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Critiques sur Au grand lavoir (17)
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Bazart
  16 novembre 2018
J'ai découvert Sophie Daull avec Camille mon envolée un de ces livres formidables qui serre fortement le coeur, où elle tentait de décrire l'impossible et en d'expliquer l'impuissance et le douleur d'une mère .

Hélas j'ai raté la Suture publié deux ans après dans lequel Sophie Daull recomposait le passé de sa mère disparue depuis 30 ans afin de recoudre une histoire familiale justement déchirée par la mort de Camille, et me suis rattrapé avec son dernier roman Au grand lavoir,qui complète les pièces du puzzle élaboré avec les deux premiers romans

Sophie Daull se met en effet dans la peau celle d'un jardinier à Nogent-Le-Rotrou, ex taulard pour avoir commis un viol et avoir tué sa victime qui n'est autre que la mère de Sophie, héroïne de la suture, la boucle est bouclée, et on est toujours autant bouleversé par la façon dont Sophie Daull parvient à mélanger histoire intime et fiction.

La construction du livre est assez formidable puisqu'on a affaire à un roman à trois voix,celle de cet ex détenu qui mène une existence a priori peinarde, devenu agent docile des espaces verts communaux, celle d'une auteure en tournée pour faire la promotion de son roman, fille de la victime dont la parenté avec Sophie Daull semble évidente ; enfin celle d'un narrateur, une voix off pour nous narrer la fin de cette histoire.

Ce roman bouleverse tant l'écriture de Sophie Daull ausculte avec force et poésie ces relations faites de trouble et d'ambiguïté, et ces dérisoires mais si importantes tentatives d'explications et d'une impossible rédemption et d'un encore moins possible pardon entre la victime indirecte et son bourreau .

Un grand et beau livre de cette rentrée littéraire .
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Tostaky61
  18 juillet 2018
Imaginez !
Imaginez que l'assassin de votre mère sorte de prison après ses dix-huit années de sûreté, peine minimale infligée pour ce crime.
Imaginez que cette libération tombe pendant la promotion de votre premier roman écrit à la suite du décès subit de votre fille.
Imaginez que vous retrouviez sur votre écran télé ce visage d'un homme que vous pensiez condamner aux oubliettes.
Imaginez que cet homme puisse refaire sa vie, retrouver un travail..
Mettez-vous dans la peau de l'ex-tôlard.
Entrez dans la tête d'un criminel repenti qui aspire à vivre dans l'anonymat.
Acceptez de l'accompagner dans ses virées nocturnes.
Vivez avec lui son quotidien d'homme libre.
Imaginez l'improbable rencontre...
Dans la première partie, Sophie Daull est actrice, à deux voix. Tantôt elle, l'auteure, tantôt lui l'ancien détenu.
J'ai retrouvé ce que j'aime chez une autre écrivaine, Angélique Villeneuve, dans les parterres de fleurs de Sophie Daull.
Mais j'ai découvert une violence des mots aussi. Une violence inhabituelle chez elle. On ne fait pas l'amour dans Au grand lavoir, on baise...  c'est cru, choquant peut-être...
Dans la seconde partie elle devient narratrice, elle raconte la suite des événements,  elle observe ses personnages. Elle déroule son récit, de sa magnifique plume, jusqu'à une fin émouvante.
Elle en profite au passage pour s'expliquer, pour répondre aux interrogations, apporter des précisions à ses détracteurs.
Dans les malheurs de Sophie (sans jeu de mots) elle a choisi de vivre et de l'écrire et elle le fait merveilleusement bien.
Notez sur vos tablettes, c'est le 23 août, dans toutes les bonnes librairies 
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noid
  06 décembre 2018
Magnifique ! Un livre sur la culpabilité. Celle d'un tueur qui a purgé sa peine, qui végète dans un trou perdu, employé communal, jardinier paysagiste. Et qui, un jour, tombe sur la fille de sa victime à la télévision. Écrivaine, qui passera dédicacer son livre dans sa ville paumée.

Et la parole est aussi donnée à cette femme. Victime, fille de la victime.

Et pourtant… que trois étoiles ? Misère, cela commençait, cela s'annonçait, cela se passait pourtant si bien.

Un peu très beaucoup déçu par la non-fin du livre.
Lien : http://noid.ch/au-grand-lavo..
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mariecloclo
  31 octobre 2018
Un récit assez atypique, car il s'agit d'une fiction mais tellement imbriquée dans la réalité de la vie de l'auteur que ça devient compliqué de les séparer.
Sophie Daull a perdu deux êtres chers dans sa vie : sa mère, violée et tuée par un homme il y a 30 ans et sa fille, Camille, morte à 16 ans d'une infection fulgurante. Elle écrit pour se reconstruire, pour tenter d'évacuer sa peine.
"Au grand lavoir" se situe dans la petite ville de Nogent le Rotrou, elle décrit cette ville avec beaucoup de rigueur et précision, on s'y croirait. Dans cette ville, travaille un jardinier, il s'agit d'un ancien détenu, c'est lui le meurtrier de la mère de l'auteur. Il a passé une vingtaine d'années en prison et a été libéré pour bonne conduite. Il a payé sa dette à la société, comme on dit. Depuis il se réinsère et mène une vie ordinaire.
Or, une femme écrivain va venir dans quelques jours présenter son nouveau roman dans la librairie de la ville, il s'agit de la fille de la femme qu'il a assassinée.
Le jardinier-assassin est bouleversé et angoissé par cette nouvelle, il se prépare à la rencontre.
Un texte très court sur le pardon, la rédemption, la mémoire des morts.
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CATHY69
  14 janvier 2019
Magnifique texte, emouvant sur un sujet commun mais traité d'une manière rare. A lire absolument
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luocine
  18 mars 2019
Un livre étonnant loin de beaucoup d'idées préconçues auxquelles on pourrait facilement penser, puisque cette écrivaine a choisi de mettre le drame dont elle a été victime au coeur du récit et pourtant il n'y a ni voyeurisme ni détails sensationnels donc racoleurs dans ce roman. D'abord, c'est très bien écrit, j'ai lu le souffle court ce récit ou deux êtres vont finir par se rencontrer, l'une est écrivaine, l'autre est l'assassin de sa mère. Elle se sert de tout son talent pour fouiller la conscience de cet homme, elle le suppose après ses années de prison devenu jardinier à Nogent Rotrou. C'est le personnage principal du roman, que pense-t-il aujourd'hui de l'horreur de son geste ? Est-ce que sa conscience le tourmente ? Ou arrive-t-il à oublier complètement en vivant le quotidien le plus intensément possible ? Cela nous vaut de très beaux passages sur le travail des jardiniers d'une petite ville et une approche réaliste de la vie en province. Et puis il y a la deuxième voix, celle de l'écrivaine qui explique au lecteur qu'elle se donne le droit d'inventer une conscience et une personnalité à celui qui vit quelque part sur terre avec le souvenir de ce qu'il a fait. Il n'y a pas de rancoeurs dans ce roman, sauf une et elle est forte, il existe un reportage qui avait été fait à l'époque sur l'assassin de sa mère. Et les journalistes avaient construit une théorie sur l'homosexualité de l'assassin et en avait fait une sorte de victime de la misère sexuelle. Cela, elle le trouve très injuste et décrit très bien la façon dont les journaliste de télévision font accoucher les gens de propos auxquels ils n'avaient même pas penser. La force du roman, c'est la montée dans l'intensité de la rencontre de ces deux êtres, on est vraiment saisi par ce roman. Je pense que l'écriture aura permis à cette auteure de regarder en face tout ce qui était enfoui au plus profond d'elle même. Quand on sait que cette femme a, aussi, dû vivre la mort tragique de sa fille, le lecteur espère très fort que l'écriture permet de survivre aux plus terribles des souffrances quand on a ce talent : celui d'être écrivaine et à mon goût une excellente écrivaine.
Lien : http://luocine.fr/?p=10273
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claraetlesmots
  30 novembre 2018
Après avoir purgé une longue peine de prison pour le meurtre d'une femme, un employé des espaces verts dans une petite ville vit sans se faire remarquer sous une nouvelle identité. Quand il voit à la télé une romancière venue présenter son premier livre, tout ressurgit. Car elle est la fille de celle qu'il a assassinée.

Les voix des deux narrateurs s'élèvent et s'alternent au fur et à mesure des chapitres sur plusieurs jours. L'homme est d'abord surpris par ce visage vu à la télé qu'il reconnait. Et quand il apprend qu'elle va venir dédicacer son roman dans sa ville, le monde qu'il s'est construit se fissure. Elle est romancière, a perdu sa mère et sa fille. Alternant les deux voix au fil des chapitres, les souvenirs et les interrogations des deux narrateurs se mêlent au présent. Une tension s'installe mais sans pour autant faire de l'ombre au récit.
Sans donner de leçon de morale, l'auteure amène une réflexion intéressante sur les notions de pardon et de rédemption. Mais, hélas, j'ai trouvé que l'écriture manquait souvent de naturel.
Un avis mitigé pour conclure.
Lien : https://claraetlesmots.blogs..
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groody
  02 octobre 2018
J'ai rencontré Sophie Daull la première fois au travers d'un livre bouleversant : "Camille, mon envolée" qui raconte non sans une pointe d'humour la disparition brutale de sa fille des suites d'une infection. J'ai ensuite rencontré Sophie Daull physiquement, au salon du livre de Limoges, nous avions échangé des mots doux sur l'écriture, la peine, la résilience. La lecture de "La suture", son 2e roman, sur la perte de sa mère m'avait emportée.
La revoilà qui m'envahit, m'entraîne en 24 heures dans son écriture poétique dans un roman extraordinaire sur le pardon, le (double) mal de mère, la rédemption. Dans ce livre, Sophie Daull, avec les outils aiguisés et infiniment puissants que sont les mots, avec un langage Ô combien poétique, se met dans la peau de l'assassin de sa mère.C'est tragique, violent et admirablement écrit. le texte interroge sur le pardon, sur la culpabilité et la reconstruction. "Je voulais qu'il re-tremble" dit Sophie Daull sur le plateau de la Grande Librairie. Pas pour faire renaitre la peur mais pour le faire redevenir humain, "simple" jardinier, transparent dans une commune française.
Tout est beau dans ce livre, la couverture, le texte, le sujet...Chaque phrase pourrait être lue plusieurs fois, lentement, à voix basse, pour mieux s'en imprégner, pour saisir la mélodie du propos. Merci Madame pour cet immense roman !
Lien : http://popcornoreillechien.b..
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severinehochedez
  19 janvier 2019
Récit magnifique , malgré la douleur et le manque de ses proches , la narratrice ne ressent pas de haine face à l'assassin de sa mère qu'elle rencontre .
Livre à ne pas mettre entre toutes les mains . Très bien écrit mais sujets très sensibles : homosexualité, prostitution, sexe, prison, alcool, drogue ...
Je cours chercher ses premiers titres !
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loeildem
  05 octobre 2018
Un repris de justice.
Une romancière.
Tout les opposent.
Pourtant, quelque chose les lient depuis toujours.
Un meurtre.
Une mère a été tuée un soir.
Le hasard c'est que trente ans plus tard, son assassin et sa fille se retrouvent.
Lui, menant désormais une vie bien rangée.
Entretient des espaces verts de la ville de Nogent-le-Rotrou.
Elle, devenue romancière, qui vient faire une séance de dédicace à la librairie du coin.
Lui s'affole.
Comment est-ce possible ?
Le décompte est lancé.
5 jours.
5 jours durant lesquels le narrateur bascule.
Il nous livre quelques fragments de vie.
La prison.
Son homosexualité.
Sa vie bio.
Son travail soigné.
Son non attachement depuis Alexandre. le seul homme qu'il ait aimé.
Et puis la rencontre.
Le temps s'arrête.
Le livre entre eux.
Un seul mot sort : Pardon.
« Alors j'irai au grand lavoir là-bas, où la mémoire se récure contre le granit rugueux, où la langue se rince au torrent qui mousse comme un savon d'encre, où la fiction fait Javel. »

Une très bonne lecture quoique un peu trop courte à mon goût. La première partie du roman est à deux voix. On suit le quotidien de nos deux personnages, leurs pensées, angoisses. Puis la deuxième partie s'articule autour de la plume de la romancière qui porte un regard sur ses êtres de papier.
Le roman aborde la question du pardon, de la renaissance, de la culpabilité. C'est poétique - une belle envolée.
Lien : https://loeildem.wordpress.com
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