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Éditeur : Plon (01/01/1962)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
La gifle résonna comme un claquement de fouet. Le fauteuil d'osier bascula et roula en arrière. Nouhad aurait fait de même si Mike ne l'avait retenue. Sa main avait crocheté dans le maillot noir qui la vêtait toujours et, comme elle ouvrait la bouche et criait, il la refrappa. Avec autant de férocité. La tête de la jeune femme ballotta de droite et de gauche et comme il la lâchait, Nouhad roula plusieurs fois sur elle-même avant d'aller donner du front contre le pi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
moravia
  28 octobre 2017
On a retrouvé un matin près des souks aux bijoutiers le corps de Chester la gorge tranchée. Mike Coppolano se rend à Beyrouth pour connaitre les circonstances de la mort de son collègue du Federal Bureau of Narcotics. Afin de démasquer les assassins, il endosse une fausse identité. Il sera Mike Gibson, journaliste à la recherche de contacts pour son reportage sur le Liban. Un journaliste un peu spécial puisqu'il touche aussi au trafic de cigarettes que lui fournissent les services US afin d'infiltrer le milieu de la drogue de Beyrouth.
Auguste le Breton n'a pas été loin de réaliser un bon roman policier et les différentes descriptions de Beyrouth confirment qu'il possède la plume pour cela. Il sait aussi jouer la partition dramatique. La scène du sauvetage des enfants d'un trafiquant lors d'une tempête en mer est une belle réussite. Mais ce beau tableau est terni par d'autres parties qui m'ont consterné. La scène de séduction puis d'amour entre Mike et Nouhad el Ajamié, soeur de l'émir, est des plus grotesque. Une chose à la guimauve totalement décalée qui fait s'esclaffer le lecteur devant tant de clichés. Les dialogues sont d'une banalité à faire bailler le lecteur le plus indulgent et trop souvent Auguste le Breton emprunte des raccourcis afin de pallier la faiblesse de son scénario.
Avec ce livre j'ai rêvé du Liban d'avant la guerre civile. La douceur de ses nuits d'été en bord de mer, la baie de Jounieh, la grotte aux pigeons noyée dans le bleu profond de la Méditerranée, les ruines de Byblos, la langue française...
C'est la raison de mon indulgence dans la notation de ce livre qui mérite peut-être que trois étoiles...
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
moraviamoravia   25 octobre 2017
Khalde, l'aérogare de Beyrouth, fondait sous le soleil accroché au ciel trop pur. Un vrai soleil d'Orient, très haut, presque blanc, implacable. Le Boeing de la Pan American Air-Ways, qui arrivait de New York via Londres, étincelait comme un long cigare de métal. Une odeur d'essence et d'huile chaude, qui coupait les jambes et donnait envie de rendre, stagnait autour. Un à un, les passagers émergeaient de l'avion et tous clignaient des yeux à la brutale lumière du dehors.

(incipit)
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moraviamoravia   29 octobre 2017
Devant lui, dans une vue imprenable, s'étendait au-delà de la rue Minet el Mosn et des magasins indiens sans étages, la mer bleue, trop bleue, d'un bleu qui allait se confondre au loin avec le bleu du ciel, trop bleu lui aussi. Et dans ce mauvais bleu de carte postale trônait le soleil, rond et blanc, caïd de la terre brûlée et de la mer fumante.
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Video de Auguste Le Breton (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Auguste Le Breton
21 novembre 2009 :
Mot de l'éditeur :
« Je regrette de ne pas lavoir butée pendant quil en était encore temps. Nul besoin de réfléchir ni délaborer le crime parfait. Plus cest gros mieux ça passe.

Elle faisait le ménage monsieur le commissaire. Elle a dû glisser sur le carrelage quelle venait dastiquer. On pouvait lui reprocher bien des choses, mais une vraie petite fée du logis, une maîtresse-femme. Quest-ce qui sest passé? on ne le saura jamais. Mauvais contrôle du pied dappui, fort justement monsieur le commissaire, le coup du lapin. La faute à pas de chance, encore une fois.

Jaurai dû lui mettre un grand coup derrière sa gueule alors que tout le monde ignorait encore notre différent. Les Boulard ? Un exemple pour tous les couples modernes. Jamais un mot plus haut que lautre, aimables avec les voisins, bonjour et bonsoir. Jaurai utilisé le cendrier en granit de Bénodet. Jaurai pris mon élan, de toutes mes forces et de toute ma rage, pour la frapper à larrière de son crâne vide. Plus tard, bien plus tard, jaurai appelé le SAMU. Oui, ça a dû se passer il ny a pas bien longtemps docteur. Mais jétais en train de bricoler dans le garage, je nai rien entendu parce je perçais des trous dans de la tôle. Cest que je construis un cabanon pour abriter les outils de jardin. Ce nest pas que jai beaucoup de terrain, mais ça me détend de pratiquer lart potager. Et puis, cest pas les légumes quon trouve dans le commerce. Des saveurs et des parfums incomparables. Ah oui, ma femme. Quand jai constaté, il devait déjà être trop tard. Enfin, je ne suis pas médecin. Je ne peux pas juger, mais elle était très pâle. Quest-ce que vous en pensez docteur?

Lélectrocution à la machine à laver, cest pas mal non plus. Combien de femmes disparaissent chaque année alors quelles accomplissaient leurs tâches domestiques? Elle avait grand soif, mais elle avait la manie de stocker les produits pour déboucher les cabinets dans des bouteilles deau minérale. Elle faisait les vitres au troisième étage un jour de grand vent. Elle préférait le bain à la douche, pourtant elle sétait toujours refusée à apprendre à nager. Elle avait la manie de garder près delle une bougie pour la sieste.

Ca fait trois lignes, dans les journaux, à la page des faits divers. Personne ne sen émeut. Sinon les proches, évidemment, car le plus dur cest toujours pour ceux qui restent.
elle est tombée à la renverse, sa tête a porté contre le rond des chiottes. Une belle mort, elle ne sest pas vue partir. Exactement, comme vous dites »

Lorsquil écrit, lorsquil se laisse porter par le jaillissement des mots, Serge le Vaillant ne manque pas de soumettre ses textes à lépreuve du « gueuloir » de Flaubert, de les lire à haute voix pour mieux les fignoler. Ancien capitaine au long cours, grand homme de radio, grand chef dorchestre des nuits de France Inter, cet orpailleur de la langue française, quelle soit verte ou noire, est un magicien. Il na pas seulement le talent de conteur dun Gérard Sire ou dun Jean-Pierre Chabrol. le culte des mots ciselés, des mots torchés, la faconde dune prose féconde, le sens de lorgie verbale.
Ses textes ont le verbe acide et tendre, le verbe au goût de pomme dApi, celui qui baptise et qui tue, qui bénit et qui excommunie, qui conjure et qui absout, qui enfante et qui explose, qui hurle et qui chuchote, qui pleure et qui pavoise. Serge Levaillant appartient à la lignée des Rabelais, des Villon, des Rostand, et plus près de nous des Céline, Léon Bloy, Auguste le Breton , Albert Simonin, Francis Blanche, Alphonse Boudard, Michel Audiard, et autres Frédéric Dard. Il est un magicien, un orpailleur de la langue, quelle soit verte ou noire, ciselée ou torchée : avec lui les mots croustillent. Ils mordent, ils aboient, ils cajolent. Ils sont tour à tour tendres et cruels, nourris de vinaigre et de miel, de gifles et de caresses. Ils décapent. Ils émeuvent. Ils déchaînent des crises de rires et de jubilation. Ils touchent à la fois nos coeurs et nos zygomatiques.
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