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EAN : 9782362292934
144 pages
Éditeur : Editions Bruno Doucey (03/09/2020)
4.4/5   5 notes
Résumé :
Des poèmes en prose, des contes et des nouvelles révélant un auteur surréaliste, cruel et facétieux, qui se joue des traditions et des codes.
Ces écrits mettent en scène un homme qui verdit au gré des paysages qu'il traverse, des amants assassinés par une perdrix ou encore un jeune homme, dont cinq dames sont amoureuses, soudainement changé en papillon.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Lavieestunlongfleuvetranquille
  09 octobre 2020
"Lorca le joyeux, c'est aussi Lorca le cruel de ses poèmes en prose. Lorca le musicien, c'est aussi Lorca le strident de ses textes ironiques."
(Carole Fillière - Traductrice du recueil)
Et effectivement, l'auteur ne peut être appréhendé dans sa plénitude en occultant cette partie majeure de son oeuvre, d'une force étourdissante, préfigurant la violence de ses poèmes en vers et autres pièces de théâtre, essentielle pour la perception de ce rocher littéraire "ni bulle de savon ni bulle de plomb", aux nombreux prismes d'une déconcertante folie.
Une folie cependant maîtrisée, qu'il n'est nullement besoin de surinterpréter et qui se digère beaucoup mieux en lisant à haute voix pour s'imprégner de la magie des mots.
Lorca nous ouvre des portes insoupçonnées, emprunt d'une certaine spiritualité invitant à sublimer nos cinq sens.
"Lorca diffracte les perspectives." L'indéfini se répercute à l'infini, nous perdant dans un monde "duende" plus sombre, et surtout plus irruptif, explosant la retenue du lecteur pour l'aider à s'évader et percevoir le réel, celui qui nous échappe.
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Marialucas
  16 octobre 2020
Premiers poèmes de Federico Garcia Lorca que je lis. Première plongée dans son univers à la fois beau et violent, dans son verbe à la fois doux et fort.
Tous les poèmes qui composent ce recueil ne sont pas forcément accessibles ou un peu difficiles à saisir mais il n'empêche que l'on referme ce livre sur un vent de fraicheur.
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Hayatte_B
  05 octobre 2020
Ce recueil est un extraordinaire mélange des genres qui oscille entre poèmes en prose, nouvelles et contes.
La langue, belle, et les mots choisis avec soin nous touchent l'âme et le coeur.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   01 mars 2021
La mort de la mère de Charlot – Méditation 1



Extrait 2

[Cela m’inquiète, chère amie] qu’en Californie il n’y ait pas assez de grues pour surveiller ton cadavre. Aussi, je fais pour toi un deuil de larmes. [Tu as de la chance, maintenant j’aime beaucoup pleurer. Pleurer est chose si belle. Je n’ai pas encore compris les hommes de la Renaissance.] Adieu, mère de Charlot. Ta tragédie comme actrice a été ce que le théâtre moderne a offert de plus émouvant. Tu voulais faire des yeux de lionne en rut en jouant Shakespeare et tu faisais des yeux de boxeuse blessée. Othello, au lieu de t’étrangler, te lançait un direct au menton. Oh, petite mère du grand idiot ! Oh, Desdémone, KO !
Adieu. Adieu. Adieu. Pourquoi es-tu partie en Amérique du Nord avec un petit cercueil et une plume de paon ? Dis-moi ! Qui fut le premier à mettre à ton fils le pantalon [en accordéon] de Caïphe et le chapeau d’épines ?
.. .
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coco4649coco4649   01 mars 2021
La mort de la mère de Charlot – Méditation 1



Extrait 1

Reconnaissons-le, la Californie est une très belle ville. Il y a trop de bicyclettes, c’est évident, mais en revanche elle a plus d’un million d’opératrices téléphoniques aux seins électriques.
Lors de mon séjour en Californie, ma logeuse était la mère de Charlie Chaplin. C’était une dame extrêmement maigre qui pleurait tous les jours quand sonnait l’angélus. Sylvestre et tendre. Quoi qu’en disent les journaux, elle ne fut jamais une intellectuelle. Elle mettait les chaussures de son mari. C’était une femme plutôt dépenaillée, de celles qui tout à coup cuisinent à merveille un faisan.
[Elle ne reconnaissait que deux génies. Shakespeare et son fils.]
Lorsque son fils mangea la chaussure, elle comprit qu’elle devait mourir, car elle avait rempli sa mission. La mojama anglaise sait se coucher à temps dans son cercueil.
Le deuil fut de toute beauté. Les voisins pleuraient et disaient : « Ah, cette pauvre femme, comme elle aimait la moutarde ! La pauvre, pauvre, pauvre, comme elle aimait la moutarde ! » Et l’on dit qu’une célibataire, ennemie du cinéma, [s’exclame pauvres poules pondeuses !] s’était acheté quatre dentiers de nickel pour rire de l’enterrement.
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LavieestunlongfleuvetranquilleLavieestunlongfleuvetranquille   09 octobre 2020
Je n'avais plus qu'à me mettre au lit. Et je me couchai. Mais je pris la précaution de laisser les volets ouverts, car rien n'est plus beau que la vue d'une étoile surprise et figée dans un cadre. Une seule. Les autres, il faut les oublier.
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MarialucasMarialucas   11 octobre 2020
Tout comme l'artiste classique laboure la terre ou monte à cheval dans la plaine, l'artiste romantique est toujours debout dans une barque défiant le vent, Dieu et la mort en un instant unique qu'il voudrait rendre éternel.
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MarialucasMarialucas   11 octobre 2020
Les pleurs, c'est autre chose. Ils se donnent à l'amour et au mort qui dit adieu. Celui qui pleure fond comme un cierge. Tous sont avares de leurs larmes pour cette raison.
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François-Xavier Maigre lit "Conseils à un poète", de Federico García Lorca, extrait du recueil "Une colombe si cruelle". Paru en 2020 et traduit de l'espagnol par Carole Fillière.
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