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EAN : 9782072781384
128 pages
Éditeur : Gallimard (10/10/2019)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 217 notes)
Résumé :
Neverland est l’histoire d’un voyage au pays perdu de l’enfance, celui que nous portons tous en nous. À la fois livre d’aventure et livre-mémoire, il ressuscite nos souvenirs enfouis.

Après son immense succès en littérature jeunesse (Tobie Lolness, Vango, Le livre de Perle), Timothée de Fombelle signe son premier livre pour adultes.
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Critiques, Analyses et Avis (94) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  22 octobre 2019
« Je suis parti un matin d'hiver en chasse de l'enfance .Je ne l'ai dit à personne . J'avais décidé de la capturer entière et vivante."
« Dans l'enfance, le temps et la nuit sont un trésor qu'on ne compte pas, qu'on ne découpe pas en heures et en minutes. On regarde ce coffre rempli , on y plonge les mains et les bras, les yeux fermés , sans jamais toucher le fond. »
Voici deux extraits significatifs de ce récit , une manière poétique de remonter aux sources de son imaginaire , très loin: souvenirs d'enfance , fragments de mémoire , éclats de lumière , petits trésors peuplés de contes et de rêves , images vibrantes du paradis perdu, cachettes secrètes , caillou porte - bonheur, branches qui poissent comme de la confiture, ,promenades en bateau, tendresse semblable à un été sans fin, « odeur de sous- bois du salon » ,arbre, végétal..., enfant endormi, enfant clown, enfant qui court...sensations à l'âge tendre, encombré de contes et de passages secrets ...

L'auteur célèbre pour ses livres " Littérature Jeunesse "se met en scène en nous faisant participer à cette émouvante chasse au trésor , avec tous ses décors....
Des territoires communs aux vieux enfants que nous sommes , que nous portons tous comme des trophées ...
Le récit se raccorde à l'histoire des grands- parents et aux petits trésors au fond des tiroirs ...
Cet ouvrage se « ressent » plutôt qu'il ne se commente tellement cette histoire au pays de l'enfance est fragile, à la fois immortelle et universelle, présente et inoubliable ....
Le questionnement de l'auteur est très complexe , malgré l'élégance de l'écriture , certains passages manquent de clarté tout en jouant la simplicité .
L'émotion manque parfois....
Mais ce n'est que mon avis , bien sûr .
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Fleitour
  26 avril 2020
Moi aussi j'ai reçu l'invitation de Timothée de Fombelle. On peut frémir de recevoir une invitation à rentrer dans le domaine de l'enfance d'un ami. J'ajouterai l'enthousiasme de Claire Julliard de traverser ces territoires perdus que nous portons tous en nous. Je la vois la chambre des grands-parents devenue une tour de contrôle, celle de son univers mais nous n'y sommes si peu promenés.

L'auteur a ouvert beaucoup de portes sur la nature sur ses grands-parents mais pas concrètement et en utilisant des formules souvent très lâches, je cherchais l'enfance entière, celle qui s'attrapait et bougeait entre les mains, c'est bien vivant avec les coudes pointus avant de retourner jouer quand les parents se disputent. Une fois encore je n'ai pas été invité à en savoir plus sur cette enfance entière.

Oui j'ai pu vous suivre au décès de votre grand-mère, mais je cherche en vain l'émotion qui pouvait déborder d'un enfant qui fut invité à pénétrer dans cette tour de contrôle et apprendre ce qu'elle racontait, ce qu'elle aimait, ce qu'elle avait adoré votre belle grand-mère..
Oui j'ai cherché à pénétrer dans le domaine de l'enfance qui pour moi est un domaine inconnu, que j'ai abandonné d' une façon trop brutale, d'une façon qui laisse des vides immenses, pour ne pas rechercher sur des territoires étrangers ce que pouvait être la vie d'un enfant de cinq ans, comme des grosses larmes, des chagrins, ces derniers évoqués mais sans les événements auxquels les rattacher ?

Il est difficile de pleurer, parce qu'on ne sait plus. Alors que dire à Timothée de Fombelle lorsqu'on a des grands-parents présents dans leur tour de contrôle, créant un univers où il se passe bien des choses sans les choyer.
Avec mes petits enfants, nous avons transformé notre chambre, nous grands parents, en une tour de contrôle géante. Lorsqu'ils sont présents, de un à trois enfants dans le lit, ce sont des heures de lectures, des facéties, du bruit, de l'animation, des jeux et quelquefois quelques dégâts avec le
le petit-déjeuner. les enfants qui passent leur temps à fouiller, à regarder, à découvrir en cachette, et qui posent des questions, des milliers de questions sont des cures de jouvence.

Une autre fois rapidement vous nous parlez d'une petite fille Juliette et je la suis si peu, encore plus frustré car dans les méandres de ma vie, à six ans j'ai joué des semaines avec une petite fille et ce sont des semaines de bonheur que je pourrais cette fois ranimer.

Oui le texte est intense et limpide, mais sans aspérités, il me manque une vraie douleur, comme de vraies aspirations, des jeux, un enthousiasme et des noms. Les noms des lieux, des pays d'où vient votre famille, des jeux désuets, ou des noms étranges, des noms de départements des noms de villes en désordre. Neverland, oui ce titre est un beau titre.
J'ai aimé le cheval, les fissures au plafond, le cagibi pour échapper à la colère du père, les cavalcades dans le torrent.ces instants qui parfois s'enracinent ou prennent leur envol comme avec un cheval.
« On fait semblant d'être grand. Et, dans le meilleur des cas, je crois, on fera semblant toute sa vie. »
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AudreyT
  16 septembre 2017
***
Ce livre ne se raconte pas, il se ressent... Timothée de Fombelle nous offre ici de manière poétique ses réflexions et ses souvenirs d'enfant. Il nous emmène avec lui à la recherche de ce monde perdu mais qui sommeille en chacun de nous. Une odeur, un objet, un air de musique : tout est propice aux doux souvenirs et aux rêves que nous chérissions.
Une lecture apaisante, mais qui, je l'avoue, m'a moins charmé que les romans jeunesse qu'il a l'habitude de nous écrire...
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isabelleisapure
  30 novembre 2017
J'étais sûre d'aimer ce livre, tant je suis sensible aux souvenirs d'enfance que ce soient les miens ou ceux des écrivains.
J'y trouve en général, une phrase, un mot, une sensation qui me renvoie à l'âge de mes jeux, de mes rires, de mon insouciance.
En ouvrant le livre de Timothée de Fombelle, j'étais dans cette attente et j'ai du mal à exprimer ma déception car je ne sais pas vraiment pourquoi ce texte m'a laissée indifférente.
Malgré une écriture élégante parfois teintée de poésie, les mots ne m'ont pas touchée.
J'ai eu l'impression que l'auteur évoquait des souvenirs sans vraiment avoir envie de les partager avec son lecteur.

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AMR
  07 octobre 2017
Encore une fois, je découvre un nouvel auteur dans le cadre des 68 premières Fois.
Enfin un format court qui se justifie et qui correspond parfaitement à l'amplitude de l'écriture d'un conte poétique et philosophique sur l'enfance.
Dans Neverland de Thimothée de Fombelle, le narrateur part à la recherche d'un pays imaginaire, celui de l'enfance. C'est une véritable expédition, une chasse, avec ses préparatifs matériels et psychologiques. Ce récit de « voyage illuminé » à la première personne est rempli de figures métaphoriques empruntées à la nature et au monde animal ; tout y devient symbolique et porteur de sens. Cette aventure se fait exploration, effraction aussi parfois.
L'enfance n'est plus seulement cette période de la vie de tout un chacun qui va de la naissance à la préadolescence, mais elle devient un lieu, un territoire qui possède sa géographie, sa météo, ses saisons et ses paysages qui se confondent avec les souvenirs ; c'est aussi un monde plus ou moins dangereux selon les époques et les circonstances. le vocabulaire employé devient celui de la fantasy médiévale avec ses châteaux-forts, ses cavalcades et ses armes blanches.
La temporalité s'efface au profit d'un « instant suspendu » qui embrasse à la fois tout le pays imaginaire et chacun de ses détails. La trame narrative devient onirique, place le lecteur en apesanteur. Les âges extrêmes de la vie, enfance et vieillesse, se rencontrent et se rejoignent à la lisière de neverland…
Parfois, le récit se raccorde à la vraie vie, aux grands-parents, aux vacances, aux trajets en voiture, aux jeux avec les parents et la fratrie, aux pique-niques, aux bonnes recettes de familles, aux petits trésors au fond des tiroirs, aux terreurs nocturnes, aux peurs de l'abandon, au désordre d'une chambre, aux maladies et bobos divers, à tous les souvenirs, même les plus terrifiants… En grandissant, l'enfant découvre aussi l'ennui, les temps morts, le monde des adultes, la mort de gens qu'il connaissait… Il prend conscience de l'éveil de son corps. Plus tard encore, l'adulte qu'il est devenu plonge dans la poussière des mémoires familiales et tente de dérouler l'écheveau du passé.
Il faut entrer dans ce livre sans à priori, accepter de passer par l'imaginaire avant le réel, par l'interprétation avant les évènements ou les faits avérés, se laisser porter, emporter, s'arrêter si nécessaire, revenir en arrière si besoin, terminer sa lecture et pourquoi pas la recommencer. Le chapitrage court permet toutes les pauses possibles, toutes les directions envisageables. Avec Thimothée de Fombelle, chaque lecteur part à la recherche de l'enfant qu'il a été et le retrouve, sans doute : le livre semble écrit pour ça…
Et pourtant, je m'interroge en refermant Neverland… Alors, je le reprends et je le relis pour saisir son ossature ; mais ce livre est inclassable, hors-norme... L'écriture est fluide et poétique, comme à main levée ; c'est possible avec un peu de sensibilité et de talent, trop facile peut-être, pas assez maitrisé… C'est doux et agréable, rugueux et vif, mignon et écorché, comme l'enfance.
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critiques presse (4)
LeMonde   06 octobre 2017
Grand auteur jeunesse, il signe, avec « Neverland », un beau récit biographique… sur son enfance.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeFigaro   29 septembre 2017
Le romancier fétiche des adolescents signe son premier livre pour les adultes.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaLibreBelgique   13 septembre 2017
Dans son premier texte pour adultes, Timothée de Fombelle dit son enfance
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Telerama   16 août 2017
Un phare de la littérature jeunesse explore ses souvenirs d'enfance : une émouvante chasse au trésor.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (83) Voir plus Ajouter une citation
JeannepeJeannepe   03 novembre 2017
Je me rappelle, vers huit ou neuf ans, m’être convaincu que j’étais l’objet d’une conspiration générale. Il me semblait que j’étais une fiction cultivée par mes parents et par tous ceux qui m’entouraient. De toute part, on essayait de me faire croire que j’étais bien moi-même, mais j’avais repéré les indices qui prouvaient que je n’existais pas. Et quand ils s’adressaient à moi le plus normalement possible, quand ils mettaient un couvert à mon intention sur la table, ils faisaient tous semblant que j’étais bien là.
Je n’en avais parlé qu’à mon grand frère. J’étais allé le retrouver dans sa chambre au milieu de la nuit.
À la fin, j’avais dit :
– Voilà.
Il était resté silencieux dans le noir. J’avais ajouté :
– Comme ça, tu sais.
Il avait pris le temps d’y réfléchir, avec beaucoup de gravité, et s’était finalement associé à mon sort, certain d’être victime de la même machination.
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Annette55Annette55   21 octobre 2019
«  L’enfant est une île .Il ne sait et ne possède rien. Il devine des forces immenses sous les bandelettes qui serrent son corps .
Pour lui, le lendemain n’existe pas. Le passé a déjà disparu.L’enfant commence par être cet instant suspendu , désarmé , qui jaillit comme un bouchon au milieu de la mer et regarde autour de lui. »
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VALENTYNEVALENTYNE   11 juillet 2018
Je suis parti un matin d’hiver en chasse de l’enfance. Je ne l’ai dit à personne. J’avais décidé de la capturer entière et vivante. Je voulais la mettre à la lumière, la regarder, pouvoir en faire le tour. Je l’avais toujours sentie battre en moi, elle ne m’avait jamais quitté. Mais c’était le vol d’un papillon obscur à l’intérieur : le frôlement d’ailes invisibles dont je ne retrouvais qu’un peu de poudre sur mes bras et mon cou, le matin.
Je ne voulais pas parler de mon enfance, je voulais l’enfance absolue, la source commune, l’eau violette des origines.
Je me souviens de ce besoin qui m’a envahi un jour d’attraper l’enfance pour la tenir, comme dans une cage entre mes mains fermées, et la montrer aux autres en écartant doucement les doigts.
– Regarde, elle est là. Tu la vois ?
C’est arrivé au milieu de ma vie. Autant d’années à vivre, peut-être, que de temps vécu. J’avais senti la l’absence de l’enfance dans tout ce qui commandait la marche du monde à ce moment-là. Et ce monde ressemblait à une steppe, une plaine asséchée, fendue de colonnes de guerriers. Aucune trace de l’enfance nulle part. La terre craquait tout autour. Comment y grandir ? Il manquait ces noyaux tachés de rouge qui font sonner les grelots morts.
Je m’étais équipé comme un chasseur de dragons ou de chimères. Impossible de savoir ce dont j’aurais besoin. J’avais prévu les sarbacanes, les potions, les casiers, les filets, un petit cheval assez rapide, des fléchettes qui endorment, et même les brosses de soie et les petites cuillères dont se servent les archéologues pour déterrer des trésors anciens sans les abîmer.
J’étais le chercheur d’or, le chasseur fou, illuminé par ce rêve. Je marchais à la verticale sur le chemin étroit avec mon cheval. L’ombre de mon équipage se projetait à côté de moi sur la paroi. Les épuisettes se dressaient dans mon dos comme un bouquet de drapeaux.
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KathleeneKathleene   25 novembre 2017
Chaque matin de toute sa vie, elle reçut de mon grand-père un petit déjeuner qu'il préparait et lui montait dans son lit. Et quand, en découvrant un hiver une lettre de fiancé qu'il lui avait écrite au retour de captivité, je lus ces mots : "Je vous ai dit que toute ma vie serait consacrée à assurer votre bonheur et que je serais très difficile en cette matières, je en veux pas pour vous d'un petit bonheur médiocre, à quatre sous, je veux un bonheur total, rayonnant, incommensurable. Je veux que vous viviez dans la gaieté, dans la confiance, je veux que vous n'en croyiez pas vous yeux", quand j'ouvris, alors qu'ils avaient déjà tous les deux disparu depuis longtemps, cette lettre écrite à vingt ans, je ressentis le tremblement de terre que provoque en nous la parole tenue toute une vie. Le même bruit que font les rêves d'enfants quand ils se réalisent.
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nilebehnilebeh   23 septembre 2017
Une fièvre attrapée un jour de pluie, par exemple, n'était qu'un chapelet d'instants remplis d'eux-mêmes à ras bord, et dont le contenu tenait dans le gras d'un ou deux mots qu'on n'avait pas besoin de prononcer : pluie, maison, silence, pluie, attente, dessin, pluie, chute, boue, doigts glacés, retour, chemise de nuit, feu, bouillon, lit, fièvre, obscurité, larmes, frissons, lait au miel, consolation.
« Chaque instant suffisait, et faisait dans la bouche comme les berlingots de lait sucré ou comme les Malabars. Énormes et indivisibles, ils tiennent concentré l'enfant qui les mange. Tous les muscles du visage mâchent et avalent avec lui, et même les yeux s'absentent, arrondis par le sérieux du moment. »
P57 : « Mais notre chance était surtout que les adultes qui nous entouraient ne cherchaient pas sans cesse ce qu'ils pouvaient nous donner. Ils nous regardaient attentivement, nous espionnaient pour voir ce qu'il y avait à nous voler.Tout ce que nous possédions et qu'ils avaient perdu. »
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Timothee de Fombelle vous présente son ouvrage "Alma. Volume 1, le vent se lève" aux éditions Marabout.
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