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EAN : 9782708245617
240 pages
Éditeur : Editions de l'Atelier (17/05/2018)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Jean Gabin, cheminot couvert de suie dans La Bête humaine, Simone Signoret et Jean Marais en tête d’un cortège de manifestants, Gérard Philipe et Jean-Paul Belmondo, leaders syndicaux, Jean Renoir, réalisateur d’une Marseillaise financée par une souscription de la CGT, René Clément magnifiant la Résistance dans La Bataille du rail…

Durant ces années de Front populaire, de résistance au nazisme et de Libération, les classes populaires sont à la fois da... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Pecosa
  20 juin 2018
L'écran rouge. Syndicalisme et cinéma de Gabin à Belmondo a agi sur moi comme une madeleine de Proust façon casse-dalle à Boulogne Billancourt. L'écran rouge, je suis tombée dans son chaudron quand j'étais petite via ma grand-mère communiste, fidèle lectrice de L'Humanité, de la Vie Ouvrière et d'Antoinette, qui en dehors du Parti, avait une autre passion, le cinéma. En plus de devoir taper sur une vieille machine à écrire les compte-rendus de ses réunions syndicales, il fallait que je l'accompagne dans les festivals et les soirées Ciné-Club où l'on projetait avant débat ses films favoris, des vieux films français engagés qui mettaient en scène la vie des gens modestes et des ouvriers, et des films soviétiques, bien sûr. J'ai du voir son idole absolue Gérard Philippe, qui lui avait dédicacé une photo au cours d'un congrès du Parti dans TOUS ses films, pareil pour Simone (Signoret, mais plus Montand, le traître), sans compter Quand passent les cigognes ou Soy Cuba en russe sous-titré alors que j'aurais préféré aller voir Le grand bleu comme tout le monde…Enfin bref, avec le recul, je la remercie de m'avoir donné cette éducation très personnelle qui m'aura permis de passer mes dimanche soir à ses côtés devant l'émission Cinéma de minuit au lieu d'aller au lit comme les autres mioches, de lire Soljénitsyne et Koestler pour l'emmerder et de savoir en lui faisant la lecture de L'Huma que l'histoire sociale était aussi passée par le Grand Ecran.
C'est donc avec nostalgie que j'ai lu les textes consacrés à La bataille du rail, à La bête humaine, à Toni et bien d'autres.
Dans L'écran rouge préfacé par Costa-Gavras, le lecteur parcourt vingt années d'une histoire du cinéma méconnue ou oubliée. Le cinéma français, ce ne sont pas juste des festivals au rayonnement international, un système de financement unique, des écoles prestigieuses, mais ce sont aussi des combats, des sacrifices, des postures militantes courageuses dans des périodes où défendre ses droits vous valait le peloton d'exécution ou un aller simple vers les camps de l'Est. Impossible de résumer ici la quarantaine de textes qui, du Front Populaire aux mouvements des années 50 pour la défense du cinéma hexagonal, retracent les combats contre les injustices sociales, la xénophobie, le nazisme, et la censure. L'exception culturelle française a aussi été syndicale. Combats des techniciens du cinéma pour obtenir des conventions collectives, films d'auteur pour montrer au public la vie dans les usines, pédagogie militante, documentaires sur les ouvriers grévistes, résistance des petites mains et des grands noms du Septième Art pendant la guerre, projets financés par une souscription de la C.G.T. (La Marseillaise de Renoir), valorisation des acquis de la Libération … L'écran rouge vous dit tout sur les combats syndicaux jusqu'à l'année 1959, au cours de laquelle Malraux rattache le CNC au nouveau Ministère de la culture.
Je remercie les Editions de l'Atelier pour l'envoi de ce beau livre illustré reçu dans le cadre de l'Opération Masse critique, qui m'a donné une furieuse envie de mettre la main sur un film de Jean Epstein intitulé Les bâtisseurs, et qui nous pousse à nous interroger sur la représentation du monde ouvrier dans le cinéma d'aujourd'hui. Où sont-ils?
N.B: Je mets en ligne un petit quiz intitulé Ouvriers au cinéma, d'après les films mentionnés par l'ouvrage, pour les joueurs. (sur ma page, rubrique "quiz")
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nameless
  27 juin 2018
Tangui Perron est chercheur et historien spécialiste des rapports entre mouvements ouvriers et cinéma et poursuit un travail d'éducation populaire et de programmation en région parisienne. Fruit d'un travail collectif, L'écran rouge à été initié en 2017 au Palais du Festival de Cannes, par la Fédération du spectacle CGT et le CNC qui souhaitaient commémorer la 70ème édition du festival.

L'écran rouge est un ouvrage de référence, illustré de documents souvent inédits, qui offre une rétrospective historiquement ultra-documentée de l'industrie du cinéma depuis les années 30, et rappelle en premier lieu que le cinéma français, son rayonnement assimilé à une exception culturelle saluée par des ministres de la Culture de passage qui n'ont jamais mis les mains dans le cambouis, n'est pas une émanation du néant, un don du ciel, mais la conséquence de luttes sociales acharnées menées par tous ses intervenants, des acteurs les plus célèbres aux techniciens les plus anonymes.

Bien loin d'être un acte d'allégeance à la CGT ou angéliste, L'écran rouge énumère les réussites mais aussi les échecs d'hommes et de femmes qui ont arraché de haute lutte des conventions collectives, le droit aux congés payés, la réduction du temps de travail, pour que le peuple s'émancipe culturellement et socialement, mais surtout pour donner au cinéma français ses lettres de noblesse, sa spécificité quasi unique au monde : un système de financement public, de grandes écoles du cinéma, le festival de Cannes, le régime de l'intermittence.

Et si tout ce système mondialement envié disparaissait au profit d'une vision libérale de la culture ? D'un coup de baguette magique ou plus sûrement d'une ordonnance assortie d'une coupe sombre budgétaire ?

L'écran rouge ne s'adresse pas seulement à ceux qui ont connu le Front populaire, ils sont de moins en moins nombreux ; ni seulement à ceux qui ont la nostalgie de Jean Gabin dans La bête humaine ; il s'adresse à la mémoire collective ; il est indispensable aux lecteurs intéressés par L Histoire, aux cinéphiles, et au-delà à tous les citoyens qui souhaitent rester démocratiquement bien éveillés et vigilants.

Merci à Babelio et aux Éditions de l'Atelier pour leur confiance.
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Hulot
  04 septembre 2020
Formidable ouvrage sur le cinéma depuis les années du Front populaire jusqu'à l'avènement de la Nouvelle vague.

Comme son titre l'indique, il s'agit ici d'évoquer le cinéma populaire et social d'avant 1939, résistant pendant l'occupation et son renouveau après la guerre.
Nous rencontrons tous les grands réalisateurs tel Renoir, Carné, Prévert, le Chanois entre autres mais aussi les acteurs dont le plus emblématique est Jean Gabin mais nous ferons surtout connaissance d'une multitude de personnages de l'ombre qui se sont battus et ont permis que ce cinéma existe dans cette période noire de notre Histoire.
A chaque page ou presque, arrive une anecdote, une information sur les tournages, la lutte pour arriver à faire aboutir une idée , un projet et c'est ce qui rend ce livre absolument passionnant.
Si vous êtes féru de cinéma et que cette époque vous intéresse, alors ce livre vous ravira.
Merci à Pecosa de me l'avoir fait découvrir grâce à sa fabuleuse critique.
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delcyfaro
  22 juin 2018
A travers cet ouvrage reçu dans le cadre d'une Masse critique non fiction c'est tout un pan du cinéma français qui est décortiqué et qui nous emmène dans les pas de Gérard Philippe, Jean Renoir, Simone Signoret ou encore Jean Paul Belmondo mais aussi tant d'autres chevilles ouvrières indispensables dans l'industrie cinématographique pendant toutes les décennies décrites dans ce livre.
L'auteur remonte le temps, nous parlant des différentes luttes menées par la CGT essentiellement dans cet univers pas toujours aussi idyllique qu'il pourrait le sembler.
Entre les différentes périodes nous découvrons les portraits des hommes et des femmes qui ont porté complétement les oeuvres telles que la bataille du rail, la bête humaine, la Marseillaise et tant d'autres.
Les batailles, les manifestations, et les luttes pour défendre le cinéma français et sa richesse tout est évoqué par l'auteur mais aussi les délations ou les trahisons de certains.
C'est une approche vraiment passionnante, sincère et vraie. A côté des acteurs, des monteurs, des metteurs en scène etc…on y retrouve des hommes politiques, notamment communistes qui ont apporté énormément à toute l'évolution du cinéma français.
On n'oublie pas que c'est grâce à la CGT que le festival de Cannes a vu le jour.
On n'oublie pas non plus que certains films ont été financés par la même CGT ou par le parti Communiste.
C'est tout un pan de l'histoire du cinéma français que nous découvrons avec intérêt, passion et même stupéfaction souvent (je pense notamment que nous ne sommes surement pas aussi nombreux que cela à savoir que Jean Paul Belmondo fut un Secrétaire Général cégétiste)
La préface de Costa Gavras et la postface de Philippe Martinez contribuent à donner le ton de ce livre et rappellent que le cinéma français n'est pas mort grâce à tous ceux et celles qui se sont battus pour sa survie face au géant américain.
Lien : http://delcyfaro.blogspot.co..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
PecosaPecosa   19 juin 2018
Pendant l'Occupation, les acteurs et actrices du cinéma français furent des cibles de choix pour les services allemands de propagande. A leurs dépens ou non, ils ont joué un rôle de séduction de l'opinion, tant par les films que par l'utilisation de leur image dans les médias de masse de l'époque. Si, au moment de l"épuration, les jugements se sont concentrés sur la participation à des productions de la Continental Films, cette société franco-allemande ne fut toutefois pas le seul instrument de la mainmise de l'Occupant sur le cinéma français. Les parcours d'Harry Baur et de Danielle Darrieux illustrent la diversité des sollicitations et des pressions des autorités allemandes sur les comédiens. Âgés respectivement de 23 et 60 ans en 1940, Danielle Darrieux et Harry Baur n'eurent pas l'occasion de partager l'affiche d'un film à cette période. Outre les événements mondains, c'est en mars 1942, au cours d'un voyage en Allemagne des artistes cinématographiques français, qu'ils eurent l'occasion de se rencontrer.
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HulotHulot   31 août 2020
Le passage dans un ciné-club conduit selon Jean Delannoy à donner au public les moyens de choisir les " bons " films et d'apprendre à les apprécier afin de développer son " bon goût cinématographique ".

Pour les représentants du mouvement ciné-club, l'imprévisible succès populaire des films de la Nouvelle Vague en sera la preuve éclatante. Ils peuvent de plus s'enorgueillir d'avoir montré certains chef-d'oeuvre du Front populaire, revendiquer la redécouverte de l'oeuvre de Jean Vigo ou participer à la diffusion de certaines cinématographies telles que le néoréalisme italien.
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HulotHulot   01 septembre 2020
Le Front populaire fut une période heureuse et fructueuse pour Robert Desnos.

Il participe à la vie de la maison de la culture dirigée par Aragon, milite pour l'Espagne, écrit des lyrics et des cantates pour les organisations du Front populaire, des chroniques de disques pour la revue " Commune"...

Le 24 juin 1937, il anime le Grand festival de la jeunesse présidé par Léo Lagrange et écrit pour le film " Les Bâtisseurs " : l'Hymne au travail.
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PecosaPecosa   18 juin 2018
Personnage romanesque, André Colomer a notamment exercé une forte influence sur le jeune Léo Malet, qui le rencontre à son arrivée à Paris, au milieu des années 1920, au foyer végétalien de la rue de Tolbiac, refuge anarchiste que le romancier met en scène dans Brouillard au pont de Tolbiac et Le soleil n'est pas pour nous (il donne aussi à l'un des personnages de 120, rue de la Gare, le nom de Colomer).
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HulotHulot   29 août 2020
Les morts tragiques de Jean Gabin dans les fictions de l'époque - jusqu'au suicide de l'ouvrier métallo François dans Le jour se lève (1939) - illustrent la fin du Front Populaire tandis que les bombes franquistes, italiennes et allemandes qui s'abattent sur l'Espagne annoncent la guerre qui se profile.
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