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ISBN : 220507315X
Éditeur : Dargaud (06/01/2017)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 116 notes)
Résumé :
Claire, trentenaire, infirmière en néonatalogie, voit défiler ses relations amoureuses et désespère de construire un couple – le vrai, le bon, l'idéal. En choisissant de vivre avec Franck, elle croit enfin y être arrivée. Mais la réalité standardisée de ce qui l'attend n'est pas à la hauteur...

Aude Picault aborde avec grâce et humour des thèmes essentiels aux femmes d'aujourd'hui : le couple, le désir, la recherche de soi, la jouissance, etc. Remarqu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  04 juillet 2017
Infirmière en néonatologie, Claire enchaîne les relations amoureuses. Des relations de quelques jours à quelques mois, sans jamais réellement la satisfaire. À 32 ans, elle désespère de se caser pour de bon, de trouver l'homme qui la comblera et, pourquoi pas, avec qui elle fondera une famille. Depuis 3 mois qu'elle est avec Saturnin, elle sent que, cette fois, ça peut durer. Malheureusement, alors qu'elle avait prévu de fêter ça avec champagne et foie gras, elle se fait larguer. À une soirée, accompagnée de son amie Jo, elle fait la rencontre de Franck. D'abord distante et réticente, elle se laisse peu à peu charmer par cet homme qui cherche à la revoir. Les rendez-vous s'enchainent, ils se rapprochent de plus en plus et très vite, Claire s'installe chez lui...

Aude Picault décrit intelligemment et avec un brin d'humour la femme trentenaire d'aujourd'hui. L'on suit ainsi Claire, infirmière, qui après de nombreuses relations amoureuses, plus ou moins épanouissantes, cherche à trouver l'amour avec un grand A. L'auteure aborde subtilement les notions de mariage, d'amitié, d'amour, de sexualité, de la place de la femme dans le couple, de la pression sociale, du besoin et des envies de femmes, des stéréotypes. le personnage De Claire, jeune femme pétillante, attachante et lucide, représente parfaitement LA femme d'aujourd'hui. Un album moderne, frais, juste et plus profond qu'il n'y paraît. le graphisme apporte une certaine légèreté à des propos qui, pour certains, le sont moins : des planches aérées, un trait tout en rondeur et quelques touches de couleur par-ci par-là, du rose, du jaune et du bleu.
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Presence
  06 septembre 2017
Ce tome contient un récit complet indépendant de tout autre, publié en 2017. Cette bande dessinée a été écrite et dessinée par Aude Picault, également auteure de plusieurs autres ouvrages comme La comtesse, Parenthèse Patagone ou encore Moi Je, Intégrale : Moi je In Extenso. Il s'agit d'une bande dessinée de 147 pages, essentiellement du noir & blanc, avec quelques surfaces habillées de bleu ou de 2 teintes de jaune, et quelques touches de rose.
Comme tous les matins, Claire se prépare pour aller au travail, elle est infirmière dans un service de néonatalogie. Elle applique de la crème sur son visage, se sèche les cheveux, met du déodorant, recourbe ses cils, et s'habille. Arrivée au boulot, elle papote avec sa collègue au sujet de son rendez-vous du soir. Après une soirée sympathique et une partie de jambe en l'air, elle se met à rêvasser sur la possibilité de se mettre en couple. L'au revoir matinal assez frais lui fait comprendre que ce n'est pas encore le bon. Elle a des aventures avec d'autres hommes, mais aucune qui ne dépasse les 3 mois. Elle se retrouve souvent seule dans son petit appartement parisien.
Quelques temps plus tard, une autre collègue lui raconte qu'elle a acheté un appartement avec son copain. Lors d'une visite chez la gynécologue, cette dernière lui montre où Claire en est sur la courbe de fécondité en fonction de l'âge. En train de marcher sur le trottoir, elle s'imagine retrouver son mari en train de pousser la poussette, après avoir acheté un cadeau pour sa mère. Elle est bientôt klaxonnée par sa propre mère et monte dans sa voiture. Sa mère lui demande où elle en est de sa vie amoureuse, et Claire explique à nouveau qu'elle n'a pas trouvé chaussure à son pied. Plus tard, malgré un coup de déprime, elle accepte de rejoindre des copines à une soirée dans un bar, et l'une d'elles lui présente Franck dont elle décline les avances. Franck la recontacte à plusieurs reprises les jours suivants, et elle finit par se laisser tenter pour entamer une nouvelle relation, une alternative à une soupe de cresson de plus.
Le lecteur a l'oeil attiré par le jaune de la couverture franc, sans être trop vif, ainsi que le visage agréable de la jeune femme, souriante, sans être une caricature de mannequin, sans hypersexualisation. En feuilletant cette histoire, il constate que l'histoire repose essentiellement sur des discussions entre les personnages, mais que l'auteure a pris soin de préserver la dimension visuelle propre au média qu'est la bande dessinée, avec quelques dessins en pleine page attestant des mois qui passent, avec des pages composées de cases dépourvues de texte, laissant les images raconter l'histoire. Il observe aussi des changements de lieu assez régulier. À l'évidence, il s'agit d'une tranche de vie, mais avec un côté visuel, sans être spectaculaire pour autant. L'utilisation d'une couleur particulière (majoritairement le jaune) permet d'introduire un peu de variété visuelle, mais l'auteure ne s'en sert pas comme d'une béquille narrative pour masquer des scènes trop statiques, pour introduire artificiellement plus de changement. Elle s'en sert plus pour faire ressortir un élément, pour donner une indication sur la luminosité d'une partie de la case, ou pour augmenter le contraste entre 2 plans du dessin. Cela donne aussi une identité graphique au récit, sans pour autant l'écraser.
Aude Picault a choisi un registre graphique descriptif, avec des dessins comportant un bon niveau d'informations visuelles, mais des formes simplifiées. Ainsi les visages des personnages disposent de quelques traits pour figurer les cheveux, les yeux sont souvent représentés par un simple point et les sourcils d'un unique trait. Les silhouettes sont détourées rapidement, sans essayer de rendre compte des plis ou des textures de la peau ou des tissus des vêtements. Il en découle une apparence de légèreté des dessins, et une rapidité de lecture. Pour autant les dessins apportent de nombreuses informations, à commencer par les lieux : appartement, service de néonatalogie, bureau de travail, rue parisienne. L'artiste prend soin de différencier chaque intérieur d'appartement, par l'agencement des pièces, le mobilier. le lecteur se rend compte que la représentation simplifiée des visages permet d'en augmenter l'expressivité, rendant bien compte de l'état d'esprit de chaque protagoniste, de son ressenti du moment. Les postures des personnages s'avèrent parlantes également, transcrivant le langage corporel.
Le choix de dessins simplifiant les formes permet à l'auteure de représenter tous les aspects de la vie De Claire, sans jamais tomber dans le graveleux, sans donner au lecteur l'impression d'être un voyeur. Ainsi lors des relations sexuelles, elle n'hésite pas à représenter son personnage dévêtu, et même les différentes positions de l'acte (page 10 & 11) avec des partenaires différents. À nouveau le lecteur s'attache plus au ressenti De Claire qu'à ses performances ou son degré de souplesse. Ces 2 pages sont dépourvues de texte, ainsi qu'une vingtaine d'autres. Ces passages permettent de mieux apprécier la capacité de l'auteure à raconter une histoire uniquement en image. Par exemple, la page 122 est dépourvue de phylactère, et le lecteur observe Claire alors qu'elle prend connaissance des résultats du test de grossesse qu'elle vient de réaliser aux toilettes. L'expressivité des dessins fait des merveilles, et la séquence est d'autant plus prenante que l'absence de mots invite le lecteur à être plus participatif dans sa lecture, à identifier les émotions et les ressentis et à se projeter dans la situation De Claire. La lecture est rendue encore plus fluide par l'absence de bordure de case, et par l'emploi très discret et très limité de petits signes symboliques tels que de minuscules éclairs dans les yeux.
La simplification des dessins et de la représentation des personnages a également pour effet de faciliter la projection du lecteur sur les protagonistes, essentiellement sur Claire, le récit en faisant le personnage principal qui apparaît dans toutes les scènes sauf 2 ou 3. Elle a aussi pour effet de dédramatiser la narration, dans la mesure où même lorsque Claire pleure, elle n'en porte les marques visuelles que le temps des cases montrant ses larmes. Pour autant, l'apparente simplicité de la narration visuelle n'est pas synonyme de simplisme. Certes, à la découverte du résumé, le lecteur se dit qu'il s'agit finalement d'une histoire très banale, celle d'une femme ayant dépassé les 30 ans et cherchant à se caser pour fonder une famille. Effectivement, il s'agit bien du but avoué De Claire, la sympathie du lecteur lui est entièrement acquise du fait de son visage souriant et de sa gentillesse. Effectivement, le récit passe par les situations attendues : la mère De Claire qui lui demande pourquoi elle n'arrive pas à rester en couple, les hommes qui rompent au bout de quelques semaines (et surtout avant 3 mois) pour éviter de s'engager, les copines qui se mettent en couple et qui ont des enfants, jusqu'à la remarque de la gynécologue adressée à Claire, sur le fait qu'elle est sur la pente descendante de la courbe de fécondité (page 20), Claire qui décide de ne plus sortir pour éviter de se faire rembarrer et même des remarques misogynes masculines.
Le lecteur s'attend même à ce que l'auteure mette en parallèle ou en opposition les relations affectives vouées à l'échec De Claire, et son implication totale à s'occuper de prématurés. Mais, en fait, Aude Picoult raconte son histoire d'une manière plus personnelle, par petites touches délicates. le lecteur peut très bien s'en tenir à accompagner Claire le temps de ces 120 pages, pour observer et compatir devant ses petits soucis (et un ou deux plus gros), tout en se disant qu'elle mérite amplement de trouver une relation épanouissante. Il peut aussi être sensible aux petites remarques, aux petites blessures du quotidien qui font d'autant plus mal qu'elles n'ont rien d'intentionnelles de la part de ceux qui en sont à l'origine. Effectivement les copines et les collègues De Claire lui parlent de leur vie, de la progression de leur couple, de leur grossesse, parce qu'il s'agit de leur quotidien. C'est l'accumulation de ces conversations à bâton rompu qui finit par peser sur Claire, par faire ressortir que sa vie ne se déroule pas selon le schéma normal de celles des femmes de sa tranche d'âge.
Effectivement, Franck accueille Claire bien gentiment dans son appartement, et il semble un peu oublieux de quelques détails, mais sans penser à mal. Finalement il accepte à contre coeur qu'elle ne souhaite pas pratiquer la sodomie, mais sans que cela ne se transforme en rancoeur. Effectivement il lui promet un voyage en Toscane qui se transforme en séjour dans la maison de vacances de ses parents, en leur présence, mais sans volonté de se montrer pingre, encore moins méchant. À nouveau c'est l'accumulation de petits détails qui finit par montrer que le degré d'implication de son compagnon dans leur vie de couple n'est pas à la hauteur de celui De Claire. Il n'est pas foncièrement méchant, il est juste satisfait de la présence De Claire dans sa vie, sans rechercher plus. Dans le même temps, il procure à Claire une grande partie de ce qu'elle attendait : une vie de couple dans le même appartement, des fêtes de Noël en famille, des vacances ensemble, etc. C'est tout l'art de l'auteure que de faire ressentir l'intense déception De Claire quand elle comprend que ce n'est pas Franck qui a choisi et acheté son cadeau de Noël, mais la mère de Franck.
Avant même que ne se pose la question de la grossesse, Aude Picault pose la celle qui est centrale dans un couple : il faut faire des concessions, mais jusqu'où ? Lors de la lecture, il est également possible de regarder chaque scène sous l'angle de vue sous-entendu par le titre. L'idéal standard renvoie au fait que la société fait peser sur chaque individu des attentes implicites, à l'aune de valeurs tacites. Chaque petite remarque de l'entourage De Claire s'apparente au constat d'un décalage minime par rapport à cet idéal implicite. Sans que son entourage ne le fasse de manière consciente, il renvoie à Claire des signaux de sa différence. L'accumulation de ces petits détails agit sur la représentation qu'elle peut se faire d'elle-même, la poussant à les interpréter comme autant de preuves d'un échec global. Elle se sent en situation d'échec, incapable d'accéder à cet idéal standard que promeut sournoisement la société. L'intelligence narrative du récit est d'acculer le personnage à ce constat par petites touches, générant un malaise sourd, sans jamais donner l'impression d'attentes sociales contraignantes. Finalement cette incapacité à se conformer à l'idéal standard ne peut qu'être intrinsèque à Claire, une sorte de malfaçon impossible à compenser, la rendant impropre à combler les attentes des personnes composant son entourage, alors que ses copines progressent sur la bonne voie. Ce ressenti pèse sur Claire au point qu'elle perde confiance en elle, y compris dans le domaine professionnel, pourtant détaché de la sphère privée, dans une scène déstabilisante (page 131-132) malgré sa douceur.
Effectivement, Claire n'est pas tombée sur le meilleur des hommes. Franck porte en lui un relent inconscient de misogynie passive, se conduisant de comme si la place des femmes est aux tâches ménagères, ainsi qu'une forme bénigne d'immaturité qui se traduit par un manque d'attention au besoin de sa compagne, une forme d'inertie qui se traduit par un manque de participation à construire un couple. Il rit de bon coeur aux propos phallocrates de son copain au boulot. de son côté, Claire n'est pas toujours tendre vis-à-vis des femmes qui se maquillent comme des camions pour se conformer aux canons de la mode. Elle prend bien conscience de l'aliénation que constitue le fait d'élever de jeunes enfants, nécessitant une implication de tous les instants. Elle juge de manière sévère le couple formé par les parents de Franck, qui vivent une relation pragmatique, dépourvue d'affection romantique. Elle est en butte au comportement de sa mère qui déplore que sa fille n'arrive pas à se caser, mais qui lui déclare aussi que si c'était à refaire, elle n'épouserait en aucun cas son mari. Cette remarque honnête a pour conséquence de tirer un trait sur l'existence de sa fille, sans une arrière-pensée.
Le lecteur se plonge avec plaisir dans cette histoire très facile à lire, procurant le plaisir d'une relation agréable avec une jeune femme sans problème. Il apprécie les dessins épurés et pourtant consistants. Il regarde Claire se heurter en douceur aux attentes implicites de la société, sous la forme de remarques anodines et innocentes, et sous la forme de l'évolution de la vie de ses copines. Il la regarde se heurter aux exigences implicites de la société, la contraignant à adopter des comportements pour se conformer à ces attentes. L'empathie fonctionne à plein pour cette sympathique personne dont la vie refuse de suivre le chemin tout tracé.
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Foxfire
  27 avril 2017
Après une période où elle enchaîne les relations d'un soir, Claire, jeune femme d'une trentaine d'années, infirmière en néonatalogie, rencontre Franck. Bientôt ils s'installent ensemble.
Si Aude Picault s'attache à disséquer la vie de couple, il n'est pas question ici d'hommes qui viendraient de Mars et de femmes qui viendraient de Vénus. Il s'agit ici d'individus avec des personnalités, des envies, des aspirations différentes. Il ne s'agit pas pour l'auteure de fustiger gratuitement les mec qui ne comprennent rien à "nous-les-filles". Passez votre chemin si vous vous marrez devant le cliché des mecs qui se font une soirée foot-bière devant le canapé pendant que les filles se font une soirée mojito-vernis à ongles. Chez Aude Picault, la vie ne ressemble pas à un magazine féminin ni à cette vague écoeurante de B.D girly qui prétend parler du quotidien de "nous-les-femmes" mais qui se contente trop souvent d'aligner des clichés futiles. Dans "idéal standard" il sera question de partage des tâches ménagères, de stéréotypes, de problèmes de communication.... le tout traité avec humour et beaucoup de finesse.
Il y a bien quelques facilités, le personnage de Franck est un peu simpliste, manque de nuances, en bref c'est un gros con. Sa famille est un peu caricaturale aussi. Avec eux, c'est le festival des stéréotypes de genre. Ça peut sembler facile mais après tout, ce genre d'idée est malheureusement très largement répandu.
Si "idéal standard" permet à Aude Picault d'évoquer ses idées, ses réflexions, l'auteure n'oublie pas de raconter une histoire. Et elle le fait plutôt bien. On suit avec grand plaisir cette histoire pourtant si ordinaire. Les personnages sont globalement réussis, tout particulièrement Claire et ses copines qui sont très attachantes sans être trop lisses.
Cette histoire bien menée et au propos pertinent est servi par un dessin épuré, lumineux et très agréable.
Une très bonne lecture qui me donne envie de lire d'autres ouvrages d'Aude Picault.
Challenge B.D 2017
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Noctenbule
  21 janvier 2017
J'ai découvert le travail d'Aude Picault avec ces petites bd publiées chez Warum nommées "Moi, je". Où elle faisait le portrait d'une femme et de son quotidien. Je n'avais pas été totalement conquise par son travail. Puis j'ai lu "Comtesse" chez BD Cul et j'ai adoré l'évolution de son dessin. Alors quand j'ai vu qu'elle avait une nouvelle publication chez Dargaud. Je n'ai pas hésité à lire sa nouvelle création avec une femme au coeur de l'histoire. Claire est une femme à la fois pétillante, attachante et lucide sur le monde.
Elle aborde avec humour et sincérité des sujets comme le couple, le désir, le bien-être, la sexualité, l'amitié. La notion de couple a beaucoup évolué avec le temps. le personnage De Claire discute avec sa mère dans la cuisine du couple qu'elle formait avec son père. Elle a du divorcé et c'était compliqué pour une femme de sa génération. le mariage était l'opportunité de quitter le milieu familiale. C'était bien rare que ce soit un acte l'amour.
Il faut rappeler que cela ne fait pas si longtemps que la femme a le droit de travailler, de vivre seule, d'avoir un compte en banque, de porter un pantalon... Alors que maintenant, les femmes ont le droit de choisir et de dire ce qu'elles pensent.
Claire peut vivre seule et cela n'étonne personne. Elle a le droit d'avoir des attentes et d'être épanouie dans la vie. Parfois, on essaie. On échoue. Et puis, il faut recommencer et avancer. On ne sait pas de quoi demain sera fait. Il est important de savoir ce qui permet d'être bien au quotidien. Son travail avec les enfants lui apportent beaucoup. Ces amis sont toujours autour d'elle et la soutienne. La réciproque est vraie également. La famille n'est plus seulement celle des gênes. C'est celle qui sait vous aimer pour ce que vous êtes sans obligation.
Du côté graphique, Aude Picault a la plume légère, sobre et pleine de dynamisme. Tout en rondeur, privilégiant le noir et blanc, nous plonge au plus près du personnage sans s'encombrer de superflu. Quelques touches de jaunes par-ci, un petit peu de bleu par-là et enfin un brin de rose. Juste quelques couleurs pour souligner un moment, une action qui apporte beaucoup de douceur à l'univers graphique de l'album. Tout comme les moments où son imagination prend le dessus où elle se rêve maman.
De plus, l'héroïne n'est pas un canon de beauté. Elle ressemble à de nombreuses femmes charmantes que l'on peut croiser dans son quotidien. Sa caractéristique est son appétit de vie et de bonne humeur au quotidien. Elle montre la pression sociale que subisse les femmes sur le fait de ne pas être en couple, de ne pas avoir d'enfants, de se valoriser sans trop en faire, de devoir être performante au lit sans trop en dire, de la prédominance de la satisfaction de l'homme... Elle montre le besoin d'être au norme et cela va jusqu'à la couleur d'une tenue pour un enfant. Une pression discrète mais réelle et étouffante. Un reportage au plus proche de la nouvelle génération de trentenaire qui doivent jongler avec leurs envies, leurs besoins et le regard des autres. L'idéal standard de chacun diffère.
Une bande dessinée résolument moderne qui montre la femme d'aujourd'hui avec ces forces et ces faiblesses. A bas les clichés féminins et place à celles qui font le quotidien avec leur complexité et leurs nuances. Un ouvrage à mettre entre toutes les mains.
Lien : https://22h05ruedesdames.wor..
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alouett
  14 avril 2017
Des gestes du matin que l'on fait machinalement, presque sans s'en rendre compte, avant d'aller travailler. Des gestes légers, ritualisés. Se lever, se laver, se pomponner, s'habiller. Claire n'y échappe pas. Célibataire, la trentaine, dans son quotidien tout de jaune acidulé, elle semble heureuse. Elle est infirmière dans un service de néonatalogie et plutôt coquette. Elle collectionne les conquêtes amoureuses et s'en vante parfois. Mais le fait que ces relations durent rarement plus d'un soir l'affectent. A 32 ans, elle rêve pourtant d'une vie bien rangée en couple. Elle rêve d'avoir un enfant et sait que son horloge biologique tourne, tourne. Et puis un jour, l'amour frappe à sa porte… du moins le croit-elle…

Aude Picault est loin d'en être à son premier coup d'essai. de la série comme « Moi je », de la participation au collectif « La Maison close », au one-shot de « Papa » ou « Parenthèse Patagonie », j'ai souvent eu de bons échos de son travail même s'il est vrai que j'ai peu lu cette auteure. J'ai d'elle l'image d'une artiste qui pose un regard à la fois sérieux et amusé sur la société, sur l'actualité…
Aller à la rencontre de cette petite femme qu'est Claire – l'héroïne – est chose facile. Ses habitudes sont les nôtres, seul le cadre de travail peut changer. Elle entretient de bonnes relations avec ses collègues, certaines sont devenues des amies. En dehors de cela, un réseau amical certes restreint mais de qualité.
En quelques décennies, l'image et la place du couple dans la société ont changé. Il est loin le temps où on se mariait avec le premier garçon avec qui on flirtait, loin le temps où la maternité s'imposait plus qu'elle ne se désirait… loin le temps où l'homme avec lequel on se mariait était aussi celui auprès duquel on allait mourir. Aujourd'hui, les moeurs sont tels qu'on choisit son compagnon plus qu'on ne le subit (du moins dans les premiers temps d'une relation). On parle librement de sexe entre amies, qu'on en rigole ou qu'on attende un conseil, qu'on parle de coït ou de masturbation… c'est un sujet qui concerne finalement tout le monde, il n'y a pas à en rougir. Ce n'est pas toujours aussi simple d'en parler en couple, dans ce tête à tête de la vie à deux ; la peur de blesser, de vexer ou de se sentir ridicule est beaucoup plus présente.
(...) Pour lire l'article complet : https://chezmo.wordpress.com/2017/04/14/ideal-standard-picault/
Lien : https://chezmo.wordpress.com..
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critiques presse (5)
Actualitte   23 août 2017
Claire est une (jeune) femme de trente-deux ans. Claire est infirmière. Claire est célibataire. Claire sociabilise, flirte, date, et au gré des rencontres, des envies, elle couche et se réveille dans les bras d’un homme « qui ne l’aimera pas plus loin que l’aurore », comme disait la chanson.
Lire la critique sur le site : Actualitte
ActuaBD   02 mars 2017
Très bel album d’Aude Picault sur la désillusion des femmes contemporaines et leur rapport contradictoire au couple et à la maternité.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Bibliobs   30 janvier 2017
De surcroît, «Idéal Standard» a beau faire montre d’ambition et viser ce qu’on pourrait appeler un «propos générationnel», jamais il ne s’égare dans la démonstration sociologique, ni dans l’autofiction barbante.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
BDGest   23 janvier 2017
Alors, compilation de lieux communs gentiment agencés ou vrai questionnement sur ce qui fait la saveur d’une vie ? À chacun de voir.
Lire la critique sur le site : BDGest
BoDoi   09 janvier 2017
Une romance douce-amère, finement réaliste.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
philteysphilteys   10 décembre 2017
Avant on vivait à quinze dans des yourtes, les gamins étaient élevés par tout le monde. Maintenant on vit à deux dans 30 m2, mieux vaut bien choisir avec qui on se reproduit !
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marina53marina53   04 juillet 2017
- Je n'ai aucun style, je me sens moche.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- Tiens. Elle, regarde : ça se voit qu'elle a un style.
- Pitié, je te préfère naturelle.
- Au naturel j'ai l'air négligée. Elle sait se mettre en valeur quand même...
- Je n'appelle pas ça "se mettre en valeur". Épilée, rasée, gommée, crémée, décolorée, shampouinée, après-shampouinée, peignée, maquillée, régimée, lookée, customisée... A ce niveau ce n'est plus du narcissisme mais du dégoût de soi. Je te parie qu'elle se parfume aussi la chatte.
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marina53marina53   05 juillet 2017
- Ah là là, Claire ! Tu es trop exigeante.
- Moi, trop exigeante? Alors explique-moi pourquoi je me fais jeter par la terre entière ?
- C'est parce qu'on dirait que tu n'as besoin de personne. Les mecs ont besoin d'être valorisés, de se sentir forts, il faut leur montrer qu'on a besoin d'eux.
- Moi aussi, j'ai besoin d'être valorisée.
- Oui, mais nous, c'est pas pareil.
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marina53marina53   04 juillet 2017
- J'ai 32 ans. Je suis vieille, moche et périmée. Jamais personne ne voudra de moi.
- Arrête.
(…)
- Je n'y arriverai jamais.
- À quoi ?
- À être en couple.
- Mais personne n'y arrive vraiment.
- Alors pourquoi tout le monde s'acharne ?
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marina53marina53   04 juillet 2017
Les gens se mettent en couple pour être heureux. Mais on ne peut pas être heureux à deux si on n'y arrive pas tout seul. Donc, c'est la merde. Alors le couple fait un enfant pour être heureux. Là, c'est tellement la merde, qu'ils se séparent en se haïssant.
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Vidéo de Aude Picault
Idéal Standard - Aude Picault Dargaud // 2017 // 152 pages
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