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EAN : 9782348041877
224 pages
Éditeur : La Découverte (11/04/2019)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 27 notes)
Résumé :
À force de le lire et de l’entendre, cela semble admis : la langue française serait en péril. Diverses menaces contribueraient à la dégrader : les argots, les anglicismes, les barbarismes, le langage SMS, le politiquement correct, etc. De fait, défendre la langue est devenu un prétexte facilement recevable pour tempêter contre la société contemporaine (forcément décadente).
Mais qu’est-ce donc qu’aimer la langue française ? C’est passer du temps à lire, parle... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
supernova7
  04 mai 2020
Cela fait longtemps que je dois vous chroniquer cet essai reçu via la plate-forme NetGalley. Peu avant sa sortie en avril de cette année, j'avais déjà repéré ce bouquin quand son éditeur La Découverte en faisait la promotion sur Twitter. La linguistique ainsi que l'histoire et l'évolution de la langue française ont en effet toujours attisé ma curiosité et le titre « le français est à nous ! Petit manuel d'émancipation linguistique » ne pouvait que m'intéresser ! Respectivement docteure en linguistique et docteure en langue et littérature françaises, les deux autrices, Maria Candéa et Laélia Véron, savent de quoi elles parlent et vulgarisent très bien le sujet en abordant de nombreux sujets actuels sur langue et en remettant en question des convictions ancrées chez beaucoup de locuteurs francophones.
Dans cet essai, les deux autrices veulent nous convaincre qu'il faut s'approprier notre langue et ne pas avoir peur de sa prétendue dégradation. de nombreux ouvrages alarmistes sur la langue voudraient nous faire croire qu'il faut absolument lutter contre les menaces que seraient les anglicismes, les barbarismes ou encore le langage SMS. Il faut oser s'interroger sur la langue, la remettre en question, ne pas la voir comme une entité figée appartenant seulement à l'Académie française ou aux équipes de rédaction des dictionnaires comme elles l'expliquent très bien dans le préambule de ce livre.
L'essai se divise en trois parties. La première pose quelques bases de la linguistique de façon claire sans entrer dans les détails en abordant la définition de la langue, la notion de faute, la grammaire ou encore les néologismes. La deuxième partie « Au nom de la langue » traite des aspects politiques et sociétaux qui ont secoué ou secouent la langue encore aujourd'hui comme la masculinisation du français, la diffusion du français dans les colonies ou la notion de francophonie. Enfin, la dernière partie revient sur des périodes clés de l'histoire qui ont forgé le mythe de la langue de l'Âge classique à la révolution numérique.
Dès le début, le ton provocateur des deux autrices et le propos de ce livre m'ont fait penser à un spectacle-conférence que j'ai vu il y a quelques années au théâtre qui s'appelait « La convivialité ». Deux anciens profs de français partaient du postulat simple que la langue française est un dogme. Pour la plupart d'entre nous, elle n'est pas susceptible d'être remise en question sans susciter une levée de boucliers de la part des puristes et pourtant, la liste de ses absurdités dressée par les deux profs pendant le spectacle est longue. Pas mal de mes idées préconçues sur la langue et l'orthographe ont volé en éclat à la sortie de ce spectacle (le texte a d'ailleurs été publie si cela vous intéresse sous le titre La faute de l'orthographe). Cet essai est donc dans la parfaite continuité de cette première approche de la linguistique.
Grâce à la première partie, on comprend facilement des notions de base en linguistique car elles sont expliquées clairement sans termes outrageusement techniques. Les autrices abordent de nombreux concepts sans trop survoler et sans trop rentrer dans les détails. le tout se lit de manière très fluide et elles nous proposent à la fin de nombreuses références pour creuser la question. Ensuite, elles entrent dans quelques sujets polémiques notamment la féminisation de la langue ou l'écriture inclusive. Des anecdotes savoureuses nous éclairent sur l'absurdité de certaines règles établies il y a plusieurs siècles pour des raisons purement arbitraires.
Les autrices procèdent de la même manière pour nous ouvrir les yeux sur l'incohérence de certaines règles orthographiques et tirent à boulets rouges sur l'institution vieillissante et obsolète qu'est aujourd'hui l'Académie Française. Volontairement provocatrices et avec leur rigueur toute scientifique, les deux autrices nous amènent à poser un regard critique sur notre langue qu'on pensait pourtant figée. Pourquoi, par exemple, le recours à l'acronyme CQFD est encouragé alors que l'utilisation de MDR est mal vue ? Elles nous font remarquer de manière rationnelle que tous les deux ont le même statut linguistique mais que l'on va juger le niveau social de la personne qui le dit. Tous ces exemples nous amènent à réfléchir et à prendre du recul sur le fétichisme dont fait parfois l'objet le français. Elles abordent enfin le temps perdu à l'enseignement, par exemple, des règles du participe passé à l'école, des règles qui pourraient être plus logiques et plus simples (sans rendre la langue simpliste pour autant !).
En conclusion, on peut aimer le français tout en acceptant ses évolutions et en étant pas réfractaire aux tentatives de réforme de la langue. Tout en combattant l'insécurité linguistique, les deux autrices dressent un portrait succinct de la langue, de ses évolutions et nous placent devant nos contradictions. On peut ne pas être d'accord avec tout ce qu'elles disent dans cet essai mais force est de constater qu'en refermant ce livre, nombre de vos certitudes sur la langue pourraient bien être ébranlées. Vous pourriez bien vous dire : « Et finalement, pourquoi pas ? » quant à la dernière réforme de l'orthographe qui finalement ne va peut-être pas assez loin et que vous aviez toujours dénigrée car, après tout, le français est à nous !
Lien : https://thetwinbooks.wordpre..
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Mhfasquel
  11 juillet 2019
Un grand merci à Net Galley et aux deux autrices pour ce bijou !
Deux autrices (qui d'ailleurs nous expliquent l'origine de ce mot) passionnantes et passionnées, deux maîtresses de conférences qui sont spécialisées dans la langue mais qui ont su écrire (très bien) un ouvrage simple que tout un chacun peut lire/dévorer, s'il est amoureux de la langue française.
Le texte est concis mais très complet et comprend l'Histoire de la langue, l'Histoire tout court, une réflexion sur la définition de la langue, sur la faute, la francophonie, les débats qu'ont suscités notre belle langue, la révolution numérique…
Un ouvrage fascinant qui nous pousse parfois dans nos retranchements (de façon très saine) et qui partage avec nous cet amour de la langue.
Un livre à lire de toute urgence !
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olivierpla
  25 décembre 2019
En un plus de 10 chapitres, les deux autrices mettent à mal un certain nombre d'idées reçues et de nombreux poncifs répétés ad nauseam par des Finkelkraut et autres éditorialistes que leur soi-disant maîtrise du Français légitimeraient pour énoncer des mensonges à tout bout de champ. En fait, elles destructurent les "vérités" autour de l'orthographe et la grammaire porteuses d'universalité intemporelle, énoncés qui oublient que leur maîtrise est un rapport de classe, une forme de pouvoir sur d'autres et surtout que la langue est en perpétuel devenir, mutation et outil de communication. L'enseignement devrait plutôt se donner comme objectif de travailler sur le sens, et la maîtrise de l'usage de la langue tant oral qu'écrit avec l'apport du numérique.
Un ouvrage à consulter régulièrement pour se rassurer quant à sa maîtrise de la langue.
https://www.fabula.org/actualites/article90858.php
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Philliber
  19 octobre 2019
Quelques notations historiques intéressantes, et le choix assumé d'un point de vue subjectif à la mesure des thèses auxquelles les auteures (autrices) s'opposent. D'utiles références bibliographiques en fin de chapitre.
On peut cependant regretter que l'expertise savante reste souvent allusive, même si la cible éditoriale est large. On est surpris par la dimension passionnée de cette expertise linguistique : les idées ennemies sont souvent réduites à la portion congrue. On aurait enfin aimé une écriture un peu plus travaillée.
Ce dernier propos me condamne définitivement.
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urbanbike
  28 juillet 2020
Tout est dans le titre !
Bouquin jubilatoire qui a fini de me rassurer sur mes nombreuses tares grammaticales :-)
Les deux autrices remettent les pendules à l'heure, cassent (pas mal) le joli roman que l'on nous sert habituellement, rappellent que notre langue est également née du bas latin (qui venait envahir la Gaule ? Plutôt des soldats et des commerçants, non…?). Bref, que la langue est un truc vivant que nous contribuons à maintenir quotidiennement, pas un machin figé décrété par quelques personnes.
Très chouette ouvrage, drôle, pétillant ! Et les autrices sont à suivre sur Twitter, qu'on se le dise !
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critiques presse (1)
Lexpress   16 mai 2019
Sans jamais tomber dans la démagogie ni le laxisme, Le français est à nous, petit ouvrage formidable, dynamique et pédagogique, bouscule nos certitudes sur notre langue et nous instruit. Revigorant !
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Jean-DanielJean-Daniel   29 décembre 2019
Qu'est-ce qu'une faute ?

... souvent, on ne sait pas que :
Le français standard n'a aucune existence empirique, c'est une idéologie qui ne se maintient que parce qu'elle est partagée par un grand nombre de gens.
Ce qui est considéré comme correct ou incorrect se renégocie sans cesse selon un grand nombre de critères en concurrence ; de nombreuses tournures naguère fautives sont considérées comme correctes aujourd'hui, et vice versa.
L'orthographe française n'est pas toujours fondée sur des critères logiques ou étymologiques. Bien souvent, elle est surtout un outil de distinction sociale.
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Jean-DanielJean-Daniel   29 décembre 2019
La notion de "niveaux de langue" ou de "registres" a commencé à se répondre dans les années 1950. Elles est, de nos jours, bien intégrée dans les manuels scolaires : nous avons appris qu'il y avait trois niveaux de langue : familier, courant et soutenu. Or cette tripartition, a priori évidente, pose problème dès qu'on l'observe de plus près...
En effet, les énoncés que nous produisons sont souvent hétérogènes et peuvent mêler des caractéristiques attribuées au registre familier - par exemple le fait d'omettre le "ne" de la négation et de n'employer que le "pas" - et des caractéristiques attribuées au registre soutenu - par exemple un vocabulaire précis, technique, littéraire, archaïque... Un énoncé comme " Je vois pas pourquoi tu t'emportes de cette manière " est à la fois familier et soutenu.
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Jean-DanielJean-Daniel   30 décembre 2019
Une faute que tout le monde adopte cesse d’être une faute.

Il convient de souligner que ce que nous considérons comme faute est très relatif. Le linguiste Henri Frei a proposé dès les années 1920 une Grammaire des fautes, en partant du constat qu’un grand nombre de mots, d’expressions ou de constructions se sont imposées dans la langue à la suite d’une coexistence en concurrence avec des variantes, et que, dans de nombreux cas, c’est la variante considérée comme erronée qui a fini par s’imposer comme correcte.
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urbanbikeurbanbike   22 juin 2020
Geofroy Tory de Bourges dans Champ fleury (1529) et Jean (John) Palsgrave dans L’Esclarcissement de la langue françoise (1530) tempêtent déjà contre la dégradation et la décadence du français envahi par des latinismes et italianismes prétentieux, et par des mots venus du jargon du bas peuple et adoptés par les gens de la Cour… Geofroy Tory s’élève contre le danger des « inventeurs et forgeurs de mots » qui pervertissent et corrompent le français et appelle déjà (en 1529…) à purifier la langue pour la sauver ! Contre ces corrupteurs, il appelle à prendre comme modèles les auteurs incontournables qui ont su donner au français un style de « grande majesté » : Chrestien de Troyes, Jehan-li-Nevelois, Hugon Mery, Arnoul Graban… Si ses références peuvent aujourd’hui sembler bien désuètes, l’idéologie puriste appliquée à la langue française n’a pas pris une ride et se retrouve dans les discours conservateurs actuels. Ce qui a radicalement changé, c’est le public visé : Geofroy Tory et John Palsgrave s’adressaient à une minuscule élite et n’avaient cure de l’ensemble des gens qui parlaient français ; les discours conservateurs actuels ont progressé au moins sur ce point : leur élitisme est rarement explicite. Et pourtant, de fait, l’élitisme reste un moteur qui alimente beaucoup de discours sur la langue : il s’agit toujours de se distinguer des autres, de celles et ceux qui parlent et écrivent mal. Mais quel but poursuit-on exactement en attirant l’attention sur les fautes ? S’agit-il vraiment de diffuser des connaissances… ou de s’assurer de rester entre soi en repoussant les souillures venues de l’extérieur ?
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Jean-DanielJean-Daniel   30 décembre 2019
Pourquoi a-t‑on peur de faire des fautes ?

Les discours normatifs entretiennent un sentiment général d’insécurité linguistique, en construisant des discours autour de la notion centrale de faute, mot qui implique une connotation morale. La faute est l’alpha et l’oméga des discours normatifs, sans que la notion de faute soit définie ou mise en perspective historique : on fait des fautes sans le savoir, les fautes sont un fléau, nous n’accordons jamais assez d’importance aux fautes, et améliorer sa maîtrise du français revient à faire moins de fautes… Ces discours sont si répandus qu’on en arrive souvent à se laisser convaincre que le français est de toute façon une langue difficile et à se consoler avec le cliché selon lequel sa beauté viendrait en grande partie des difficultés de sa grammaire ou de son orthographe.
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Videos de Maria Candea (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Maria Candea
Entretien avec la linguiste Laélia Veron autrice du livre « le Français est à nous ! Petit manuel d'émancipation linguistique » dans l'émission Stupéfiant du 28 mai 2019 consacrée à la langue française !
À force de le lire et de l'entendre, cela semble admis : la langue française serait en péril. Diverses menaces contribueraient à la dégrader : les argots, les anglicismes, les barbarismes, le langage SMS, le politiquement correct, etc. de fait, défendre la langue est devenu un prétexte facilement recevable pour tempêter contre la société contemporaine (forcément décadente). Mais qu'est-ce donc qu'aimer la langue française ? C'est passer du temps à lire, parler, écrire et surtout s'interroger : sur la langue, mais aussi sur les discours qui la concernent et sur ceux qui sont tenus en son nom. le français n'est pas figé, il a une histoire, qui continue à s'écrire. Si la langue est un dispositif de maintien de l'ordre social, elle est aussi une construction politique qu'il est possible de se réapproprier. Entrons ensemble dans l'histoire sociopolitique du français et dans les débats citoyens qui y ont trait ! Ce sera l'occasion de découvrir les liens subtils entre langue, politique et société. de voir qu'on peut à la fois aimer le français, sa richesse, sa complexité et son histoire, et avoir confiance dans sa vitalité, sans se complaire dans la nostalgie d'un passé mythique. Avoir l'ambition de se saisir de la langue française est une démarche exigeante, mais c'est une exigence joyeuse.
Pour poursuivre ces réflexion sur la langue française, lire l'ouvrage de Maria Candéa et Laélia Veron « le Français est à nous ! Petit manuel d'émancipation linguistique ». Pour en savoir plus https://bit.ly/2WP5yPy Éditions La Découverte
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