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ISBN : 2809466726
Éditeur : Panini France (04/10/2017)
Résumé :
Il y a un nouveau Spider-Man à New York : Miles Morales ! La vie de lycéen, les super-vilains, les accrochages avec la famille, les Avengers comme Ms Marvel partagez la vie du jeune héros !
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Critiques, Analyses & Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  07 octobre 2017
Cette série a débuté après les événements de Secret Wars (2015) de Jonathan Hickman & Esad Ribic, à l'issue desquels Miles Morales s'est retrouvé sur la Terre principale (616) de l'univers partagé Marvel, sans pour autant que cela ne rende caduque ses aventures vécues auparavant. Il contient les épisodes 1 à 5, initialement parus en 2016, écrits par Brian Michael Bendis, dessinés et encrés par Sara Pichelli, avec l'aide de Gaetano Carlucci pour l'encrage, et mis en couleurs par Justin Ponsor.
Maintenant, à New York, les Avengers viennent de se faire battre, ils gisent inconscients à terre : Iron Man, Thor (goddess of thunder), Captain America (Sam Wilson), Vision, Scarlett Witch et She-Hulk. Il ne reste plus que Spider-Man (Miles Morales) debout, faisant face à Blackheart (le fils de Mephisto). Il y a quelques jours, Miles Morales venait de se prendre une veste avec une certaine Julie et son copain Ganke Lee essayait de lui remonter le moral. Ses parents (Jefferson Davis & Rio Morales) s'inquiètent de la baisse de ses résultats scolaires, craignant en particulier qu'il ne fasse usage d'une drogue récréative. du coup sa mère appelle sa propre mère Gloria Morales pour reprendre Miles en main ; elle commence par lui confisquer son téléphone.
En temps réel, le combat contre Blackheart continue, Miles Morales prenant pleinement conscience qu'il s'agit d'un vrai démon. Spider-Man (Peter Parker) finit par arriver sur place et prêter main forte à Spider-Man (Miles Morales). Ce dernier se souvient que le premier lui avait donné son approbation pour exercer en tant que Spider-Man à New York, avec un ou deux bons conseils (avec de grands pouvoirs, viennent de grandes responsabilités, sans oublier : du talc à l'entrejambe diminue les frottements). Suite à ce combat, Danika Hart, une internaute, met en ligne une vidéo où elle pointe du doigt que Spider-Man (Miles Morales, en abrégé MM) est un individu de couleur, ce qui se voit par une déchirure de son costume.
L'entrée en la matière est très impressionnante, avec un Blackheart revu et corrigé par Sara Pichelli pour apparaître plus démoniaque et plus marquant, les Avengers à terre parmi les décombres, et le pauvre Miles Morales, petit et menu face à ce démon. L'interaction entre les Spider-Men est très vivante, avec une relation presque paternelle, dans laquelle on sent que Peter n'est pas aussi à l'aise qu'il aimerait le faire croire, et que Miles n'est pas prêt à tout accepter sans broncher, sans esprit critique. Et puis pfuit ! le récit passe à autre chose, continuant la vie de Miles Morales, sans conséquence de l'intervention de Blackheart, sans suivi par Peter Parker, opérant un virage vers la comédie de situation.
À l'échelle des 5 épisodes, Brian Michael Bendis use et abuse de ses tics narratifs habituels. Il fractionne ses dialogues sous forme de phrases courtes, parfois un peu répétitives. Lors d'un échange téléphonique entre Ganke Lee et Gloria Morales, cette dernière lui fait observer qu'il répète systématiquement tout ce qu'elle dit pour gagner du temps, ce qui est à la fois astucieux et pertinent pour cet échange, mais aussi une forme de métacommentaire pince-sans-rire sur le propre mode d'écriture de Bendis. le lecteur retrouve également le choix narratif de Bendis de s'arranger avec la continuité, c'est-à-dire de retenir les éléments qui l'intéresse, et d'ignorer purement et simplement les autres. Les Spider-Men s'étaient déjà croisés dans Spider-Men (2012) de Bendis et Pichelli. À la fin, Peter Parker découvrait l'existence d'un Miles Morales sur la Terre 616, et semblait surpris de sa situation, sans que le lecteur ne sache de quoi il retourne. Ce détail passe à la trappe dans ce récit. de la même manière, l'apparition de Blackheart reste inexpliquée, ainsi que ses motivations. Il est juste là pour fournir un opposant le temps de 2 épisodes. Il en va de même pour les ennemis des épisodes suivants.
Par contre, Bendis n'hésite pas à se servir comme bon lui semble dans l'univers partagé. C'est ainsi que le lecteur voit revenir Fabio Medina (Goldballs), un mutant créé par Bendis quand il écrivait les X-Men. Il joue avec l'image de Spider-Man (MM) manipulant le bouclier de Captain America, comme un symbole d'accession à un statut de vrai superhéros. L'intrigue donne donc une impression d'écriture allégée, peu soucieuse de la continuité, peu soucieuse de donner du sens aux affrontements physiques, comme s'il ne s'agissait que d'un spectacle obligatoire, une spécification imposée, impossible à rendre pertinente, dépourvue de sens par rapport au récit. D'ailleurs l'épisode 3 est dépourvu de combat physique, et le lecteur ne s'en trouve pas plus mal. Dans l'épisode 4, Spider-Man doit échapper à des missiles en plein coeur de New York, un cliché idiot (qui pourrait avoir l'idée de lancer des missiles dans une ville pour abattre un individu ?) et des esquives déjà mille fois vues. Dans l'épisode 5, la supercriminelle finit par purement abandonner l'idée de battre Spider-Man (MM), faisant douter le lecteur de la raison pour laquelle elle avait souhaité l'affronter au départ.
Contre toute attente, Bendis fait quand même l'effort d'établir que le récit se déroule dans la période All new, All different. Ainsi le lecteur voir brièvement passer Sam Wilson en Captain America et la Thor féminine. Il évoque le fait que Spider-Man (MM) fait partie des All new, all different Avengers de Mark Waid. Il montre ce qui sépare Peter Parker et Miles Morales, en particulier le fait que le premier a pris une envergure internationale. Mais la dynamique du récit réside dans une forme de comédie de situation. le scénariste évoque la vie de Miles Morales sur le campus de son université. Il y a le fait que Julie ait refusé de sortir avec lui, ce qui donne l'occasion à Ganke Lee de faire une remarque sur le fait qu'on ne peut pas juger de la qualité d'un individu à son apparence. Il y a le fait que ses résultats scolaires chutent, ce qui conduit ses parents à s'inquiéter, et Miles Morales à faire ses devoirs. En cela, Bendis poursuit le portrait d'un adolescent avec la tête sur les épaules qui doit faire des choix, en découvrant leurs conséquences, et en tâtonnant pour apprendre ce qui lui importe le plus.
Brian Michael Bendis inclut également des réparties humoristiques et des moments comiques. Il peut s'agir des remarques moqueuses de Spider-Man (PP), ou de l'attitude de ses parents qui s'inquiète pour leur fils, sans bien savoir comment s'y prendre. La grand-mère Gloria Morales réagit avec des décisions arbitraires, en donnant des ordres dont la pertinence est discutable (confiscation du téléphone portable de Miles ce qui ne permet plus à ses parents de l'appeler).
En lisant Spider-Men (2012), le lecteur avait été fortement impressionné par les cases descriptives minutieuses de Sara Pichelli. Dans la scène d'ouverture, il retrouve cette approche détaillée, avec une dimension spectaculaire impressionnante, évoquant par moment Bryan Hitch. Elle sait très bien donner l'impression du mouvement et de l'énergie lors des affrontements. L'image où Spider-Man tient le bouclier de Captain America est iconique à souhait. Elle parvient même à rendre visuellement intéressante la course-poursuite entre Spider-Man et les missiles, en prenant bien soin de représenter les immeubles pour faire comprendre la progression du héros et des missiles en fonction des obstacles.
En phase avec le récit, l'artiste dessine des morphologies de personnages normaaux, à l'exception des Avengers. Pour commencer, Miles Morales est un grand adolescent avec une musculature bien dessinée, mais sans gonflette. Il est fin et élancé, moins costaud que Peter Parker. Ses ascendances noire et hispanique sont visibles sans être exagérées. Ganke Lee est effectivement bien en chair, avec un surpoids visible, et Fabio Medina aussi, dans une moindre mesure. Felicia Hardy est sexy, mais sans l'exagération donnée par Humberto Ramos ou J. Scott Campbell. Les parents de Miles entretiennent leur corps. L'apparence de Kamala Khan est conforme à celle de sa propre série, sans cette exagération de la silhouette féminine propre aux comics de superhéros. Sara Pichelli prend soin d'établir les décors en début de chaque séquence. Elle s'en affranchit lorsqu'ils ne présentent pas une importance pour la narration en cours de séquence, sans que cela ne devienne exagéré.
Au fil des épisodes, le lecteur relève quelques éléments qui tirent le récit vers le haut. le scénariste intègre les technologies de manière naturelle, sans caricaturer les adolescents comme étant dépendant de leur téléphone portable, ou des réseaux sociaux. Ces derniers sont une réalité, sans phagocyter leur vie. Il intègre un ou deux autres jalons générationnels, comme le fait que les parents de Miles citent le LSD (Lysergsäurediethylamid) comme drogue récréative, alors que Laura Baumgartner (la copine de Miles) n'a aucune idée de ce que cela peut être. Au lycée, la classe doit étudier Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur (1960) d'Harper Lee. Il ne s'agit pas d'un ouvrage choisi au pif pour faire genre. En effet, il évoque la condition d'afro-américain aux États-Unis et les discriminations insidieuses. Ce thème résonne à la fois avec le métissage dont est issu Miles Davis, et avec la réaction de Danika Hart sur les réseaux sociaux quant au fait qu'il soit de couleur.
À plusieurs reprises, le scénariste provoque le lecteur en établissant clairement l'une des références pour la création de Miles Morales : Barack Obama. Comme lui, il est métissé noir et hispanique, et comme lui il a accédé à une position de choix, mais dans l'univers Marvel. le lecteur peut réagir de manière épidermique, en estimant que c'est du pur opportunisme à visée commerciale (ce n'est pas tout à fait faux). Il peut aussi remarquer que Bendis manipule cette similitude, avec un à-propos plus pertinent que roublard. Cette impression est renforcée par la démarche de Danika Hart, promouvant Spider-Man, comme un superhéros de couleur. Il y a là à la fois la volonté de promouvoir une race et une culture, mais aussi de disposer d'un héros à son image La réaction de Miles Morales est à la fois basique (il n'a rien demandé et ne souhaite pas de devenir un symbole), et très saine (il ne souhaite pas être instrumentalisé). La mise en scène du récit montre qu'il n'a pas voix au chapitre en la matière, et qu'il ne peut que faire avec.
Toujours avec une sensibilité inattendue, Bendis montre une autre dimension de la discrimination, par le personnage de Ganke Lee. Avec l'arrivée de Fabio Medina dans leur classe, il adopte un comportement inattendu, allant à l'encontre des désidératas de Miles Morales qui les a exprimés à haute voix. Ce n'est que par la suite que le lecteur comprend le geste de Ganke, et en quoi il se rattache à son propre ressenti quant à son surpoids et les conséquences sur le regard que portent les autres sur lui. le scénariste fait preuve d'une délicatesse et d'une prévenance inattendue vis-à-vis de ce personnage.
Avec la disparition de l'univers Ultimate (référencé 1610), les responsables éditoriaux de Marvel ont saisi l'occasion d'agrandir la famille des personnages dérivés de Spider-Man, en rapatriant Miles Morales sur la Terre principale (référencée 616). le lecteur peut y voir un geste opportuniste, leur permettant d'envisager de produire un film de Spider-Man mettant en scène ce personnage qui n'est pas licencié à Sony, et un geste démagogique, s'accaparant une partie de l'aura de Barack Obama. Il peut aussi s'agacer de retrouver les tics narratifs de Brian Michael Bendis qui ne respecte pas les règles implicites des histoires de superhéros et qui bafoue toutes les caractéristiques qui l'ennuient. Il peut être déçu que Sara Pichelli rentre dans le rang en utilisant les trucs et astuces des dessinateurs de comics pour produire ses pages le plus vite possible. Il ne peut quand même pas complètement écarter ces épisodes comme un produit artificiel, industriel et sans âme de plus. En tant que récit de superhéros, cette histoire n'est pas terrible, mais la comédie dramatique qui l'accompagne est moins démagogique qu'il n'y paraît.
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