AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
Critiques sur Courir (70)
Classer par :   Date   Les plus appréciées  



Ajouter une critique
Yassleo
  03 novembre 2015
Forrest Gump, ça vous parle? Mais si, le gars qui court tout le temps et qui part dans des délires avec les crevettes, vous savez. Bon, pas grave parce que ça n'a aucun rapport avec le Courir de Jean Echenoz, si ce n'est qu'on parle d'un gars qui court aussi. Et qui court en traversant l'Histoire de son pays. Mais qui se fout royalement des crevettes.

Ce gars c'est Zatopek. Emile de son ptit nom. Né en 1922 en Tchécoslovaquie. Et naître dans la Tchécoslovaquie du XXème siècle, on ne peut pas dire que ça démarre comme un conte de fées. Donc rien ne le prédestinait à devenir un des plus grands  athlètes de l'histoire du sport. Mais le destin réserve parfois des surprises.

Emile, il n'est pas contrariant. On le met à trimer dans l'usine Bata, il dit ok. On le change de poste quand ça arrange la hiérarchie, il dit ok. On lui dit tu vas courir contre une sélection aryenne surentrainée, il dit ok. On lui propose de servir son pays et d'entrer dans l'armée tchèque, toujours ok. Pas contrariant le gars, je vous assure. 
Mais, dans ce même temps, Emile s'aperçoit qu'il adore courir en fait. Ça en devient même une obsession. Courir, se surpasser et s'entraîner dès que possible.
Et à galoper comme un lapin par tous les temps et tous les chemins, il finit par se faire remarquer. Pas par son style, il ressemble davantage à un pantin désarticulé qu'à un Usain Bolt majestueusement sculpté (qu'était même pas né çui-la de toute façon) mais par son endurance et sa vitesse. 5, 10, 20 kilomètres ou marathon, même pas mal. Il vous court ça tranquille le Emile, fingers in the nose.
Cours Emile, cours.

Compétitions locales, européennes, internationales, Jeux olympiques : les records du monde sont pulvérisés. On le surnomme alors la locomotive tchèque, juste parce que le Concorde et le TGV n'existent pas encore. Il laisse ses concurrents sur place, à cracher leurs poumons dans son dos, pendant que lui s'envole sur le toit de l'Europe et du monde.
En revanche, il ne fait toujours pas ce qu'il veut. Car en pleine guerre froide et rideau de fer bien enraciné, c'est le gouvernement tchèque qui décide pour lui de ses compèts, si oui ou non il ira ou pas courir ici ou là-bas. Et Emile ne se rebelle pas, il accepte. Pas contrariant le bonhomme on vous dit.

Jean Echenoz nous retrace quelques moments de cette vie hors du commun. Ce n'est pas une biographie à proprement parler car il s'attarde uniquement sur la carrière sportive de Zatopek, en la mettant en relation avec l'actualité et le contexte politique de l'époque. L'histoire de Courir court (arf arf) sur une trentaine d'années en démarrant avec l'invasion de la Moravie par les Allemands pendant la seconde guerre mondiale pour se terminer avec celle de la Tchécoslovaquie par les Russes fin des années 60.
De l'auteur, j'avais déjà aimé Ravel dans le même genre. Bon, il ne courait pas Maurice, faute de temps avec son Boléro à composer, mais l'écriture était assez semblable. Très accessible, fluide et légèrement teintée d'humour, on suit avec plaisir et sans grand effort l'épopée de ce grand athlète.

Et à en croire Gump mère : "la vie c'est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber". Donc Zatopek, lui, a chopé tous les bons chocolats au début de sa suprématie sportive, mais il s'est quand même enfilé un bon paquet d'indigestes ensuite (certainement ceux à la liqueur, ceux qui dégoulinent sur le menton) au vu de sa difficile après-carrière qui conclut le récit.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          511
medsine
  25 mars 2014
Quel bonheur que de lire ce court récit de Jean Echenoz, sur l'immense coureur de fond qu'était Emile Zatopek, la locomotive tchèque. Après le poussif et trop philosophique "Courir", essai homonyme, de Guillaume le Blanc, j'ai enchaîné ces 150 pages avec une grande aisance, un réel plaisir, une envie comblée.

Emile, jeune ouvrier travaillant à l'usine de chaussures Bata est encouragé à courir sur le tard (fin de l'adolescence) et se découvre un talent inouï pour les distances de demi fond (5000 et 10 000 m). Il se met à tout gagner, puis continue à participer à des courses organisées pour les championnats militaires lors de son service puis lorsqu'il fera carrière dans l'armée, cette dernière étant trop heureuse d'avoir en son sein un champion très prometteur. Il gagnera tout par la suite, devenant un des plus grands champion Olympique de tous les temps.

Le récit mêle les exploits sportifs hallucinants de cette bête de somme qu'est Emile, coureur sans classe et au style abominable mais qui brise tous ses concurrents sur la distance par ses ruptures de rythme et sa force surhumaine, avec les événements survenus en république tchèque durant la guerre froide. On y découvre au delà de la simplicité du champion, toutes les difficultés qu'il a pu rencontrer pour participer aux courses internationales (autorisations délivrées ou non par l'état major soviétique). On est enfin terrifié par le destin tragique et absurde du coureur broyé par les russes qui réprimèrent les acteurs, les plus illustres comme les plus anodins, du printemps de Prague.

La prose de Jean Echenoz est simple et efficace, directe, sans chichi. Il touche au but, tout simplement.

Février 2014
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          330
Marcelline
  28 juin 2012
Voilà un petit bonheur offert par la littérature!

Avec Courir, Jean Echenoz nous dresse un portrait tout en subtilité du coureur multi-champion de course à pied, Emile Zatopek.
Le personnage est sympathique, étonnant, voire ahurissant dans ses records battus, et semble toujours repousser la limite de ses exploits, "l'air de rien", comme par hasard!...

Mais le "plus" magistral de cette biographie, c'est l'écriture! Si Zatopek a fourni une matière qui incite à l'empathie, c'est surtout la façon d'en parler d'Echenoz qui fait toute la différence avec une biographie ordinaire: sous la narration informative, il y a toute l'ironie subtile de l'auteur, la finesse de son analyse et la fluidité de ses phrases. Il a le talent de faire couler les mots en donnant l'impression qu'on aurait pu les écrire nous-mêmes... alors que non!!!
L'air de rien, comme s'il nous racontait l'histoire de vive voix et qu'il nous faisait alors un clin d'oeil, il donne à sourire sur les aberrations des dictatures staliniennes, les incohérences des anciens régimes du "bloc de l'est".

J'avais déjà beaucoup aimé Ravel, du même auteur. Je me suis régalée avec Courir. J'ai hâte de découvrir Des éclairs!...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          320
tynn
  10 août 2016
Dans son style direct et concis, Jean Echenoz nous entraîne dans la foulée d'un champion de course à pied.

Avec le contrechamp des changements géopolitiques de l'Europe après-guerre de 40, voici la carrière sportif d'un petit Émile*, véritable phénomène tchécoslovaque des pistes cendrées avec son style inimitable de forçat des courses. Venu au sport par hasard, porte-drapeau d'une idéologie communiste conquérante, objet de propagande et pépite d'or d'un régime, il va faire chavirer les stades pendant une dizaine d'années.

Je ne pensais vraiment pas être accrochée par ce type de sujet. C'est tout le talent de l'auteur de faire de la carrière d'un athlète un bel exercice littéraire, avec un petit ton décalé et une pointe d'humour. Sans délayage, en allant droit aux faits, un personnage de roman se crée dans le contexte difficile de la Guerre froide et du rideau de fer.
Il n'empêche que Jean Echenoz a dû effectuer un beau travail de documentaliste pour reconstituer cette carrière sportive brillante, complétée du destin en demi-teinte de l'homme dans l'appareil soviétique.


*Emil Zátopek surnommé La Locomotive ou le Tchèque bondissant, 18 records du monde entre 1946 et 1956.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          272
SeriallectriceSV
  11 décembre 2016
«Ce nom de Zatopek qui n'était rien, qui n'était rien qu'un drôle de nom, se met à claquer universellement en trois syllabes mobiles et mécaniques, valse impitoyable à trois temps, bruit de galop, vrombissement de turbine, cliquetis de bielles ou de soupapes scandé par le k final, précédé par le z initial qui va déjà très vite : on fait zzz et ça va tout de suite vite, comme si cette consonne était un starter. Sans compter que cette machine est lubrifiée par un prénom fluide : la burette Emile est fournie avec le moteur Zatopek.»

Après "Ravel", j'ai enchaîné avec "Courir", et suis une fois de plus sous le charme de la plume de cet auteur, et d'ailleurs encore davantage qu'avec "Ravel". J'ai particulièrement aimé son rythme haletant - on avale les pages aussi vite qu' Emil Zatopek avale les kilomètres - ainsi que sa dimension historique, son intrusion dans l'histoire de l'époque avec l'arrivée des nazis au pouvoir, les régimes autoritaires en place, la tyrannie qui avait pris place en Tchécoslovaquie, l' armée soviétique qui dictait ses lois et le sport qui devient une affaire de politique - les grands athlètes utilisés comme instruments de propagande (Nadia Comaneci, Zatopek ...).

«Et par un beau dimanche d'automne, dans son bel uniforme tout neuf de capitaine, il épouse en effet la fille du colonel, future championne olympique du javelot. C'est donc sous une double haie d'armes que le cortège nuptial, provoquant d'énormes rassemblements, embouteille longuement les rues de Prague. Prague où, à part ça, tout le monde crève de peur.»

Emil a gravi les échelons dans l'armée au rythme de ses podiums. Mais son ultime grade de colonel ne l'empêchera pas d'être rattrapé par L Histoire ...
Très très agréable lecture, un très bel hommage à cet immense coureur, à ce grand monsieur ...
"la locomotive tchèque", une force incroyable de la nature, capable de repousser ses limites grâce à un mental d'acier, hors norme et qui réalisa des exploits immenses. Courir, courir, courir ... souffrir : la méthode gagnante de ce grand monsieur.
Dans ses trois bio-fictions, Jean Echenoz a choisi des génies, extrêmes dans leur choix, dans leur façon de vivre, et d'être; la plume élogieuse, minutieuse et si bien maîtrisée de Jean Echenoz a suscité chez moi un réel attachement envers ces trois personnages.
J'en redemande !
Lien : https://seriallectrice.blogs..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          192
nbocklandt
  23 juin 2018
On le voit courir, le personnage principal. Sans cesse courir au rythme des phrases courtes, il nous entraîne sur son chemin de gloire qui ne l'émeut point. C'est l'art d'Echenoz de faire paraître ses personnages distants par rapport aux événements qu'ils vivent. Echenoz montre là tout son art de la maîtrise de la langue. Il n'y a pas d'effusion sentimentale. La sobriété, un léger humour dû aux zeugmas, un pince-sans-rire. Nous les observons. Nous avons le loisir de penser à leur place. Il est incroyable de constater que ce récit est basé sur une histoire réelle.
Commenter  J’apprécie          180
majero
  29 juin 2017
Quelque part dans la Moravie envahie par Hitler, Emile aime courir et progresse rapidement malgré sa démarche peu orthodoxe et la montée de la censure communiste en Tchécoslovaquie. Au défilé inaugurant les J.O. de Berlin, c'est une foule hilare qui salue l'entrée de l'unique représentant tchécoslovaque, en short et pull délavé, derrière un Jo, porteur de pancarte rouge de honte, mais ensuite triomphant de pouvoir escorter le médaillé d'or du 10000m! ...et ce n'était qu'un début!

J'ai bien aimé cet Emile Zatopek, gentil, ne se prenant pas très au sérieux mais extrêmement tenace.

Cinquième Echenoz que j'enchaîne et... pourquoi j'adore?

On sent de la recherche dans la biographie, un beau travail pour sortir des phrases agréables, dépouillées. Contrairement à un style 'gras', accrocheur, qui chercherait à jouer avec nos sentiments, j'y vois de la délicatesse, de la pureté et en tant que lecteur, je me sens respecté.
Commenter  J’apprécie          182
PetiteBalabolka
  26 juillet 2016
Emile n'était pas disposé à courir mais il ne sait pas dire non et en même temps quand tu risques d'être viré, tu t'alignes. Emile ne se pensait pas doué pour courir mais il est devenu bon, efficace comme en témoignent ses 4 médailles olympiques, malgré son style tout moche, tout grimaçant qui n'a pas la classe de masquer l'effort physique. Si, tout en courant, Emile avait pu nous livrer un peu plus des sensations qu'il éprouve, cette lecture aurait été bien plus frémissante sur le plan littéraire mais ça, je pense que c'est comme le style (du coureur et non de l'auteur), pas livré avec. Bon, on apprend qu'il va y prendre goût et qu'il aime bien gagner. On s'en serait douté un peu quand même. En général, pour obtenir l'or olympique, ces deux conditions doivent être réunies.
Si je suis un peu sévère, c'est que je connais et apprécie la qualité d'écriture d'Echenoz et je dois dire que j'espérais quelque chose d'un peu moins plat. J'ai trouvé que l'énumération des records ou des victoires devenait fastidieuse (c'est dire s'il en a gagné des courses !), je m'attendais à ce qu'on aille davantage dans l' intimité de l'effort et des sensations que peut donner la mécanique du corps. Au lieu de ça, on a surtout la description de sa méthode d'entrainement, particulière, certes. du descriptif bien écrit mais du descriptif quand même. Quel est donc alors le principal intérêt de ce roman ? Echenoz retrace le parcours d'un athlète dans un contexte historique précis, contexte qui va influencer nettement sa carrière. Reprenons. Relançons notre coureur au départ.
Des kilomètres, il en a couru Emile depuis les forêts de sa Tchécoslovaquie natale jusqu'aux pistes des stades du monde entier (ou presque et on comprendra plus tard la raison du presque), des kilomètres à user le caoutchouc de ses semelles sur la cendrée. Vous aurez noté tous les mots qui agissent comme des marqueurs de temps : nous sommes dans les années 40-50 dans un pays d'Europe centrale qui n'a pas encore procédé à sa partition et le contexte est bien évidemment celui de la Guerre froide (maintenant, vous saisissez les raisons du "presque").
Champion de demi-fond, pas mauvais non plus sur le Marathon, cet Emile-là a réellement existé (cherchez bien, ils ne sont pas si nombreux les champions tchèques de cette époque à s'être inscrits dans la mémoire des non initiés). Echenoz ne nous rappelle le nom qu'au bout de presque 100 pages. C'est habile car cela produit immanquablement son petit effet de surprise (je n'avais pas lu la quatrième de couverture et je n'avais bêtement pas pensé au substrat biographique) mais a contrario, tant qu'on est persuadé qu'il s'agit d'un pur personnage de fiction, on en veut un peu à l'auteur de ne pas être davantage expansif ou lyrique le concernant, bref de ne pas lui prêter davantage de sentiments. Je ne devrais peut-être pas dire "on" mais "je" quand d'autres, moins ballots que moi, auront compris d'emblée le matériau de départ. Ceci dit, il m'a semblé que l'écriture était en quelque sorte inféodée au réel, étriquée dans ses possibilités de développement. Par contre, l'analyse de l'athlète en tant qu'objet de propagande, à la fois exposé, manipulé, puis censuré est particulièrement réussie. Et dire qu'il n'a jamais pensé prendre ses jambes à son cou pour s'enfuir...

Lien : http://leschroniquesdepetite..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
Nadouch
  13 mai 2018
Une courte biographie romancée sur Emile Zatopek, coureur tchécoslovaque des années 50. Ce qui frappe dans son parcours, c'est sa domination extrême de la discipline de la course de fond, pendant une période où il gagnait absolument toutes ses courses. Echenoz met en lumière la simplicité d'un champion "par hasard", mais aussi les aléas de sa carrière en raison du contexte géo-politique de guerre froide. Beaucoup de détails sportifs pas inintéressants sur la façon de courir et de s'entraîner. Un roman qui m'a donné envie de fouiller sur le net pour en savoir plus sur ce champion dont le nom m'avait toujours fait sourire mais que je ne connaissais pas plus que ça.
Une très belle écriture, littéraire mais accessible.
Commenter  J’apprécie          151
Orzech
  27 décembre 2015
Très intéressante biographie romancée du grand champion en course à pied. Je ne m'y serais sans doute pas intéressée mais voilà, j'ai un petit faible pour le sport qui occupait bien mon temps libre il n'y pas si longtemps et que récemment j'ai un peu négligé. Jean Echenoz est un auteur que je ne connaissais pas encore, bien évidemment avec un titre pareil, choisir un livre parmi tant d'autres n'était pas très compliqué. Emile Zatopek, le nom du grand coureur ne m'était pas inconnu, il existe même un magazine consacré à la course à pied qui porte son nom, mais mes connaissances s'arrêtaient là.

Sa carrière commence au moment où les troupes allemandes envahissent la Moravie et prend fin avec l'arrivée des chars russes après le printemps de Prague quand le héros national est déchu de ses fonctions. Il est envoyé dans une mine d'uranium où il a passé 6 ans pour avoir osé critiquer l'intervention russe en Tchécoslovaquie.

Issu d'une famille très modeste, obligé de travailler dans une usine de chaussures, il prend goût à la course à pied après être contraint de participer, en tant qu'étudiant, à des courses organisées par l'occupant. Ses performances sont remarquées et à partir de ce moment là tout s'enchaîne, le grand champion est né, il commence à gagner, à battre des records pour devenir un triple médaillé d'or lors des Jeux Olympiques d'Helsinki. Un exploit à l'époque où rien n'était facile, où le régime communiste surveillait ses moindres faits et gestes, où les super baskets, les montres avec GPS ou autres gadgets n'existaient pas encore pour parfaire son entraînement.

Petit livre lu d'une traite, tellement le récit est prenant. Une belle dédicace de Jean Echenoz à un grand sportif.

Lien : http://edytalectures.blogspo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140


Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Douze romans de Jean Échenoz: le bon titre

« C’est un scandale », dit Caine, « c’est la preuve que l’on n’est jamais arrivé à concilier le temps et l’espace.»

L'Américain de Greenwich
L'Amérindien de Greenwich
Le Maire indien de Greenwich
Le Méridien de Greenwich

12 questions
16 lecteurs ont répondu
Thème : Jean EchenozCréer un quiz sur ce livre
.. ..