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EAN : 9782253237747
168 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (02/01/2020)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 55 notes)
Résumé :
Une romancière participe à une émission littéraire télévisée à l'occasion de la parution de son premier livre. Elle ne se doute pas qu'au même moment son image à l'écran bouleverse un employé des Espaces verts de la ville de Nogent-le-Rotrou. Repris de justice pour un crime commis il y a trente ans, menant désormais une vie bien rangée, ce dernier est confronté de façon inattendue à son passé, à son geste, à sa faute. Car la romancière est la fille de sa victime. Et... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Tostaky61
  18 juillet 2018
Imaginez !
Imaginez que l'assassin de votre mère sorte de prison après ses dix-huit années de sûreté, peine minimale infligée pour ce crime.
Imaginez que cette libération tombe pendant la promotion de votre premier roman écrit à la suite du décès subit de votre fille.
Imaginez que vous retrouviez sur votre écran télé ce visage d'un homme que vous pensiez condamner aux oubliettes.
Imaginez que cet homme puisse refaire sa vie, retrouver un travail..
Mettez-vous dans la peau de l'ex-tôlard.
Entrez dans la tête d'un criminel repenti qui aspire à vivre dans l'anonymat.
Acceptez de l'accompagner dans ses virées nocturnes.
Vivez avec lui son quotidien d'homme libre.
Imaginez l'improbable rencontre...
Dans la première partie, Sophie Daull est actrice, à deux voix. Tantôt elle, l'auteure, tantôt lui l'ancien détenu.
J'ai retrouvé ce que j'aime chez une autre écrivaine, Angélique Villeneuve, dans les parterres de fleurs de Sophie Daull.
Mais j'ai découvert une violence des mots aussi. Une violence inhabituelle chez elle. On ne fait pas l'amour dans Au grand lavoir, on baise...  c'est cru, choquant peut-être...
Dans la seconde partie elle devient narratrice, elle raconte la suite des événements,  elle observe ses personnages. Elle déroule son récit, de sa magnifique plume, jusqu'à une fin émouvante.
Elle en profite au passage pour s'expliquer, pour répondre aux interrogations, apporter des précisions à ses détracteurs.
Dans les malheurs de Sophie (sans jeu de mots) elle a choisi de vivre et de l'écrire et elle le fait merveilleusement bien.
Notez sur vos tablettes, c'est le 23 août, dans toutes les bonnes librairies 
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1967fleurs
  04 janvier 2020
C'est autour d'une ballade livresque que j'ai découvert « Au grand Lavoir » de Sophie Daull.
Je n'ai pas hésité un seul instant à m'en emparer !
Je connais cette auteure depuis quelques années, après avoir lu « Camille, mon envolée » puis « la Suture ».
La compréhension de ce dernier opus est indissociable de ces deux lectures car l'auteure y mêle par fragments fiction et réalité alors je n'en parlerai pas dans les détails car ce serait dévoiler les mystères de ce livre. Cet ouvrage peut aussi être lu indépendamment mais là il y aura un pan de l'histoire qui vous échappera….
Sophie Daull se met dans la peau de cet ex-taulard, qui a purgé 18 ans de prison suite à un viol puis le meurtre de sa victime. Il est maintenant réinséré et est jardinier à la ville de Nogent le Rotrou. Sa vie va basculer un soir devant sa télévision…
La construction de ce livre est particulière, elle est à trois voix, nous écoutons celle de cet employé des espaces
verts, -qui mène une existence relativement tranquille-, celle d'une auteure en tournée pour la promotion de son livre, puis du narrateur pour nous compter la fin de cette histoire.
« j'irai au grand lavoir là-bas, où la mémoire se récure contre le granit rugueux, où la langue se rince au torrent qui mousse comme un savon d'encre, où la fiction fait javel. Je regarderai l'eau crasseuse s'écouler dans une grande synovie de mots et je laisserai sécher les éclaboussures au soleil de la consolation »
Au grand lavoir, c'est la grande lessive c'est décapant…et ça règle les comptes….
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Bazart
  16 novembre 2018
J'ai découvert Sophie Daull avec Camille mon envolée un de ces livres formidables qui serre fortement le coeur, où elle tentait de décrire l'impossible et en d'expliquer l'impuissance et le douleur d'une mère .
Hélas j'ai raté la Suture publié deux ans après dans lequel Sophie Daull recomposait le passé de sa mère disparue depuis 30 ans afin de recoudre une histoire familiale justement déchirée par la mort de Camille, et me suis rattrapé avec son dernier roman Au grand lavoir,qui complète les pièces du puzzle élaboré avec les deux premiers romans
Sophie Daull se met en effet dans la peau celle d'un jardinier à Nogent-Le-Rotrou, ex taulard pour avoir commis un viol et avoir tué sa victime qui n'est autre que la mère de Sophie, héroïne de la suture, la boucle est bouclée, et on est toujours autant bouleversé par la façon dont Sophie Daull parvient à mélanger histoire intime et fiction.
La construction du livre est assez formidable puisqu'on a affaire à un roman à trois voix,celle de cet ex détenu qui mène une existence a priori peinarde, devenu agent docile des espaces verts communaux, celle d'une auteure en tournée pour faire la promotion de son roman, fille de la victime dont la parenté avec Sophie Daull semble évidente ; enfin celle d'un narrateur, une voix off pour nous narrer la fin de cette histoire.
Ce roman bouleverse tant l'écriture de Sophie Daull ausculte avec force et poésie ces relations faites de trouble et d'ambiguïté, et ces dérisoires mais si importantes tentatives d'explications et d'une impossible rédemption et d'un encore moins possible pardon entre la victime indirecte et son bourreau .
Un grand et beau livre de cette rentrée littéraire .
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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bdelhausse
  08 juillet 2020
Imaginons une jeune femme dont la mère est assassinée. Elle se reconstruit, sans haine. On devine, on sait que ce n'est pas évident. Que le doute doit l'étreindre. La notion de pardon vient vite sur la table. Et celle de faute. Puis celle d'oubli, qui n'est pas synonyme d'indifférence,. Et la question de l'indifférence, qui n'est pas synonyme d'oubli ou de manque d'amour...
Bref, chacun est bien seul face à un tel drame.
Imaginons que cette femme perde sa propre fille. Erreur médicale. Et reviennent sur le carreau les notions de faute, d'oubli, de pardon... Peut-on accorder un pardon à quelqu'un qui ne le demande pas? Sans doute pas. Peut-on se dire pardonné sans l'avoir demandé...? Pas davantage.
Imaginons enfin que ces deux drames,, qui sont arrivés au personnage central du roman, ces deux drames sont ceux qu'a vécu Sophie Daull. Ecrire sur soi. Ecrire sur sa vie. Pour témoigner. Pour exorciser. Pour se vider. le grand lavoir, c'est celui de Sophie Daull, finalement. Et pas seulement celui du personnage central, une auteure qui part en province faire la tournée des librairies pour présenter son roman et expliquer son manque de ressentiment à l'égard du meurtrier de sa mère et de l'infirmière qui a commis l'erreur fatale.
Le hasard... mais ce hasard existe-t-il vraiment, le hasard, donc, vient à mener les pas de cette auteure là où le meurtrier de sa mère vit et travaille. Vont-ils se rencontrer, et que peuvent se dire ces deux êtres qui tentent de laver leur passer. La grande lessive, le kärcher, l'essorrage à 1500 tours... cela suffira-t-il?
On assiste à une mise en abyme entre le récit et la vie de Sopie Daull, avec comme point d'orgue le livre du personnage central. Sophie Daull alterne les points de vue, un coup l'auteure, un coup le meurtrier. Sophie rêve, imagine. La romancière écrit.
Le sujet est grave. Et qui suis-je pour émettre un jugement... Par contre, je n'ai pas pu, pas su, rentrer dans le roman. Trop haché, trop hésitant. On a de longues listes d'adjectifs, sans ponctuations. Des phrases impressionnistes dépourvues de verbe. Ou de sujet. Voire de sens. J'ai eu beaucoup de mal à cerner le meurtrier, entre esthète et camionneur, entre rafinnement et sauvagerie. Je n'y ai pas cru. C'est étrange comme parfois la fiction nous semble plus réelle et crédible que la réalité...
Je me dis qu'écrire sur un sujet si proche de soi, ce n'est pas donné à tout le monde. le recevoir en tant que lecteur, ce n'est pas non plus donné à tout le monde. Quand Ellroy écrit sur sa mère, on le sent aussi moins affirmé, moins cinglant que d'habitude. J'admire Sophie Daull. J'admire James Ellroy. Des personnes qui se relèvent, des personnes qui ne montrent pas de haine, pas de vengeance, pas de désir sombre... Mais le roman ne m'a pas convaincu. Cela dit, Sophie Daull interpelle, elle nous hèle, elle va nous bousculer dans nos certitudes. Elle nous ébranle dans notre vision dichotomique du monde. Les bons et les méchants. le noir et le blanc... Rien que pour cela, je voue une admiration à Sophie Daull (mais pas à son roman, on l'a compris).
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Isa0409
  22 janvier 2020
Parmi l'immense et vaste jardin que représente la vie, j'ai erré, vagabondé parmi les fleurs, les arbres parmi tout ce que la Nature a pu m'offrir, je n'en ai récolté que le meilleur, ce qu'elle a fait de plus harmonieux à mes yeux à jamais embués de larmes, créant ainsi un bouquet à mon image, un bouquet comme une croix que je porte sur mes épaules, mais un bouquet tuteur aussi, qui me fait avancer, qui me fait continuer quand l'espoir meurt, quand la vie n'est plus que l'ombre d'un coucher de soleil éternel, et ce bouquet, voyez-vous, est flamboyant de vraisemblance à celle que je suis au plus profond de moi, et ce, malgré les regards quelquefois douteux, perplexes, étonnés d'un tel capharnaüm floral. Mon bouquet est le suivant :
- Des acacias, au nom de l'amour platonique ;
- Des tulipes blanches, car j'ai pardonné ;
- Des dahlias, pour toute ma reconnaissance ;
- Des perce-neige, car je crois en de jours meilleurs ;
- du gui, car je triompherai sur cette haine et ces maux qui me détruisent.
Je suis comme amputée de mes membres, je n'ai plus ni ascendance ni descendance, la Vie m'a ôté mère et fille, je me retrouve orpheline et quoi ? Existe-t-il seulement un adjectif pour nommer une personne ayant perdu son seul et unique enfant ?
Alors l'écriture, la littérature, m'abreuver d'elles quitte à m'y noyer ou m'enivrer d'elles, et revoir les fleurs, miracles de vie, éternelles pousses poétiques, tels sont mes piliers.
J'ai pardonné ; à cet homme, d'avoir tué ma mère, à la Justice, de l'avoir libéré, à la vie, de m'avoir brûlée vive ; au corps médical, de n'avoir pas su agir, aux gens, de s'approprier ma peine, ma rage, ma colère, ma haine. J'ai pardonné car le pardon est la seule chose qu'il me reste encore. Je ne m'acharne plus, la vie n'est pas un pas de deux, je refuse son essence binaire, noir/blanc, amour/haine, « bourreau/victime, coupable/innocent, faute/punition ». Car lorsque j'ouvre les yeux, chaque matin, tout est gris, et malgré les années, punir ou juger ne m'a été d'aucun secours ; je parle du « pas de côté, le troisième temps de la valse, celui qui boite un peu. Je parle des fleurs, de la danse, des choses inutiles, floues, minuscule, innommées ».
Sophie Daull signe un roman hors du commun – j'ai découvert sa plume à travers son premier roman, « Camille, mon envolée » et j'ai été émerveillée, bouleversée par l'humour, l'optimisme, l'abnégation de cette femme à qui la vie a tout arraché.
Dans ce deuxième roman témoignage, elle raconte la perte de sa mère, la vie de son meurtrier après sa libération, la sienne aussi, ses deuils et sa manière de les surmonter, et leur étrange rencontre lors de la dédicace de son premier roman, dans la ville presque fantôme de Nogent-le-Rotrou, dans laquelle les souvenirs et le passé ne meurent jamais…
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
ZakuroZakuro   20 octobre 2018
Alors j'irai au grand lavoir là-bas, où la mémoire se récure contre le granit rugueux, où la langue se rince au torrent qui mousse comme un savon d'encre, où la fiction fait Javel. Je regarderai l'eau crasseuse s'écouler dans une grande synovie de mots et je laisserai sécher les éclaboussures au soleil de leur consolation. Grande lessive.
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Tostaky61Tostaky61   19 juillet 2018
Mon palais : la langue de mon pays. Mes bonnes marraines : la syntaxe et la musique. Mes sujets : les livres. Mes princes : les poètes. Mon royaume : l'imagination.
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luocineluocine   18 mars 2019
Les seules fois de ma vie où j’ai vu des spectacles, c’était en taule. Les premières années c’était vraiment une fête, un truc rarissime. On était tous volontaires pour aménager le réfectoire, pousser les tables et les chaises, accrocher aux fenêtres de vieilles couvertures pour faire un semblant d’obscurité. Et puis au milieu des années 90 c’est devenu monnaie courante, un truc banal. Toutes les semaines un nouveau pack culturel bien démago, session de rap, de slam ; impromptus théâtraux, sur le racisme, les ravages de la drogue, l’injustice sociale et autres calamités du monde moderne. Plus personne y allait, blasés on était… À la fin, c’était presque les concert de musique classique qui finissaient par avoir plus de succès. Moi, en bon fayot, j’ai assisté à tout, ça faisait des points, je me faisais bien voir, je multipliais les distinctions sur mon costume de bagnard. Converties en année de remise de peine, ça faisait un beau pactole.
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luocineluocine   18 mars 2019
Ce qu’ils voulaient entendre, ils te l’arrachaient de la bouche. Ils avaient une façon de t’interroger, de te poser les questions en suggérant les réponses, d’orienter l’entretien, de manipuler ton discours, de t’amener là où t’avais pas prévu, avec des « Vous voulez donc dire que,» et des « On pourrait donc en conclure que …» Et toi, t’es comme un con, tu sens que c’est pas exactement comme ça que tu penses, mais comme il faut pas laisser de blancs trop longs, à cause du ronron de la caméra qui tourne, tu dis » Oui oui, c’est ça » sans trop réfléchir, et ton destin est changé.
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BazartBazart   16 novembre 2018
J’avais glissé le bouquin sans emballage dans mon blouson. Dans la poche de poitrine ça cognait fort ; je me demandais qui tirait sur qui. Mon coeur à chaque battement semblait perforer le carton de la couverture
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