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EAN : 9782021507690
160 pages
Seuil (18/03/2022)
4.77/5   15 notes
Résumé :
Dans les tribunaux où il a exercé ses fonctions de juge des enfants, Édouard Durand a vu des enfants grandir et d’autres mourir. Celui que l’on surnomme parfois « l’ange gardien des petits » consacre sa vie à leur protection.

Au cours de ces entretiens, il nous raconte ce que nous préférons souvent ignorer : les violences conjugales, celles faites aux enfants, l’inceste. Il affirme avec force que la maison doit être un lieu de sécurité et que nous en ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Edouard Durand est un homme qui m'a beaucoup émue dans ces entretiens avec Delphine Saubaber. Les questions posées sont justes, elle cherche à comprendre la mission d'Édouard Durand, juge pour enfants.
En effet, ce juge est investi d'une mission : celle de protéger la mère ET l'enfant lors de violences conjugales qu'elles soient physiques et/ou sexuelles, de protéger l'enfant quand il est victime de maltraitante, d'inceste.
Il déplore à juste titre le manque de condamnation pour ces violences et abus sexuels.
Il traite de sa décision ou non de placer un enfant, de la brutalité qu'a cette décision pour les parents et l'enfant.
Il nous parle également de la présomption des fausses victimes. Dans notre société, on pense que si une femme se dit victime de violences lors d'un divorce, c'est pour obtenir la garde de son ou ses enfants. Ce comportement me donne la nausée.
S'il y en a, c'est juste un pourcentage minime par rapport au manque de condamnations.
Ce juge explique le rejet de la réalité car c'est une façon à l'être humain de se défendre. Ne pas voir, ne pas réagir nous permet de continuer notre vie tranquille...
Défendre les enfants est un livre nécessaire pour mieux protéger les enfants, les femmes, victimes chez elles et pour modifier la loi concernant l'autorité parentale.
Il serait enfin temps que ces victimes soient crues, que leur agresseur soit condamné.
Merci Monsieur d'être un homme et d'avoir un comportement humaniste pour ce type de violences.
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« Mais qu'est-ce que l'intérêt de l'enfant ? Je pense que c'est une grande question, encore en suspens, qui illustre ce que je veux dire dans ce livre. » p 32
Edouard Durand est un des professionnels les plus engagés, avec Maurice Berger en son temps, au service de la révolution qui doit s'opérer dans notre société si nous voulons défendre les enfants. Une révolution qui passe par une prise de conscience en cours, et par la remise en question de nos représentations concernant les besoins de l'enfant et concernant une forme de sacralisation de la famille qui en fait un espace de non-droit où le pire peut se commettre en impunité.
Ce petit livre écrit sous la forme d'un entretien présente l'homme, son parcours, ses choix moraux, le cheminement d'une pratique et, surtout, décrit au plus intelligiblement les changements d'approche à traduire dans nos lois urgemment si nous voulons réellement protéger les enfants de toutes les formes de violences auxquelles ils sont exposés au sein de la famille.
Lumineux d'intelligence et de sensibilité assumée, de fermeté et de cohérence, ce texte est une bonne base de réflexion pour qui veut s'intéresser au sujet par-delà les indignations suscitées par les échecs de la Protection de l'Enfance.
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La lecture de ce petit livre est absolument passionnante. le juge des enfants Édouard Durand répond à des questions et se prononce clairement sur les modifications qu'il souhaite voir apporter à la Protection de l'enfance pour lui pas assez incitative et trop subjective. il explique les incidences dramatiques pour l'enfant d'être témoin de violences conjugales contre la mère première figure d'attachement et les traumatismes que cela va déclencher chez lui. Souhaitons qu'il parvienne à faire bouger la loi et les hommes qui l'appliquent à son nouveau poste de coprésident de la CIIVISE !
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Édouard Durand nous fait pénétrer avec lui dans son bureau, nous invite à nous asseoir à ses côtés pour partager ses rencontres avec les enfants, leurs parents. Et nous sommes submergés par la souffrance et la violence qui nous éclatent à la face. Celles qu'on ne voudrait ni voir ni entendre.
Mais le juge Durand est un passeur. Il nous accompagne, nous prend par la main et par la raison, pour nous aider à les affronter, et à travers nous, obliger la Société à les traiter et à "réparer" ceux qui ont été brisés.
Cet homme est remarquable et, comme nul autre, sait se mettre "à hauteur d'enfant". Quelle belle expression que la sienne, au sens propre comme au sens figuré.

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Infatigable magistrat au service des enfants, Edouard Durand entrebâille la porte des audiences à huis clos qui caractérisent la justice des mineurs. Il décrypte dans un langage compréhensible par tous, l'engrenage de la violence, les ressorts de l'emprise et les dégâts sur le développement des enfants, pris dans la nasse de la maltraitance.
Juge des enfants à Marseille, puis à Bobigny, il s'emploie aujourd'hui à faire évoluer la loi en présidant notamment la CIIVISE-Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants. Celui, que les enfants appellent « mon juge », porte inlassablement leur parole et martèle, d'une voix tranquille mais déterminée, les changements nécessaires pour les protéger plus efficacement.
Lien : https://www.mediathequeouest..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Mais on évite aussi de faire l’effort de nommer. Nommer est la vocation de l’être humain sur la Terre. Nommer, c’est discriminer. Et juger, c’est nommer. Il faut nommer, sinon tout est flou, confus. La nuance, la complexité sont des bonnes planques pour ne pas le faire et ne pas faire face à la violence des faits. La résilience est une autre bonne planque. On dit : « Les gens s’en sortent. » Mais pas tous ! On n’est pas résilient comme ça, pas du tout. Comprenez-moi, je ne dis pas que la résilience n’existe pas, mais que la société peut avoir tendance à l’utiliser comme un prétexte pour minimiser les violences et son devoir de protection des personnes qui les subissent. Le pardon aussi est une bonne planque. J’ai entendu, à propos d’un inceste : « C’est son père, il a mal agi mais elle doit lui pardonner… » On inverse la culpabilité, on met la victime dans la situation de penser : « Si je ne pardonne pas, c’est que je ne suis pas normale, c’est moi qui génère du mal. »
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Et puis surtout, on ne prend pas encore suffisamment en compte les enfants, qui sont covictimes des violences conjugales. On est en train de comprendre que les violences du couple sont une attaque gravissime de la sécurité de la femme, mais on continue de minimiser leur impact sur les enfants. Or il faut arriver à penser les deux ensemble. Pour un enfant – cela a été montré –, ces violences sont des attaques assimilables, en intensité, à une scène de guerre ou de terrorisme. Ce sont des situations de stress très intense, qui provoquent une surproduction dans le cerveau d’une hormone de stress, le cortisol, qui désorganise à son tour la zone cérébrale de contrôle des émotions telles la colère ou la peur.
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Parce que le fait d’avoir subi de la violence ne détermine pas le fait de devenir violent. La grande majorité des enfants victimes de violences ne deviennent pas violents. Et parmi les sujets violents, tous n’ont pas été victimes de violences. Quoi qu’il en soit, la violence reste un choix. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle une répression pénale est possible. Quels que soient les traits de personnalité ou l’histoire de la personne, il est possible d’adopter un autre comportement que la violence – sauf dans les rares cas d’irresponsabilité pénale en raison de troubles psychiatriques particuliers.
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C’est ça qui est magnifique, la vie qui revient. La vie comme elle doit être pour un enfant. Les audiences les plus belles sont celles où l’on constate que l’enfant a une vie d’enfant tout simplement, qu’il grandit en sécurité, et où il vous raconte tout ce qu’il fait dans sa vie. Quel que soit son âge. Celle encore où un bilan positif est possible. Comme je le disais, l’action éducative produit du changement, et l’audience peut alors permettre de le dire.
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« On associe encore le fait que l’enfant a besoin de sécurité au fait qu’il a besoin de ses deux parents, son père et sa mère. Or notre modèle de société n’est pas que l’enfant ait besoin de son père et de sa mère. Notre modèle est que les personnes qui savent répondre au besoin de sécurité de l’enfant sont en principe son père et sa mère. Ce n’est pas la même chose. En disant « il faut laisser l’enfant avec son père et sa mère parce que c’est son besoin », on se rapproche du réel de manière distordue. Car il faut avant tout regarder si le père et la mère -le père ou la mère- sont en capacité de répondre au besoin de sécurité de l’enfant. C’est sa l’important, la première chose à faire ! Nos représentations de la famille font encore trop souvent écran entre l’enfant et le réel. » p84
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Videos de Edouard Durand (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Edouard Durand
Édouard Durand vous présente son ouvrage "Défendre les enfants" aux éditions Seuil.
Note de musique : © mollat
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