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ISBN : 2806103622
Éditeur : Academia (08/11/2017)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Combien y a-t-il d'immigrés en Belgique ? Occupent-ils les emplois des Belges ? Sont-ils intégrés ? Bien que la plupart des Belges aient une réponse à ces questions, elles reposent trop souvent sur des préjugés. Pour les dépasser, cet ouvrage répond aux 21 questions fréquentes que se posent les Belges au sujet de l'immigration à l'aide d'arguments scientifiques clairs et concis. Au terme de cette lecture, chacun pourra donc participer de façon constructive aux débat... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Horizon_du_plomb
  10 mars 2018
Avec ma femme médecin, j'ai eu l'occasion d'aller quelque fois au centre de réfugiés de la Croix Rouge à Fraipont. Ce n'est pas celui de Vottem (centre fermé) qui ressemble à une prison délabrée, il a un petit air de colonie de vacances, sauf qu'il est isolé, difficile d'accès. On croise la problématique de l'étranger depuis des lustres et l'être humain semble ne jamais apprendre. J'ai voulu dépasser les a priori et lire une synthèse universitaire accessible, cela a été d'autant plus facile que le livre est disponible gratuitement sur le net (https://orbi.uliege.be/handle/2268/215503) et a été mis en évidence par un article (salutaire) de la RTBF. Il faut savoir que le livre est court et a un belle mise en page, il fait 138 pages.
« Cet ouvrage part du postulat que toute société démocratique doit permettre de débattre de phénomènes qui, comme l'immigration, transforment le vivre-ensemble. Ces débats exigent toutefois des participants qu'ils mobilisent d'autres arguments que ceux basés sur l'expérience individuelle ou les stéréotypes. L'objectif de cet ouvrage est donc de fournir des instruments qui contribuent à des débats rationnels sur l'immigration. Pour y parvenir, nous abordons 21 questions que se posent les Belges à ce sujet. Pour bon nombre de questions, nous présentons tout d'abord l'opinion de la population résidant en Belgique en nous basant sur différents sondages et enquêtes récents. Par souci de concision, nous utilisons l'expression « l'opinion des Belges » indépendamment de la nationalité des répondants. L'usage de ces enquêtes permet d'abord au lecteur de confronter ses propres convictions à celles de la population dans son ensemble mais aussi de souligner les variations entre l'attitude de la population résidant en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles. Une fois l'opinion des Belges identifiée, nous proposons ensuite une réponse à chaque question construite sur la base de données quantitatives originales, de résultats de recherches qualitatives, de rappels historiques et de concepts scientifiques vulgarisés. Dans nos réponses, nous nous appuyons sur l'importante littérature scientifique produite en Belgique et à l'étranger sur les migrations internationales. La comparaison du cas belge à d'autres expériences européennes et extra-européennes nous permet enfin d'illustrer ses spécificités et similitudes face à d'autres États. Pour permettre au lecteur d'approfondir ses connaissances, chaque question est accompagnée d'une série de notes explicatives et de références bibliographiques. » (souvent trouvables gratuitement sur le net même si parfois en anglais)
J'ai beaucoup apprécié comme les auteurs sont dans la nuance, forcément à cause de leur caractère scientifique qui traque les fausses corrélations mais aussi dans un souci d'impartialité face aux décideurs (ainsi par exemple la notion d'assimilation avec pertes de la culture propre face à celle d'intégration).
Évidemment, on a pas mal de lieux communs balayés dans ce livre, deux exemples:
1) « Pour des raisons linguistiques, de liens historiques et culturels, d'accès au marché du travail ou en raison de la présence d'autres immigrés de même origine, certains individus considèrent des États comme la Grande-Bretagne ou l'Allemagne comme plus désirables que la Belgique ou la France. (…)
Inversement, la Belgique peut s'avérer être une destination de choix pour des immigrés et demandeurs d'asile d'Afrique francophone qui y voient, par exemple, une possibilité de s'insérer plus rapidement sur le marché du travail ou de continuer leur scolarité. Pour les travailleurs immigrés européens, en revanche, ce sont des niches particulières dans le marché de l'emploi en Belgique (construction, travail domestique, santé...) qui peuvent les attirer à un moment précis vers le territoire (…)
En revanche, bien que cet argument soit fréquemment utilisé dans les débats sur la migration, la recherche existante montre que l'espoir de recevoir des aides sociales joue un faible rôle dans le choix des immigrés de s'installer dans un pays de destination particulier. »
2) « Selon un rapport publié en 2006 par l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), dans 12 de ses États membres, la part des femmes immigrées exerçant une profession hautement qualifiée dépasse 36 %. En Belgique, elle s'élevait même à 42 %. »
Il faut quand même dire qu'à la longue on ne regarde plus l'ensemble des tableaux présentés pays par pays, on ne s'attarde qu'à certaines parties en lien avec ce qui est dit dans le texte.
Un livre qui rappelle Normand Ballairgeon et qui montre que quand on parle d'étranger, il faut savoir avant tout quelles définitions et quelles méthodologies on utilise car tout cela influence directement la perception de l'immigration. En particulier, en terme de définition il est toujours important de ramener par rapport à la population ou la moyenne européenne. La façon dont on peut tricher avec les chiffres de l'immigration m'a d'ailleurs rappelé la même possibilité avec le chômage.
« Selon les estimations du Fonds monétaire international (FMI), le coût financier de l'accueil des demandeurs d'asile en Belgique durant la période 2014-2016 varie entre 0,07 % et 0,11 % du produit intérieur brut (PIB) Notons que ces dépenses peuvent elles-mêmes contribuer à l'activité économique dans la mesure où elles servent à loger et à nourrir ces personnes en Belgique ainsi qu'à payer les salaires des travailleurs engagés pour traiter leur demande et les accueillir . »
J'ai aussi été frappé de constater que globalement le wallon reste plus raciste que le flamand et que le tzigane reste la plus connotée des ethnies.
Évidemment, on rencontre parfois les paradoxes de l'humain:
« Bien que le nombre de Belges pensant que les immigrés occupent les emplois des travailleurs natifs en Belgique soit considérable, une forte majorité (62 %) estime que les immigrés ne réduisent pas les perspectives d'emploi des travailleurs non-immigrés et une part importante (42 %) pensent même que les immigrés créent de nouveaux emplois. Mais qu'en est-il en réalité? À l'heure actuelle, les travaux de recherche s'accordent sur le fait que, quels que soient le pays et l'année de référence, il n'existe aucun lien automatique entre l'immigration et le chômage des travailleurs natifs. »
Le chapitre 15 L'IMMIGRATION REPRÉSENTE-T-ELLE UN COÛT POUR LES FINANCES PUBLIQUES ?, pourtant court, est un des plus intéressants tant en terme d'argumentations que de chiffres et études.
« Pour mesurer l'impact des immigrés sur le système de protection sociale, il est donc indispensable de prendre en considération l'ensemble des prestations sociales dont ils bénéficient et de les comparer à l'ensemble des versements qu'ils effectuent sous forme d'impôts et de cotisations sociales. Lorsque l'on fait cet exercice pour la Belgique, la contribution nette des immigrés aux finances publiques belges est positive, comme c'est le cas pour la majorité des pays de l'OCDE (20 pays sur 27). Plus précisément, selon les calculs de l'OCDE (2013), la contribution nette des immigrés aux finances publiques belges est estimée à 0,75 % du produit intérieur brut (PIB), soit l'équivalent d'un montant de près de trois milliards d'euros. Soulignons également que l'emploi influe sur la capacité des immigrés à contribuer au financement de la sécurité sociale. En conséquence, toute politique qui favorise l'accès rapide des immigrés à l'emploi et la reconnaissance des diplômes et de l'expérience professionnelle acquise à l'étranger a des effets bénéfiques automatiques sur leur contribution nette aux finances publiques. »
« Si l'influence des sondages sur l'attitude des élites politiques est un phénomène bien connu en sciences sociales, n'oublions pas non plus qu'à l'inverse, ces mêmes élites politiques ont également le pouvoir d'influer sur l'opinion publique. »
L'influence des politiques se marque bien, entre autres, par l'évolution de la loi sur la nationalité belge. Globalement, tout le livre cerne très bien à quel point les choix des politiciens influencés par les opinions et sondages d'opinions peuvent modifier de façon importante la gestion des immigrés et donc, par voie de conséquence, qu'il y a un véritable travail d'éclaircissement et de diffusion publique des données réelles en matière de migration pour mieux forger les opinions.
Alors qu'on s'attendrait à une synthèse en conclusion, la fin du livre contient une belle surprise qui rejoint son introduction.
Si je devais résumer, je dirais que les principaux points faibles du livre sont une certaine redondance (et la confirmation de certains lieux communs) parfois et des renvois inter-questions (problématiques forcément liées) un peu lassants tandis que son gros point fort est tout simplement les chiffres des études, encore plus quand ils sont comparés aux sondages d'opinions. On le finit en se sentant moins con et en se disant qu'on a lu un livre nécessaire mais pas suffisant.
« Les nombreuses arrivées récentes de demandeurs d'asile combinées au durcissement de la politique d'asile en Belgique laissent donc penser que la population sans-papiers pourrait croître de façon considérable dans les années à venir. »
« Cette étude révèle également que, parmi les pays de l'UE, c'est en Belgique que l'écart entre le taux de risque de pauvreté ou d'exclusion sociale des citoyens de pays hors-UE et celui des nationaux est le plus important (50 points de pourcentage). À titre de comparaison, cet écart ne dépasse pas 20 points pourcentage dans des pays comme l'Allemagne, l'Italie ou les Pays-Bas. »
« Mais ce livre seul ne suffira pas à casser les préjugés. Nous formons le voeu qu'il ne termine pas dans les bibliothèques d'intellectuels, mais qu'il soit exploité intelligemment dans des projets scolaires ou associatifs. »
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Vidéo de Jean-Michel Lafleur
21 questions que se posent les Belges sur les migrations internationales au 21e siècle. Un livre de Jean-Michel Lafleur (Université de Liège) et d'Abdeslam Marfouk (IWEPS).
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