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Jean Sola (Traducteur)
ISBN : 2290022160
Éditeur : J'ai Lu (30/11/-1)

Note moyenne : 4.48/5 (sur 1173 notes)
Résumé :
Le royaume des sept couronnes est sur le point de connaître son plus terrible hiver : par-delà le mur qui garde sa frontière nord, une armée de ténèbres se lève, menaçant de tout détruire sur son passage. Mais il en faut plus pour refroidir les ardeurs des rois, des reines, des chevaliers et des renégats qui se disputent le trône de fer. Tous les coups sont permis, et seuls les plus forts, ou les plus retors, s'en sortiront indemnes.

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Critiques, Analyses et Avis (91) Voir plus Ajouter une critique
TheWind
  05 mars 2015
Portrait chinois n° 3. le trône de Fer, Intégrale 3

Si j'étais une histoire d'amour, je serais celle de Jon Snow et d' Ygrid. Histoire d'amour impossible entre un homme de la Garde de nuit et une sauvageonne. Ces deux-là vont se mépriser, se chercher, s'aimer, se déchirer...mais entre eux deux, subsistera un véritable amour. Tendre et sincère.

Si j'étais une réplique, je serais celle d'Ygrid. « T'y connais rien, Jon Snow. » Réplique pleine de bon sens, qui montre combien Ygrid est libre et fière, affranchie de toutes les traditions du royaume des Sept couronnes et qui n'a pas peur d'en imposer à Jon, tout en se moquant gentiment de lui.

Si j'étais un regard, je serais le regard de Robb posé sur Catelyn sa mère. Elle vient de libérer le Régicide dans l'espoir qu'il lui rende ses deux filles. Acte de félonie aux yeux de certains. Dans ceux de Robb, Catelyn n'y perçoit pas de réprobation mais plutôt même une appréhension. Comme peut- être le regard d'un petit garçon pris lui-même en faute ? Non, comme celui d'un homme, d'un guerrier sans peur ni reproche qui vient de comprendre qu'on peut aussi agir par amour et pas seulement par devoir.

Si j'étais une histoire légendaire, je serais celle de Tormund Fléau d'Ogre. Parce qu'elle m'a bien fait rire. Chef sauvageon de grande taille et de carrure imposante, Tormund représente une véritable légende vivante pour le Peuple Libre. On dit de lui qu'il a tué un géant. Mais, la vérité est toute autre et bien plus savoureuse encore... Tormund, alors qu'il n'était qu'un gosse, se trouve pris dans une tempête de neige. Et voilà ce qu'il raconte... (il le fait bien mieux que moi) :
« Alors je me dégotte une géante qui roupillait, j'y ouvre le bide et je m'y fourre dare-dare. Bon, elle me tient assez au chaud, ça oui, mais un peu plus et j'étais eu -cause l'odeur. Mais le pire truc fut qu'en se réveillant, le printemps venu, v'là-t-y pas qu'elle me prend pour son chiard ? Trois pleines lunes qu'elle me force y téter les miches, jusque, j'arrive m'échapper. […] Mais va pas m'ébruiter ça partout ? Parce que ça sonne mieux, Tormund Fléau-d' Ogre, hein ? Que Tormund Bébé d'Ogre, ça, c'est la vérité vraie. » Incroyable, ce Tormund, non ?

Si j'étais une bataille, je serais celle de l'attaque du Mur par les Sauvageons se cachant sous une énorme tortue roulante. Sans vous dévoiler comment Jon s'y prendra pour les mettre en déroute, je peux tout de même vous dire qu'il est bien astucieux, le bâtard des Stark.

Si j'étais une déclaration d'amour, je serais celle de Dario à Daenerys. Jugez par vous-même :
«  Vôtre est mon épée. Vôtre est ma vie. Vôtre est mon amour. Mon sang, mon corps, mes chants, tout vous appartient. Un ordre de vous, belle reine, et je vis, je meurs. » Wouaouhh !! Mais comment fait Daenerys pour résister à ça ??!!

Si j'étais un poison, je serais celui qu'on boit et qui étouffe. Ceux qui connaissent l'histoire savent bien duquel je parle..Qui dit poison dit traîtrise...Mais là, en l'occurrence, le lecteur se fiche bien de la perfidie, et pense plutôt : « Bien fait pour sa peau à çui là. »

Si j'étais une chanson , je serais « La chanson des Sept », chanson d'enfance que Samwell Tarly se met à fredonner pour endormir l'enfant de Vère. Chaque couplet évoque un des sept dieux de la religion la plus importante du royaume des Sept couronnes : le Père, la Mère, l'Aïeule, le Guerrier, le Ferrant, la Jouvencelle, l'Etranger.
A eux sept, ils résument bien l'essence même de cette saga incroyable ! Et c'est sans doute là que se trouve son succès. Il y est à la fois question de politique, de guerre, de violence mais aussi d'amour, de compassion, de pardon sans oublier les légendes, la magie et les créatures fantastiques. Les personnages foisonnent, chacun apportant une dimension différente à l'histoire et c'est bien toute cette richesse qui charme le lecteur. Chacun y trouve son compte !
La chanson que nous chante là George R.R Martin est diablement longue mais je ne m'en lasse pas..Bien au contraire !
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Marple
  28 août 2014
Suite de la critique du tome 2.
Le tome 3 réussit lui aussi magistralement à nous surprendre et à se renouveler : finis les jeux de pouvoirs, place à quelques tours de magie et surtout à beaucoup de sang, car c'est désormais la guerre des rois à Westeros ! Ils sont cinq à s'affronter pour ce fameux trône de fer qui a donné son nom au livre, dans des combats singuliers, des batailles rangées ou de longs sièges, mais aussi évidemment avec des armes moins honorables : sorcellerie, séduction, prise d'otages, mariages forcés, corruption et autres coups fourrés...
C'est parfois frustrant, quand les héros naturels et légitimes tombent dans les pièges d'autres moins scrupuleux ; c'est toujours prenant, avec un vrai suspense lié au découpage des chapitres s'attachant alternativement aux différents personnages et une part croissante des phénomènes surnaturels ; c'est intéressant dans la description des phénomènes de cour ou des grains de sable qui peuvent gripper la belle mécanique d'une armée en marche, et même dans les histoires de chevaliers, d'armes médiévales ou de techniques de siège. Au risque de passer pour une midinette inculte, j'avoue d'ailleurs même que je n'ai pas arrêté de penser au Trône de fer lors de ma visite à Carcassonne ce weekend : fortifications, méthodes de sièges et de défense, bannières, suzerains, vassaux et retournements d'alliances... Bref, je suis toujours aussi accroc à mon page-turner de l'été !
Suite dans la critique du tome 4.
3/xx dans le challenge Pavés de Gwen21.
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TwiTwi
  07 décembre 2012
Ce présent volume correspond au troisième tome de l'édition américain : A Storm of Swords. Dans la version découpée française, il s'agit des tomes 6 à 9.
Dans la mesure où j'ai déjà décrit les qualités de l'oeuvre dans ma chronique du premier volume et que j'ai été particulièrement sage sur les spoilers dans la chronique du deuxième, permettez-moi de vous avertir : je ne vais pas me gêner ici. Il y a trop d'émotions fortes liées à certains évènements majeurs de ce magistral troisième tome pour que je me prive d'en parler.
Alors voici quelques mots de cet opus en général pour ceux qui ne l'ont pas encore lu, ou qui se demandent s'ils doivent continuer ou pas après le deuxième tome, qui, il est vrai, manque parfois de rythme et donne l'impression que l'intrigue n'avance pas beaucoup. Soyez rassurés : dans le troisième, ça dépote grave ! L'intrigue est beaucoup plus dynamique et de nombreux évènements qui retournent complètement la situation sont à prévoir. On retrouve les mêmes personnages que dans le deuxième tome, moins Theon (qu'il aille pourrir en enfer !) ; Jaime Lannister le remplace. Si le début commence doucement, il y a un point de non retour, que je ne saurais nommer tellement j'étais à fond dedans, où je n'ai plus pensé qu'au Trône de Fer. Plusieurs nuits de sommeil ont été sacrifiées et j'en venais à espérer que mes trajets de RER s'allongent pour pouvoir lire davantage. Il valait mieux pour ma santé que je le termine rapidement. C'était limite effrayant et je vais soigneusement laisser retomber tout ça et prendre du recul avant d'attaquer le quatrième.
Si vous n'avez pas lu ce troisième tome, arrêtez-vous ici.
Les croisements de personnages

Si le second volume était caractérisé par un éclatement des personnages aux 4 coins de Westeros, celui-ci est le tome des croisements et des rencontres fortuites. Si certains personnages se croisent et voyagent dans la même contrée sans jamais être conscients de la présence de l'autre, comme Jaime et Arya dans le Trident, d'autres se doutent de la présence de l'autre (Jon et Bran dans le Don-Bran) et d'autres encore se rencontrent carrément (Samwell et Bran à Châteaunoir ; ou encore Lisa Tully et Sansa).
Cela donne l'impression que Westeros est tout petit. Ce rendu est paradoxal dans le sens où d'un autre côté, cela semble tellement difficile pour les personnages qui voyagent d'atteindre leur but. En tête on pourra nommer Arya, qui tente de rallier Vivesaigues pour retrouver son frère et sa mère et passe son temps à se faire capturer dans le Trident ; ainsi que de Jaime Lannister qui tente de rejoindre Port-Real. En tout cas le Trident est un vrai bordel : on ne sait plus trop qui le tient et les mercenaires qui le pillent change de camp comme de chemise, voire se mettent à leur propre compte.
Sansa Stark et son rapport à l'hideux
Sansa Stark est l'un des personnages les plus tragiques du Trône de Fer. Par là même, elle retient davantage mon attention que précédemment. En fait, elle est un modèle d'adaptation à sa situation. D'une façon complètement opposée à sa soeur, elle parvient à survivre, jour après jour. Mais à quel prix ...
Là où elle est intéressante c'est dans son rapport à ce qui est laid. Bercée de contes plein de princes charmants et par sa vision complètement idéalisée de la vie d'une demoiselle bien née, elle se prend le retour de manivelle de la façon la plus cruelle qui soit. Après s'être amourachée de Joffrey qui, s'il s'avère beau extérieurement parlant, est l'être le plus laid qui soit à l'intérieur et après être devenue le centre d'intérêt du Chien de Joffrey (qui, rappelons-le, a le visage complètement défiguré par le feu), se retrouve mariée au nain Lannister qui en plus de ne pas être très avenant au départ est lui aussi méchamment défiguré suite à la bataille de Port-Réal. Voilà bien de la cruauté subtile de la part de Martin ... Pauvre Sansa qui ne vivra jamais ses rêves d'enfant sage ...
Arya Stark ou la vengeance frustrée
Si Sansa survit grâce à ses bonnes manières, Arya, quant à elle, s'accroche à sa vengeance et cette liste de personnes qu'elle hait et veut voir mortes. Son problème c'est son jeune âge. On s'en rend particulièrement compte à la fin quand elle abandonne Sandor Clegane à son sort et qu'elle essaie de se payer un voyage en bateau. En fait, elle n'est pas capable de se débrouiller toute seule. Elle n'est même pas capable d'accomplir sa vengeance quand elle est à sa portée. Son esprit batailleur, méfiant, vengeur, débrouillard est bien présent, mais elle est simplement trop jeune.
C'est l'un des personnages dont je suis la plus curieuse du destin et dont j'espère que Martin va la laisser en vie assez longtemps pour la voir devenir adulte.
Jaime et Brienne : meilleurs ennemis
Jaime Lannister fait un personnage point de vue tout à fait intéressant. Apparaissant comme détestable dans les deux premiers volumes, on fait la connaissance d'un homme qui nous apparait peu à peu sympathique et plus nuancé que de prime abord. Poursuivi par cette détestable image de régicide qui lui colle à la peau (alors même que son acte arrangeait tout le monde),vivant une relation incestueuse avec sa propre soeur jumelle et responsable de la condition de Bran, il n'était pas chose aisée d'arriver à nous le faire voir comme un personnage humain. Là encore on saluera le talent de Martin. Et sa cruauté aussi ...
L'autre élément marquant le concernant est sa relation avec Brienne, chargée par lady Catelyn de le ramener sain et sauf à Port Real. Entre haine et amitié, le coeur de ces deux-là balance. Si Brienne reste sous le serment qu'elle a fait à Catelyn, qu'est-ce qui a poussé Jaime à lui éviter un viol ? A revenir la chercher alors qu'elle a été donné en pâture à un ours par les Pitres Sanglants ?
J'aime beaucoup le personnage de Brienne également. J'ai cru comprendre qu'elle serait personnage point de vue dans le tome 4 : chouette !
Les Noces Pourpres
Cette séquence m'a fait littéralement haïr GRR Martin. Ça m'a coupé le souffle. C'est l'une des rares fois (pas la seule cela dit :D) où je me suis permise de sauter des chapitres pour lire ce qui se passait plus loin à propos de Robb et Catelyn. Même quand le massacre commence, je me suis dit, non ce n'est pas possible, ils ne vont pas les tuer. Je me suis sentie trahie encore plus que pour la mort d'Eddard Stark. Et pourtant tout du long, on se doute que quelque chose de terrible va se passer : les amis Frey des Stark qui sont absents, l'agressivité du loup de Robb envers les Frey, les pleurs de la jeune mariée. Mais j'ai lu tellement vite que la seule pensée qui a eu le temps de me venir en tête c'est "ils devraient se méfier". Mais jamais je n'aurais pensé que ça allait se terminer en pareil massacre.
A noter également que ce n'est pas le seul mariage qui tourne mal puisque celui de Joffrey avec Margaery Tyrell va se solder par la mort du marié ... Ça aussi ça m'a laissé sans voix. Enfin tout d'abord. Après j'ai jubilé. J'avais quand même l'impression que la part belle était faite aux Lannister depuis le début. Ils font beaucoup de mal autour d'eux et n'en subissent que peu en retour, mis à part Tyrion mais qui est de toute façon le canard boiteux de la famille. Juste retour de flamme : entre la main droite tranchée de Jaime, la mort horrible de Joffrey et celle humiliante de Tywin Lannister, que cette famille souffre un petit peu ça leur fera le plus grand bien.
Et derrière le Mur ?
Avec tout ça on en aurait presque oublié le Mur et ce qui se passe derrière. Et là aussi on en prend plein les yeux. C'est tellement énorme tout ça que j'ai de grosses craintes par rapport à la série télé. Il y a des séquences qui sont dignes du Seigneur des Anneaux et que ça m'énerverait passablement de ne pas y avoir droit faute de budget ou que cela fasse "cheap" parce qu'ils avaient des sous seulement pour 5 mammouths et 3 géants.
J'ai été assez étonnée ici car je m'attendais à ce que Jon Snow trahisse vraiment la Garde de Nuit. En fait, je trouve qu'il s'en tire vachement bien. Il montre sa valeur en tenant le Mur face aux sauvageons, se fait accuser de trahison et pour peu j'aurais cru qu'il allait se faire pendre, hésite un instant à trahir la Garde de Nuit pour récupérer Winterfell avec l'aide de Stannis et finit chef de la Garde de Nuit. Une véritable consécration. j'espère qu'il sera à la hauteur parce que tout de même, malgré son efficacité sur le champ de bataille et sa capacité à diriger, ça reste un gamin avec peu d'expérience.
Un petit mot sur Daenerys
L'intrigue du côté de Daenerys avance peu. Elle n'est pas encore près d'aller jouer au Jeu des Trônes à Westeros. La séquence de l'achat des Immaculés est assez énorme. D'ailleurs le mode de fonctionnement de cette armée est pour le moins effrayant. Qu'elle ne fut pas ma surprise aussi de découvrir ser Barristan caché sous une fausse identité et qui a décidé de rejoindre le camp de Daenerys (il faut se rappeler que Barristan faisait déjà partie de la Garde Royale du temps des Targaryen).

Je vais m'arrêter là car cela commence à faire long mais je n'ai même pas abordé Bran qui développe ses pouvoirs de zoman, Stannis qui part aider la Garde de Nuit, se donnant de cette façon une certaine légitimité pendant que tous les autres "rois" ont laissé tomber les gardiens ancestraux du Mur, les multiples résurrections de Lord Béric, le procès bidon de Tyrion, la famille Tyrell qui se faufile au plus près du Trône, la famille Martell que l'on découvre sur la fin et l'épilogue, le fameux épilogue à vous faire frissonner de terreur ...
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Luniver
  10 mai 2013
/!\spoil des livres précédents /!\
Tous les prétendants au trône se retrouvent en posture délicate au début de ce tome : Robb a perdu son fief d'origine, Winterfell, conquis par les Fer-nés ; Stannis a été défait sur le fil en voulant récupérer Fort-Réal ; Renly a été éliminé ; Daenerys est toujours avec ses dragons à l'autre bout du monde. Seuls les Lannister semblent avoir tiré leur épingle du jeu. Et encore, pas tous : après sa sortie héroïque pour sauver la ville, Tyrion a été gravement blessé, et son père et et sœur en profitent pour détruire tout le réseau qu'il avait patiemment mis en place.
Point de vue intrigue, difficile de faire mieux dans ce volume : à chaque fois qu'un personnage semble prendre un avantage décisif, un autre un peu oublié vient attaquer ses arrières et renverser totalement la situation. Si dans le deuxième tome, j'avais déploré que l'autre côté du mur et Daenerys étaient quelque peu laissé de côté, dans celui-ci, ils reviennent aussi au premier plan. On ne sait plus où donner de la tête !
Pour rajouter à ce sentiment d'insécurité, même les protagonistes ne sont plus à l'abri : des personnages-clés disparaissent du jeu. Il faut du courage, ou un sacré culot, pour un auteur, de supprimer des héros que les lecteurs suivent depuis plus de 2000 pages. Pour compenser ces pertes, d'autres ont enfin droit à leur point de vue : Jaime Lannister et Samwell. Finis la grosse brute épaisse et le lâche. Il faut désormais prendre en compte leur passé et affiner notre jugement.
Ce troisième volume est une réussite à tous les points de vue. C'est une des rares séries que j'ai lues où l'intérêt croît au fur et à mesure des tomes : généralement, une fois la « surprise » du premier passée, on s'habitue à l'intrigue, on s'installe tranquillement dans un monde qu'on connaît bien et l'auteur peine à nous surprendre. Mais dans le Trône de fer, le lecteur a toujours la crainte de se prendre une nouvelle gifle jusqu'à la dernière page.
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Yannnou
  14 juin 2013
Attention : critique avec spoiler
Ce livre est enfin terminé et a pu aller rejoindre les deux autres sur mon étagère...
Le premier sentiment qui m'a envahi a été le soulagement. Comparé à l'intégrale 2, on ne peut pas dire que G.R.R Martin nous a ménagés en terme d'action et d'événements ignobles. le fait d'y mettre temporairement un terme m'a beaucoup soulagé...
Mention spéciale pour les Noces Pourpres. Une scène déchirante et totalement imprévisible qui m'a laissé la bouche ouverte des minutes entières. Sur le coup, on ne comprend pas pourquoi Martin a décidé de faire mourir ces deux personnages, ce n'est qu'après que l'on constate que c'était inévitable : les complications successives qui sont advenues auraient de toute façon empêché ce personnage de gagner la guerre. Il n'en reste pas moins, cependant, que je voue désormais une haine féroce aux Frey et aux Bolton (comme beaucoup d'autres lecteurs) mais pas à Martin lui-même. Même si le fait de tuer ces deux personnages peut nous paraître absurde et gratuit, on ne peut pas blâmer un auteur ne nous donner un aperçu de la brutalité des temps passés (bien différente de notre brutalité à nous, qui passe davantage par l'hypocrisie, la corruption et la dictature de l'argent...). Il suffit tout simplement de faire le deuil de deux personnages phares et ne pas faire comme tous les rageux qui ont définitivement arrêté de lire et ont agoni G.R.R Martin d'injures parce qu'ils n'ont pas saisi que "héros" ou pas, un personnage reste un être de chair et de sang qui peut tout aussi bien être gravement blessé ou tué qu'un personnage secondaire. La série A Song Of Ice And Fire n'est pas un livre jeunesse ou le héros est guéri en deux lignes quand il se prend une flèche dans le dos ou échappe à un éboulement en faisant un triple salto arrière...
Voilà ce que je souhaitais dire en réaction à ce qui a été dit aux actualités au sujet des Noces Pourpres. Même si l'histoire de deux personnages cessent, l'histoire en elle-même continue.
Comme à mon habitude, je vais traiter le tout par point de vue (si je ne vous ai pas déjà lassés avec mes états d'âme '^^) :
-- Arya : une trame bien différente du tome 2, bien que le premier chapitre ait été franchement barbant. On peut dire que ça bouge, pour elle, entre la Fraternité sans Bannière, le Limier, son départ pour Braavos après avoir assisté de loin au Noces Pourpres... Je ne me suis pas ennuyé avec elle...
-- J'ai été surpris de voir des chapitres du point de vue de Jaime, tout autant que par son évolution. La façon dont il est dépeint dans les tomes précédents nous laisse penser qu'il est arrogant et vaniteux, qu'il aime tuer, et qu'il apprécie son sobriquet de Régicide... Arrogant, il est un peu, comme tout un chacun. Qu'il aime tuer, on peut dire que c'est le cas dans certaines situations. Mais on le découvre sous un nouveau jour, sous un jour plus humain, tout autant capable de compassion que de cruauté. Peut-être que la perte d'un membre en est responsable, qui sait ?
-- Tyrion, de nouveau la proie de la risée de tous depuis le retour de son père. Avec tout ce qu'il a subi par la faute de ce dernier et de sa soeur (toujours plus agaçante), il était grand temps qu'il se rebiffe. Son final, quoique osé, m'a rempli de satisfaction, tout autant que sa phrase finale...
-- Daenerys : même si les apparences montrent que son intrigue avance, j'ai envie de dire qu'enchaîner caprice sur caprice ne s'appelle pas avancer. Ce qui la pousse à prendre Astapor, Meereen et Yunkaï n'est pas uniquement le fait de constituer une armée, mais aussi de libérer des esclaves au nom d'idées révolutionnaires. Mais en attendant, elle pourrait s'intéresser à sa conquête de Westeros, non ? Bon, tout cela reste plaisant, néanmoins, et permet de sortir un tant soit peu des horreurs qui ont lieu à l'ouest.
-- Jon : un début ennuyeux, le reste époustouflant. Les scènes de batailles, en particulier, sont bien menées et tout à fait dignes de la bataille de la Néra.
-- Samwell : beaucoup ont trouvé ses chapitres ennuyeux. Je pense tout l'inverse. Certes, le personnage n'est pas comme Jon, Jaime ou autre Eddard Stark, mais il a tout de même su faire preuve d'autant de courage et il nous livre tout autant que les autres de bons moments (surtout d'angoisse, à bien y réfléchir, en considérant sa proximité avec les Autres).
-- Catelyn : le chapitre des Noces Pourpres est à la fois le pire et le meilleur. Son inquiétude quant à certains détails, sa panique quand elle sent la maille sous la manche de soie d'un Frey, la douleur et la folie qui la rongent quand le pire advient... Par ailleurs, je reste mitigé. le tout se résume à ses observations des faits et gestes de Robb et à ses suppositions quant à ce qu'il pense et ressent. En disant cela, je songe qu'il aurait été plus pertinent d'écrire certains de ses chapitres du point de vue de Robb lui-même. On ne s'en serait pas tenus qu'aux suppositions.
-- Sansa : toujours autant de malheurs au moment ou elle croit que tout est fini. Toujours un peu cruche, bien qu'elle finisse plus ou moins par se rappeler les paroles de Littlefinger (selon lesquelles la vie n'est pas aussi belle et harmonieuse qu'une chanson). La scène de l'assassinat de Lysa était énorme, en revanche :-D
-- Davos : quelque peu effacé, on sait juste qu'il survit, qu'il complote contre Mélisandre, qu'il est pardonné après des semaines au cachot, qu'il apprend à lire et qu'il sauve Edric Storm, dont le sang a attiré le dévolu de la femme rouge en vertu de ses prédictions.
-- Bran : trop peu de chapitres, on avance à pas de fourmi ! Juste des détails de voyage, un jeu de chassé-croisé avec Jon et son passage derrière le mur. J'ai été un peu déçu que les choses n'aillent pas plus loin que ça alors qu'il s'agit de la trame la plus "fantasy" de la saga...
En résumé, un tome excellent, malgré quelques déceptions. Cependant, même si certains personnages ne sont plus, je continuerai de lire cette saga (à cette date la meilleure sur laquelle mes mains se sont posées) avec un plaisir toujours aussi intense.
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critiques presse (1)
Elbakin.net   11 février 2013
Il s’échappe de la saga du Trône de fer un parfum capiteux, mêlant le fracas des batailles à la fureur des amours déchirées… Pas de faux-semblants, et beaucoup de niveaux de gris dans cette histoire où les rôles sont rarement distinctement attribués entre bons et mauvais.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (124) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   02 mai 2013
Le soir, quand on dressait le camp, Ygrid étalait son paquetage le long du sien, qu'il se fût installé près du feu ou au diable. En s'éveillant, une nuit, il la découvrit blottie contre lui, un bras lui barrant le torse. Sans bouger, il l'écouta longtemps respirer, préférant ignorer de son mieux l'état dans lequel elle le mettait. Il arrivait souvent aux patrouilleurs de partager les pelleteries, pour avoir plus chaud, mais ce n'était pas uniquement de chaleur, soupçonnait-il, que rêvait Ygrid. Aussi s'était-il mis après cela à utiliser Fantôme comme repoussoir. Si Vieille Nan contait maintes histoires où des chevaliers et leurs dames dormaient dans le même lit, chastement séparés par une épée d'honneur, ce devait être la première fois qu'on recourait, se disait-il, à un loup-garou d'honneur.
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KedeaclyaKedeaclya   27 novembre 2013
La désertion de Mance Rayder, page 115

Jon réfléchit un moment. "Le Mimain vous prétendait fou de musique sauvageonne".
- Je l'étais. Je le suis. C'est plus près de la cible, oui. Mais pas dans le mille. " Mance Rayder se leva, défit l'agrafe de son manteau puis le déploya sur le banc. "C'était pour ça.
- Un manteau ?
- De laine. Le manteau noir de frère juré de la Garde de Nuit, dit le roi d'au-delà du Mur. Au cours d'une patrouille, un jour, nous abbatîmes un magnifique orignac. Nous étions en train de le dépouiller quand, alléché par l'odeur du sang, surgit de sa tanière un lynx-de-fumée. J'en vins à bout, mais il avait d'abord lacéré mon manteau. Tu vois ? Ici, et ici, et ici. " Il se mit à glousser. "Non sans m'avoir aussi déchiqueté le bras et le dos, et je pissais le sang pis que l'orignac. Craignant que je ne meure avant qu'on ne puisse me rapporter à Tour Ombreuse auprès de Mestre Mullin, mes frères me transportèrent dans un village sauvageon où résidait, ils le savaient, une sorcière plus ou moins guérisseuse. Qui était morte, d'aventure, mais sa petite fille me prit en main. Nettoya mes plaies, me recousit, me bourra de gruau d'avoine et de potions jusqu'à ce que j'aie recouvré suffisament de forces pour tenir en selle. Et elle rapetassa aussi mon manteau déchiré avec de la soir écarlate d'Asshai que sa grand-mère avait tirée d'une épave échouée sur la Grève Glacée. Elle ne possédait pas de trésor plus précieux, et elle m'en fit présent. " Il en redrapa ses épaules. "Mais, à Tour Ombreuse, on préleva dans les réserves un manteau neuf à mon intention, de bonne laine et noir sur noir, et soutaché de noir, pour qu'il aille avec mes braies noires et mes bottes noires, mon doublet noir et ma maille noire. Ce manteau neuf n'avait pas d'accrocs, pas d'effilochures, pas de déchirures, et surtout pas... surtout pas de rouge. Les hommes de la Grade de Nuit s'habillaient en noir, me rappela d'un ton sévère et comme si je l'avais oublié, ser Denys Mallister. Mon vieux manteau n'était désormais bon que pour le feu, dit-il.
"Je partis le matin suivant... pour des contrées où le baiser n'était pas un crime et où l'on pouvait porter le manteau de son choix"
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LuniverLuniver   02 mai 2013
Sam lorgna le ciel avec anxiété. « Neige ? couina-t-il. On... en selle ? Tous ?
— Ben..., non, faudra que certains marchent. » Il se secoua. « Y a Dywen, tiens, qui dit qu'on devrait apprendre à monter des chevaux morts, comme font les Autres. Il jure que ça ferait des économies de picotin. Combien ça peut manger, un cheval mort ? » Il se relaça. « Peux pas dire que l'idée m'emballe. Une fois qu'on aura trouvé le moyen d'utiliser les chevaux morts, ça sera notre tour après. Moi le premier, je vois ça d'ici. "Edd, qu'on dira, c'est pas une excuse, mort, pour rester tout le temps couché ; alors, debout, prends cette pique, faut nous monter la garde cette nuit." Enfin..., pas la peine que je broie du noir. Peut-être que je serai mort avant qu'on ait mis ça au point. »
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TwiTwiTwiTwi   27 octobre 2012
Elle avait à peu près son âge, mais ce n'était qu'une gosse ; que ça chialait si ça s'écorchait un genou, et que ça trimbalait tout le temps, partout, une stupide poupée de chiffon. Une poupée bricolée pour avoir l'air d'un homme d'armes, plus ou moins, si bien que la gosse l'appelait ser Soldat et vous tannait sur la sécurité qu'il procurait. Tu pouvais bien lui dire : "Va-t-en", et plutôt cinquante fois qu'une, lui répéter : "Mais fous-moi la paix !", rien à faire, rien. De guerre lasse, Arya lui avait finalement arraché, son fantoche, éventré, elle avait mis à l'air les tripes de chiffon, clamant : "Voilà ! Maintenant, ça ressemble à un vrai soldat !" [...]
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TheWindTheWind   01 mars 2015
Il ( Stannis Baratheon) fit une grimace. " As-tu jamais vu le trône de Fer ? Tout ce qui barbèle le dossier, les copeaux d'acier tortillés, les pointes de dagues et d'épées qui le hérissent, tout enchevêtrées par la fonte ? Ce n'est pas là un fauteuil douillet, ser. [...] Toujours ne risque-t-on pas de s'y prélasser. Il m'arrive souvent de me demander pourquoi mes frères avaient si follement envie de se l'adjuger?. "
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