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steka
  30 juillet 2013
Also sprach Karl von Clausewitz


Malheureusement, beaucoup ressentent de fortes réticences à l'idée d'aborder un tel ouvrage. Bien sûr le sujet est âpre et semble ne pouvoir laisser que peu de place aux plaisirs de la lecture et de l'imaginaire.
Pour ce qui concerne la sphère de la pensée et de la réflexion, il sera également souvent écarté comme trop restrictif par son domaine d'application.
Voilà donc Clausewitz, ce si subtile analyste du champ pratique, enfermé conjointement derrière le masque de la brute militaire et du froid théoricien.
Pourtant, j'affirme ici que la plupart auront beaucoup à gagner à se risquer aux écrits de notre général prussien ; car rarement pensée et pratique, théorie et matérialité, n'auront chevauchés en une telle proximité et avec une telle pertinence du jugement.
Faites donc fi de ce titre effrayant et venez y chercher des armes pour cette forme de guerre à laquelle aucun d'entre-nous n'échappe : la confrontation aux réalités pratiques du temps présent. Si en effet certains experts en stratégie militaire contemporains pourront trouver Clausewitz « démodé » sur le terrain qui était censé être spécifiquement le sien, il en est, à mon avis, tout autrement sur celui ou il brilla véritablement et qui, s'attachant aux caractéristiques de la nature humaine, se maintient dans sa pérennité.
Ce que Clausewitz lui-même pouvait ainsi formuler : « Ne nous y trompons pas, il n'est pas question ici de formules et de problèmes scientifiques. En fait les rapports matériels sont très simples. Ce qui est plus difficile, c'est de comprendre les forces morales qui entrent en jeu. »
Car de quoi parle-t-il donc quand il affirme, « La volonté de l'homme ne puise jamais ses forces dans des subtilités logiques. »
Ou encore, « La guerre est le domaine de l'incertitude ; les trois quarts des éléments sur lesquels se fonde l'action restent dans les brumes d'une incertitude plus ou moins grande. Plus qu'en n'importe quel domaine, il faut qu'une intelligence subtile et pénétrante sache y discerner et apprécier d'instinct la vérité. En raison de cette incertitude de toutes les informations, de toute base solide, et de ces interventions constantes du hasard, la personne agissante se trouve sans cesse placée devant des réalités différentes de celles auxquelles elle s'attendait. » N'y voyez-vous pas l'expression de quelque chose qui vous concerne fort directement dès que vous êtes confrontés à la nécessité d'agir …
On trouvera aussi souvent en Clausewitz un fin psychologue, comme ici :
« La force de caractère nous amène à parler d'une variété de celle-ci, l'obstination.
Il est souvent très difficile de dire dans les cas concrets où commence l'une et où finit l'autre ; par contre, la différence abstraite entre les deux ne paraît pas difficile à établir, (…)
L'obstination est un défaut du tempérament. Cette inflexibilité de la volonté, cette intolérance envers toute contradiction, ne relèvent que d'un égoïsme particulier qui tient avant tout à obéir et à faire obéir les autres aux seules injonctions de sa propre activité spirituelle.
L'obstination s'oppose donc à l'intelligence qui est bien plutôt la capacité d'entendement. »
Enfin, dans ce qui me semble être l'une des plus remarquables définitions du cheminement dialectique entre théorie et pratique :
« La théorie doit être une observation, non une doctrine.
C'est une investigation analytique de l'objet qui aboutit à sa connaissance. Plus elle atteint ce but, plus elle passe de la forme objective d'un savoir à la forme subjective d'un pouvoir.et, appliquée à l'expérience, en l'occurrence l'histoire, entraîne la familiarité avec cet objet. »

Pour ce qui concerne les traductions disponibles, celle révisée des Editions Gérard Lebovici en 1989, par de Vatry semble la plus cohérente ; toutefois, il pourra parfois être utile de consulter la version de Denise Naville aux Editions de Minuit (1955) dont la forme plus littéraire bien que moins précise (on y trouve quelques fâcheux contresens), peut aider parfois à éclaircir quelques points obscurs. Mais quelque soit la version, il serait fort étonnant que vous ne puissiez en tirer quelque profit.
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Lutin82
  09 février 2017
Cet essai est une référence mondiale pour "l'art" de la guerre. Certes, sa lecture est un peu aride, certaines tournures de phrase (ou la traduction un peu datée) peuvent interpeler.

Dans le fond, tous les aspects de la guerre terrestre sont pris en compte. Aujourd'hui, les conflits englobent davantage de facteurs (aérien, chimique, renseignement,...) et jouent sur le plan stratégique. Si l'auteur n'a pas tout anticiper, nombre de ses préceptes sont encore de vigueur.

Du point de vue politique on ne pourrait que regretter son actualité.
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jiefp13
  06 novembre 2015
Lorsque l'on n'est pas de tempérament belliqueux, et ni militaire de carrière ou en retraite, il est parfois compliqué d'expliquer l'intérêt que l'on a à lire ce type d'ouvrage.
Il faut juste admettre que c'est dans la guerre que l'homme atteint le sommet de ses "arts", le meilleur et le pire.
Quand je dis cela, ce n'est ni un cri de joie, ni de l'admiration béate. Juste un constat, éprouvé sur plusieurs millénaires (cf l'art de la guerre de Sun Tzu).
Il s'agit alors de lire ce type de traité avec une certaine distance et d'y puiser quelques ressorts, techniques, savoir-faire, tactiques d'utilité quotidienne (et pacifique).
Ainsi, après la lecture de ce livre, il ne me paraît pas indispensable de rechercher un livre de management qui alignera les dernières platitudes et les slogans à la mode en la matière.
L'analyse qui y est faite des qualités des généraux, des officiers, des soldats, de l'art de les combiner de la façon la plus efficace, les ressorts de motivation qui amèneront ces hommes à un engagement maximum (à la mort en l'occurence ...) est très facilement (et utilement) transposable dans le quotidien d'un manager ou d'un chef d'entreprise (le sacrifice ultime n'étant pas requis dans ce contexte).
Pour la boutade, j'ai enfin compris pourquoi lors de mon service militaire, certains s'évertuaient à me faire marcher au pas et à tourner sur place dans la direction indiquée.
On retrouve très directement ces théories dans l'entraînement sportif (le tennisman et son "mur"), dans la pratique de la musique. La répétition inlassable de gestes de bases qui deviendrons des pratiques réflexes, maîtrisées en compétition (dans des situations critiques).
Quelques unes de ses phrases ont fait flore : "la guerre est la poursuite de la politique par d'autres moyens".
On laissera de côté les considérations relevant de tactiques purement militaires (l'utilisation de l'artillerie, de la cavalerie, ...), et on se tournera plutôt vers Sun Tzu (deux critiques pour le prix d'une) et "L'Art de la guerre", pour une approche plus généraliste des stratégies de confrontations, ouvrage dans lequel les ressorts psychologiques, les manoeuvres préparatoires, les stratégies de communication (intox), le rôle de la société "civile", la gouvernance de la guerre sont plus finement analysés.
Même si la compréhension du texte est un peu plus rude (éviter les phases de lecture prolongées ...)
En synthèse, on trouve dans ces ouvrages bien autre chose que l'art de tuer son prochain, et souvent du simple bon sens.
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Gast
  04 mars 2012
Monument de la pensée stratégique occidentale contemporaine, Clausewitz est souvent comparé à Sun Tzu dans la compréhension des visions stratégiques de leurs civilisations respectives. Et en effet, en lisant Clausewitz, peut se lire en filigrane certaines logiques militaires à l'oeuvre bien plus tard, du Plan Schlieffen et de la manière dont les Français vont le contrer à l'opération Barbarossa.

Tel L'art de la guerre de Sun Tzu, cet essai rassemble plus des vérités de bon sens qui, abstraction faite de l'aspect militaire, pourrait s'appliquer à d'autres domaines avec un minimum d'adaptations.
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Astroploukos
  21 novembre 2016
Je ne sais si c'est la traduction ou pas, mais l'ouvrage reste indigeste. Même quand on s'y connaît un peu, cela reste obscure.
Faut dire que les textes n'ont pas été écrit dans le but d'être édité un jour. C'est une succession de sentences certes intelligentes ou de bon sens, mais mises bout à bout les unes des autres ce qui permet souvent d'avoir l'impression d'avoir déjà lu le concept ailleurs dans le livre.
La renommé du livre est bâtie sur le renouveau de l'armée prussienne après la branlé de 1807 à Iena, dont il s'inspire, et sa présence sur la table de nuit de Helmuth Karl Bernhard von Moltke, le chef d'orchestre des victoires magistrales des armées prussiennes en 1854 sur les Danois, 1866 sur les Autrichiens et surtout 1870 sur les troupes française du second empire puis de la troisième république en 1871. Bref, s'il avait lu Oui Oui à la plage peut être que tous les stratèges d'aujourd'hui porteraient un slip de bain, une pelle et un sceau.
A partir de là, tous les militaires se sont sentis obligés de le lire pour ne pas paraître hasbeen voyant en lui la clef du succès fulgurant des armées prussiennes alors qu'un abonnement à la sncf (rapidité des regroupement de troupes) ou chez Krupps magazine (les beaux obusiers qui tirent, vite, bien et loin) aurait pu leur suffire.

L'art de la guerre de von Clauzwitz est aux militaires ce que le capitale de Marx est aux économistes : un livre dans leur bibliothèque.

Pour éviter de perdre votre temps et avoir un aperçu pertinent des modifications militaires dont s'inspire et auxquelles il a lui même partiellement contribué, je vous conseille plutôt de lire l'éloge funèbre du général von Lignitz. Vous vous amuserez plus.
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maxsantoul
  18 novembre 2010
Difficile d'analyser ce livre considéré comme le meilleur sur "l'art de la guerre". Il ferait partie de toutes les formations en stratégie... y compris commerciale. Mon Dieu !

Les 5 étoiles ne récompensent pas la qualité de l'écriture, mais l'exclusivité remarquable du document.

J'en parlerai plus longuement après l'avoir relu, si j'ai l'occasion de le relire. (18/11/10)
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JulyF
  27 septembre 2017
Essai inachevé donc un peu décousu, "De la guerre" s'appuie sur l'histoire militaire d'Alexandre à Napoléon pour tenter de définir une théorie de la guerre. Les corps d'armée disponibles n'étaient pas ceux d'aujourd'hui, la guerre navale y est totalement éludée (forcément, les Allemands ne la faisaient pas beaucoup) et les troupes sont exclusivement des hommes, mais on voit en germe dans les études de Clausewitz les ingrédients qui ont donné la Première Guerre mondiale un siècle plus tard. Il donne en particulier des conseils sur l'usage du peuple, méthode qui ressemble finalement plus à la guérilla utilisée contre des envahisseurs et dans les guerres civiles du XXe siècle...
Au passage, Clausewitz décrit aussi les qualités morales des hommes de guerre et du général en particulier, ainsi que les défis auxquels ils sont confrontés : à la guerre économique, nombre de ses conseils restent valables aujourd'hui.
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Chasto
  05 avril 2017
Traité de stratégies militaires, publication posthume.
Véritable ouvrage de controverses et d'études aussi stratégiques que d'interprétations de la part de tout un chacun.

Stratège universel ayant su par sa clairvoyance faire l'unanimité de tous ces idéaux, qui, aujourd'hui nous assassinent.

A découvrir, lire et méditer.
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PatrickCasimir
  07 mai 2021
C'est un ouvrage assez lourd, pénible à lire quand on le compare à l'Art de la guerre de Sun Tzu. le style est répétitif par endroit, voire brouillon et fatigant , à force de vouloir prétendre établir une SCIENCE de la guerre qui ne peut être, de toute façon. Cela étant, les vertus du général en chef, de même que les attendus de l'engagement ne peuvent être niés (engagement quoiqu'il en coûte en vies humaines- autre différence avec Sun Tzu). Et les écoles militaires en ont fait leur miel - surtout les écoles allemandes évidemment. CVC a visiblement été impressionné par les guerres napoléoniennes et par l'empereur lui-même. Il est vrai que la bataille des trois empereurs aura été un modèle du genre...

de nos jours, CVC s'invite dans les écoles de management supposées former des leaders, de vrais chefs... Je demande à voir.

Pat
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guillaumepayre
  18 novembre 2010
Cette traduction est perfectible et date un peu malheureusement (et elle a été faite par des communistes dans les années 50 ou 60), il doit y avoir de meilleures traductions depuis (dont une faite par Laurent Murawiec et publiée en poche en 2006).

Sinon le livre est très intéressant, c'est la meilleure théorisation de la guerre.
Elle a été lu par les généraux et maréchaux prussiens pour conduire la guerre contre la France en 1870-1871.

Sir Basil Henry Liddell Hart, stratège anglais, appellait Clausewitz le "Mahdi des masses" et l'accusait d'être responsable des massacres de la 1ère guerre mondiale en ayant fait la promotion de l'offensive. Mais Clausewitz reconnaissait que la défensive était supérieur à l'offensive au niveau tactique.
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