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ISBN : 2707345873
Éditeur : Editions de Minuit (03/01/2020)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 34 notes)
Résumé :
La carrière de Gérard Fulmard n’a pas assez retenu l’attention du public. Peut-être était-il temps qu’on en dresse les grandes lignes.
Après des expériences diverses et peu couronnées de succès, Fulmard s’est retrouvé enrôlé au titre d’homme de main dans un parti politique mineur où s’aiguisent, comme partout, les complots et les passions.
Autant dire qu’il a mis les pieds dans un drame. Et croire, comme il l’a fait, qu’il est tombé là par hasard, c’es... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  25 janvier 2020
Bienvenue en Echenozie !
Cette fois, l'auteur s'empare du genre polar, mais à sa manière, très personnelle , rien que pour le plaisir d'en détourner les codes. Il y a bien un détective privé, une disparition mystérieuse qui pourrait s'avérer un meurtre, et un marigot d'hommes et femmes politiques prêts à toutes les combines pour s'emparer du pouvoir interne au sein de leur parti.
Clairement passe ton tour si tu veux un polar conventionnel "suspense – rebondissements – dénouement surprenant". La trame enquête est une célébration de la cassure, de l'ellipse et de la digression. Cet art du zigzag totalement maitrisé – et souvent jubilatoire – te fait côtoyer pendant quelques pages un boulon géant issu d'un satellite soviétique obsolète qui s'écrase sur Paris, un Mike Brant défenestré et même un cannibale japonais ... autant de détails ou d'informations que le lecteur appréhende sans trop savoir comment les classer dans la hiérarchie des péripéties. C'est son style qui embarque le lecteur dans une intrigue complètement farfelue - ou pas, on peut ne pas adhérer au style Echenoz.
Car oui, Echenoz est un styliste de haute volée, un formidable fabriquant de phrases. Chacune est un bonheur. Chaque phrase possède sa propre histoire, avec ses changements de registre de langue ou d'échelle, avec son art prononcé de la ponctuation pour cadencer les ruptures narratives internes . Les mots fondent dans la bouche comme des gourmandises.
Et quel humour ! Tout est cocasserie, on rit beaucoup. Notamment dans la présentation des nombreux personnages, qui donne lieu à une galerie de portraits truculents, à commencer par celui de Gérard Fulmard, le narrateur, antihéros désoeuvré et dérisoire, improvisé détective privé : « je ressemble à n'importe qui en moins bien. Taille au-dessous de la moyenne et poids au-dessus, physionomie sans grâce, études bornées à un brevet, vie sociale et revenus proche de rien, famille réduite à plus personne, je dispose de fort peu d'atouts, peu d'avantages ni de moyens. Encore heureux que j'aie pu rependre ces deux pièces et demie après le décès de ma mère, elles étaient locativement les siennes et je n'ai pas changé les meubles. »
J'ai adoré les noms attribués aux personnages ainsi que leurs descriptions
, Luigi Pannone, Nicole Tourneur, Cédric Ballestertous, Guillaume Flax, Francis Delahouère ( assistant de Joël Chanelle «  aspect sphéroïdal voisin de celui-ci mais en version effilochée, imprécise, mal rangée. Sa cravate dépasse derrière le col de sa chemise, ses cheveux sont rétifs et ses vêtements, même neufs, paraissent élimés aux extrémités, il ressemble au portrait de Chanelle exécuté par un enfant psychotique. » ), les frères Apollodore et Ermosthène Nguyen, Dorothée Lopez ( «  ce genre de femmes un peu mûres qu'on doit croiser dans des soirées dont je me fais une idée lointaine et qui, coupe de champagne en main, voix de fumeuse et bas fumés, décolleté abyssal et rouge à lèvres extraterritorial, doivent laisser distraitement glisser une bretelle de leur robe en citant Plekhanov du bout de leur grosse langue rose et, en pareil cas, le mécanisme est immanquable : je dois regarder ailleurs sinon je bande. »
Un roman délicieux et drolatique à savourer pour ses extraordinaires qualités d'écriture. Le souvenir en sera sans doute fugace, mais peu importe, le plaisir est là.
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ODP31
  15 janvier 2020

Une lecture éphémère.
Je me dépêche d'écrire ce billet sur le dernier roman de Jean Echenoz car j'ai peur qu'une seule nuit de sommeil suffise à me faire oublier des pans entiers de cette histoire. Les récits de cet auteur me font toujours le même effet : un plaisir fugace de lecture, un joli château de sable abandonné à marée basse, une intrigue dont le souvenir ne dépasse pas l'espérance de vie d'un insecte.
Minute Papillon ! Tu parles d'un auteur Goncourisé, encensé par la critique et publié aux Editions de Minuit. Ce n'est pas un almanach abandonné dans une boîte à livres recouverte de graffitis à la qualité artistique douteuse.
J'ai conscience de tout cela mais si les bons mots et le ton détaché de l'auteur enrichissent ma collection de citations amusantes, cette prose ne franchit jamais l'emballage des personnages et me laisse en rade d'émotions.
Je m'en veux un peu car j'apprécie d'ordinaire les romanciers qui ne se complaisent pas dans la psychologie positive et qui évitent les tons trop partisans et moralisateurs. Jean Echenoz colle à ce portrait-robot mais j'ai l'impression qu'il filme plus qu'il n'écrit ses personnages et je suis resté une nouvelle fois spectateur de cette histoire.
Côté scénario, Gérard Fulmard, ancien steward passé par le hublot, s'improvise détective privé avec la conviction d'un paresseux neurasthénique. Il est embauché par un parti politique miné par des magouilles, les luttes de pouvoir et dont une des responsables vient de se faire enlever. Ce mouvement à l'idéologie poreuse semble néanmoins pencher très à droite de l'échiquier politique. Les échecs, Fulmard les collectionne comme d'autres les timbres et il parvient sans trop de difficultés à tâcher le sale boulot qui lui est confié.
Les passages les plus réussis concernent l'évocation burlesque des évènements qui ont animé la rue Erlanger où vit le héros. Il faut reconnaître à l'auteur cette capacité à introduire dans ses intrigues des épisodes improbables. Jean Echenoz n'est pas un homme de statistiques ou de probabilités, c'est un fantaisiste, et il n'hésite pas incruster dans son histoire un requin mangeur d'hommes ou la chute d'un satellite russe. En revanche, le lecteur et Gérard Fulmard restent en orbite face aux évènements et j'ai trouvé que la description des officines politique se limitait à une visite guidée de lieux communs, une sorte de florilège sans philtre du Canard enchaîné.
Pour ce roman, difficile de compter les étoiles quand on observe une comète.
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Archie
  25 janvier 2020
Ne me dites pas que vous n'en avez pas entendu parler ! La plupart des magazines consacrent au moins une page à Jean Echenoz et à son dernier roman, Vie de Gérard Fulmard. On crie au génie… Alors, véritable chef-d'oeuvre ou coup de communication ?
Ecrivain atypique, ne recherchant pas spécialement l'exposition médiatique, Jean Echenoz est très apprécié dans une certaine élite littéraire. Au cours des vingt dernières années, ses oeuvres ont été saluées par des prix éminents, mais relativement confidentiels. le prix Goncourt lui avait été attribué en 1999 pour son roman Je m'en vais. En remontant plus loin dans le temps, on trouve aussi un prix Médicis (1983).
Son écriture est volontairement minimaliste. Les ellipses aménagées dans ses narrations confèrent à ses fictions une ambiance étrange, une absence apparente de sens, un je-ne-sais-quoi de surréel. Une particularité qui pourrait évoquer Patrick Modiano, chez qui l'essentiel d'un récit se situe aussi au-delà de l'histoire racontée. Mais chez Echenoz, et notamment dans Vie de Gérard Fulmard, pas d'introspection, pas de quête personnelle, pas d'interrogation spirituelle, juste le constat désinvolte de l'absurdité du monde, la démonstration ironique de la vacuité des choses humaines.
Une absurdité qui se retrouve dans l'incongruité des situations décrites tout au long du livre. Une vacuité partagée par tous les personnages : que des tocards, des losers, dont les projets ne peuvent qu'échouer, à commencer par Gérard Fulmard, le personnage principal ! Et les autres personnages, des politicards minables, membres d'un parti populiste, ne valent guère mieux. La médiocrité des personnages est un point commun avec Michel Houellebecq, mais alors que celui-ci prend un plaisir provocateur à en disséquer tous les aspects, Jean Echenoz reste au niveau de la suggestion floue. Avec le risque de se répéter et d'en affaiblir l'effet de dérision.
Peut-on parler d'intrigue dans Vie de Gérard Fulmard ? Au vu des nombreuses digressions qui se succèdent et qui m'ont à chaque fois embarqué, je me suis posé la question, même si l'auteur a l'habitude de déclarer que l'intrigue est un mal nécessaire du roman. Oui, il y a le fil d'une intrigue, un fil bien mince, une vague intrigue de roman policier dans la tradition des anciennes séries noires. Un polar, donc, à moins qu'il ne s'agisse d'un pastiche de polar. Mais peu importe.
L'écriture est exceptionnelle. Comme Houellebecq, Echenoz a une telle maîtrise de la langue, de la syntaxe et du vocabulaire qu'il est capable de s'abstraire des règles littéraires courantes et d'oser toutes les fantaisies, comme mêler dialogues et narration, ou changer de narrateur au beau milieu d'une phrase, ou encore insérer des mots rares dans une assertion d'une banalité affligeante.
Pourquoi Jean Echenoz écrit-il ? Pour le plaisir d'écrire, tout simplement. Et si on le lisait pour le plaisir de lire, tout simplement ? Car les deux cents et quelques pages du livre se lisent avec jubilation. C'est déjà ça. Pourquoi se priver du plaisir instantané d'une lecture sans arrière-pensées ? de là à parler de chef-d'oeuvre…
Que me restera-t-il de Vie de Gérard Fulmard un mois après tourné la dernière page ? Juste que j'aurais pris beaucoup de plaisir à lire un roman dont je ne me souviendrai plus très bien de quoi il y était question.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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Litteraflure
  11 janvier 2020
Ah, la prose d'Echenoz ! L'anti-héros, Gérard Fulmard est une sorte de Pierre Richard entraîné dans des évènements qui le dépassent. Les choses se font à son insu, souvent à son détriment, mais sans jamais l'atteindre, comme dans un dessin animé. Même pas mort ! Il est là le ressort narratif, moqueur et bondissant, dans le contraste entre un personnage maladroit et des circonstances dramatiques, d'une improbable gravité (la chute d'une météorite sur un supermarché, le décès d'une pin-up croquée par un requin blanc suite à l'égratignure de son doigt). L'auteur s'amuse, dialogue parfois avec le lecteur, se distancie de son récit pour en allonger le sarcasme. le roman d'Echenoz est un bonheur de lecture parce que sa langue est belle et sophistiquée, que son observation des petits riens du quotidien est jouissive (excellence des litotes et des euphémismes), que sa satire de notre société est irrésistible et que ses descriptions des personnages ou des décors relèvent du grand art (Exemple : « Rassurante autant que majestueuse, non moins autoritaire que bienveillante, la moustache de Franck Terrail ne relève pas de l'assertorique mais de l'apodictique »). On ricane, on apprend des mots nouveaux, on émarge les aphorismes. Cela fait oublier l'obsolescence du sujet (luttes intestines dans un parti politique), l'absurdité des situations et la légèreté de l'intrigue. Voilà un texte qui, signé par un inconnu, serait immédiatement recalé : confusion des personnages, manque de crédibilité, inconsistance de certains personnages secondaires, et j'en passe. Oui mais voilà, c'est Jean Échenoz, et c'est un virtuose. Alors qu'importe, pour la beauté de son style, on le suivrait au bout de ses délires.
Bilan : 🌹🌹
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Verdure35
  16 janvier 2020
Si on est fan de J.Echenoz, on se précipite sur les Edts de Minuit dès qu'un roman paraît, et c'est mon cas, sauf que...
la vie de Gérard Fulmard est occultée par des digressions sans trop de consistance et s'il se trouve embringué dans les magouilles d'un parti politique telles qu'on les imagine bien d'ailleurs, il m'a semblé trop en retrait , comme un personnage secondaire, alors qu'il est l'anti-héros par excellence, tel que les aime J.Echenoz.
Parce que ce Gérard , rondouillard, terne, sans boulot, que la poisse poursuit plutôt est tout de même digne d'intérêt. Ce que lui accorde Echenoz certes, mais pas assez à mon goût.
En revanche, l'écriture et le vocabulaire de l'auteur irradient toujours, jeux de mots et litotes passent en feu d'artifice,une vraie gourmandise. C'est pour cela que j'attendrai le prochain Echenoz.
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critiques presse (4)
LeSoir   13 janvier 2020
« Vie de Gérard Fulmard » est un roman réjouissant par tous les aspects. On y retrouve un écrivain en très grande forme.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Bibliobs   03 janvier 2020
Dans « Vie de Gérard Fulmard », l’auteur de « Ravel » invente le polar marabout (bout d’ficelle, selle de cheval….) afin d’établir, à sa manière, burlesque, que les officines politiques sont des cloaques, et le pire devant nous.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeMonde   02 janvier 2020
Prenez un détective privé, une tragédie classique, quelques faits divers, liez d’une phrase minutieuse et désinvolte, servez. Le nouveau roman de Jean Echenoz est un délice.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Telerama   02 janvier 2020
Un homme loin d’être perspicace raconte son quotidien de pantouflard, bouleversé par des événements rocambolesques. D’une précision virtuose.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
LaBelettreLaBelettre   20 janvier 2020
[...] et soudain Franck n'en mène pas large.
Pas large au point que sur-le-champs s'ensuit un effet de détumescence et cela va être toute une affaire, pendant presque une minute, pour tâcher d'enfiler l'accessoire sur l'organe devenu mou de Franck. La chose est techniquement impossible : le caoutchouc ne tient pas sur un support flaccide, cela relève de l'antinomique. Angélique s'obstine cependant contre toute logique à résoudre cette aporie jusqu'à ce que Franck convienne que cette entreprise est vaine et qu'il lui en fasse part, lui suggérant de laisser tomber, ajoutant qu'il est désolé.
C'est moi, dit poliment Angélique.
+ Lire la suite
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Christophe_bjChristophe_bj   08 janvier 2020
Puis je pouvais écouter, la nuit, les cris et gémissements de leurs coïts affaiblis ou stimulés par les bières, plus faciles à comprendre que leurs énoncés, les bruits de copulation n’ayant pas besoin d’être traduits : ce sont partout à peu près les mêmes, tout le monde entend bien ce dont il s’agit, c’est une espèce d’espéranto qui n’aurait pas raté son coup.
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Christophe_bjChristophe_bj   08 janvier 2020
Pourquoi faut-il qu’il y ait toujours des pistolets dans les histoires, ai-je songé. C’est convenu, fastidieux, sans surprise mais bon, je suppose que c’est une figure imposée.
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YANCOUYANCOU   06 janvier 2020
"S'il ressemblait pas mal à son père, il ressemblait surtout à quelqu'un qui vient réclamer un loyer. Mes côtes et mon épaule se sont tout de suite rappelées à moi."
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Christophe_bjChristophe_bj   08 janvier 2020
[R]ien ne me déplaît chez Louise Tourneur. La totalité de sa personne me ravit, point par point. Regard, visage, allure, sourire. Silhouette, attaches, élégance, formes. Prestance, distinction, voix. Mais assez parlé de moi.
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