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EAN : 9789953423234
Éditeur : (01/01/2003)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Cet ouvrage appartient au patrimoine intellectuel de la pensée islamique moderne à l'intention des nouvelles générations musulmanes qui veulent en connaître le point de vue sur les formidables progrès scientifiques dont elles sont contemporaines.

Ce patrimoine a commencé à se constituer dans la deuxième moitié du XIXéme siècle avec Tahtawi, Jamal Eddine al-Afghani, Mohammad Abdou, Mohammad Iqbal et bien d'autres penseurs de toutes les contrées islamiq... >Voir plus
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   27 juin 2018
Je n’ai pas voulu vêtir ces hommes-là d’un habit trop large, ni les décrire comme infaillibles, mais je veux réhabiliter chez les gens la foi dans la conscience morale de l’homme ; je veux aussi décrire cette époque-là de l’histoire des musulmans dans sa vérité que peut appréhender tout esprit ayant la prédisposition à aspirer vers cet horizon lointain.

Continuons à passer en revue des exemples de cette hypersensibilité régnant dans tous les domaines.

Voilà ‘Umar ibn al Khattab qui embrasse un portefaix pliant sous le poids d’une outre remplie d’eau ; son fils, indigné, lui demande : « Pourquoi as-tu fait ça ? » Il a répondu : « J’étais très satisfait de moi-même, alors j’ai voulu m’humilier ». Quelle fine sensibilité ! cet homme a ressenti un certain orgueil en son for intérieur à l’idée du califat, des conquêtes et de la gloire à venir, ce qu’il a trouvé détestable ; alors il s’est mis à se dénigrer au vu et au su du public, indiffèrent au fait qu’il était le calife dominant le monde arabe et la majorité des empires de Khosro et de César !

Et voilà le calife Ali ibn Abi Talib qui tremble de froid en hiver, vêtu d’un habit léger, alors qu’il détient le trésor de l’État, protégé par sa vigilance morale et son hypersensibilité.
(…)
Derrière ces modèles relatés se trouvent des dizaines et des centaines d’autres dans différents domaines et directions ; ceux-là nous suffisent pour désigner les horizons auxquels aspire l’Islam en purifiant la conscience humaine et en l’élevant, pour qu’elle transcende toutes les conjectures et les nécessités, l’amour de soi et de la vie, l’amour de l’argent et du prestige, pour qu’elle endure avec patience les efforts de vigilance permanente qu’il impose à l’individu et l’hypersensibilité qu’il provoque en lui pour lui garantir l’accès à ces horizons ! (pp. 251 & 254-255)
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enkidu_enkidu_   16 mars 2017
L’Islam fait de la compassion humaine un principe absolu qui ne se limite pas à ses frères en religion, et le Coran dit :

« Dieu ne vous défend pas la bienveillance et l’équité envers ceux qui n’ont point combattu contre vous pour cause de religion, et qui ne vous ont pas bannis de vos foyers ; Il aime ceux qui agissent avec équité. » [Sourate ‘’Mise à l’épreuve’’, verset 8]

Le Prophète a dit : « Ayez pitié des habitants de la terre et Celui qui est au ciel aura pitié de vous. » [Rapporté par Abu Dawûd et Al-Tirmidhî]

Il a ainsi fait de la commisération réciproque entre les hommes un idéal élevé, dépourvu de tout sectarisme religieux.

Il va encore plus loin en étendant le devoir de compassion à tout être en qui palpite la vie. Le noble prophète de l’Islam a dit : « Un homme qui cheminait fut pris d’une grande soif. Il trouva un puits dans lequel il descendit pour boire. Quand il en ressortit, il vit un chien haletant qui mangeait de la boue pour étancher sa soif. L’homme se dit : ‘’Ce chien est en proie à une soif semblable à celle que je viens d’éprouver.’’ Il redescendit dans le puits, puisa de l’eau avec sa chaussure qu’il prit entre les dents pour remonter et donna à boire au chien. Dieu le récompensa et lui pardonna ses pêchés.’’ Ses compagnons demandèrent alors au Prophète : ‘’Serons-nous récompensés si nous sommes compatissants avec les animaux ?’’ Il répondit : ‘’Vous serez récompensés pour avoir bien traité tout être vivant.’’ » [Rapporté par Al-Bukhâri et Muslîm]

Il a aussi dit : « Une femme est allée en enfer à cause d’une chatte. Elle l’a attachée, ne lui a pas donné de nourriture et ne l’a même pas laissée manger ni larves ni insectes grouillant dans la terre. » [Rapporté par Al-Bukhâri]

Car la compassion, en Islam, est le fondement de la foi et sa manifestation ; elle est la preuve que cette religion a touché les consciences et s’y est insinuée.

C’est pour cette raison que l’Islam incite l’individu à faire la charité et à être généreux, qu’il suscite chez lui l’envie de faire des dons volontaires et gratuits dans l’attente que Dieu manifeste sa satisfaction, le dédommage dans ce bas-monde et le récompense dans l’autre, et pour que lui soient épargnés la colère de Dieu, sa vindicte et son châtiment. (pp. 122-123)
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enkidu_enkidu_   16 mars 2017
L’Islam est la religion de l’union entre toutes les énergies existant au sein de l’univers, il est la religion de l’unité : unicité de Dieu ; fusion de toutes les religions en une seule, celle de Dieu ; union des prophètes qui ont tous prêché cette même et unique religion depuis l’aube des temps :

« Toutes ces religions n’étaient qu’une religion ; Je suis votre Seigneur, adorez-Moi. » [Sourate ‘’Les Prophètes’’, verset 92]

L’Islam est la religion de l’unité entre les pratiques cultuelles et les relations sociales, entre la foi et la loi, entre le spirituel et le matériel, entre les valeurs économiques et les valeurs morales, entre la vie sur terre et celle dans l’au-delà, entre la terre et le ciel.

C’est de cette formidable unité que découlent ses lois et ses prescriptions, ses directives et ses astreintes, ses règles en matière de gouvernement et de gestion des finances, de partage des richesses et des créances, de droits et d’obligations. Ce premier et important principe s’applique à tous les êtres et à tous les aspects de la vie.

C’est en comprenant ce caractère universel de la conception islamique de la divinité, de l’univers, de la vie et de l’humanité, que nous pourrons appréhender les grands traits de justice sociale en Islam.
(…)
La vie, telle que l’Islam la conçoit, c’est la compassion partagée, l’amitié réciproque, l’entraide et la solidarité basée sur des fondements clairs et des règles bien établies, en particulier entre les musulmans et plus généralement entre tous les représentants de la race humaine (…) c’est en adoptant ces deux principes directeurs : l’unité absolue dans l’équilibre et l’harmonie, d’une part, et la solidarité universelle entre individus et groupes, d’autre part, que l’Islam mène à la réalisation de la justice sociale, tout en tenant compte des traits caractéristiques et essentiels de la nature humaine et sans faire mine d’ignorer ses capacités réelles. (pp. 44-47)
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enkidu_enkidu_   16 mars 2017
La littérature ou l’art dérivé de la conception islamique de l’existence peut parfois traiter des moments de faiblesse humaine, mais il ne s’y arrête que le temps qu’il faut pour élever l’humanité, la tirer de l’abîme de ces moments, et la libérer des chaînes et du poids de la nécessité ; ce faisant, ce n’est pas sous l’effet du sens étroit de la notion de morale qu’il le fait, mais sous l’influence de la conception islamique de la vie, de la tendance naturelle de l’Islam lui-même à renouveler la vie, à l’élever, sans se contenter de l’état réel où elle se trouve à un moment donné.

La vision islamique ne croit pas dans la négativité de l’homme sur cette terre, ni à la banalité de son rôle dans le renouveau et l’élévation de la vie ; par suite, la littérature ou l’art selon cette conception, n’exalte pas la faiblesse ni la carence ni la déchéance de l’être humain et ne comble pas le vide de son existence en faisant miroiter le mirage des plaisirs sensuels ou en suscitant l’envie qui n’entraîne que l’angoisse, le désarroi, la jalousie et le négativisme ; mais il exalte plutôt l’aspiration à la transcendance, à la sérénité et comble le vide de son existence et ses sentiments par les objectifs qui les renouvellent et le subliment, que ce soit dans la conscience de l’individu ou dans la vie de la société.

Les sermons moraux ne sont pas le moyen en usage dans la littérature ou l’art dérivé de la conception islamique, c’est là un moyen rudimentaire et primitif, et en tout cas pas une œuvre d’art.

De même la fonction de cette littérature ou de cet art n’est pas de fausser la personnalité humaine ou le réel vécu, ou de présenter une image idéale et fausse de la vie humaine. C’est plutôt la description véridique des facultés cachées ou visibles de l’homme, de même que l’exactitude dans la définition des objectifs d’une existence digne d’un monde humain et non d’un troupeau de loups ! (pp. 382-383)
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enkidu_enkidu_   27 juin 2019
Les esclaves avaient la possibilité de s’élever aux plus hauts degrés de la gloire, dans tous les domaines (…) c’est avec ce même esprit que les musulmans considéraient les artisans ; l’ouvrier manuel était respecté et non honoré, non pas d’une façon abstraite, mais dans la vie réelle et quotidienne ; la dignité de l’artisan n’était jamais méprisée, quel que soit son métier ; tout travail avait son mérite, sa noblesse et aucun métier n’empêchait celui qui l’exerçait d’apprendre et d’exceller dans le savoir, d’être reconnu comme maître dans son art et d’être respecté.

Abou Hanifa était fabricant de soirées, et beaucoup de savants en théologie et en jurisprudence après lui étaient soit des commerçants soit des artisans.

Ainsi, l’imam savetier Ahmed Ibn Omar Ibn Mouheir, dont le père était le disciple de Mohammad et de Al Hassan, les compagnons d’Abou Hanifa, rédigeait l’ouvrage Al Khiraj à l’intention du Mouhtadi Billah : ses livres étaient excellents en théologie, quoiqu’il subsistât de son métier de savetier.

Et voilà El Qarabissi qui vendait des vêtements et El Qaffal dont les mains portaient les cicatrices de son métier, la fabrication des verrous ; et Ibn Qatloubigan qui travaillait comme couturier, Al Jassas, le grand cheikh de son temps, était plâtrier. On cite aussi al Saffar (qui vendait des ustensiles en cuivre), Assaydalani (qui vendait des parfums), Al Halawani (dont le père vendait les pâtisseries), Al Daqa, Assabouni, Annialy, Al Baqali et Al Qadouri, et beaucoup d’autres, témoignent à travers les époques, et dès que l’aube de la civilisation islamique s’est levée, que cette nation a réalisé, dans les premiers temps, ce que le monde occidental a eu beaucoup de peine à réaliser pendant des dizaines de siècles, et qu’il n’y a pas de métier noble et de métier vil, mais qu’il y a des hommes nobles et des hommes vils.

Mais ce niveau d’égalité humaine ne saurait être appréhendé à sa juste valeur, si l’on ne savait pas comment la société musulmane trait les grands des classes supérieures ; il ne suffit pas que les gens de classes inférieures y soient respectés et puissent devenir des maîtres, mais il faut aussi que les grands soient placés au même niveau qu’eux et qu’ils ne leur soient supérieurs que par le travail, rien que par le travail, et non point par leur origine et leur naissance, par leur prestige et la fortune ! (pp. 258-260)
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