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EAN : 9782021388497
464 pages
Seuil (03/10/2019)
4.58/5   12 notes
Résumé :
Une colère rouge recouvre le ciel. Les vagues s'agitent, l'eau monte, les forêts tombent et les corps s'enfoncent dans ce sanguinaire gouffre marin. Les cieux tonnent encore devant ce spectacle : le monde est en pleine tempête.

Derrière sa prétention d'universalité, la pensée environnementale s'est construite sur l'occultation des fondations coloniales, patriarcales et esclavagistes de la modernité. Face à la tempête, l'environnementalisme propose une... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Yurugu
  21 août 2020
Attendu, espéré, Une écologie décoloniale vient répondre à un besoin personnel d'accéder à une pensée qui associe (enfin !) les luttes contre les systèmes de domination entre êtres humains, et ceux entre les êtres humains et la nature, les non-humains, à une pensée lisible sur ce tissu indémêlable de relations qui nous constitue aujourd'hui et nous place face au défi écologique qui intègre celui de la décolonisation, et vice-versa. Malcom Ferdinand assume les répétitions et les reformulations tout en déployant un nouveau concept toutes les trois pages, preuve que son champ d'étude reste immense, et d'un enthousiasme fou (malgré l'angoisse que l'on peut ressentir dès que l'on commence à traiter d'écologie) – même si le déploiement de ces concepts relève souvent d'un tri élaboré de sa pensée qui éclate dans la création de tableaux qui restent anecdotiques.
Entre la sincérité politique, la rigueur du chercheur, l'érudition de l'individu et une sensibilité située, l'essai relie, page après page, les luttes entre elles, les formations du vivant, dans une langue qui n'a rien de la prose universitaire sans consistance, qui pousse notre imagination à grandir, et ajuster notre conception du monde, par contamination. L'auteur possède l'art de la formulation et de « me concentrer » sur la lecture avec l'élaboration d'un riche langage métaphorique et percutant. En bref, c'est une lecture qui construit, un écrivain bâtisseur, de ces théoriciens qui n'ont pas peur des poètes, comme Édouard Glissant ou Felwine Sarr. La lecture de ces deux-là, cités quelquefois, même critiqués par Malcom Ferdinand, provoque un sentiment similaire d'enthousiasme lié à la construction de la pensée critique et au plaisir de la lecture belle ambitieuse, et simple d'accès. Reste à découvrir les nombreuses autres références théoriques et littéraires citées !
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Violaine1900
  29 novembre 2020
Un livre à découvrir, pour tout remettre en question. Un livre à relire, pour entamer la déconstruction. Et à relire encore plus tard, pour s'approprier les pistes d'avenir. Bravo à l'auteur de nous proposer un cheminement si bien mené, et des raisonnements nouveaux qui semblent pourtant tomber sous le sens quand on les lit.
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critiques presse (1)
Liberation   24 août 2020
La densité de la réflexion est quelquefois difficile à saisir tant le matériau original du livre (une thèse de doctorat) doit à l’ampleur de ses développements et de ses filiations philosophiques. L’ouvrage accomplit pourtant une prouesse de synthèse.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
OooookOooook   18 janvier 2022
Le Negrocène n'est pas un "Capitalocène racial" comme le propose Françoise Vergès, qui prendrait en compte l'exploitation des forces de travail racisées et les destructions environnementales pour la simple raison que le mot "Nègre", tel que je l'emploie, n'est pas synonyme d'une "race". Je suis ici l'approche non racialisante de l'esclavage d'Eric Williams, faisant du racisme le résultat et non la cause de l'exploitation économique et énergétique d'un ensemble d'êtres humains qui contribua au développement du capitalisme britannique. L'essentialisme ancré dans l'usage du mot "Nègre" a laissé penser à tort que cette condition sociale et politique était inhérente à l'épiderme des Noirs et ne concerne que les humains. Ici, le mot "Nègre" ne désigne plus une couleur de peau, un phénotype, n une origine ethnique ou une géographie particulière. Il désigne tout ceux qui furent et sont dans la cale du monde moderne: les hors-monde. Ceux dont les survivances sociales sont frappées d'une exclusiondu monde et qui se voient réduits à leur "valeur" énergétique. Le Nègre est Blanc, le Nègre est Rouge, le Nègre est Jaune, le Nègre est Marron, le Nègre est Noir. Le Nègre est jeune, le Nègre est vieux, le Nègre est femme, le Nègre est homme. Le Nègre est pauvre, le Nègre est ouvrier, le Nègre est prisonnier. Le Nègre est marron-forêt, le Nègre est vert-plante, le Nègre est bleu-océan, le Nègre est rouge-terre, le Nègre est gris-baleine, le Nègre est noir-fossile. Les Nègres sont les nombreux hors-monde (humains et non-humains) dont l'énergie vitale est consacrée par la force aux modes de vie et manières d'habiter la Terre d'une minorité tout en se voyant refuser une existence au monde.
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YuruguYurugu   21 août 2020
La reconnaissance d'autres cosmogonies, ontologies, voire d'une pluralité de mondes qui, par exemple, ne reprendraient pas cette distinction humain/non-humain, l'élude pas la tâche de cette cosmopolitique de la relation qui reste toujours guidée par la question suivante : comment composer un monde depuis la Terre et depuis sa pluralité constitutive d'autres et de leurs multiples ontologies ? Son point de départ suppose la reconnaissance conjointe des violences et destructions historique causées par les fractures coloniales et environnementales des cinq derniers siècles.
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YuruguYurugu   21 août 2020
Panser cette fracture permet de repérer les deux apories communes de l'abolitionnisme, de l'anticolonialisme et de l'environnementalisme. Première aporie : il est illusoire d'interdire la domination et l'exploitation d'êtres humains par d'autres êtres humains à travers l'esclavage, la traite négrière et la colonisation, tout en conservant une organisation sociale et économique qui a pour fonction l'exploitation coloniale de la Terre. Changer de politique implique de changer d'écologie. Deuxième aporie : il est illusoire de préserver des espaces naturels et des forêts de la Terre des désirs financiers de certains humains, dès lors que l'on accepte l'asservissement d'autres êtres humains à travers les dominations esclavagistes et coloniales : changer d'écologie implique de changer de société. Ces apories constituent une écologie coloniale, maintenant la séparation factice entre devenir matériel de la planète et des non-humains, et devenir social et politique des humains.
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YuruguYurugu   21 août 2020
Aussi la globalisation et la mondialisation correspondent-elles à deux processus différents, voire opposés. Le premier est l'extension totalisante, la répétition standardisées à l'échelle du globe d'une économie inégalitaire destructrices des cultures, des mondes sociaux et de l'environnement. La seconde est l'ouverture par l'agir politique d'un vivre-ensemble, l'horizon infini de rencontres et de partages.
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OooookOooook   18 janvier 2022
La prétention d'universalité de l'Anthropocène serait suffisante à absoudre les critiques de l’universalisme discriminant de l'Occident. Pourtant, se pourrait-il qu'une entreprise globale qui, du XVe au XXe siècle, était fondée sur l'exploitation des humains et des non-humains, y compris la décimation de millions d'indigènes des Amériques, d'Afrique, d'Asie et d'Océanie, le transbordement forcé de millions d'Africains et les esclavages multiséculaires, n'ait aucune relation matérielle ou philosophique avec la pensée écologique aujourd'hui? La crise écologique et l'Anthropocène seraient-ils les nouvelles expressions du "fardeau de l'homme Blanc" à sauver "l'Humanité" d'elle même? Fracture.
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Vidéo de Malcom Ferdinand
Penser l'Anthropocène avec Malcom Ferdinand
Ingénieur en environnement de l'University College London, docteur en philosophie politique de l’université Paris-Diderot et chercheur au CNRS (IRISSO / Université Paris-Dauphine). Ses recherches portent notamment sur l’Atlantique Noir et la Caraïbe. Il est l'auteur de Une écologie décoloniale. Penser l’écologie depuis le monde caribéen (Seuil, 2019)
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