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Denise Naville (Traducteur)Camille Rougeron (Préfacier, etc.)Pierre Naville (Préfacier, etc.)
ISBN : 2707301078
Éditeur : Editions de Minuit (01/04/1955)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 57 notes)
Résumé :
De la guerre, ouvrage inachevé publié en 1832, un an après la mort de son auteur, marque une, rupture radicale dans la façon de concevoir le phénomène de la guerre. Avant Carl von Clausewitz, la littérature militaire était essentiellement descriptive et utilitaire. S'appuyant à la fois sur sa réflexion théorique et sur son expérience de terrain - en particulier sa participation à la bataille d'Iéna en 1806 -, Clausewitz, le premier, pense la guerre dans toutes ses d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
steka
  30 juillet 2013
Also sprach Karl von Clausewitz

Malheureusement, beaucoup ressentent de fortes réticences à l'idée d'aborder un tel ouvrage. Bien sûr le sujet est âpre et semble ne pouvoir laisser que peu de place aux plaisirs de la lecture et de l'imaginaire.
Pour ce qui concerne la sphère de la pensée et de la réflexion, il sera également souvent écarté comme trop restrictif par son domaine d'application.
Voilà donc Clausewitz, ce si subtile analyste du champ pratique, enfermé conjointement derrière le masque de la brute militaire et du froid théoricien.
Pourtant, j'affirme ici que la plupart auront beaucoup à gagner à se risquer aux écrits de notre général prussien ; car rarement pensée et pratique, théorie et matérialité, n'auront chevauchés en une telle proximité et avec une telle pertinence du jugement.
Faites donc fi de ce titre effrayant et venez y chercher des armes pour cette forme de guerre à laquelle aucun d'entre-nous n'échappe : la confrontation aux réalités pratiques du temps présent. Si en effet certains experts en stratégie militaire contemporains pourront trouver Clausewitz « démodé » sur le terrain qui était censé être spécifiquement le sien, il en est, à mon avis, tout autrement sur celui ou il brilla véritablement et qui, s'attachant aux caractéristiques de la nature humaine, se maintient dans sa pérennité.
Ce que Clausewitz lui-même pouvait ainsi formuler : « Ne nous y trompons pas, il n'est pas question ici de formules et de problèmes scientifiques. En fait les rapports matériels sont très simples. Ce qui est plus difficile, c'est de comprendre les forces morales qui entrent en jeu. »
Car de quoi parle-t-il donc quand il affirme, « La volonté de l'homme ne puise jamais ses forces dans des subtilités logiques. »
Ou encore, « La guerre est le domaine de l'incertitude ; les trois quarts des éléments sur lesquels se fonde l'action restent dans les brumes d'une incertitude plus ou moins grande. Plus qu'en n'importe quel domaine, il faut qu'une intelligence subtile et pénétrante sache y discerner et apprécier d'instinct la vérité. En raison de cette incertitude de toutes les informations, de toute base solide, et de ces interventions constantes du hasard, la personne agissante se trouve sans cesse placée devant des réalités différentes de celles auxquelles elle s'attendait. » N'y voyez-vous pas l'expression de quelque chose qui vous concerne fort directement dès que vous êtes confrontés à la nécessité d'agir …
On trouvera aussi souvent en Clausewitz un fin psychologue, comme ici :
« La force de caractère nous amène à parler d'une variété de celle-ci, l'obstination.
Il est souvent très difficile de dire dans les cas concrets où commence l'une et où finit l'autre ; par contre, la différence abstraite entre les deux ne paraît pas difficile à établir, (…)
L'obstination est un défaut du tempérament. Cette inflexibilité de la volonté, cette intolérance envers toute contradiction, ne relèvent que d'un égoïsme particulier qui tient avant tout à obéir et à faire obéir les autres aux seules injonctions de sa propre activité spirituelle.
L'obstination s'oppose donc à l'intelligence qui est bien plutôt la capacité d'entendement. »
Enfin, dans ce qui me semble être l'une des plus remarquables définitions du cheminement dialectique entre théorie et pratique :
« La théorie doit être une observation, non une doctrine.
C'est une investigation analytique de l'objet qui aboutit à sa connaissance. Plus elle atteint ce but, plus elle passe de la forme objective d'un savoir à la forme subjective d'un pouvoir.et, appliquée à l'expérience, en l'occurrence l'histoire, entraîne la familiarité avec cet objet. »
Pour ce qui concerne les traductions disponibles, celle révisée des Editions Gérard Lebovici en 1989, par de Vatry semble la plus cohérente ; toutefois, il pourra parfois être utile de consulter la version de Denise Naville aux Editions de Minuit (1955) dont la forme plus littéraire bien que moins précise (on y trouve quelques fâcheux contresens), peut aider parfois à éclaircir quelques points obscurs. Mais quelque soit la version, il serait fort étonnant que vous ne puissiez en tirer quelque profit.
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jiefp13
  06 novembre 2015
Lorsque l'on n'est pas de tempérament belliqueux, et ni militaire de carrière ou en retraite, il est parfois compliqué d'expliquer l'intérêt que l'on a à lire ce type d'ouvrage.
Il faut juste admettre que c'est dans la guerre que l'homme atteint le sommet de ses "arts", le meilleur et le pire.
Quand je dis cela, ce n'est ni un cri de joie, ni de l'admiration béate. Juste un constat, éprouvé sur plusieurs millénaires (cf l'art de la guerre de Sun Tzu).
Il s'agit alors de lire ce type de traité avec une certaine distance et d'y puiser quelques ressorts, techniques, savoir-faire, tactiques d'utilité quotidienne (et pacifique).
Ainsi, après la lecture de ce livre, il ne me paraît pas indispensable de rechercher un livre de management qui alignera les dernières platitudes et les slogans à la mode en la matière.
L'analyse qui y est faite des qualités des généraux, des officiers, des soldats, de l'art de les combiner de la façon la plus efficace, les ressorts de motivation qui amèneront ces hommes à un engagement maximum (à la mort en l'occurence ...) est très facilement (et utilement) transposable dans le quotidien d'un manager ou d'un chef d'entreprise (le sacrifice ultime n'étant pas requis dans ce contexte).
Pour la boutade, j'ai enfin compris pourquoi lors de mon service militaire, certains s'évertuaient à me faire marcher au pas et à tourner sur place dans la direction indiquée.
On retrouve très directement ces théories dans l'entraînement sportif (le tennisman et son "mur"), dans la pratique de la musique. La répétition inlassable de gestes de bases qui deviendrons des pratiques réflexes, maîtrisées en compétition (dans des situations critiques).
Quelques unes de ses phrases ont fait flore : "la guerre est la poursuite de la politique par d'autres moyens".
On laissera de côté les considérations relevant de tactiques purement militaires (l'utilisation de l'artillerie, de la cavalerie, ...), et on se tournera plutôt vers Sun Tzu (deux critiques pour le prix d'une) et "L'Art de la guerre", pour une approche plus généraliste des stratégies de confrontations, ouvrage dans lequel les ressorts psychologiques, les manoeuvres préparatoires, les stratégies de communication (intox), le rôle de la société "civile", la gouvernance de la guerre sont plus finement analysés.
Même si la compréhension du texte est un peu plus rude (éviter les phases de lecture prolongées ...)
En synthèse, on trouve dans ces ouvrages bien autre chose que l'art de tuer son prochain, et souvent du simple bon sens.
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Lutin82
  09 février 2017
Cet essai est une référence mondiale pour "l'art" de la guerre. Certes, sa lecture est un peu aride, certaines tournures de phrase (ou la traduction un peu datée) peuvent interpeler.
Dans le fond, tous les aspects de la guerre terrestre sont pris en compte. Aujourd'hui, les conflits englobent davantage de facteurs (aérien, chimique, renseignement,...) et jouent sur le plan stratégique. Si l'auteur n'a pas tout anticiper, nombre de ses préceptes sont encore de vigueur.
Du point de vue politique on ne pourrait que regretter son actualité.
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Astroploukos
  21 novembre 2016
Je ne sais si c'est la traduction ou pas, mais l'ouvrage reste indigeste. Même quand on s'y connaît un peu, cela reste obscure.
Faut dire que les textes n'ont pas été écrit dans le but d'être édité un jour. C'est une succession de sentences certes intelligentes ou de bon sens, mais mises bout à bout les unes des autres ce qui permet souvent d'avoir l'impression d'avoir déjà lu le concept ailleurs dans le livre.
La renommé du livre est bâtie sur le renouveau de l'armée prussienne après la branlé de 1807 à Iena, dont il s'inspire, et sa présence sur la table de nuit de Helmuth Karl Bernhard von Moltke, le chef d'orchestre des victoires magistrales des armées prussiennes en 1854 sur les Danois, 1866 sur les Autrichiens et surtout 1870 sur les troupes française du second empire puis de la troisième république en 1871. Bref, s'il avait lu Oui Oui à la plage peut être que tous les stratèges d'aujourd'hui porteraient un slip de bain, une pelle et un sceau.
A partir de là, tous les militaires se sont sentis obligés de le lire pour ne pas paraître hasbeen voyant en lui la clef du succès fulgurant des armées prussiennes alors qu'un abonnement à la sncf (rapidité des regroupement de troupes) ou chez Krupps magazine (les beaux obusiers qui tirent, vite, bien et loin) aurait pu leur suffire.
L'art de la guerre de von Clauzwitz est aux militaires ce que le capitale de Marx est aux économistes : un livre dans leur bibliothèque.
Pour éviter de perdre votre temps et avoir un aperçu pertinent des modifications militaires dont s'inspire et auxquelles il a lui même partiellement contribué, je vous conseille plutôt de lire l'éloge funèbre du général von Lignitz. Vous vous amuserez plus.
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Gast
  04 mars 2012
Monument de la pensée stratégique occidentale contemporaine, Clausewitz est souvent comparé à Sun Tzu dans la compréhension des visions stratégiques de leurs civilisations respectives. Et en effet, en lisant Clausewitz, peut se lire en filigrane certaines logiques militaires à l'oeuvre bien plus tard, du Plan Schlieffen et de la manière dont les Français vont le contrer à l'opération Barbarossa.
Tel L'art de la guerre de Sun Tzu, cet essai rassemble plus des vérités de bon sens qui, abstraction faite de l'aspect militaire, pourrait s'appliquer à d'autres domaines avec un minimum d'adaptations.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
stekasteka   24 octobre 2012
La théorie doit être une observation, non une doctrine.
C’est une investigation analytique de l’objet qui aboutit à sa connaissance et, appliquée à l’expérience, en l’occurrence l’histoire, entraîne la familiarité avec cet objet. Plus elle atteint ce but, plus elle passe de la forme objective d’un savoir à la forme subjective d’un pouvoir.
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stekasteka   18 décembre 2012
La force de caractère nous amène à parler d’une variété de celle-ci, l’obstination.
Il est souvent très difficile de dire dans les cas concrets où commence l’une et où finit l’autre ; par contre, la différence abstraite entre les deux ne paraît pas difficile à établir, (…)
L’obstination est un défaut du tempérament. Cette inflexibilité de la volonté, cette intolérance envers toute contradiction, ne relèvent que d’un égoïsme particulier qui tient avant tout à obéir et à faire obéir les autres aux seules injonctions de sa propre activité spirituelle.
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stekasteka   31 octobre 2012
La guerre est le domaine de l’incertitude ; les trois quarts des éléments sur lesquels se fonde l’action restent dans les brumes d’une incertitude plus ou moins grande. Plus qu’en n’importe quel domaine, il faut qu’une intelligence subtile et pénétrante sache y discerner et apprécier d’instinct la vérité. En raison de cette incertitude de toutes les informations, de toute base solide, et de ces interventions constantes du hasard, la personne agissante se trouve sans cesse placée devant des réalités différentes de celles auxquelles elle s’attendait. (…) Notre connaissance des réalités s’est accrue, mais notre incertitude, au lieu de diminuer, a au contraire augmenté. Cela vient de ce que toutes ces expériences ne s’acquièrent pas d’un coup, mais graduellement, car nos décisions se trouvent sans cesse aux prises avec elles et notre esprit doit toujours rester sous les armes, si l’on ose ainsi s’exprimer. Or, pour traverser sans dommage ces conflits incessants avec l’imprévu, deux qualités sont indispensables : d’abord, un esprit qui même au sein de cette obscurité accrue ne perd pas toute trace de la clarté interne nécessaire pour le conduire vers la vérité ; ensuite le courage de suivre cette faible lueur.
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stekasteka   18 décembre 2012
Si sauvage qu’elle soit par nature, la guerre n’en porte pas moins la marque des faiblesses humaines, et la contradiction que nous constatons ici, c’est à dire le fait que l’homme cherche et crée le danger tout en le redoutant, ne surprendra personne.
Si nous jetons un coup d’œil sur l’histoire militaire en général, nous voyons qu’en fait il se passe exactement le contraire d’une avance incessante vers le but, que l’arrêt et l’inaction sont de toute évidence l’état normal de l’armée en guerre, et que l’action est une chose exceptionnelle.
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skysoskyso   08 mars 2011
En aucun cas, la guerre n'est un but par elle-même. On ne se bat jamais, paradoxalement, que pour engendrer la paix, une certaine forme de paix.
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Video de Carl von Clausewitz (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Carl von Clausewitz
"Aujourd?hui la guerre, Penser la guerre" (Fayard, 2019)
Le 13 novembre 2015, beaucoup d?acteurs politiques, médiatiques ou de témoins des attentats parisiens répétaient en boucle : « Nous sommes en guerre. » ? Cette expression ambiguë n?a pas permis de mieux comprendre ce qui s?était passé. Elle interroge d?autant plus si l?on considère que, durant les années 2000, l?on avait annoncé la fin de la guerre au profit de l?avènement d?« opérations de police » et d?« états de violence ».
En s?attachant à restituer ce qui fut pensé sous le nom de guerre à partir des écrits de Clausewitz, Mao, Schmitt et l?administration Bush, Catherine Hass nous montre que la guerre n?apparaît pas ou ne disparaît pas selon les périodes mais qu?elle change de mode selon la politique à l??uvre, redistribuant ses catégories ? ami, ennemi, antagonisme, nation, révolution, terrorisme...
Le pari de ce livre est que des pensées révolues de la guerre peuvent constituer une forme de recours pour réfléchir notre contemporain, à l?instar de la Syrie ou de Daech.
Docteure en anthropologie politique, Catherine Hass est spécialisée dans l'étude du contemporain. Après avoir mené des enquêtes essentiellement sur les jeunes issus des quartiers populaires, ses recherches portent, depuis plus de dix ans, sur le nom de guerre et l'examen de quelques-unes de ses configurations politiques, actuelles comme révolues.
+ Lire la suite
>Administration publique>Art et science militaires>Guerre et activités militaires (30)
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