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EAN : 9782080110633
319 pages
Éditeur : Flammarion (11/09/2003)
Résumé :

Nabis : prophètes en hébreu. Ainsi se proclama un groupe de jeunes peintres en 1888. Paul Sérusier, Maurice Denis, Pierre Bonnard, Édouard Vuillard, Félix Vallotton, Ker-Xavier Roussel, Paul Ranson, Georges Lacombe, Aristide Maillol, Jan Verkade, Henri-Gabriel Ibels, Mogens Ballin et Jozsef Rippl-Ronaï, furent les prophètes de cette nouvelle peinture, reconnaissant deux influences déterminantes : ]'oeuvre de Gauguin... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Alzie
  22 mars 2014
Ce n'est pas une actualité Nabie qui me pousse à parler de ce livre. C'est peut-être la lecture du Portrait de Dorian Gray que je viens de faire. Les dernières années du XIXe siècle, moment où parut le roman, sont marquées par une grande effervescence artistique. Les interrogations sur l'art ou la beauté, qui parcourent le roman De Wilde, sont contemporaines de celles que soulève en France, dans le domaine des arts plastiques, la génération des Nabis.

Paru en 2003 ce livre porte une double invitation, connaître des artistes bien sûr mais aussi, découvrir le monde de la création artistique de la fin des années 1880 - de 1888, pour être précise, jusqu'en 1900 environ. Il est signé Claire Frèches-Thory, conservatrice au musée d'Orsay et Antoine Terrasse, spécialiste du post-impressionnisme. le mot Nabi vient de l'hébreu et de l'arabe Nebiim. Il signifie prophète, c'est un terme d'atelier que les artistes utilisèrent entre eux. Mais c'est sous l'appellation de "peintres impressionnistes et symbolistes" qu'ils exposeront à la galerie le Barc de Boutteville de 1891 à 1896. Plus que prophètes ils sont les messagers d'une transition esthétique qui connaît une furieuse accélération dans ces années là. C'est un livre lumineux.
Le groupe s'est constitué en 1888 autour de Paul Sérusier qui, rentrant de Pont-Aven, présente à ses amis de l'Académie Julian, Pierre Bonnard, Paul Ranson, Gabriel Ibels et Maurice Denis, une petite ébauche sur bois (27 x 22 cm) qu'il dit avoir peinte sous la dictée de Paul Gauguin et représentant un paysage de Pont-Aven, le Bois d'Amour. Ce que Paul Sérusier leur met sous les yeux, très différent de ce qu'il a fait jusqu'alors - une juxtaposition de couleurs aux formes presque dissoutes - les ébranle complètement. Elle deviendra ensuite leur talisman et, passant du statut d'ébauche à celui d'icône, elle restera au coeur de tous leurs questionnements. Maurice Denis (1870-1943), théoricien du groupe, à qui elle sera offerte, reviendra souvent sur cette leçon de Paul Gauguin à Paul Sérusier que les Nabis n'oublieront jamais.
Ces jeunes peintres enthousiastes (Denis le plus jeune a 18 ans, Ranson le plus âgé 27 ans) forment le noyau initial du groupe auxquels s'adjoignent d'autres artistes, Edouard Vuillard et Ker-Xavier Roussel élèves aux Beaux-Arts, Jan Verkade le hollandais, Georges Lacombe, Aristide Maillol, Félix Valloton, Mogens Ballin le danois et Joseph Rippl-Ronai le hongrois. Treize au total, d'une génération née entre 1861 et 1871, qui ont tous reçu une formation académique et naturaliste et sont fascinés en même temps par l'art japonais que l'Europe découvre à partir de 1868. Ils ne connaissaient pas encore la peinture impressionniste qui s'exposait toujours dans des galeries privées faute d'être reconnue (ils souhaiteront la dépasser par la suite).
En 1886 c'est Seurat ("Un dimanche après-midi sur l'île de la Grande Jatte") qui retenait leur attention mais surtout Gauguin dont ils virent "La vision après le sermon", au café Volpini en 1889, et Emile Bernard. Novateurs à plus d'un titre ; leur histoire est autant celle d'une rupture que celle d'une transmission. Rupture avec le contexte artistique contemporain car ils ont pris position contre l'académisme ambiant qui règnait majoritairement dans les salons officiels et transmission, via Gauguin, de l'héritage de Cézanne et Degas (pour la rigueur de la composition).
Ils mettent en avant le support plan de la toile (contre les illusions d'optiques créées depuis la Rennaissance) et conçoivent le tableau comme une oeuvre en soi. Ils vont définir non plus une nouvelle manière de peindre mais une manière nouvelle de penser la peinture. Pendant douze ans, ils produisent une peinture très audacieuse, se jouant des aplats de couleurs, du décentrement de l'espace, des cadrages, de l'oubli des perspectives, de la simplification des formes et vont réconcilier, ce que j'aime par-dessus tout chez eux, toutes les productions artistiques. Les arts graphiques, les arts décoratifs (vitrail, céramique, tapisserie, paravents) et surtout les grands ensembles décoratifs, sont remis à l'honneur (Vuillard, Denis, Bonnard), leur donnent les moyens de prouver combien reste artificielle la distinction arts majeurs/arts mineurs, la hiérarchie des genres. Si une chose les a bien réunis et distingués c'est leur propension à décloisonner les arts.
Tout est pertinemment composé et choisi dans cet ouvrage passionnant. le texte est limpide, l'iconographie riche et très belle. Images et propos s'équilibrent et se servent mutuellement qui permettent au lecteur d'apprécier les audaces et les libertés prises par les Nabis sans que l'analyse des courants esthétiques où elles s'inscrivent (symbolisme, synthétisme, cloisonnisme, néo-impresionnisme etc.), ne viennent jamais troubler la perception de leur originale beauté. Les éléments de la biographie et les oeuvres de chacun des artistes sont exposés en chapîtres successifs, puis le découpage devient thématique et les tendances développées au sein du groupe peuvent se déployer dans toutes leurs diversités. Ils exposeront ensemble pendant douze années de fièvre puis prendront chacun des voies différentes selon leurs tempéraments. On peut admirer le Talisman au musée d'Orsay qui l'a acquis en 1985.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
AlzieAlzie   22 mars 2014
Au lieu de fenêtres ouvertes sur la nature, comme les tableaux des impressionnistes, c'étaient des surfaces lourdement décoratives, puissamment coloriées et cernées d'un trait brutal, cloisonnées, car on parlait aussi à ce propos de cloisonisme et de japonisme. Nous retrouvions dans ces oeuvres l'influence de l'estampe japonaise, de l'image d'Epinal, de la peinture d'enseigne, de la stylisation romane.
Maurice Denis, revenant sur l'émoi des Nabis devant l'art de Gauguin
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AlzieAlzie   23 mars 2014
J'avais compris que la couleur pouvait comme ici exprimer toutes choses sans besoin de relief ou de modelé. Il m'apparut qu'il était possible de traduire lumière, formes et caractère rien qu'avec la couleur, sans faire appel aux valeurs.
Pierre Bonnard
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