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ISBN : 2707315877
Éditeur : Editions de Minuit (25/02/1997)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 126 notes)
Résumé :
La poétique d'Echenoz repose sur le combat perpétuel que se livrent une réalité mystérieuse et dont le sens fuit sans cesse - le monde, les objets, les personnes, les formes, les sons, les paroles, l'espace, le temps - et les mots pour le dire le plus exactement possible.
Pierre Lepate, Le Monde. Un sens aigu de l'observation, à la fois goguenarde et détachée, l'invraisemblance assumée comme une magie blanche, inéluctable. Jean-Baptiste Harang, Libération. Ec... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  17 avril 2014
Comme d'habitude avec Jean Echenoz, concision et clarté se mêlent à un subtil travail de la langue pour ciseler un petit bijou.
Une année dans une vie c'est peu est c'est largement suffisant pour que tout bascule. Victoire se réveille un matin auprès du cadavre de l'homme avec qui elle vit. le flou artistique qui flotte sur la soirée précédente l'incite à fuir, avec le contenu de son compte en banque. La somme suffisamment rondelette pour voir venir, va cependant au gré des rencontres fondre comme neige au soleil, et du dénuement à l'indigence, Victoire survit. Jusqu'à ce que….
C'est un curieux parcours spirituel sans quête, qui renvoie aussi à la fragilité du statut social, et à l'engrenage infernal du rejet.
L'écriture est d'une efficacité redoutable, l'humour, grinçant, et la mise en scène du décor, qui participe au récit presque comme un personnage à part entière, laissant admiratif. J'en veux pour preuve les premières lignes où, après la découverte du corps de Félix, Victoire se retrouve dans une gare où tous les éléments du décor évoquent encore la mort : « l'anthracite vernissé des quais, le béton fer brut des hauteurs et le métal perle des rapides pétrifient l'usager dans une ambiance de morgue. Comme sortis de tiroirs réfrigérés, une étiquette à l'orteil, ces convois glissent vers des tunnels qui vous tueront bientôt le tympan ». Ça vous calmerait l'envie de prendre le train…

Idéale lorsque qu'on dispose d'une heure à tuer (!) : salle d'attente, quai de gare…
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Floyd2408
  22 mai 2016
Un an roman de 1997, court de jean Echenoz nourrit sa force des mots structurants cette histoire, un langage ensorcelant.
L'intrigue semble être une succession d'événements spontanés irréfléchis, un engrenage vers une fuite de la réalité, une chute irréversible, une descente sociale. Chaque page est un bijou où ruisselle un chant, une poésie, celle de Jean Echenoz, Je m'en vais raisonne en moi comme une mélopée d'émotion, l'envoutement nous aspire dans l'univers de Jean Echenoz, nous aspire dans une spirale linéaire rudimentaire des partitions de la vie.
'Le livre est une citation à lui seul " résume parfaitement cette oeuvre.
Chaque personnage stoïque distille, rayonne la singularité de l'univers Echenozier. Une action se métamorphose en à un tableau où Jean Echenoz colore de sa prose les couleurs et suspend les objets avec légèreté.
Le quiproquo filigrane absurde et incongru d'une escapade suite au décès de son compagnon dans leur lit conjugal au réveil un matin Victoire laisse Félix pour perdre le fil de sa vie . de train, de bus, de vélo, d'autostop, les paysages, les lieus, les villages, les villes, les bourgs. d'hôtel, de maison de location, de squats la jeune femme coule lentement vers un destin d'anonyme, d'une femme sans domicile fixe, de rencontres incertaines Victoire glisse sans volonté dans l'absurdité....
Une fin pétillante comme tout le roman ...
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Pirouette0001
  15 août 2016
Cette histoire ne tient pas debout et c'est peu dire. L'écriture de Echenoz ne peut rattraper cette construction bancale, dont l'épilogue se devinait, à tout le moins en partie, depuis la première page.
Décidément, j'ai du mal avec cet auteur pourtant encensé. Je n'y vois jamais le chef-d'oeuvre que d'autres attendent et décèlent à chaque ouvrage.
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tulisquoi
  24 février 2011
« Victoire, s'éveillant un matin de février sans rien se rappeler de la soirée puis découvrant Félix mort près d'elle dans leur lit, fit sa valise avant de passer à la banque et de prendre un taxi vers la gare Montparnasse. » Voilà comment Jean Echenoz plante son décors en tout juste une phrase. A partir de cette fuite mystérieuse, car jamais Victoire n'aura l'idée de téléphoner aux pompiers ou policiers pour savoir ce qui s'est passé, elle va partir cap vers le Sud, choisissant ces points de chute par hasard, sur des sonorités agréables, sur des coups du hasard. En location dans une maison d'abord, elle va très vite se retrouver dans des hôtels moyens, car elle se fait voler presque toutes ses économies. D'hôtels moyens, elle passera ensuite au vélo, sillonnant la campagne de village en village afin de ne pas se faire repérer. « Arriva le jour où, voyant s'amenuiser dangereusement ses ressources, Victoire dut envisager de bientôt mettre un terme à ses déplacements de village en village à travers la forêt. Elle allait se voir contrainte de s'approcher des villes, plus vastes et peuplées, où se retrouvent les personnes sans domicile fixe qui peuvent y parvenir à survivre moins difficilement. » Dormir à la belle étoile, trouver des compagnons de route, chercher à manger vont devenir ses occupations principales.
Mais il y a Louis-Phillipe. Louis-Philippe, c'est l'ami de l'époque où elle habitait Paris et qu'elle était encore en couple avec Félix. Mystérieusement, il la retrouvera quel que soit l'endroit où elle se trouve en France. Alors qu'elle-même ne sait pas toujours où elle va dormir le soir même, Louis-Philippe sera là, à l'attendre au détour d'une route, dans une auberge, toujours là pour la conseiller. Jusqu'au jour où il lui annoncera qu'elle peut s'en risque rentrer chez elle. Comment Louis-Philippe parvient toujours à la retrouver ? Pourquoi est-il là pour la protéger, la guider ? Cela fait aussi parti du mystère…
(lire la suite...)
Lien : http://www.tulisquoi.net/un-..
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Sivoj
  11 février 2016
Le point fort de ce texte est l'ambiance, qui fleurte avec celle du courant fantastique, mais qui laisse en partie deviner la fin, ainsi que le thème de l'appauvrissement jusqu'à devenir SDF. D'autres lecteurs que moi auraient pu apprécier aussi le côté très descriptif du roman.
Les points faibles me sont plus faciles à détailler que les points forts, et ils m'ont particulièrement horripilé. Après que des critiques aient exalté mon imagination par l'éloge de la "prose ciselée" (cette expression veut-elle encore dire quelque chose après l'avoir employée à tort et à travers ?) de Jean Echenoz, ma déception n'a pas de mot face à cette prose d'une banalité prétentieuse. Ciselée, pour moi, veut dire travaillée, bien balancée, avec des mots justes, bien choisis et qui sonnent bien mais qui sont sont aussi utiles au sens, peut-être qui donnent un rythme, une musicalité, genre Voyage au bout de la nuit de Céline, ou au contraire une prose au style simple, clair et concis, d'autant évocatrice qu'elle est élaguée, genre Albert Camus, George Orwell ou Ernest Hemingway, mais quelque soit le style, une œuvre d'art ou le choix des mots est important. Or, dans Un an, il ne s'agit que du banal emploi d'un vocabulaire soutenu. Parce qu'il utilise le terme "parallélogramme", au lieu de rectangle, ou "faseyantes" pour ne pas répéter "flaccides", n'en fait pas une prose ciselée. Pourquoi ce besoin d'autant préciser, par un vocabulaire inusuel, certains détails ? Que cherche-t-il à prouver ?
À côté du style "précieux" on trouve aussi, par contraste, des formules toutes faites comme "elle n'en menait pas large" ou "tout pont coupé", qui tranchent au point de se dire que l'auteur a oublié de se relire.
Il y a comme une volonté puérile de chercher à se différencier à tout prix des autres, de faire plus original, plus unique, notamment dans les métaphores ; celles-ci sont presque toujours hors de propos, peu pertinentes par rapport à l'élément qu'elles décrivent. Par exemple : "Le ciel consistait en un nuage uniforme où, figurants sous-payés, croisaient sans conviction d'anonymes oiseaux noirs", pas très convaincant ; ou encore "il conduisait comme on touche de grandes orgues" sous prétexte que le conducteur est prêtre, un peu facile ; "elle regardait ce panorama sans domicile fixe qui ne déclinait que son identité, pas plus un paysage qu'un passeport n'est quelqu'un", là encore, beaucoup de mots qui n'évoquent pas grand chose dans ce contexte.
Echenoz abuse aussi d'adjectifs qualificatifs impertinents : "lumière muette", "anthracite cartonneux" ou "bienveillance militaire". Je comprends sa volonté de juxtaposer deux termes sans lien apparent pour créer une image d'ensemble, mais je trouve l'effet souvent raté et aussi artificiel que ses métaphores.
Jean Echenoz a un style à lui, je vous l'accorde, mais qu'est-ce que j'en ai horreur ; il m'a été difficile de m'investir dans l'histoire tant il est distrayant. À mesure qu'on avance, le problème se tasse un peu, mais au final je reste très mitigé, voire déçu. L'intrigue n'est pas exceptionnelle et le style non plus.
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critiques presse (1)
Lexpress   04 juillet 2014
Encore une fois, Echenoz fait mouche, brossant, derrière une froideur apparente, l'air de rien, le juste tableau de l'engrenage absurde qui peut un jour nous conduire dans la rue.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
KittiwakeKittiwake   17 avril 2014
Pourtant pareils à leurs prochains et réduits au servage, les conifères ont avec leur indépendance abdiqués jusqu'à leur identité, leur déjections même fournissent un sol de décorateur diplômé : moquette blonde à motifs, lit d'aiguille satinée décoré d'une branche morte par-ci, d'une pomme de pin par-là, traitée anti-tache et anti-feu. Pour animer le tableau, un service minimum de palombes, ragondins, écureuils et d'autres encore crée des diagonales et pousse des cris, le vent froisse les arbres en harpes, les scies mécaniques sanglotent au loin.
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Pavi33Pavi33   07 novembre 2012
Les événements lui reviendraient tôt ou tard en mémoire, sans doute, autant considérer par la fenêtre une zone rurale vaguement industrielle et peu différenciée, sans le moindre hameçon por accrocher le regard quand elle n'était pas masquée par le remblai. Pylônes, fils électriques et raccords d'autoroutes intersécants, fourragères, lotissements jouxtant des excavations. Isolés dans les friches parmi les animaux absents, se profilaient quelques locaux techniques dépendant d'on ne sait quoi, quelques usines d'on se demande quoi. Bien que de marques et d'essences limitées, les arbres étaient non moins semblables entre eux que les automobiles sur une route nationale un moment parallèle aux rails.
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meslinoulautremeslinoulautre   20 février 2017
Tout le temps que ses trois mille francs permirent de subvenir à ses besoins, Victoire se tient à l'écart des grandes villes. Comme les nuits allaient s'adoucissant, elle s'habitua plus vite qu'elle aurait cru à dormir dehors, à repérer les coins tranquilles. Pour se nourrir, il lui était arrivé les premiers jours d'aller dans les restaurants les moins chers, elle abandonna vite, moins pour l'argent que pour l'espace : on ne sort d'un restaurant que pour rentrer chez soi, en sortir pour ne rentrer nulle part revient à se retrouver doucement dehors. Donc elle prit aussi l'habitude de se nourrir seule, tournant au monde le dos.
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johnfooljohnfool   24 juin 2012
Et puis tu sais comme est l'amour, toujours pareil, c'est la compassion ou le reflet.
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johnfooljohnfool   24 juin 2012
Si nous ne nous perdions pas, nous serions perdus.
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Joana Hadjithomas et Khalil Joreige et Eddy l'Harris Philippe Collin et Jean Echenoz Musique : Claire Diterzi et Byung-Ki Kwang
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©Des mots de minuit - Mars 2006
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