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Claude de Frayssinet (Éditeur scientifique)
EAN : 9782757804001
525 pages
Éditeur : Points (27/09/2007)
4.33/5   3 notes
Résumé :
Quatrième de couverture - Les poètes espagnols d'après-guerre oscillent entre le désir de s'engager et celui de tourner le dos aux idéologies pour s'adonner en toute liberté à leur art. De la " génération 50 " aux novisimos ils s'expriment selon des orientations très diverses : monomalisme, maniérisme, néoromantisme, " réalisme dur ", hermétisme, existentialisme... Parmi les 34 poètes choisis, citons notamment Carlos Edmundo de Ory, José Agustin Goytisolo, José Ange... >Voir plus
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Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   18 mai 2020
Qu’y pouvons-nous ?


Et maintenant
l’âme vide une fois
encore,
je contemple le lent partage des jours
qui me poussent vers je ne sais quel destin
sombre, pressenti
sans curiosité aucune. C’est ennuyeux
de savoir et de ne pas savoir, de se tromper
et d’avoir raison. Et d’être sûr de soi
est aussi insupportable dans bien des cas
que douter, céder, se décomposer.

Rassuré, sain et sauf, maintenant
que la douleur est passée,
j’observe l’inquiétude comme s’il s’agissait d’une trace
fondue sur mon dos
avec l’épais limon
des évènements quotidiens, voués
‒ avant que d’être des souvenirs – à l’oubli.

L’indifférence face à son propre sort
n’est pas meilleure compagne que l’angoisse,
et mon sourire
(quand le hasard nous met,
                  mon vieil amour,
                               face à face)
ne représente autre chose que l’absence
d’un geste plus juste
pour signifier la sèche, la douloureuse,
l’irréparable perte des larmes.


//Angel González (1925 – 2008)
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coco4649coco4649   12 mai 2018
Quand je suis encore la vie
À Justo Jorge Padrón


La vie m’entoure, comme durant ces années
maintenant perdues, après la magnificence
d’un monde éternel. La rose estafilade
de la mer, les couleurs estompées
des jardins, le fracas des pigeons
dans l’air, la vie autour de moi,
quand je suis encore la vie.
Avec la magnificence d’autrefois, les yeux vieillis,
et un amour lassé.

Quelle espérance à présent ? Vivre ;
et aimer, tandis que le cœur s’épuise,
un monde fidèle, bien que périssable.
Aimer le rêve brisé de la vie
et, en dépit de l’échec, ne pas maudire
cette vieille duperie d’éternité.
Et notre cœur se console car il sait
que le monde aurait pu être une belle vérité.


//Francisco Brines (22/01/1932 -)
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coco4649coco4649   21 novembre 2020
Il ne faut pas te leurrer
À Carlos Clementson



Tu sais que c’est inutile,
il ne faut pas te leurrer.
Aussi loin que tu ailles
jamais tu ne seras allé loin.
Tu pourras aller et venir
par les cieux et les mers :
Denver, Valparaiso,
les cabanes lépreuses
de Dharbang, l’automne
dans les érables de l’Ontario,
les nuits guaranis,
bleutées et musicales,
les filles des îles,
leurs chœurs ondulants,
leurs seins innocents,
leurs guirlandes souriantes
de bienvenue... Mais
tu sais que la fuite
ne sera jamais véritable,
partout où tu iras
tu retrouveras toujours
cette même tristesse.
Car là où tu seras allé
là tu te retrouveras

19 -XII- 87


//Miguel D’ors (1946 -)
/ Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet
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coco4649coco4649   03 février 2021
Désolation de miroirs
Hommage à Luis Cernuda



Non ta voix n’est plus tristesse, mais ombre.
Un blond épi de pleurs
te berce comme une belle pénombre.
Ton front altier, aile légère et très fraîche
qui enflamme la nuit.
Sur tes lèvres
passent les fleuves, désirs qui sont nuages.
Tes yeux abattus, vertige de l’amour
et ton corps telle une mer de bonheur.
Seules
tes pupilles son tristes, mais tu chantes.
La mémoire te guette, sa ténèbre.
Tu vis et meurs et meurs en toutes choses. Tu ne rêves plus.
Désolation de miroirs.
Qui donc surveille ?
La lampe s’éteint.

/Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet
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coco4649coco4649   04 décembre 2018
Je sais que l’unique chant…


Je sais que l’unique chant,
de tous les chants anciens le seul digne,
l’unique poésie,
est celle qui se tait et aime toujours ce monde,
cette solitude qui rend fou et vous dépouille.


//Antonio Gamoneda (1931 -)
//Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet
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