagne et se prendre ce souffle de vent en pleine face, un instant comme il peut s'en produire en montagne. Il voit le Scorne tout à sa traque, une activité d'une grande importance dans sa culture, une traque qui participe à définir le personnage, sans qu'il n'en mesure bien toutes les ramifications. À partir de la page trente-deux, la situation est posée : un face-à-face entre ce Kévark immobile assis au beau milieu du lac, et le commandant de l'armée haïvar. La suite s'apparente donc à un face-à-face en deux parties, une nuit s'écoulant entre les deux, le commandant essayant d'établir le contact avec l'un des derniers représentants du peuple Kévark, d'abord avec un interprète, puis directement, et cet individu, peut-être un mage, seul face à une armée de la nation qui a anéanti son peuple. D'un point de vue narratif, cela constitue une gageure maintenir un suspense dans une longue discussion statique.

L'auteur s'en sort très bien, car plusieurs questions posées par le Kévark appellent une réponse développant des faits passés, ce qui donne lieu à leur représentation : des femmes esclaves, la mythologie du peuple Kévark, les conquêtes successives des Haïmars, leur formidable armée, jusqu'à une bataille entre ces deux peuples donnant lieu à une superbe illustration en double page, soixante-dix et soixante-et-onze. En fonction des séquences, l'artiste peut aussi bien réaliser une narration séquentielle traditionnelle à base d'actions découpées dans des bandes de cases, que glisser vers un registre plus illustratif, pouvant évoque Hal Foster et Prince Vaillant. Alors même qu'il sent bien l'immobilité de la confrontation de ces échanges verbaux, le lecteur ne s'ennuie pas visuellement. le commandant a clairement expliqué à ses hommes la nature du lac : il est magique car pour les Kévarks c'est le lac originel, celui dont ils sont sortis à l'aube des temps. Puis la discussion s'engage entre le commandant et le Kévark, par l'entremise du traducteur, un érudit tavoule. le Kévark semble bien calme. La confrontation s'engage entre l'envahisseur, le commandant à la tête de sa puissante armée, et le faible individu. le commandant explicite clairement ce qu'il en est : les forts écrasent les faibles, et les autres doivent prendre parti. le rapport ne force ne laisse pas place au doute.

Comme le Kévark au milieu du lac semble inoffensif, mais aussi inaccessible, le Haïmar accepte d'engager la conversation ; de toute façon, l'autre n'a aucune chance d'y réchapper. le fort donne donc sa version des faits, sa version de la conquête, sa version de la consolidation de la position de pouvoir de son peuple, la nécessité de faire plier les autres, de grossir. L'homme au milieu du lac pose des questions qui mettent en lumière les incohérences de cette version, le fait que ces démonstrations de force cachent une faiblesse, une inquiétude tout du moins. Il bénéficie en plus d'un témoin, le Scorne, un individu capable de réfléchir par lui-même, un allié de circonstance des Haïmars, mais qui ne leur est pas inféodé. le lecteur continue d'essayer d'anticiper les révélations, de détecter une conséquence implicite, une implication que l'un ou l'autre essaye de faire dire explicitement à son interlocuteur. Qu'est-il en train de se jouer ? Quel est l'enjeu ? Que peu un homme seul face à une armée ? Que prépare-t-il ? de temps à autre, une remarque en passant vient donner un autre sens à un fait évoqué précédemment.

En fonction de ses lectures passées, le lecteur peut estimer qu'il y a peu de chances qu'un récit de Fantasy de plus puisse receler beaucoup de surprises. Pour autant, il se laisse vite prendre à la narration visuelle, solide et délicate, claire et minutieuse. Il note les noms exotiques, les petits décalages anatomiques, la présence d'un centaure, des armes blanches. Il se rend compte que l'auteur a su capturer son attention, et que sa narration engendre une envie d'anticiper, de faire des déductions pour comprendre. Il se retrouve à jauger les deux camps lors de cette conversation où à l'évidence l'un comme l'autre cherchent à faire admettre sa vérité à son ennemi. Il se fait cueillir par la résolution de ce conflit, implacable, sans être prévisible. Un récit sans concession, en forme de jeu de pouvoir et d'intimidation, sur la détermination des forts, et celles des faibles.
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Et si vous étiez le seul survivant d'un peuple massacré par des envahisseurs ?
Et si vous disposiez de pouvoirs magiques ?
Que feriez-vous ?
Le petit royaume de Kéva n'existe plus. L'Empire haïmar se cesse de s'agrandir au détriment des autres peuples même les plus pacifiques.
Mais un survivant va orchestrer sa vengeance. Pacifique, oui. Mais il ne faut quand même pas exagérer.
Jolie BD toute réalisée à la plume et à l'encre de Chine qui accentue le côté minéral de décor montagneux qui sert de cadre à la confrontation entre le dernier Kévark, les Haïmars et un Scorne, sorte de centaure chasseur. Les changements de cadre, de points de vue donnent la drôle d'impression de tourner autour du rescapé. Il est le centre.
Comme dans une tragédie classique, la règle des trois unités est respectée : un lieu, une journée, une action. le lecteur se concentre alors sur le dénouement à venir. Comme le Scorne, peu concerné mais curieux il veut connaitre la fin de l'histoire. Et quelle fin !
Merci à Babelio et aux Editions Casterman pour cette découverte.
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Le rite raconte le face à face entre un prêtre d'un peuple décimé et un général d'une armée conquérante. C'est un récit de fantasy servi par un graphisme en noir et blanc, aux traits très fins, les nuances sont traitées en hachures, pas de gris en lavis, uniquement du trait, le style est réaliste et met en avant un univers de Fantasy peuplé d'êtres imaginaires, dans de superbes décors de montagne. Ce dessin et cette ambiance font penser à l'oeuvre de Sergio Toppi, ou encore au salammbô de Druillet. L'histoire est assez basique, teinté d'un lyrisme guerrier qui ravira les amateurs du genre, tout est dans le graphisme qui rend cette aventure magique, envoûtante et baroque.
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Déjà intrigué par les quelques planches du premier projet d'Amaury Bündgen, Ion Mud, j'ai été ravi de pouvoir découvrir son second roman graphique, le rite. Un grand merci d'ailleurs à Casterman et Babelio pour cet envoi.

Pensé en "one shot", ce récit de dark fantasy se déroule principalement en un seul lieu et sur un temps assez court. On a donc une sensation de huis-clos, voire de pièce de théâtre, où l'intrigue avance principalement par les dialogues entre le protagoniste, un moine qui est le dernier survivant de son peuple, et ses antagonistes, les hommes à l'origine de la mort de ses compatriotes. S'opposent alors deux visions, deux cultures, et on découvre les histoires et les motivations de chacun au-travers des flashbacks. Ce sont également ces derniers qui nous permettent de voyager un peu dans ce monde imaginaire pensé par Amaury Bündgen. Ainsi, comme un puzzle, les pièces s'assemblent progressivement pour nous permettre de comprendre l'objectif du moine vengeur et profiter du dénouement. À noter également la présence d'un guerrier "centaure-éléphant", personnage assez réussi, qui, entre spectateur et arbitre, intervient par moment pour prendre le parti du héros ou de ses adversaires.

Il ne faut donc pas attendre un récit spectaculaire, puisque tout passe principalement par les dialogues et les sous-entendus. L'auteur prend le temps de nous faire découvrir ce monde fantastique et nous évite des scènes d'action injustifiées. C'est d'ailleurs assez malin, parce que ses dessins, à l'encre de Chine, sont d'autant plus efficaces quand les sujets sont immobiles. Mention spéciale au servant du centaure qui fourmille de détails et semble tout droit sorti d'une planche de Grzegorz Rosiński. Par contre, dès qu'il y a du mouvement, on perd en naturel et en fluidité, et le style du dessinateur peine un peu plus à convaincre. D'ailleurs, je me questionne un peu sur l'utilisation d'une police numérique (plutôt que des textes écrits à la main) qui donne une fausse impression de digital aux dessins sur certaines planches.

Enfin, si Amaury Bündgen se montre un peu trop bavard par moment et aurait pu garder un peu plus de silences et de mystères dans son récit, ce dernier séduira très probablement tout amateur de dark fantasy. L'histoire se tient, l'univers présente de bonnes idées et le tout est porté par des planches détaillées agréables à regarder. On a donc très envie de suivre et de découvrir les futurs projets de ce "petit nouveau" dans le monde de la bande dessinée.
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critiques presse (4)
LigneClaire
27 juin 2022
Amaury Bündgen signe une œuvre puissante et montre un vrai talent. On est touché par le destin de ce Kévark, ainsi que par ce Scorne aux pattes d’éléphants. On pourrait presque penser au Chninkel de Rosinski et Van Hamme. Ce qui est un compliment.
Lire la critique sur le site : LigneClaire
ActuaBD
21 juin 2022
Hommage aux grands classiques fantastiques français du passé, Le Rite revendique sa modernité par ses dialogues au cordeau, et la riche variété d’humanoïdes qui peuplent les pages. De quoi revendiquer une identité plus que fédératrice.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Bedeo
25 avril 2022
Amaury Bundgën revient avec un one shot encore épatant !
Lire la critique sur le site : Bedeo
Elbakin.net
20 avril 2022
Une fable qui lève le voile sur un background fouillé et largement mis en valeur par l’auteur, qui signe, là encore, également le scénario de son album.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Tu fais montre d’un bel enthousiasme pour cette traque, mon fidèle, comme à ton habitude. Mais j’ai parfois autant de mal à te comprendre qu’à te suivre dans les halliers. Toutefois ta gestuelle ne laisse aucun doute : la proie est toute proche. Nous arrivons donc à l’issue de cette traque. Des préparatifs doivent être faits. Souhaites-tu t’imprégner de l’odeur du roufle une dernière fois ? Non ? Alors tu peux me ranger cette lame. Il nous en faudra une autre pour la mise à mort. Prends bien garde à ne pas sortir Aalbek de son étui. Les conditions ne sont pas réunies, ce serait une entorse grave au protocole. Sommes-nous prêts ? Commençons. Que le hasard guide ta main. La septième lame que tu tireras sera la bonne. Car sept est le chiffre sacré qui préside à nos destinées. Ourm, une lame brutale et sans pitié, comme l’était Pieds-Salés le troll noir. Il n’a pas eu ma pitié non plus. Behork, un étrange cadeau du destin. Elle était dans le ventre d’un monstre marin qui m’avala alors que je dormais sur la grève de Pâlins. Lorsque je fus enfin extirpé de son ventre, j’étais en Nouvelle Gobarre. Aglal, une belle lame de mon peuple. C’était le prix que je demandais pour ne pas participer au conflit des 803 tribus. Je lui préfère Aalbek de loin, mais elle est sincère dans ces découpes. Zamoz, qui signifie Reflets de Lune en haut-granicien. Une technique de forge oubliée lui a donné ces reflets moirés. De nuit, ils abusent l’ennemi qui ne la voit que trop tard. Elle vaut le prix exorbitant que je l’ai payée. Kettel, une lame aussi étrange que les circonstances qui l’ont mise dans mes mains : le sorcier Rottomagus me l’a donnée pour l’avoir assisté dans le Rangement de son atelier. À ma demande, il m’a ensuite jeté un sort d’oubli. Imbretta, l’orgueilleuse. Elle ne parle plus depuis qu’elle partage cet étui avec d’autres lames, mais sa rancœur décuple sa dangerosité. Je lui dois de nombreuses cicatrices. On dit la reine écarlate prête à endurer mon étreinte pour l’obtenir. Aucune de celles-là ? Alors ce sera Kikketulnaketi. Pog, le premier dieu du destin, est décidément bien joueur. C’est une lame étrange, Hardelin, et je ne l’aime pas beaucoup. Elle a été forgée par un peuple éteint d’hommes-oiseaux dans les étendues glacées du Poproï… Au commencement du monde… On ne sait rien d’eux, si ce n’est leur goût pour le macabre, les arts occultes et la divination. Cette lame est infusée de leur malice, et m’a causé bien des ennuis chaque fois que le destin l’a mise dans ma main. Mais je respecterai la coutume.
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Une escarmouche de votre point de vue. Un combat à mort du nôtre. Les dieux en sont témoins, nous nous sommes bien battus. Mais avec une telle infériorité numérique, c’était sans espoir. D’ailleurs, pourquoi tous ces renforts, Haïmar ? Sans eux, vous pouviez tout de même engager vingt soldats pour un des nôtres. Est-ce que vous aviez peur ? Peur d’un petit peuple pacifique n’ayant que peu de goût pour la guerre ? Lui préférant le luth, la poésie et la méditation ? Essayant de vivre en harmonie avec le grand tout, le Wada-Lud ?
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Le vent. Le vent me l’a dit Haïmar. Il m’a parlé de la multitude de soldats haïmars dans ce camp, et du Scorne dans les parages. Il m’a averti que tu te soignais grâce aux vertus curatives de ce lac. Cela m’a semblé le moment idéal pour mettre en place ce rituel… Et venger mon peuple.
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Inutile de revenir sur le début de cette histoire, d’une part parce qu’elle est tristement banale, d’autre part parce que vous en avez tous été des protagonistes. Je ne vous apprendrai donc rien. Cette histoire se répétera tant qu’il se trouvera des créatures prêtes à tuer pour des intérêts qui les dépassent, espérant au passage trouver un sens à leur existence, ou une gratification immédiate.
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Vos alliés d'aujourd'hui se retourneront contre vous... lorsque votre puissance vacillera. Ce qui ne manquera pas d'arriver, car c'est dans l'ordre des choses. Aucun organisme ne peut grossir indéfiniment. Il finit inévitablement par s'effondrer sous son propre poids. Ou parce qu'il a consommé toutes les ressources disponibles.
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