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La_Bibliotheque_de_Juju
  02 mars 2018
De Cali, je me souviens de ce titre entêtant, C'est Quand le Bonheur. Puis de cette chanson plus sombre, AMOUR M A TUER, au texte bouleversant.
Je me plonge donc dans la lecture de son premier livre avec plaisir, sans à priori.

Et je sors mitigé de ce texte désenchanté.

Bruno, 6 ans, perd sa maman. Et il va devoir continuer sa petite vie. Sans celle qui va tellement lui manquer.

Bruno (Cali) nous raconte ce deuil fait dans l'enfance et s'adresse à sa maman durant tout le livre en racontant à la fois son quotidien d'enfant et cette absence qui le brûle tous les jours.

Ce livre est émouvant, sensible, touchant.

Et pourtant, j'ai attendu la fin avec une impatience de plus en plus marquée. Très mauvais signe pour un livre qui ne fait qu'environ 185 pages.
Je suis évidemment touché par l'histoire, la vérité de ce roman. Mais l'objet littéraire a fini par devenir redondant et m'a laissé là, m'éloignant complètement de l'émotion recherchée. Je n'ai pas réussi à suivre le petit Bruno et son quotidien. En revanche, j'ai beaucoup aimé certaines pages sur l'absence et le deuil.

En résumé, c'est un livre qu'on a envie d'aimer. Je n'y suis pas arrivé à 100%.

Tant pis. J'espère ne pas avoir perdu mon âme d'enfant.

Lien : https://labibliothequedejuju..
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Cancie
  26 novembre 2019
M'étant régalée en lisant Cavale ça veut dire s'échapper de Cali, je n'avais qu'une hâte, lire celui qui l'avait précédé et qui était son premier roman, à savoir : Seuls les enfants savent aimer.
Si son deuxième roman racontait l'adolescence de Cali, de son vrai nom Bruno Caliciuri, le premier nous parle de son enfance où, à l'âge de six ans, il doit affronter le pire, c'est à dire à la perte de sa maman.
Jugé trop petit pour suivre l'enterrement, ne lui restent que des images de larmes et de peine aperçues derrière un volet mal fermé.
C'est ce vide laissé par l'absence de sa maman et le besoin d'amour immense que Cali va si bien nous décrire avec toute sa tendresse et sa naïveté et cet immense bonheur qu'il va ressentir lorsqu'Alec, nouvel élève, lui sourit. Voisin de Bruno, il l'invite à entrer : "Alec me présente sa maman. Elle n'est pas très grande non plus. "Maman, voici Bruno. C'est mon nouvel ami." J'ai envie de pleurer. Ces mots tombent en moi comme l'espoir d'une pluie sur un champ brûlé. J'aurais droit au bonheur ?".
Son frère et ses soeurs de même que son papa, ses grands-parents maternels et sa grand-mère paternelle l'adorent mais il y a toujours ce manque. Et quand le papa, abruti de douleur lui aussi, va s'arrêter plus souvent au bistro, le soir, c'est Bruno qui essaiera de le relever. Bruno souffre énormément de voir les gens qu'il aime, pleurer.
Ce petit Bruno, le narrateur, se révèle tout au long du roman d'une maturité étonnante et désarmante.
Ce pourrait être un roman triste mais Cali, au contraire, a écrit un livre radieux où l'amour envers ses parents, son frère, ses soeurs, ses grands-parents, son amour pour Carol "Je l'espérais depuis longtemps : tenir la main de Carol Bobé. La saisir délicatement et emmener ma bien-aimée au-dessus du village, vers la forêt.", sont relatés de manière naïve, mais tellement touchante, bouleversante et pleine de poésie, comme le vit un enfant. Quant à l'amitié qu'il va nouer avec Alec, elle est tout simplement merveilleuse.
Seuls les enfants savent aimer est un livre poignant qui parle à chacun d'entre nous. En effet, qui, au cours de son enfance, n'a pas perdu un être cher ?
Que ce soit en tant qu'auteur-compositeur-interprète ou en tant qu'écrivain, Cali révèle un immense talent.

Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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Fleitour
  08 avril 2019
Bonjour Cali

Je compte bien vous rencontrer à Quiberon pour le salon du livre, moi avec mes "fissures" vous avec Cavale...
Comment commenter "Seuls les enfants savent aimer", j'en suis incapable,
nos destins sont trop proches. Alors je dépose ce texte, il dit avec ma voix de 11 ans, un autre vécu de ces heures sombres.


Je ne perçois plus que son absence.
Ses rires se sont dilués dans le jardin de notre enfance,
la nature les a repliés dans les draps de ses souffrances,
la mère et son enfant se sont endormis sous la neige de l'hiver.


Je ne perçois plus que ton absence
et des points douloureux,
qui forment une ligne étrange à travers mon corps,
des points d'acupuncture.
Ton inconsolable absence a tout contaminé,
comme un immense sanglot sur tout mon corps.


La nuit venait se dérober à notre sommeil,
les jours mangeaient les nuits,
notre enfance s'ancrait dans le noir.
Un vide, a peu à peu, enfouis nos émois,
voilait de pluies mes souvenirs.
Les cauchemars se délectaient
ils chérissaient la peur,
et patiemment enveloppaient nos coeurs de honte,
enduisant notre peau de crachins.


Nous étions trois âmes errantes
de 5 , 6, et 8 ans
dans une maison devenue froide, privée de bruits,
aux espaces vides que nos mains ne savaient plus palper .
Aucune larme n'a coulé,
aucune plainte ne fut entendue,
mais une angoisse palpable,
increvable lessivait les murs.
Pareil aux brumes, l'absence
investissait chaque espace,
un nuage de cendres jointait les ouvertures pour l'éternité.


Tu es devenu un silence,
puis une pierre,
puis une prière dans le creux de nos entrailles,
et tous les jours un regard penché vers l'horizon.
Parfois une crevasse s'ouvrait sous mes pieds,
j'espérais alors
que mon pied glisse,
qu'il glisse pour te rejoindre.

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Jeanfrancoislemoine
  06 mai 2018
Cali était présent à "lire à Limoges" et le moins que l'on puisse dire est qu'il a fait ce qu'on appelle "un tabac" pour sa disponibilité, sa gentillesse.Ce sont les libraires que je rencontre, eux mêmes qui m'ont avoué avoir été séduits,contrairement à l'habitude de certains.Bon,ça ,c'est fait.
Ensuite,je dirai que c'est mon épouse qui a souhaité lire ce récit, tout simplement parcequ'elle aussi a perdu sa maman très jeune.Alors,oui,un choix motivé par un point commun qui marque à jamais toute une vie.Certains parlent d'exutoire,c'est sans doute vrai,mais ceux qui n'ont pas de talent littéraire peuvent se projeter,se reconnaitre,partager,se fédérer derrière un porte parole.
Et l'écriture ?oh,oui,ce n'est peut être pas du très grand art mais est ce la finalité de ce genre d'ouvrage?
Alors,le contenu... Oui,il faut remonter dans les souvenirs pour retrouver l'intensité de la morsure de la douleur.Bruno nous dresse un tableau terrible de sa détresse, son refus de la mort de celle dont la présence tutélaire plane sans cesse sur le livre,le papa n'ayant pas la force morale de combler,même partiellement le vide sideral qui aspire l'enfant vers les plus noires abîmes.
C'est un récit fort dans lequel on pourra ou non se reconnaitre en fonction de son histoire personnelle.Ces ouvrages doivent exister,l'être humain réagit de multiples façons face aux drames de la vie.Cali nous relate la sienne.Nul doute qu'il en porte encore le poids.Et si c'était pour cela qu'on l'a trouvé si attachant et remarquable sur le stand?
Je ne conseille ni ne rejette ce livre.Pour moi,j'ai aimé ,je sais que certains sont déçus .C'est au moins que personne n'est indifférent .
Cali a de nombreux talents,j'aimerais bien connaitre la suite de la vie du petit Bruno et savoir ce que sont devenus ceux et celles qui l'ont aidé à se reconstruire.
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saphoo
  28 janvier 2018
Un premier roman émouvant, à la plume poétique, sensible, fluide, pleine de douceur, de tendresse mais aussi de révolte, de rage… Bruno n'a que 6 ans, mais il a déjà une vision du monde dans toute sa grandeur, tant pour la beauté de l'amour que dans la cruauté de la vie. Perdre sa maman, c'est une chose, mais vivre sans amour d'une maman c'est une cruauté. On peut brûler des vêtements, des photos, mais on ne peut brûler les souvenirs, le manque de tendresse, le vide sidéral, le froid qui s'installe, jamais un feu si grand soit il ne pourra réchauffer la perte d'un être cher et vital.

Bruno, nous conte, sa souffrance, son manque, son petit monde qui s'écroule, et comment il va pouvoir se raccrocher aux wagons de la vie.

C'est juste, c'est dit avec des mots d'enfant mais avec le vécu qui transpire entre les pages, on ressent cette douleur, ce besoin d'amour, ce voeu de rejoindre les bras de sa maman pour l'éternité.

En tant qu'artiste, il est touchant, il se donne à fond lors de ses concerts, se jetant dans la foule, ses chansons sont à l'image du personnage, et son premier roman est généreux, sans pudeur ni retenue, j'aime Cali en tant qu'artiste, et j'aime encore plus Cali en tant qu'écrivain.

C'est un personnage authentique, sans chichis, qui défend ses opinions : « je serais toujours du côté des perdants » cette phrase résume à elle seule son combat, un être marqué qui reste sensible malgré tout à la beauté de la vie, mais aussi un révolté.

C'est très beau, sans trop ni peu, juste équilibre entre la douleur d'une enfance meurtrie, et le besoin d'être aimer et d'aimer.

A cela s'ajoute des phrases renversantes que je ne peux hélas pas reproduites toutes. Ouvrez ce livre et vous serez transportés.

Si vous avez une petite appréhension de lire un livre d'un artiste connu que vous n'appréciez pas plus que ça, mais que vous aimez les belles plumes, alors je peux vous certifier qu'ici Cali est plus compositeur qu'interprète. Ce n'est pas un artiste de plus qui sort son bouquin, c'est un être humain qui partage un part de lui, un besoin de mettre de la lumière sur cette ombre qui le poursuit. Mettre des mots sur des maux, ça ne résout sans doute pas tout, mais ça peut aider à avancer.

La musique des mots résonne à chaque phrase, la justesse des sons, l'harmonie de l'écriture, l'écrivain-poète est avant tout un musicien, pour ne pas dire un magicien.

Le livre en tant qu'objet est sobre, délicat, j'aime ce genre de livre, tout simple et aérien. Et la photo du petit Bruno enfant sur la banderole, nous aide à nous imaginer ce petit bonhomme qui a souffert, si petit et déjà si marqué par la vie.

Un immense merci à Masse Critique de Babelio de m'avoir sélectionnée, ainsi qu'aux éditions Cherche Midi pour ce partage.
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sylvaine
  07 mars 2018
Un seul être lui manque et tout est dépeuplé. Il a 6 ans, on est au le lendemain du 6 janvier, Mireille est "partie pour un long voyage"La mort n'existe pas mais l'absence oui . L'absence commence ce jour là où, caché derrière les volets, il voit passer le cortège qui accompagne sa mère à sa dernière demeure. trop petit, interdit d'enterrement! Il aura fallu longtemps à Cali pour mettre noir sur blanc sa souffrance d'enfant, l'absence d'une mère adorée, la flopée de larmes versées.C'est avec ce texte que je découvre Cali , ou plutôt un homme dont l'enfance a été bouleversée par la disparition de celle qui était irremplaçable . Les premières pages coulent de source, son émotion , son chagrin d' enfant, ses larmes sont palpables, chagrins intemporels qui parlent à tout un chacun . Un enfant orphelin mais entouré, ils sont nombreux autour de lui pour le rassurer même si parfois ils sont maladroits, taiseux ou trop malheureux . Et puis il y Alec , son ami et Marie-Josée sa maman ... Mais voilà il y a les larmes, encore les larmes , toujours les larmes . Les mots se suivent, ce n'est plus l'enfant mais l'adulte qui parle , le ton change et mon ressenti de lectrice aussi . Un texte exutoire , j'allais dire encore un ! pardonnez ma sincérité mais une fois encore j'ai l'impression d'être prise en otage dans un texte autobiographique qui s'il apporte beaucoup à celui qui l'écrit m'apporte en définitive bien peu . Bien sur une fois encore il ne s'agit que d'un modeste avis !
Un grand merci aux éditions Cherche midi via NetGalley !
premier roman présent dans la sélection des 68 premières fois hiver 2018
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sandrine57
  13 février 2018
C'est derrière les volets clos de la petite maison de Vernet-les-Bains que le petit Bruno suit la procession qui emmène sa maman vers le cimetière du village. A 6 ans, il a été jugé trop jeune pour assister à l'enterrement de celle qui va lui manquer tout le reste de sa vie. Car la vie continue, triste et vide, au milieu de ses frère et soeurs qui essaient comme ils peuvent de continuer à sourire et à aimer, et d'un papa qui de plus en plus souvent fait une halte au bistro avant de rentrer le soir. Enfant différent, solitaire, Bruno se console comme il peut, dans les bras de ses grands-mères, dans sa nouvelle amitié avec Alec, dans son amour pour le belle Carol. Ravagé par la tristesse, enragé par l'injustice, Bruno garde jalousement au fond de lui les souvenirs de sa jolie maman, pour ne jamais oublier, pour pouvoir affronter un monde qui désormais sera privé de sa présence douce et lumineuse.

Cali, le chanteur écorché-vif, nous raconte Bruno Caliciuri, le petit garçon orphelin de mère. Dans un récit plein de poésie et d'amour, il évoque ses 6 ans et tous les sentiments qui l'ont traversé à la mort de sa maman : tristesse infinie, solitude, manque insondable, rage, colère, refus de continuer à vivre. Mais la vie triomphe toujours et le petit Bruno connaît aussi des joies, l'amitié partagée avec Alec, le nouveau venu, les parties de rugby, les bras consolateurs de Pilar et Stella, ses deux mamies, une danse partagée avec Carol, son grand amour.
Les confidences du chanteur, pleines de peine et de fureur, racontent cette blessure à jamais ouverte, cette fragilité qu'elle a laissé en lui, ce besoin d'amour couplé à la peur de perdre encore une fois l'être aimé.
Une belle déclaration d'amour.
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AudreyT
  23 juin 2018
***

Cali est un chanteur connu et reconnu. C'est à l'age de 6 ans qu'il perd sa maman, et toute sa joie de vivre. Que comprend-on de la mort quand on est encore qu'un petit garçon ? Comment dire adieu à sa maman, quand on le prive d'un dernier au revoir lors de son enterrement ? Et comment accepter d'être heureux quand on a si mal ?

Cali évoque dans son premier la blessure vive et intense qu'il éprouve suite au décès de sa mère. Beaucoup de pudeur, beaucoup de tendresse, dans les mots qu'il choisit pour dire tout son amour et la douleur du vide... Touchant, ce petit garçon attendra toujours le retour de cette femme aux yeux verts qui lui manque tant...

Merci à NetGalley et aux éditions du Cherche Midi pour leur confiance...
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hcdahlem
  26 janvier 2018
La vie sans elle
« 7 janvier, six ans, Vernet-les-Bains, enterrement de maman, interdiction d'y aller, ai tout vu de la chambre, volet mal fermé, ne pas pleurer. » Tout est dit, ou presque.

De Bruno Caliciuri, alias Cali, on connaissait l'habileté à associer des paroles fortes à des musiques pop-rock. de Rage, son livre d'entretien avec Didier Varrod, on sait l'origine de ses engagements, de sa famille italienne et espagnole, de son attachement au pays catalan. de la superbe chanson qui donne aussi son titre à ce premier roman Seuls les enfants savent aimer, on comprend que l'amour dont il est ici question est d'autant plus fort qu'il a la pureté d'une grande étendue blanche:
La neige est tombée cette nuit
La neige c'est l'or des tout petits
Et l'école sera fermée
Seuls les enfants savent aimer
À la fenêtre j'ai chaud au ventre
La neige n'a pas été touchée
Dehors la rue qui se tait
Seuls les enfants savent aimer
Je passerai te prendre
Nous irons emmitouflés
Marcher sur la neige les premiers
Seuls les enfants savent aimer
Nous marcherons main dans la main
Nous marcherons vers la forêt
Et mon gant sur ton gant de laine
Nous soufflerons de la fumée
Nous ne parlerons pas
La neige craquera sous nos pas
Tes joues roses tes lèvres gelées
Seuls les enfants savent aimer
Mon ventre brûlera de te serrer trop fort
De là-haut le village
Est une vieille dame qui dort
La neige est tombée cette nuit
La neige c'est l'or des tout petits
Et l'école sera fermée
Seuls les enfants savent aimer
https://www.paroles.net/cali/paroles-seuls-les-enfants-savent-aimer

Dès les premières lignes, on comprend que la personne à la fenêtre est un petit garçon de six ans qui vient de perdre sa mère. « 7 janvier, six ans, Vernet-les-Bains, enterrement de maman, interdiction d'y aller, ai tout vu de la chambre, volet mal fermé, ne pas pleurer. » S'il n'y a pas d'école en ce jour, c'est parce que le défunte était l'institutrice de ce petit village des Pyrénées-Orientales, au pied du Canigou.
À la douleur vient s'ajouter la colère, car Bruno n'est pas autorisé à accompagner les autres membres de la famille à l'enterrement, sans doute histoire pour le préserver.
Mais de la chambre où il est consigné, il voit ou devine presque tout de la cérémonie.
Et comprend qu'il lui faudra désormais apprendre à vivre sans la personne la plus importante de sa vie, même s'il lui reste frères et soeur, même s'il lui reste son père,
Même s'il lui reste Octave et tata Marcelle, leur chienne Diane, même s'il lui reste Arlette Buzan, la très bonne amie, son mari René et leurs enfants Bruno, Lili et Domi.
Il a beau les aimer tous, le vide demeure béant.
Il est où est le bonheur, il est où? Bruno en trouve des miettes dans la compagnie de son frère Aldo, de sa soeur Sandra qui, à douze ans, a pris les rênes du ménage «elle sauve comme elle peut notre famille du naufrage». Il y a aussi les repas du dmanche soir chez les Buzan quand il a droit aux câlins d'Arlette. « S'il reste un peu de joie, nous nous pressons pour la goûter autant que possible. »
Il ya enfin Alec, le vrai copain qui souffre avec lui et la belle Carol, sorte de fée qui rayonne dans toute la cour de l'école. Carol qui lui offrira un sourire quand il dansera avec elle une sardane, la traditionnelle danse catalane. Un instant pendant lequel il peut humer goût du bonheur. Comme quand, avec un ballon improvisé, il parvient à marquer entre le pylône électrique et l'escalier, le terrain de rugby improvisé.
Mais l'absence, la douleur, le mal qui le ronge ressurgissent aussi. Dans le regard des élèves, dans les yeux de son père qui a pris l'habitude de faire un détour pa rle bistrot avant de rentrer et qui veut noyer son désespoir avec le père de Franck Guitard, sans savoir que derrière la vitre Aldo, Bruno et Franck étaient les témoins muets et tristes de leur déchéance. « On se tenait là, tendus, le nez collé à la vitre, face au drame. Unis par la peine de nos pères qui se donnaient en spectacle, deux chiens abandonnés par la vie. »
Une appendicite suivie d'une péritonite ne va pas arranger les choses, pas plus que le colonie de vacances, vécue comme une nouvelle épreuve, même si Patricia, la fille du directeur, avec ses longs cheveux roux bouclés «comme du feu en cascade», ses petites tâches de rousseur et sa poitrine généreuse le divertira le temps d'un rêve éveillé.
Au fil des pages, on sent la fragilité du petit garçon, on aimerait le prendre sous notre aile, l'encourager, lui dire que le temps soignera ses blessures. Toutefois, dans cette longue lettre adressée à sa mère, c'est la sensibilité à fleur de peau qui fait preuve de la plus grande lucidité : « Ton enterrement s'éloigne un peu plus chaque jour. Ce que je sens, ce que je ressens, ce sont ces jours qui glissent les uns sur les autres. Chacun efface le précédent. Pourtant je distingue tout avec précision. Je suis toujours derrière ces volets, me demandant si je passerai toute ma vie caché, à regarder la procession. » Un roman fort, une superbe déclaration d'amour. Un prmier roman très réussi.

Lien : https://collectiondelivres.w..
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llamy89
  10 avril 2018
Je remercie sincèrement les 68 premières fois pour la découverte d'un auteur tout en émotions.

Un roman délicat pour décrire la perte, l'absence d'une mère qui depuis la naissance de Bruno était omniprésente. Maman, bien sûr, mais aussi l'institutrice de maternelle du village. L'école et la maison ne faisaient qu'une.

Le petit Cali, jugé trop petit, à protéger, n'est pas autorisé à accompagner sa famille à la dernière demeure de sa mère. Il voit tout depuis la chambre sombre de ses parents.
"L'heure que je n'ai pas vécue. Ton enterrement. Ils m'ont dit de rester à la maison, et je me retrouve là, dans ta chambre, près du lit. Je vois leur peine. Et leurs larmes sous le soleil. Je vois cela à travers le volet mal fermé. Ça pleure, ça gémit, ça se tient par les mains. Les uns derrière les autres, à petits pas. Ils empruntent la route qui mène à la place de l'Entente-Cordiale."

Il y a de la poésie dans ce malheur incommensurable qu'est la perte d'une mère. Dans la mort lente et continue du père, qui se noie dans le chagrin, on perçoit la détresse de l'enfant. Beaucoup de larmes versées, d'incompréhension des réactions de ses proches ; de rage et de colères pas toujours rentrées. Mais, il faut vivre, grandir. Bruno sera à la fois très seul, pourtant entouré des grands-parents, oncles et tantes.

Bruno n'a que 6 ans, lorsqu'il retourne à l'école, tout le monde le regarde bizarrement. La maîtresse est gentille avec lui, l'embrasse ce qu'elle n'a jamais fait avant. Il est spécial.

Puis arrive Alex, venu d'ailleurs. Il a des yeux superbes. Cette rencontre est l'oasis dans ce désert d'amour qu'il habite. Il va découvrir l'amitié.

L'écriture m'a semblé parfois trop adulte pour une vision d'enfant de six ans.
Sensible, douce amer, on ne peut s'en détacher, espérant ainsi connaître mieux l'auteur aujourd'hui.

Aimer, détester ou méconnaître l'artiste ne sera en aucun cas un handicap à la lecture de ce roman. Il vous embarquera de toute façon dans une émotion universelle.
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