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ISBN : 2848766816
Éditeur : Philippe Rey (23/08/2018)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Une romancière participe à une émission littéraire télévisée à l'occasion de la parution de son premier livre. Elle ne se doute pas qu'au même moment son image à l'écran bouleverse un employé des Espaces verts de la ville de Nogent-le-Rotrou. Repris de justice pour un crime commis il y a trente ans, menant désormais une vie bien rangée, ce dernier est confronté de façon inattendue à son passé, à son geste, à sa faute. Car la romancière est la fille de sa victime. Et... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Tostaky61
  18 juillet 2018
Imaginez !
Imaginez que l'assassin de votre mère sorte de prison après ses dix-huit années de sûreté, peine minimale infligée pour ce crime.
Imaginez que cette libération tombe pendant la promotion de votre premier roman écrit à la suite du décès subit de votre fille.
Imaginez que vous retrouviez sur votre écran télé ce visage d'un homme que vous pensiez condamner aux oubliettes.
Imaginez que cet homme puisse refaire sa vie, retrouver un travail..
Mettez-vous dans la peau de l'ex-tôlard.
Entrez dans la tête d'un criminel repenti qui aspire à vivre dans l'anonymat.
Acceptez de l'accompagner dans ses virées nocturnes.
Vivez avec lui son quotidien d'homme libre.
Imaginez l'improbable rencontre...
Dans la première partie, Sophie Daull est actrice, à deux voix. Tantôt elle, l'auteure, tantôt lui l'ancien détenu.
J'ai retrouvé ce que j'aime chez une autre écrivaine, Angélique Villeneuve, dans les parterres de fleurs de Sophie Daull.
Mais j'ai découvert une violence des mots aussi. Une violence inhabituelle chez elle. On ne fait pas l'amour dans Au grand lavoir, on baise...  c'est cru, choquant peut-être...
Dans la seconde partie elle devient narratrice, elle raconte la suite des événements,  elle observe ses personnages. Elle déroule son récit, de sa magnifique plume, jusqu'à une fin émouvante.
Elle en profite au passage pour s'expliquer, pour répondre aux interrogations, apporter des précisions à ses détracteurs.
Dans les malheurs de Sophie (sans jeu de mots) elle a choisi de vivre et de l'écrire et elle le fait merveilleusement bien.
Notez sur vos tablettes, c'est le 23 août, dans toutes les bonnes librairies 
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Bazart
  16 novembre 2018
J'ai découvert Sophie Daull avec Camille mon envolée un de ces livres formidables qui serre fortement le coeur, où elle tentait de décrire l'impossible et en d'expliquer l'impuissance et le douleur d'une mère .
Hélas j'ai raté la Suture publié deux ans après dans lequel Sophie Daull recomposait le passé de sa mère disparue depuis 30 ans afin de recoudre une histoire familiale justement déchirée par la mort de Camille, et me suis rattrapé avec son dernier roman Au grand lavoir,qui complète les pièces du puzzle élaboré avec les deux premiers romans
Sophie Daull se met en effet dans la peau celle d'un jardinier à Nogent-Le-Rotrou, ex taulard pour avoir commis un viol et avoir tué sa victime qui n'est autre que la mère de Sophie, héroïne de la suture, la boucle est bouclée, et on est toujours autant bouleversé par la façon dont Sophie Daull parvient à mélanger histoire intime et fiction.
La construction du livre est assez formidable puisqu'on a affaire à un roman à trois voix,celle de cet ex détenu qui mène une existence a priori peinarde, devenu agent docile des espaces verts communaux, celle d'une auteure en tournée pour faire la promotion de son roman, fille de la victime dont la parenté avec Sophie Daull semble évidente ; enfin celle d'un narrateur, une voix off pour nous narrer la fin de cette histoire.
Ce roman bouleverse tant l'écriture de Sophie Daull ausculte avec force et poésie ces relations faites de trouble et d'ambiguïté, et ces dérisoires mais si importantes tentatives d'explications et d'une impossible rédemption et d'un encore moins possible pardon entre la victime indirecte et son bourreau .
Un grand et beau livre de cette rentrée littéraire .
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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mariecloclo
  31 octobre 2018
Un récit assez atypique, car il s'agit d'une fiction mais tellement imbriquée dans la réalité de la vie de l'auteur que ça devient compliqué de les séparer.
Sophie Daull a perdu deux êtres chers dans sa vie : sa mère, violée et tuée par un homme il y a 30 ans et sa fille, Camille, morte à 16 ans d'une infection fulgurante. Elle écrit pour se reconstruire, pour tenter d'évacuer sa peine.
"Au grand lavoir" se situe dans la petite ville de Nogent le Rotrou, elle décrit cette ville avec beaucoup de rigueur et précision, on s'y croirait. Dans cette ville, travaille un jardinier, il s'agit d'un ancien détenu, c'est lui le meurtrier de la mère de l'auteur. Il a passé une vingtaine d'années en prison et a été libéré pour bonne conduite. Il a payé sa dette à la société, comme on dit. Depuis il se réinsère et mène une vie ordinaire.
Or, une femme écrivain va venir dans quelques jours présenter son nouveau roman dans la librairie de la ville, il s'agit de la fille de la femme qu'il a assassinée.
Le jardinier-assassin est bouleversé et angoissé par cette nouvelle, il se prépare à la rencontre.
Un texte très court sur le pardon, la rédemption, la mémoire des morts.
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luocine
  18 mars 2019
Un livre étonnant loin de beaucoup d'idées préconçues auxquelles on pourrait facilement penser, puisque cette écrivaine a choisi de mettre le drame dont elle a été victime au coeur du récit et pourtant il n'y a ni voyeurisme ni détails sensationnels donc racoleurs dans ce roman. D'abord, c'est très bien écrit, j'ai lu le souffle court ce récit ou deux êtres vont finir par se rencontrer, l'une est écrivaine, l'autre est l'assassin de sa mère. Elle se sert de tout son talent pour fouiller la conscience de cet homme, elle le suppose après ses années de prison devenu jardinier à Nogent Rotrou. C'est le personnage principal du roman, que pense-t-il aujourd'hui de l'horreur de son geste ? Est-ce que sa conscience le tourmente ? Ou arrive-t-il à oublier complètement en vivant le quotidien le plus intensément possible ? Cela nous vaut de très beaux passages sur le travail des jardiniers d'une petite ville et une approche réaliste de la vie en province. Et puis il y a la deuxième voix, celle de l'écrivaine qui explique au lecteur qu'elle se donne le droit d'inventer une conscience et une personnalité à celui qui vit quelque part sur terre avec le souvenir de ce qu'il a fait. Il n'y a pas de rancoeurs dans ce roman, sauf une et elle est forte, il existe un reportage qui avait été fait à l'époque sur l'assassin de sa mère. Et les journalistes avaient construit une théorie sur l'homosexualité de l'assassin et en avait fait une sorte de victime de la misère sexuelle. Cela, elle le trouve très injuste et décrit très bien la façon dont les journaliste de télévision font accoucher les gens de propos auxquels ils n'avaient même pas penser. La force du roman, c'est la montée dans l'intensité de la rencontre de ces deux êtres, on est vraiment saisi par ce roman. Je pense que l'écriture aura permis à cette auteure de regarder en face tout ce qui était enfoui au plus profond d'elle même. Quand on sait que cette femme a, aussi, dû vivre la mort tragique de sa fille, le lecteur espère très fort que l'écriture permet de survivre aux plus terribles des souffrances quand on a ce talent : celui d'être écrivaine et à mon goût une excellente écrivaine.
Lien : http://luocine.fr/?p=10273
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noid
  06 décembre 2018
Magnifique ! Un livre sur la culpabilité. Celle d'un tueur qui a purgé sa peine, qui végète dans un trou perdu, employé communal, jardinier paysagiste. Et qui, un jour, tombe sur la fille de sa victime à la télévision. Écrivaine, qui passera dédicacer son livre dans sa ville paumée.
Et la parole est aussi donnée à cette femme. Victime, fille de la victime.
Et pourtant… que trois étoiles ? Misère, cela commençait, cela s'annonçait, cela se passait pourtant si bien.
Un peu très beaucoup déçu par la non-fin du livre.
Lien : http://noid.ch/au-grand-lavo..
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
ZakuroZakuro   20 octobre 2018
Alors j'irai au grand lavoir là-bas, où la mémoire se récure contre le granit rugueux, où la langue se rince au torrent qui mousse comme un savon d'encre, où la fiction fait Javel. Je regarderai l'eau crasseuse s'écouler dans une grande synovie de mots et je laisserai sécher les éclaboussures au soleil de leur consolation. Grande lessive.
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Tostaky61Tostaky61   19 juillet 2018
Mon palais : la langue de mon pays. Mes bonnes marraines : la syntaxe et la musique. Mes sujets : les livres. Mes princes : les poètes. Mon royaume : l'imagination.
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luocineluocine   18 mars 2019
Les seules fois de ma vie où j’ai vu des spectacles, c’était en taule. Les premières années c’était vraiment une fête, un truc rarissime. On était tous volontaires pour aménager le réfectoire, pousser les tables et les chaises, accrocher aux fenêtres de vieilles couvertures pour faire un semblant d’obscurité. Et puis au milieu des années 90 c’est devenu monnaie courante, un truc banal. Toutes les semaines un nouveau pack culturel bien démago, session de rap, de slam ; impromptus théâtraux, sur le racisme, les ravages de la drogue, l’injustice sociale et autres calamités du monde moderne. Plus personne y allait, blasés on était… À la fin, c’était presque les concert de musique classique qui finissaient par avoir plus de succès. Moi, en bon fayot, j’ai assisté à tout, ça faisait des points, je me faisais bien voir, je multipliais les distinctions sur mon costume de bagnard. Converties en année de remise de peine, ça faisait un beau pactole.
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BazartBazart   16 novembre 2018
J’avais glissé le bouquin sans emballage dans mon blouson. Dans la poche de poitrine ça cognait fort ; je me demandais qui tirait sur qui. Mon coeur à chaque battement semblait perforer le carton de la couverture
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luocineluocine   18 mars 2019
Ce qu’ils voulaient entendre, ils te l’arrachaient de la bouche. Ils avaient une façon de t’interroger, de te poser les questions en suggérant les réponses, d’orienter l’entretien, de manipuler ton discours, de t’amener là où t’avais pas prévu, avec des « Vous voulez donc dire que,» et des « On pourrait donc en conclure que …» Et toi, t’es comme un con, tu sens que c’est pas exactement comme ça que tu penses, mais comme il faut pas laisser de blancs trop longs, à cause du ronron de la caméra qui tourne, tu dis » Oui oui, c’est ça » sans trop réfléchir, et ton destin est changé.
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Videos de Sophie Daull (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sophie Daull
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