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EAN : 9782707320520
190 pages
Éditeur : Editions de Minuit (09/10/2008)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 137 notes)
Résumé :
Franck Chopin n'est pas de ces hommes qui ont eu très tôt un but dans la vie.
Nulle vocation chez cet individu sinon celle de vétérinaire, vers dix ans, lorsqu'il aimait tellement soigner les petits mammifères, puis à vingt ans celle de chef de la révolution mondiale (Marx, Engels, Lénine, Chopin) - ensuite plus rien. Ensuite il va faire des études de sciences, qui le ramèneront à s'occuper des animaux - mais son objet d'étude est devenu l'insecte, la mouche ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
GeorgesSmiley
  15 octobre 2020
Soyons clairs : je n'ai à peu près rien compris à cette histoire d'espionnage. Un comble pour le lecteur compulsif et assidu qui d'ordinaire décrypte avec ravissement les intrigues de John le Carré. Disons le tout net, le colonel Seck n'a pas grand-chose à voir avec George Smiley et Chopin n'est pas le maître espion qu'on voudrait, tant ses micros implantés sur le thorax de mouches introduites dans les appartements à surveiller ne lui inspirent qu'une confiance limitée : « Chopin fit valoir que cette technique était très limitée. Qu'une mouche ne dure qu'un temps. Qu'une vie de mouche n'est qu'un battement. »
L'intérêt est bien sûr ailleurs, essentiellement dans l'humour et la fantaisie de cette parodie de roman d'espionnage. Dans l'art singulier, que maitrise si bien l'auteur, des propos hors de propos, des apartés vraiment à part et des périphrases aussi décalées que jubilatoires. Quelques exemples :
« Près des portes un groom aidait une vaste cliente à enfiler sa fourrure : quoique dressé sur la pointe des pieds, il procédait avec souplesse et savoir-faire, comme s'il montait une tente en même temps qu'il langeait un nourrisson. »
« C'était un frais matin de grande banlieue, l'air vif était léger comme une salade, sec et limpide comme du vin blanc… »
« ... le secrétaire général lui accorda le même regard bref et sans affect qu'il posait tout à l'heure sur ses documents : il n'était pas tellement réconfortant de se sentir ainsi feuilleté, parcouru en diagonale. »
Joyeux, inattendu et pétillant, c'est le cocktail coutumier que concocte Jean Echenoz et je ne m'en lasse jamais.
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glegat
  15 septembre 2020
Saisi d'un besoin d'aventure et de renouveau, une fois n'est pas coutume, j'ai souhaité lire un auteur dont je ne connaissais quasiment rien, ni son oeuvre ni son profil biographique. En faisant cela, j'ai le sentiment d'avoir pris le même risque que si j'avais absorbé un médicament sans lire la notice ou comme si j'avais commandé un plat au hasard dans un restaurant inconnu. Dans mes mains l'ouvrage semble inoffensif. le titre sobre et anodin « Lac » ne présage rien de spécial, l'illustration de couverture, assez neutre, représente un homme seul et songeur appuyé au parapet d'une passerelle, bref rien d'original. La quatrième de couverture m'a un peu intrigué, mais elle ne dévoilait rien de précis, et puis quoi, Echenoz a obtenu beaucoup de récompenses littéraires dont le prix Goncourt en 1999 pour « Je m'en vais », alors je me suis lancé.
 Les premières pages m'ont un peu déboussolé, je m'attendais (je ne sais pas pourquoi) à un roman intimiste à message, écrit dans la langue soignée, plutôt classique d'un habitué des prix littéraires et je me retrouve plongé dans une ambiance mi-polar mi-espionnage un peu confuse, mais dont l'originalité du style retient mon attention. Il m'a fallu un certain temps pour comprendre qu'il s'agissait d'une parodie de roman d'espionnage, car toute mon attention était occupée à essayer de comprendre l'intrigue. Les traits d'humour se multipliant, je me suis détendu et amusé et j'ai pu commencer à apprécier l'originalité du propos au service d'une histoire volontairement décousue où les descriptions détaillées, décalées et parfaitement inutiles pour la compréhension perturbaient mes tentatives de plus en plus rares, de retrouver une certaine logique.
 Bref, un livre qui comporte des passages vraiment drôles, un peu déroutants pour un lecteur non averti, au final une découverte intéressante, mais qui n'aura peut-être pas de suite, j'ai eu l'impression de boire un cocktail composer de Buffet froid (le film de Bertrand Blier), d'un zest de San Antonio et d'une bonne pincée de Boris Vian. Un mélange revigorant, mais dont il ne faut pas abuser, ce qui ne remet pas en cause l'excellence de ces ingrédients lorsqu'ils sont pris séparément.
 Je ne ferais pas le résumé de ce livre, car l'histoire n'est qu'un prétexte pour permettre à l'auteur de s'amuser avec les mots, les situations, les décalages, les personnages. Et comme dit le poète « Peu importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse ».
 Cette lecture m'a donné l'impression que l'auteur pourrait raconter n'importe quoi sur n'importe quel sujet avec le ton détaché et sérieux d'un pince-sans-rire et tout cela avec une précision d'horloger. Pour manier l'absurde sans finir par lasser l'attention il faut un certain talent dont l'auteur n'est pas dénué, il a eu aussi le bon goût de ne pas faire trop long.
Vocabulaire :
— Paumayer : Terme de marine, haler à la main (un cordage, une chaîne d'ancre…).

Bibliographie :
— « Lac », Jean Echenoz, les éditions de minuit (2008), 191 pages.
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Kittiwake
  08 juillet 2013
Une nouvelle fois, je suis entièrement sous le charme dès les premières lignes. Une nouvelle fois, je n'ai pas vraiment suivi les méandres de cette histoire d'espions et contre-espions, doublés de taupe, de rendez vous codés et de maris disparus..et une nouvelle fois, peu importe.
Ce style particulier crée une distance avec le récit, un peu comme si le décor et les évolutions des personnages étaient scrutés par des yeux naïfs, observant avec objectivité et sans implication les scènes qui s'offrent à son observation. de plus les objets sont personnifiés et les personnes chosifiées, ce qui renforce l'impression de scène artificielle.
La langue est riche, le vocabulaire recherché (je ne savais pas qu'une théorie pouvait être une suite, une file de personnages ou de véhicules, ou que paumoyer signifiait haler un cordage ou une ancre à la main). Les figures de rhétorique fleurissent le récit et lui confèrent une ambiance poétique, en contradiction avec le thème général.
Encore une belle expérience, que renforcera une exploration future des autres productions de Jean Echenoz


Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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gonewiththegreen
  03 juillet 2017
Il y a des livres que l'on lit pour leur(s) intrigue(s), d'autres pour leurs auteurs . le mieux étant bien sur de conjuguer les deux.
Dans mon cas, un Jean Echenoz se lit pour l'auteur. le style est flamboyant, atypique, la métaphore aiguisée, subtile et évocatrice. "Lac" ne déroge pas à la règle. On retrouve l'écriture du maître et tout ce qui fait son charme.
Alors, si en plus , comme dans 14 ou Je m'en vais , on peut avoir une belle intrigue...
Alors, je vais être honnête , je m'y suis un peu perdu entre tous ces pseudos espions , au double ou triple emploi. Sans être désagréable , cette histoire ne restera sans doute pas dans la mémoire collective. Il me semble d'ailleurs avoir déjà lu un Echenoz, postérieur à Lac sans doute, traitant du même sujet (Envoyée spéciale peut être ?).
Cependant, encore une fois, l'intérêt est ailleurs.Et encore une fois, le maître a atteint son but.
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saphoo
  01 novembre 2017
Lecture étrange que ce Lac, je m'y suis perdue entre tous ces espions qui s'espionnent, au final on s'y perd mais on se laisse bercer par la plume si particulière de cet auteur. Il a su donner une belle couleur à ce roman d'espionnage avec des gadgets loin de l'agent 007. Un petit côté burlesque il faut bien le dire, j'ai été assez amusé par cette histoire de mouches.
Bref une lecture quelque peu en demi-teinte, j'avais aimé 14 du même auteur et je vais également lire Ravel. Je constate que cet auteur a des thèmes très diversifiés pour son inspiration. Je me demande bien si c'est un séjour à ce palace au bord du lac artificiel qui l'a inspiré, ou tout sort de son imaginaire débordant.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
GeorgesSmileyGeorgesSmiley   15 octobre 2020
Chopin traîna un moment dans le hall. Près des portes un groom aidait une vaste cliente à enfiler sa fourrure : quoique dressé sur la pointe des pieds, il procédait avec souplesse et savoir-faire, comme s'il montait une tente en même temps qu'il langeait un nourrisson. Et dans le fumoir étaient exposées quelques oeuvres nouvelles, des portraits d'inconnues pour la plupart, peints par des inconnus.
(...) Chopin hocha la tête derechef et sortit du fumoir : la forte dame venait de trouver enfin l'entrée de la dernière manche du vison, sa main resurgissait à l'autre bout, miraculeusement crispée sur un billet de banque à la grande joie du groom.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   13 octobre 2020
Diététicien dans l'âme, généraliste par nécessité, Belsunce était un pensionnaire occasionnel du Parc Palace, auparavant. Puis il avait rendu quelques services, asséchés des coryzas, réduit des foulures, aménagé des régimes et prescrit des substances inscrites au tableau B. Observant que que son charisme amincissant s'exerçait sans trop de manque à gagner sur les grosses pensionnaires à gros revenus, la direction de l'hôtel avait fini par lui proposer le poste de médecin attitré de l'établissement, aménageant en cabinet la chambre à côté de la sienne. Le docteur y donnait ses consultations l'après-midi, consacrant ses matinées à mettre une nouvelle nage au point dans la piscine du Parc Palace. Et le soir, au bar, il vidait sa bouteille en compagnie de ses opulentes patientes imbibées d'Alexandra.
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BMRBMR   09 décembre 2008
Suzy, bien sûr, n'était pas folle quand elle était petite, c'est juste qu'elle baptisait les organes de son corps : son estomac s'appelait alors Simon, son foie Judas, ses poumons Pierre et Jean. Son coeur changeait à volonté d'identité, ayant d'abord à l'âge de quatorze ans pris celle d'un nommé Robert qui avait été le premier à l'embrasser. Suzy l'avait bien aimé, Robert, il n'était pas tellement causant mais c'était sûrement lui le plus joli garçon de la Zup. Avant qu'il ne parvienne à l'embrasser vraiment, pendant des semaines ils s'étaient tenu la main pendant des heures, adossés côte à côte au mur près des garages, sans se parler, considérant les autres qui riaient fort en faisant vrombir leurs mobylettes gonflées à l'éther, ensuite ils se raccompagnaient indéfiniment à travers la cité, du pied d'une tour à l'autre. Après Robert, la succession de prénoms attribués au coeur de Suzy n'était plus très distincte, elle se souvenait de ceux du frère de sa correspondante anglaise, puis du fils d'un officier de gendarmerie, pas mal de bruns dans l'ensemble dont un maître-nageur assez mou mais très, très marrant. Gérard.
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carrecarre   09 janvier 2013
On ne s'expose pas sans risque aux confidences comme à certaines radiations.
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RenodRenod   09 septembre 2020
Lorsque l'espionne entreprenait de faire plein de trucs à l'espion, Rathenau s'imaginait toujours à la place de celui-ci, Perla tenant évidemment dans sa rêverie le rôle de celle-là - quoiqu'elle se fût toujours montrée intraitable sur ce point, arguant dans son vocabulaire brutal de ce que niquer dans le boulot, c'était niquer le boulot.
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Vidéo de Jean Echenoz
Extrait de "Vie de Gérard Fulmard" de Jean Echenoz lu par Dominique Pinon. Parution le 11 mars 2020.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/vie-de-gerard-fulmard-9791035402839
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