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Gilbert Durand (Préfacier, etc.)
EAN : 9782908606423
482 pages
Éditeur : Entrelacs (20/03/2007)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :

Ce livre constitue un testament, et plus précisément le testimonium (témoignage) chevaleresque d'Henry Corbin. Le lecteur assiste là à l'authentique " confluent des deux mers " : la tradition occidentale templière et la tradition orientale du Temple. L'ouvrage constitue cette confluence érudite entre la tradition chevaleresque de l'Occident et la fotowwat (Compagnons Chevaliers) de la tradition orientale. La leçon p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
enkidu_
  18 novembre 2014
Ouvrage dense de sens comme Henry Corbin sait les produire, dans cette pléthore de sujets abordés, on a, par exemple, le rapport "phénoménologique" entre lumière et couleur qui est un parallèle de celle entre Seigneur et serviteur (rabb et marbûb), c'est-à-dire que comme la lumière manifeste la couleur, la couleur aussi existencie la lumière ; de même, comme la créature ne peut être sans Dieu, Dieu ne peut Se connaître sans la créature - c'est une dialectique d'existenciation mutuelle, selon un hadîth, Dieu était un Trésor caché "qui voulu Se connaître", et la création perpétuelle n'est qu'un dialogue de Lui à Lui-même et nous, êtres, sommes des reflets de Ses attributs, des miroirs où Il épanche Ses opérations divines.
Puis, dans une étude de l'oeuvre de l'akbarien Hayder Amôli, nous avons une intéressante étude sur la Science des lettres et nombres en Islam, et comme "l'alphabet arithmosophique" connecte le Livre divin avec un autre Livre de Dieu - celui du cosmos, des correspondances spirituelles entre le microcosme et macrocosme que les mystiques des grandes traditions spirituelles n'ont que trop rarement manquées.
La suite de l'ouvrage tourne autour de la thématique du Temple, qui serait trop long à synthétiser ici, mais des discussions sur les Sabéens (on comprend alors le "fétichisme" pour les astres qu'on leur prête traditionnellement, les étoiles étant, comme chez Platon, les corbillards des âmes béatifiques) jusqu'à celle sur le St Graal, c'est une géographie de la théosophie universelle qui nous est déployée ici.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   16 novembre 2014
…quelle est en premier lieu la portée exacte du terme walî, pluriel awliyâ ?

On l’a traduit le plus souvent de façon tout à fait inadéquate, par le terme de « saint », traduction qui ouvre la porte à bien des confusions et des ambiguïtés, à tel point que, lorsque le mot est rapporté à Dieu, on le traduit alors souvent par « protecteur ». En fait, comme l’indique le terme persan dûst qui le traduit dans l’usage courant, il s’agit toujours de l’Ami. La notion s’origine à la forme verbale tawallâ, qui signifie « prendre pour ami ». D’où la définition que donne Haydar Âmolî : le walî, c’est « celui dont Dieu prend le cas en amitié ». Un verset qorânique (7/195) déclare par exemple : « Mon Ami est Dieu… Il prend les justes pour amis. » L’idée de protection ne fait que découler de cette dilection divine.

La walâyat, comme qualification spirituelle posée par cet acte de prédilection, équivaut au terme de mahabbat, amour, amitié. elle se présente chez le walî sous un double aspect : tantôt on le considère comme objet de l'amour divin (il est le mahbûb, l'aimé de Dieu, celui que Dieu a choisi pour ami). Sous cet aspect, sa walâyat n'est en rien une acquisition de sa part, ni motivée par son effort. Elle est prééternelle, comme don de pure grâce divine, au sens où le Ier Imâm, le Sceau des Awliyâ, a pu dire : « J'étais déjà un walî (un aimé de Dieu), alors qu'Adam était encore entre l'eau et l'argile » (c'est-à-dire n'existait pas encore). Tantôt on considère le walî comme sujet de l'amour, comme celui qui aime (il est mohibb, celui qui choisit Dieu pour ami). Il est alors en de voir de « modeler ses mœurs (son éthos) sur les mœurs divines » (al-takhalloq bi-akhlâq Allâh).

La walâyat consiste donc en ce que le serviteur (‘abd), l’homme, assume la condition divine en s’annihilant à soi-même pour resurgir et surexister en Dieu, et cela précisément « parce-que Dieu l’a choisi pour ami ». Il y a ainsi comme une nette réminiscence johannique dans cette spiritualité de la gnose islamique, faisant écho au verset de l’évangéliste : jam non dicam vos servos sed amicos, comme si cette réminiscence dévoilait la tradition secrète qui, par Khadîja, l’épouse du Prophète, et par le moine Waraqa, son initiateur, se serait transmise aux origines mêmes de l’Islam. (pp. 94-95)
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enkidu_enkidu_   17 novembre 2014
…or, le système du monde est ordonné selon le nombre dix-neuf. Lorsque le théosophe s’interroge sur le secret ésotérique de ce nombre dix-neuf, il découvre que, si ce nombre règle la structure du monde, c’est que l’univers tout entier est à l’image de Dieu (‘alâ sûrat al-Haqq, secundum Formam Dei). C’est dans la justification de ce concept de l’univers comme Imago Dei que se trouve le secret du nombre 19, et par là même de la loi de correspondance entre les trois grands Livres écrits sous la dictée du « Chérubin du Trône », autrement dit la Balance d’une herméneutique commune aux trois Livres.
(…)
La science de la Balance peut alors en fait l’épreuve détaillée. Le monde extérieur ou manifesté obéit au rythme du nombre dix-neuf ; il est en effet constitué par l’Intelligence de l’univers, l’Âme de l’univers, les 9 sphères célestes, les 4 Éléments, les 3 règnes naturels et finalement l’Homme. Le total donne 19. Ou encore, comme précédemment, les 7 planètes et les 12 Signes zodiacaux. Total : 19. Ce même nombre est également le chiffre de l’homme, de l’anthropologie. L’homme est constitué de son intellect personnel, de son âme personnelle, les dix facultés désignées comme les cinq sens externes et les cinq sens internes, des quatre âmes qui, dans le lexique qorânique, sont désignées comme « l’âme qui ordonne (le mal) » (al-nafs al-ammâra), « l’âme qui censure » (al-lawwâma, la conscience), « l’âme inspirée » (al-molhama), « l’âme pacifiée » (al-motma ‘yanna), enfin les trois pneumas ou esprits : végétatif (rûh nabâtîya), vital (r. hayawânîya), psychique (r. nafsânîya). Total : 19. De même, le monde spirituel est constitué par les sept grands prophètes et leur douze Imâms, autrement dit par les sept pôles et les douze Awliyâ ou Amis de Dieu. Total : 19. (p. 120 & 122)
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AuroraeLibriAuroraeLibri   31 août 2014
"Tout n'est que cendre et poussière, tout, sauf le Temple à l'intérieur de nous.Il est à nous, avec nous dans les siècles des siècles."
Vladimir Maximov
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