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EAN : 9782863163085
256 pages
Éditeur : Accarias (25/09/2018)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Ce livre invite à un cheminement en compagnie de sept sages qui vécurent entre le IXe et le XIVe siècle au Cachemire. Une conviction inébranlable réunit ces sept âmes : seule l'expérience vivante, enracinée dans la source du "je suis" ouvre à la connaissance véritable et à la délivrance. Ces maîtres exposent, chacun avec leur originalité propre, l'essence du shivaïsme du Cachemire, héritier des grands Tantra non-dualistes. Ils abordent le thème de la Réalité ultime,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
LivresBouddhistesZuiHo
  10 janvier 2019
Non pas un joyau, mais Sept sur le Shivaïsme du cachemire médiéval : indispensable !

Voici, dans ce livre magnifique de l'érudite Colette Poggi, auteure que je découvre avidement (j'aimerai lire tous ses livres !), sept sages de l'Inde médiévale, une femme et six hommes ayant vécu entre le IXème et le XIVème siècle.
Cet ouvrage est vraiment un livre livre de référence à mon sens, pour tout amateur de cette pensée, de cette « mystique du Shivaïsme cachemirien » aux plusieurs écoles, qui fascinent un certain public français. Je le place dans mon TOP20, tellement il est riche.
Peut-être que les savants et autres érudits, qui traduisent le sanskrit, qui s'intéressent à cette philosophie indienne penseront autrement mais, lorsque l'on contemple le cv de Colette Poggi, je crois qu'elle n'a rien à envier à d'autres qui se mesureraient à elle.
Pour ma part, en tant que simple lecteur juste coutumier de la pensée indienne sans en être spécialiste (hormis bouddhisme !), je dois avouer que j'ai savouré cet ouvrage de Colette Poggi. Elle met à la portée de tous, les pensées, les vues, les chants et hymnes, et la sagesse de sept grands mystiques indiens qui eurent pour tradition – et qui la façonnèrent ! – le tantrisme shivaïte du Cachemire, une philosophie de la non-dualité donc.
Colette Poggi nous invite ici à découvrir ces Sept Sages, à découvrir leurs éclats et éclairs, à pénétrer leur sagesse dans des textes qu'elle traduit admirablement.
Ces Sages indiens, comme d'innombrables depuis la Nuit des Temps, étaient « hyperconnectés » au Divin Cosmique comme intérieur. Ici, c'est au Danseur Cosmique, Shiva, que les maîtres se connectent.
« Notre voyage consistera à nous porter à la rencontre de sept sages, six hommes et une femme, qui, dans l'espace de quelques siècles, partagèrent une ardente dévotion envers Shiva, Seigneur de la danse cosmique. Plus que tout, ils cherchèrent un sens à l'existence, creuset de tourments innombrables, de plaisirs éphémères, et discernèrent dans la métamorphose intérieure le secret de l'accomplissement de la vie. En d'autres termes, c'est la quête de la délivrance qui guida leur cheminement. Se délivrer des conditionnements inutiles, des limites factices, de l'ego, de son cortège de peurs et de désirs allant dans le sens opposé à l'épanouissement véritable, tel fut leur idéal« , nous conte Colette Poggi dans son formidable Prologue, déjà tellement instructif !
Elle poursuit : « …ce qui caractérise et relie ces sept âmes, c'est, outre leur enthousiasme, une aspiration infinie à la liberté intérieure que seule confère une connaissance vivante. Ils partageaient en effet la conviction inébranlable que la connaissance véritable ne peut naître que de l'expérience liée à la conscience du « je suis » (aham). Cette dimension médiane de l'être participe à la fois de la transparence du Soi (âtman) supra-individuel et du caractère original/originel, donc unique, de la conscience individuelle dégagée de ses carcans. Elle n'est en rien le moi individuel, artificiel, (ahamkâra) que toutes les écoles philosophiques et religieuses de l'Inde aspirent à décanter ou à dissoudre« .
Colette Poggi nous fait ainsi découvrir sept âmes magnifiques :
_ Vasugupta (IXème s.) « et l'intuition de la Vibration cosmique, Spanda« : le père de la « doctrine de la Vibration universelle », concept fondamental de la tradition du shivaïsme du Cachemire.
_ Somânanda (IXème s.) « et l'aube de la Reconnaissance, Pratyabhijnâ« : il a ouvert la « Voie de la Reconnaissance (pratyabhijnâ) », en pratiquant le retournement vers soi-même pour se re-connaître.
_ Utpaladeva (Xème s.) « et la plénitude du « je suis »: il structure et conceptualise les idées de Somânanda.
_ Abhinavagupta (X-XIème s.) « et l'Essence universelle » : un des grands noms de la pensée philosophique de l'Inde et du Shivaïsme cachemirien. Il s'intéressa particulièrement au Tantra, mais sa curiosité et son érudition l'amenèrent à « réviser » nombre de domaines spirituels de son temps.
_ Ksemarâja (XIème s.) « et le germe du Coeur SAUH« : il approfondit les idées de son cousin et maître, Abhinavagupta. Il se « spécialisera » dans l'idée de l'Un.
_ Mahesvarânanda (XIIème s.) « et la splendeur du réel » : il célèbre la fameuse « splendeur du réel » et « rappelle, comme Abhinavagupta, que le seul rite véritablement digne d'être vécu est la prise de conscience de soi, que la liberté originelle s'exprime à travers la reconnaissance spontanée de la lumière du Coeur : « Seule la lumière du Coeur existe vraiment« … Cela fait immédiatement penser aux voies subitistes du bouddhisme !
_ Lallâ (XIVème s.) « et sa quête ardente« : la célèbre et mythique brahmine cachemirienne, « mystique shivaïte et soufie à la fois« , vécut comme un sadhu « partageant les mystères d'une expérience intérieure sans concession« .
Ouvrage de référence, coup de coeur, assurément placé dans mon TOP20, je vous invite fortement à découvrir « Sept joyaux du Tantra shivaïte » de Colette Poggi tant ce beau livre est excellent et regorge d'enseignements mystiques propres à nous ouvrir sur d'autres aspects moins visibles de notre réel – si c'est bien lui le véritable réel…
Indispensable ! Bonne lecture ! Merci Colette Poggi, Merci Accarias !
Zui Ho.
Lien : https://livresbouddhistes.co..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
DanieljeanDanieljean   07 octobre 2018
- ātman
Le Soi, ātman, essence de l’être, est mis en lumière dans les Upaniṣad (VIIIe av. J.- C.). Cette dimension profonde, immanente, touche à l’universel: elle en cela supra- individuelle dans le sens où elle n’est ni limitée par un sentiment égocentré ni « encapsulée » dans la carapace individuelle. Elle est par nature non-distincte de Brahman, l’absolu. Qu’il s’agisse de l’ ātman ou du Brahman, la traduction couramment utilisée d’absolu ou de soi, ne restitue pas la nuance de vie, de dynamisme, impliqué dans ces termes sanskrits. Pour brahman, la racine BṚH bṛṃhayati, croître, faire accroître, suggérant une arborescence infinie en laquelle viennent s’inscrire l’univers et ses formes variées.
De même, le nom masculin ātman a pour racine le verbe AN, respirer, vivre, se mouvoir, ce qui met en relief l’énergie inhérente de cette réalité intime diversement appelée principe de vie, âme individuelle, essence. Dans le Shivaïsme du Cachemire, en continuité avec les antiques Upaniṣad ; il est conçu comme Conscience-énergie, de même nature que en sa plénitude, et de ce fait nommé « le danseur », en analogie avec Śiva-Naṭarāja. Sa nature est vie, vibration, conscience universelle.
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DanieljeanDanieljean   07 octobre 2018
L’aspect vimarśa correspond à l’énergie de la prise de conscience, soit l’aspect dynamique et créatif de l’acte cognitif.
Pour Vasugupta et tous les shivaïtes de sa lignée qui lui succèderont, la vibration spanda constitue la nature véritable de la lumière-énergie consciente. Imperceptible, cette pulsation sans origine tisse et sous-tend inlassablement la trame cosmique. En sa plus haute fréquence, elle est conscience pure, plus relâchée elle devient pensée puis matière mais jamais ne déserte aucun aspect de la manifestation, même s’il semble inerte. La vibration universelle suscite l’univers entier en elle-même, à la manière d’un puissant magicien qui serait à la fois compositeur, musicien, instrument et auditeur, mais aussi silence et son, timbre, rythme, harmonie ou dysharmonie et enfin espace en lequel la musique émerge et se dissout.
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DanieljeanDanieljean   07 octobre 2018
Tout d’abord, au niveau suprême ne règne que la Conscience absolue cit parfaitement libre, paisible et pure, tandis que caitanya, conscience plénière, intègre toutes les ondes de l’océan-conscience. Ainsi, la pure conscience (cit) dénuée d’objet, est-elle désignée comme l’absolu, l’originel, la dimension en laquelle tout phénomène éclot, vit et se résorbe. Elle est symbolisée par Śiva non distinct de son Énergie, Śakti, potentialité infinie, qui danse l’univers en son aspect de Seigneur de la Danse cosmique Śiva-Naṭarāja. Mais lorsqu’elle intègre l’univers, elle est nommée caitanya conscience en sa plénitude. Au niveau humain, il en va de même, ces modalités sont immanentes en toute conscience individuelle, mais oubliées, en latence.
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DanieljeanDanieljean   07 octobre 2018
- sattā
Sattā, la réalité n’est ni tangible, ni objet de pensée, cependant sans elle rien ne serait.
De même que les reflets cachent la paroi du miroir, les phénomènes du monde se mouvant sans cesse, comme des ombres sur un mur, occultent le fond qui permet leur apparition. Sat est le participe présent du verbe être en sanskrit, AS : « étant », de là : présent, réel, vrai, vertueux. Sat-tā exprime le fait d’être, au présent. On ne peut que s’y accorder, non pas la saisir, car elle ne peut être « objet ». C’est à partir de la conscience du Soi, ou de Soi, que se réalise cette expérience: « Tant que l’on n’a pas une parfaite conscience de Soi, le Soi non reconnu n’a pas une connaissance irrécusable des choses » rappelle Abhinavagupta dans le Kramastotra.
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DanieljeanDanieljean   07 octobre 2018
Cit, terme sanskrit féminin, suggère selon son étymologie l’acte qui accueille, recueille, vibrant toujours au présent ; la conscience cit lie, relie, proche en cela du logos dont la racine verbale legein signifie également rassembler, cueillir, choisir. Cette présence vivante, aux sources de l’être, rime avec originel, primordial, infini, éternel, elle est parfaitement non duelle, sans origine, aussi vaste que l’espace irradiant, ākāśa, lit-on dans les Upaniṣad. Faire l’expérience directe de cette source sans cesse jaillissante conduit au seuil de l’éveil ; il s’agit ensuite d’y demeurer sans faillir.
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