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EAN : 9782226319319
352 pages
Albin Michel (30/09/2015)
  Existe en édition audio
4.11/5   65 notes
Résumé :

Jamais Etienne et Mélina n'auraient imaginé devoir un jour quitter les berges de la Garonne, les champs et les prairies, les vignes du coteau qu'ils escaladent pour se rendre à l'école du village.

Les deux gamins aiment se retrouver sur une petite île au milieu du fleuve, éblouis de lumière, ivres de liberté, insouciants et heureux malgré la pauvreté de leurs familles, dans la certitude d'être faits l'un pour l'autre.

La crise ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
4,11

sur 65 notes
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alainmartinez
  17 décembre 2016
Dans « Nos si beaux rêves de jeunesse » Christian Signol grand conteur du monde rural nous fait vivre les années 30 à Toulouse. Nos héros vont connaitre l'exode rural, le Front populaire, la guerre d'Espagne et l'arrivée de la Seconde Guerre mondiale.
Étienne et Mélina sont deux gamins qui vivent dans l'insouciance sur les bords de la Garonne. Mélina a trois rêves, être institutrice, vivre dans une grande ville et épouser Étienne. Lui se voit pêcheur sur la Garonne. La vie dans le village est dure, mais ils sont heureux malgré la pauvreté de leur famille. La crise les pousse à quitter le village pour Toulouse. Étienne se fait embaucher comme apprenti, Mélina doit dire adieux à son rêve d'études pour se faire engager par une famille aisée. Ils découvrent le dur monde ouvrier.
1936, le Front populaire, les grèves, les premiers congés payés, la classe ouvrière commence à rêver à un monde meilleur. Mais le bruit de bottes commence à se faire sentir.
Dans ce beau roman où les deux personnages sont attachants, Christian Signol nous raconte un monde qui n'est pas sans rappeler le monde d'aujourd'hui. La crise, le chômage, l'exode, ces guerres si lointaines mais qui se rapprochent. Un livre simple où l'auteur rend encore hommage à cette France et où il tire un très beau portrait de la jeunesse des années 30.
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patricelucquiaud
  27 septembre 2019
C'est le type de roman que j'affectionne particulièrement, qui hisse la fiction à la portée du vraisemblable et qui fait du quotidien ordinaire une poésie à vivre les yeux grand ouverts... encore une belle leçon de vie, la vraie !...

Nous voici transportés sur les bords de la Garonne entre Agen et Toulouse dans ces années « 30 » de l'entre-deux guerre... Un petit village Montalens, des coteaux hérissés de vergers et de vignes surplombent le fleuve, une sablière, des barques de pêcheurs, les gens du rivage, petites maisons en bord d'eaux, une vie âpre pour les adultes, faites de gestes répétitifs, contraignants mais qui apportent le pain et le chaud au foyer, une vie de rêve pour les enfants qui ont les yeux remplis de la lumière du fleuve, des espoirs d'une vie généreuse mais simple pour Étienne qui n'envisage pas de quitter ses rives enchanteresses, mais plus scintillante et prometteuse de bien-être pour Melina qui n'aspire qu'à quitter ces lieux où la misère a enchaîné ses parents.

Pourtant, ces deux enfants dans leur 13ème année, ne se quittent pas, s'attendent et se raccompagnent sur le chemin de l'école et profitent des vacances d'Été pour explorer le fleuve à bord d'une barque, s'isoler sur une petite île déserte et après de savoureuses baignades, s'allongeant sur le sable, rêver leur jeunesse et leur avenir... Insouciance de leur jeune âge mêlé d'inquiétudes et de questions pour leur futur. Lui, se voit vivre éternellement de la pêche comme le vieil Eugène qui l'a doté d'une barque, elle, aspire à faire des études pour être institutrice et aller enseigner loin de la maison familiale… elle, rêve de la ville et de ses lumières, lui n'envisage ses lendemains qu'au fil de l'eau et de son miroitement féerique...

L'auteur nous entraîne avec délice dans leurs rêveries mais aussi dans les méandres de leurs destins réciproques qui va, un temps les séparer, et puis les faire se rejoindre dans la grande ville de Toulouse.

Ils y retrouvent le fleuve, ses odeurs, son courant porteur de vie, mais aussi la société des grands, des puissants, des petits, des faibles, soumis ou rebelles...
Contraste des demeures bourgeoises dans les beaux quartiers et des logis, des échoppes et ateliers des gagne-misères des quartiers pauvres. Grands patrons nantis, ouvriers besogneux... nous plongeons au coeur de cette lutte des classes qui les oppose âprement au moment des grandes grèves de 1936 se soldant par la victoire du front populaire. Acquis sociaux qui amènent une prometteuse embellie sur le sort des travailleurs lesquels viennent à connaître la joie des premiers congés payés... bonheur éphémère dont profitent aussi Étienne et Lina jusqu'à l'émerveillement en découvrant l'océan... Mais ce sont aussi des heures sombres avec la guerre civile qui fait rage en Espagne, avec les menaces du nazisme qui s'étend sur l'Europe. Les craintes d'une guerre terrible dont on ne veut pas et qui pourtant semble inéluctable.

A travers le cheminement et les revers de ces deux personnages adolescents devenant précocement adultes en assumant leurs responsabilités et leurs choix existentiels dans des milieux d'abord très opposés, que nous décrit donc Christian Signol, en mettant en exergue cette lutte des classes ?
Une situation vieille comme le monde et qui se répète souvent à travers la longue Histoire de notre Humanité. Les dominants et meneurs assujettissant et soumettant à leurs lois les dominés, la plèbe, cette majorité qui doit se contenter des miettes quand les premiers ont festoyé dans l'abondance. Révoltes, rebellions, mutineries, révolutions n'y changent souvent pas grand chose... D'autant qu'au delà des biens et de l'aisance que les premier ont à foison, et que les petits, les exécutants et autres « larbins » n'ont pas, il est une richesse culturelle dont profitent les nantis et dont les pauvres n'ont aucune part. Tout ceci est lié... ainsi, quand on vit dans les bas fonds, on ne peut accéder à la culture des grands, et quand les uns prennent leurs grands airs à l'opéra, les autres s'affalent sur le comptoir de sombres estaminets.
Dans ce Roman de Christian Signol, les dialogues se font l'écho de cette situation où chaque côté en polarité de la société, dans sa façon de vivre et de s'instruire, n'accède pas aux mêmes « registres » et, la conception que chacune de ces classes sociales se fait de sa rivale, est truffée de clichés, de préjugés ; chacun s'accaparant d'un idéal auquel il s'identifie sans réserve : élitiste pour les premiers, communautaire et humaniste pour les seconds.
En demeure un indestructible mur d'incompréhension, une non envie de considérer objectivement les facettes positives et négatives de chacune de ces positions, et de ces situations de vie antagonistes matériellement et culturellement, n'en voulant surtout rien changer :
"Les patrons seront toujours des exploiteurs, les ouvriers des exploités... aux premiers le profit, aux seconds le labeur..."

En fait, au-delà des abus repérables dans chaque camp, plus qu'une position politique, ou d'une faconde démagogique, l'auteur nous montre l'hérésie de cette façon de penser et de schématiser. La confrontation pure et dure est destructrice… elle le fut bel et bien dès la fin de ces années 30...

Au-delà d'une quête du bonheur, fut-il le plus simple du monde, s'en dégage une grande leçon d'humanité où, le don de soi pour assurer un meilleur futur à ceux qui viennent après nous, n'est absolument pas absent dans cette tranche de vie qui, si elle n'est pas le long fleuve tranquille qu'on en attend, demeure un ruissellement permanent réfléchissant aussi la lumière.
Lien : http://www.mirebalais.net/20..
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andreepierrette
  10 janvier 2016
Merveilleux plaisir de lecture. Une belle histoire : deux enfants devenus adolescents aux prises avec les difficultés rencontrées dans des familles modestes mais qui veulent se battre pour s'en sortir. Ambition, déception, innocence et amour tendre.
Une nature joliment décrite, les bords de la Garonne, sous un ciel toujours bleu. Puis la grande ville, le dépaysement, l'adaptation, les soucis familiaux et l'année 1936, la lutte des classes, l'espoir d'une vie meilleure que viennent assombrir de terribles rumeurs venant de l'Est.
Tout est dans ce roman superbe : la sensibilité, la tendresse,; l'écriture, claire, élégante.L'histoire des personnages tient le lecteur(trice) en haleine jusqu'à la dernière ligne.
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vertescollines
  05 novembre 2015
Un très beau roman du terroir comme j'aime les lire. Un paysage magnifique des bords de la Garonne. Une histoire simple de deux enfants grandissant dans le monde d'avant-guerre 1939-1945. Mais ces personnages doivent faire des choix, abandonner une partie de leurs rêves de jeunesse et en réaliser d'autres. Leur histoire, la petite histoire et la grande histoire les contraignent à faire des choix parfois douloureux. Leurs choix sont aussi dictés par leurs parents. La vie n'est pas simple dans ces années 1925-1939. Ils subissent la crise mais aussi leurs espoirs avec la montée du Front populaire et les premiers congés payés. L'histoire est très agréable à lire et on se prend d'amitié pour les deux personnages d'Etienne et Linda. Ce sont deux enfants simples, faisant des choix, mais avec un objectif précis : être ensemble, rester ensemble. Une suite serait surement bien venu puisque nous les laissons en ce début 1939 avec la guerre qui approche, Ettienne s'engageant et Linda attendant un enfant. Ils sont si jeunes. J'adore cette période là avant guerre . Tout s'est précipité pour moi. L'ambiance dans ce roman y est très bien traduite. Lisez le . Je vais moi le prêter à des amis et surtout à la bibliothèque d'Eps Herbeval où je connais des amateurs qui seront ravis.
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Annabelle31
  04 juin 2016
Années 30, petit village près des berges de la Garonne. Pour Étienne et Lina, la vie file au rythme de l'école, mais aussi du travail pour Lina, qui doit se substituer à sa mère, paralysée, pour routes les tâches ménagères. Leurs moments de repos, c'est sur les bords du fleuve qu' ils aiment les passer. Lina rêve de quitter le village et son père violent, et de partir vivre à Toulouse. Étienne lui, ne rêve que de pêche sur la Garonne. Pourtant lorsque le père du garçon décède accidentellement le destin en décide autrement, Étienne va devoir partir vivre à la ville, ou son oncle Henri leur a trouvé un emploi. Pour les enfants, la séparation est difficile, et Lina quant à elle, part étudier à Castelsarrasin pour devenir institutrice. Mais encore une fois, le destin en a décidé autrement, et le chômage puis la mort du père de Lina va l obliger à quitter l école et à partir, elle aussi, pour travailler à Toulouse. Les deux adolescents se retrouvent désormais en ville, et même si la Garonne coule aussi, elle a perdu le charme de leurs après midi d enfance.
Avec le front populaire et les premiers congés payés Lina et Etienne vont pouvoir passer quelques jours à Capbreton, ou leurs sentiments amoureux vont s'imposer à eux.
Une très belle histoire d'Amour entre ces deux enfants, malmenés par la vie, mais portés par les sentiments qu'ils ont l'un pour l'autre. Une très belle lecture
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
andreepierretteandreepierrette   10 janvier 2016
C'était ainsi : les riverains vivaient avec le fleuve, qui avait ses caprices, comme les hommes, et dont on s'accoutumait sans ma moindre rancoeur. De temps en temps,, il débordait jusqu'aux collines plantées de vignes et de vergers, page 14
...page 18 : Elle songeait alors que plus tard elle partirait, qu'Etienne l'emmènerait. Ils iraient dans les villes :Agen, Montauban, ou Toulouse, elle n'aurait plus peur, jamais de la Garonne et de ses colères, du maître d'école, de la maison d'Eugène ,de sa mère qui ne lui laissait pas le temps d'étudier
ses leçons, alors qu'elle se plaisait à l'école.
Les filles de son âge ne lui parlaient guère, car elle n'appartenait pas au village : elle était d'en bas - du fleuve - et c'étaient deux mondes différents.
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alainmartinezalainmartinez   07 décembre 2016
– Je ne veux pas que notre enfant soit allemand. Tu comprends ça ? Tu peux le comprendre ? Je ne veux pas qu’un jour il me demande pourquoi je n’ai rien fait pour lui éviter de vivre sous le joug d’un pays étranger, pourquoi il n’est pas libre de penser ou d’agir ! Je ne pourrais pas entendre ça de sa bouche ! Je ne pourrais pas, tu comprends ? Et, comme elle se taisait, soudain, ne sachant plus où elle en était : – Le fascisme est vainqueur partout. C’est ça que tu veux pour lui ? Les humiliations, les menaces, les persécutions, les arrestations, la terreur organisée comme mode de gouvernement !
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vertescollinesvertescollines   05 novembre 2015
L'été culmina dans la chaleur épaisse d'un mois d'août qui semblait à Etienne devoir être le dernier de sa vie. Il savait qu'un gouffre immense s'était ouvert devant lui, que quoi qu'il fasse il allait y être englouti, et il songeait à une seule chose : profiter des derniers jours heureux sur les rives du fleuve, oublier ce qu'il l'attendait. Chaque après-midi il embarquait avec Lina, non plus seulement vers l'île, mais de plus en plus loin vers l'aval, comme pour s'éloigner de la destination qui lui était promise, et ils rentraient d e plus en plus tard, remontant avec difficulté le courant d'une eau heureusement encore basse, à cause du manque de pluie.
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alainmartinezalainmartinez   07 décembre 2016
– Il faut combattre le fascisme partout, sinon il vaincra comme en Espagne, en Italie, et en Europe de l’Est.
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vertescollinesvertescollines   05 novembre 2015
Ils s'allongèrent côte à côte, mais très vite ils eurent froid et ils s'endormirent dans les bras l'un de l'autre.
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Videos de Christian Signol (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christian Signol
Découvrez l'émission intégrale ici : https://www.web-tv-culture.com/emission/christian-signol-la-ou-vivent-les-hommes-53065.html
Il est un romancier incontournable en librairie. Pourtant, il n'est pas médiatique, n'intervient pas en télévision ou ne défraie pas la chronique. Mais les lecteurs l'apprécient parce qu'il nous parle de nous, de nos origines, de nos provinces, d'un passé parfois révolu. On pourrait le classer dans les auteurs dit « de terroir » mais cela a-t-il vraiment un sens ? Car derrière tout cela, rien de passéiste ou de nostalgique. Les romans de Christian Signol, même si certains se déroulent dans un passé plus lointain, sont bien des romans d'aujourd'hui, dans lesquels les personnages nous questionnent sur notre temps. La seule différence avec une autre littérature : ici, les personnages ne vivent pas en grande ville et leurs préoccupations ne touchent pas essentiellement leur petite personne. C'est en 1994 avec « Les cailloux bleus » que le public découvre Christian Signol. le succès est immédiat et se confirmera avec de nombreux titres comme « L'amour de nos pères », « L'été de nos vingt ans » ou « La promesse des sources ». Aujourd'hui, ce sont plus d'une cinquantaine de titres traduits en 15 langues. Certains adaptés en série TV comme « La rivière Espérance ». Chaque année, à la sortie de son nouvel opus, sans bruit, si Christian Signol se retrouve dans les meilleures ventes de livres, il le doit aussi à son écriture, belle, généreuse, classique, assumée, fruit d'une discipline de travail et de rigueur dans laquelle le lecteur à la première place. Voici le nouveau roman de Christian Signol, « Là où vivent les hommes » publié chez Albin Michel. Etienne, la trentaine, cadre bancaire, quitte brusquement la grande ville où il vit suite à un drame personnel. Ses pas le mènent par hasard en Lozère, dans une ferme où vit Louise, la propriétaire, qui se fait aider par Achille, le berger. Ces trois êtres, que rien ne prédisposait à se rencontrer, vont s'apprivoiser, échanger, apprendre à se connaitre et s'enrichir mutuellement. Au fil de quatre saisons, chacun sortira grandit de cette rencontre. Avec une plume d'une grande finesse, des personnages attachants, une place privilégiée pour les ambiances et les décors naturels, Christian Signol signe un roman fort, bouleversant, touchant qui parle de notre époque bousculée, de ces campagnes qui se meurent et qui, pourtant, seront peut-être une réponse aux situations que nous vivons désormais. « Là où vivent les hommes » de Christian Signol est publié chez Albin Michel.
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