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ISBN : 274991194X
Éditeur : Michel Lafon (07/10/2010)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 596 notes)
Résumé :
Pressé par l'ennemi, Onyx adoube les jeunes Écuyers, les estimant capables de se débrouiller seuls. Mais la perte du grand commandant de l'armée continue de démoraliser les Chevaliers... Rongé par le chagrin, l'un d'eux quitte même le groupe pourtant si près du dernier affrontement. Malgré les bons soins prodigués par les araignées, Liam dépérit, comprenant qu'il ne reverra plus jamais ses proches. Mais ces derniers ne l'ont pas abandonné et feront tout pour lui ven... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
Witchblade
  30 janvier 2017
Suite et fin des aventures de ces chers chevaliers !!
Les combats continuent sur différents fronts (Immortels, mortels, insectes...). du coup, il était quelque fois difficile de suivre la narration car cela changeait constamment d'endroit et de narrateur. L'action a été présente tout au long de ce tome et on n'a pas le temps de s'ennuyer. J'ai pris énormément de plaisir à lire ce dernier tome et je me prends à regretter certains des personnages les plus marquants : Kira, Wellan, Hadrian, Liam, … « Les Héritiers d'Enkidiev » étant la suite directe de cette série, je me laisserais peut-être tenter dans un futur proche pour m'en procurer quelques uns (sans doute en ebook) pour continuer à les suivre encore quelque temps.
L'auteur a apporté une fin intéressante à cette série en réduisant certaines sources de soucis pour le futur probable des personnages. Elle a également fait apparaître de nouveaux personnages qui ont apporté un peu de peps à cette fin même si j'aurais bien aimé en voir certains bien avant. Par contre, des arbres généalogiques n'auraient pas été de trop pour certaines des familles les plus compliquées avec enfants cachés et enfants de différents pères et/ou d'origines différentes, ainsi qu'une petite liste des surnoms de certains. Même en lisant les 4 derniers d'affilée, j'ai souvent eu du mal à m'y retrouver entre les différents personnages et l'auteur compliquait la chose avec des surnoms peu utilisés ou des parentés jusque là inexistantes. Beaucoup trop de personnages mais bon, la guerre est finie et ils vont enfin vivre leur vie comme ils l'entendent, de nouveaux couples en profitent pour se créer.
Comme vous l'aurez compris, je suis contente d'être enfin arriver à la fin de cette série mais je regrette d'en quitter les personnages, on finit par s'y attacher. Cette série aurait pu être plus courte, certains personnages auraient pu apparaître plus tôt pour la faire finir mais sinon, pour ma part, c'est une série sympa à lire et à découvrir. Si vous aimez le fantastique, les combats et les mondes complexes, je vous conseille donc de découvrir les aventures des chevaliers. Pour ma part, j'aurais bien aimé en apprendre plus sur certains peuples. Peut-être dans les « Héritiers » !!
Sur ce, bonnes lectures à vous :-)
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HermantM
  10 avril 2013
Parfois je me demande pourquoi j'insiste à lire tous les tomes d'une série dont je ne raffole pas franchement : la Fantasy serait-elle une drogue ? Certes, il y a l'espoir d'atteindre la chute (alors que l'on sait pertinemment que la demande commerciale la retarde le plus possible...). Surtout qu'avec les Chevaliers d'Émeraude, elle n'était pas bien compliquée à prévoir... malgré le nombre de personnages (bravo à l'auteur d'arriver à gérer tout ce monde-là!) l'intrigue est plutôt simpliste mais, bon, un semblant de fin, ça fait plaisir tout de même.... même si Anne Robillard avoue qu'elle prépare déjà la suite ! Est-ce que je lirai le prochain tome ? Pas sûr que je sois en manque....
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Pinklychee
  14 mai 2015
Je viens de terminer la série Les chevaliers d'Emeraude, d'Anne Robillard: 12 livres, pour une saga fantastique assez sympathique.
L'empereur des hommes-insectes, Amecareth, veut envahir le continent d'Enkidiev afin d'agrandir son territoire. le roi du royaume d'Emeraude décide alors de ressusciter un ancien ordre de chevalerie: les Chevaliers d'Emeraude.
Puissants guerriers aux grandes facultés magiques, choisis dès leur enfance pour leurs incroyables aptitudes, ils sont le seul espoir de la population.
Le premier tome s'ouvre sur la destruction du pays de Shola. Leur reine, Fan, confie alors sa fille Kira aux bons soins du roi Emeraude Ier. La fillette, de par sa peau et ses cheveux mauves, et son comportement quelque peu sauvage, intrigue le souverain et ses chevaliers. Cependant, sa protection est au centre de toutes les attentions, car une prophétie la concerne: elle serait celle qui protégera le porteur de lumière, dont le destin serait de détruire l'empereur Noir Amecareth...
Nous suivons donc son évolution au fil des tomes, de son enfance solitaire à son apprentissage de Chevalier...
Il est assez difficile de résumer douze livres en quelques lignes, mais Kira est le personnage central de cette histoire. Je n'ose pas en dire plus, de peur d'en dire trop...
Mon sentiment en refermant le douzième et dernier livre est assez mitigé. J'aurais peut-être du faire une pause entre les tomes, mais l'envie de savoir la fin était malgré tout la plus forte. Cette épopée n'est peut-être pas LA saga fantasy du siècle, le démarrage est indubitablement long, mais il faut reconnaître qu'ensuite l'auteur réussit à nous donner envie de connaître la suite. J'ai aimé l'histoire, certains personnages sont attachants, mais ça s'arrête là.
Les personnages justement: quel dommage qu'ils n'aient pas plus de profondeur! On a l'impression qu'Anne Robillard est restée à la surface des choses, leur donnant un côté stéréotypé: Santo est sensible, Wellan colérique, Falcon un peu trouillard, les Elfes sont forcément beaux, les Fées insouciantes... N'ont-ils donc pas d'autres traits de caractère? C'est un peu trop réducteur à mon goût.
L'action ensuite: à chaque tome, on suit plus ou moins le même schéma. Amecareth envoie des troupes, les chevaliers (bien qu'en sous-nombre) les affrontent et gagnent...
C'est un des autres points faibles de cette saga: à force, ça devient répétitif. Il est vrai que 12 livres, ça fait (un peu?) beaucoup. Peut-être que réduire leur nombre aurait pu être envisagé, vu la maigreur de l'intrigue de certains d'eux, et là je pense notamment au tome 10, où il ne se passe pour ainsi dire... rien.
Les répétitions concernent aussi les personnages: si l'on ne comprend pas entre autres qu'Onyx veut se venger, que Wellan est un formidable chef de guerre et qu'il déteste les Elfes, c'est que soit on est (pardonnez-moi) stupide, soit aveugle...
Je me demande si la superficialité des personnages ne tient pas aussi à leur foisonnement: entre les différentes promotions de l'ordre, les rois de chacun des royaumes, il y en a un tel nombre que l'on en vient à les confondre et à ne plus trop savoir qui est qui.
De même, Anne Robillard semble décidée à marier tous ses chevaliers. Cette histoire de halo lumineux qui permet de reconnaître son âme soeur... Les chevaliers se côtoient depuis des années, et un beau jour hop! ils aperçoivent ce fameux halo et tombent immédiatement amoureux. Et bien sûr, ils sont rarement repoussés (sauf pour ce qui est du couple Santo/Bridgess): un regard suffit pour se convaincre qu'on s'aime, on se marie en général dans la foulée, désolée mais je trouve ça un peu facile, et même mièvre.
Le pire dans cette saga est sans conteste la fin: pendant onze tomes, on attend la confrontation finale: Kira et le porteur de lumière contre Amecareth. Eh bien là encore, quelle déception! On a l'impression que l'auteur ne savait pas comment terminer son histoire, et cela donne un affrontement bâclé, qui tient en 3 pages environ. Je m'attendais à une grande bataille, j'ai eu droit à un pétard mouillé. J'avoue avoir pensé: tout ça pour ça?
Cependant, la toute fin de la saga réserve une bonne surprise concernant Wellan. Je n'en dirai pas plus, sinon que cela me donne envie, malgré tout, de lire la suite de cette épopée, Les héritiers d'Enkidiev, rien que pour savoir quel sort est réservé aux chevaliers.
En bref, on dit souvent d'Anne Robillard qu'elle est la J.K. Rowling canadienne, eh bien désolée, mais cette saga, aussi sympathique soit-elle malgré ses défauts, n'a pas l'ampleur de Harry Potter, du Seigneur des Anneaux, ou d'un bon Stephen Lawhead. le style est trop simple, réservé aux enfants et pré-ados. Si vous avez passé cet âge, alors il se peut fortement que cette saga ne vous plaise pas.
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breizhdu25
  21 novembre 2013
Attention SPOILERS pour ceux qui n'ont pas lu le 12e tome !
Superbe ce 12e tome et la fin de la saga des Chevaliers d'Emeraude est émouvante ! =)
Face aux incessants combats, les Ecuyers sont finalement adoubés par le Roi d'Emeraude entre deux combats.
Jenifael et Bridgess sont anéanties par la mort de Wellan et n'arrivent pas à s'habituer à son absence.
Hawke, le magicien d'Emeraude, fait le choix de rejoindre les combats pour aider ses compagnons à décimer leurs ennemis. Accompagné de Hardjan, son cheval-dragon ailé, celui-ci sera plus utile pour ses frères qu'enfermé dans sa tour.
Le personnage central et qui aura le plus évolué dans ce dernier tome, c'est indéniablement Kira ! Après s'être fait tuée par un dragon dans le passé, elle s'élève dans les cieux sous forme de maître magicien.
Son nouveau statut, qui sauvera de nombreuses fois le porteur de lumière sera néanmoins de courte durée. Après avoir été emprisonnée par une arme forgée par Danalieth mais utilisée par Asbeth, Fan, désormais élevée au rang de Déesse, n'aura d'autre choix que de faire à nouveau mourir la princesse sans royaume pour la rendre mortelle et la libérer de sa prison magique.
Les Immortels tiennent également une place importante, ils commencent à donner un coup de pouce aux Chevaliers dans les limites accordés par les Dieux.
Nartrach, le fils de Falcon et Wanda, finit par s'emparer et dompter le dragon de l'Empereur lui-même ! Cela lui permettra également de venir en aide à Liam détenu sur l'île des araignées et de le libérer.
Dylan, devenu mortel à cause d'un maléfice lancé par Akuretari, redeviendra peu à peu Immortel à son grand désarroi, alors qu'il est tombé amoureux de Dinath, la fille de Danalieth.
Anéanti par la mort de Wellan et souhaitant par dessus tout protéger sa famille, Jasson quitte les rangs des Chevaliers pour mettre sa famille en lieu sûr dans la Forêt Interdite, loin des combats.
Pendant ce temps là, Wellan observe impuissant les évènements depuis le monde céleste ...
Yanné, l'épouse de Santo perd la vie suite à l'attaque des ennemis, mais leur enfant sera sauvé.
Lassa se fait finalement capturé et amené jusqu'à Irianeth, malgré le secours des Chevaliers.
La prophétie finit par se réaliser à Irianeth et Enkidiev est enfin débarrassé de la menance des hommes insectes et des attaques de Amecareth qui est détruit par Lassa et Kira !
Sage meurt finalement sur Irianeth, suite à la destruction de l'Empereur et Kira assiste impuissante à la mort de celui qu'elle aimait.
Kévin quant à lui vient à bout de l'ignoble Asbeth et retrouve peu à peu son apparence humaine et ses facultés magiques.
La paix règne à nouveau sur les royaumes d'Enkidiev.
Les Chevaliers sont en liesse, la guerre est terminée et ils vont pouvoir goûter au repos et fonder leur famille paisiblement.
Lassa confie à Kira qu'il l'aime et qu'il souhaite vivre avec elle, la protéger et l'aider à élever l'enfant qu'elle porte en elle.
Du côté du monde des Dieux, Wellan refuse de rejoindre les plaines de lumière car il considère que les Dieux lui ont volé son destin et qu'il n'est pas digne d'y aller. Dylan, son fils Immortel, est tout aussi affligé par son amour impossible avec Dinath.
Voyant la peine de ses deux protégés favoris, la déesse Theandras décide de réaliser leurs voeux : Dylan redevient mortel et Wellan ... finit par renaître du ventre de Kira qui était enceinte !
J'ai trouvé que c'était une très belle fin pour Wellan et un juste retour des choses.
Merci à Anne Robillard pour cette merveilleuse saga !!
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eimu-no-sora
  30 juillet 2013
Au vu du nombre de tome je ferais une critique sur le dernier.
En règle générale : C'est une série Fantastique assez sympathique il faut le reconnaitre, l'auteur a su crée un univers assez complet autour de la magie et de technique de combat. Au niveau des points positifs, la lecture des tomes est facile et le style est assez fluide. Hélas en y repensant trop d'idée négative empiètent sur le positif.
Pour commencer parlons du nombre incalculable d'Écuyer ! A chaque tome le nombre s'agrandit . Certes il faut une armée mais trop de fois, en parcourant les pages d'un tome, je me suis retrouvée à lire la réplique d'un personnage Écuyer, et devenu chevalier, dont on n'avait jamais entendu parler jusqu'à présent. Ce qui m'amenait trop de fois à me demander : "heu.. C'est qui lui déjà ?" Et je trouvais cela assez frustrant.
Plus le nombre de tome s'agrandit plus on a à faire à un véritable catalogue de personnage, de ce fait on ne peut pas dire que leur caractère soit vraiment exploité. Parfois j'ai même eu la sensation de ne pas connaitre certains personnages, au point où ils me semblaient même inutile ou alors juste bon à mourir. Évidement, certains personnages m'ont plus tel que Kira -qui a quand même le profil type de la princesse rebelle qui veut faire ses preuves- Falcon et également Sage. Mais pour ce qui est des autres.. ils me semblaient davantage transparent. -et d'ailleurs.. Suis-je la seule à avoir été fortement agacée par Wellan ? Son histoire avec la Reine de Shola ne m'a pas émus une seule seconde.
Il y a de nombreux chapitres qui permettent aux lecteurs de souffler entre les révélations et les combats. Seulement au vu du nombre des personnages, j'ai eu du mal parfois à suivre leurs histoires à chacun. Sans compter que certains passaient rapidement à la trappe.
Je ne regrette en rien d'avoir découvert cette série, mais je n'attendais pas spécialement de pouvoir m'offrir la suite avec impatience.
Bon certes, je dois reconnaitre que l'univers crée par l'auteur est vaste au niveaux des différents peuples et des différentes espèces. Comme dans tout roman fantastique on retrouvait naturellement des Elfes, mais les hommes Lézard, pour ma part, s'était une première. Les descriptions sont suffisantes pour nous permettre d'appréhender la vision de l'auteur.
Naturellement, je n'ai pas lu les Héritiers d'émeraude et cette suite ne m'attire pas plus que cela. Se n'est qu'un avis, mais quand je lis le titre : "Les héritiers d'émeraude", j'ai l'impression de lire : "Ma première série a fonctionner alors j'en ai écrit une deuxième pour me faire encore plus d'argent sur le dos des lecteurs qui ont aimé cette "première partie". naturellement, se n'est qu'un avis qui sera surement contesté et/ou approuvé.
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
CielvariableCielvariable   14 mai 2013
Jenifael d'Émeraude avait tant pleuré qu'il ne restait plus une seule larme dans son corps. L'homme qu'elle avait le plus aimé durant sa courte vie était passé dans l'autre monde, celui où les souvenirs s'effaçaient les uns après les autres. « Mon père me reconnaîtra-t-il lorsque ce sera mon tour de franchir les portes des grandes plaines de lumière ? » s'alarma-t-elle, oubliant qu'elle était une déesse.
En fouillant du bout des doigts dans les cendres de Wellan, elle découvrit les cinq émeraudes qui avaient orné la cuirasse du grand Chevalier et l'anneau que Bridgess lui avait offert. Elle les nettoya avec douceur et les serra dans le creux de sa main. Jamais plus elle ne s'en séparerait.
— Adieu, papa, sanglota-t-elle.
Elle se leva et marcha jusqu'au bord de la falaise, où son maître avait eu la délicatesse de la laisser seule un moment. Les Chevaliers et leurs Écuyers étaient massés sur la plage, devant les ruines de Zénor, attendant le retour des scarabées qui marchaient vers le Désert. Hadrian avait envoyé Falcon s'informer des autres champs de bataille tandis qu'il se préparait à recevoir les hommes-insectes.
Bridgess se tenait au milieu de son propre groupe. Normalement, elle aurait dû succéder à son mari, mais elle ne possédait pas de bracelets magiques. Elle ne pouvait donc pas déplacer sa troupe selon les ordres du nouveau grand commandant.
— Il est temps que les Immortels nous donnent plus de pouvoirs, décida Jenifael en reprenant courage.
En digne fille de son père, elle entendait revendiquer ce droit dès qu'elle serait en présence d'Abnar, de F'an ou de Danalieth. Cette guerre insensée avait assez duré. Il fallait y mettre fin.
Jenifael ? l'appela son maître par télépathie. La jeune apprentie se dématérialisa et réapparut près de Svwan.
— Est-ce que ça va ? s'inquiéta la femme Chevallier.
— J'ai le cœur en miettes, mais je tiendrai le coup, pour honorer la mémoire de mon père.
Jenifael inséra les pierres précieuses dans une toute petite pochette qu'elle portait à sa ceinture. Elle examina ensuite sa mère. Stoïque, Bridgess attendait que Hadrian leur explique sa stratégie. L'adolescente considéra le commandant lui-même. L'ancien Roi d'Argent avait du chagrin lui aussi, mais il faisait de gros effforts pour ne pas le laisser paraître. Un peu plus loin, assis sur les fondations de l'ancienne cité, Onyx était plus sombre.
— C'est ici que nous les arrêterons ! proclama Hadrian, d'une voix forte.
Un vortex se forma alors sur la plage et Falcon en émergea en courant, pressé de faire son rapport àà. ses compagnons. Il leur raconta, en peu de mots, ce qu'il avait vu dans les autres royaumes. Avec l'aide des guetteurs de Cristal, les hommes-lézards avaient réussi à éliminer complètement les guerriers d'Amecareth qui tentaient de traverser leur territoire. Au Royaume d'Argent, le Prince Rhee en avait fait autant.
— Malheureusement, il y a eu des percées chez les Fées et chez les Elfes, laissa tomber Falcon.
— Raison de plus pour détruire les scarabées de Zénor au plus vite, grommela Swan. Il faudra empêcher les autres d'atteindre les Royaumes d'Émeraude, de Diamant et d'Opale.
Onyx tourna la tête vers le sud, attentif. Il percevait quelque chose que les soldats ne captaient pas encore.
— Ils arrivent, annonça-t-il en se levant.
— Dans quel état sont-ils ? voulut savoir Hadrian.
Chloé plaça ses mains sur les tempes de Kevin pour lui transmettre les informations qu'elle recueillait des insectes en utilisant sa magie. Privé de ses facultés surnaturelles, ce soldat ne pouvait que les traduire.
— Ils ont dormi dans le Désert, les informa Kevin, et ils ont eu froid.
— Tiens, ça c'est intéressant, souligna Nogait. Quelqu'un possède-t-il le pouvoir de fabriquer de la glace ?
— On pourrait transporter jusqu'ici celle du Royaume des Ombres, suggéra Cassildey.
Ce n'était pas une mauvaise idée, mais Hadrian ne l'utiliserait qu'en dernier ressort.
— Je peux le faire, affirma Onyx.
— Dans ce cas, conserve ton énergie, car nous pourrions avoir besoin de ce miracle.
L'ancien roi parcourut ses soldats du regard.
— Prenez les places que je vous ai assignées et rappelez-vous que l'ennemi a réussi à pénétrer chez les Fées et les Elfes. Nous n'avons pas de temps à perdre.
Les Chevaliers s'empressèrent d'obéir. Ils formèrent une longue ligne, des ruines du Château de Zénor à celles de la cité abandonnée.
Hadrian se posta près de Falcon et garda Kevin à ses côtés. Le nouveau chef ressentait l'approche des scarabées de la même façon que jadis, soit par une douleur de plus en plus aiguë dans sa poitrine. Hadrian n'avait jamais douté de la bienveillance des dieux. Ils avaient subtilement accordé à Danalieth la permission de le ramener dans le monde des vivants, il le savait. Les dieux ne faisaient rien sans raison. Hadrian avait encore un rôle à jouer dans cette vie et ce n'était pas uniquement celui de freiner les ardeurs du renégat.
Il jeta un coup d'œil inquisiteur à son ancien lieutenant. Près de Swan, Onyx se tenait sur ses gardes. Il était prêt à se battre. Une nouvelle fureur s'était installée dans son cœur, sourde celle-là, mais non moins dangereuse. Elle ne transparaissait pas dans ses gestes ni dans son comportement, mais on pouvait la déceler dans ses yeux pâles. Lui aussi voulait en finir une fois pour toutes avec cette interminable guerre.
Surtout, aucun geste précipité, ordonna Hadrian. Laissez-les approcher.
Jusqu'où ? voulut savoir Nogait. Je vous le ferai savoir lorsqu'ils seront à notre portée, répliqua le nouveau commandant.
Abnar apparut tout à coup devant Hadrian et le salua d'un bref mouvement de la tête.
— D'autres embarcations arrivent de l'ouest, annonça- t-il. L'empereur les envoie par vagues successives.
— On n'avait vraiment pas besoin d'autres adversaires, grommela Bergeau.
Hadrian n'entendit pas son commentaire. Il réfléchissait déjà à la façon de mener en même temps une attaque contre les scarabées revenant du Désert et contre ceux qui allaient bientôt débarquer sur le continent.
— Où mettront-ils pied à terre ? s'enquit-il.
— Sur les plages de Cristal et de Zénor, si le vent ne change pas de direction.
— Le mieux serait de les empêcher d'atteindre la côte, fit remarquer Santo.
— Mais tout le monde sait que les Immortels ne peuvent pas intervenir directement lors des assauts de l'ennemi, maugréa Bridgess.
— Il serait peut-être temps de nous accorder les pouvoirs que mon père vous a si longtemps réclamés, intervint Jenifael.
Les apprentis n'étaient pas censés s'adresser à leurs aînés sans y avoir été invités, mais Swan ne sévit pas. En fait, elle était curieuse de voir ce que le Magicien de Cristal répondrait à la petite déesse.
— Mes mains sont liées, confessa-t-il.
Jenifael allait lui suggérer de s'adresser à Theandras, sa véritable mère, qui ne demeurerait certes pas insensible à leur sort, lorsque Danalieth et Fan surgirent de chaque côté d'Abnar. Il ne leur fallut qu'un seul coup d'œil du côté de l'océan pour comprendre que les Chevaliers étaient en difficulté.
— Pouvez-vous détruire cette flotte ? les sollicita Hadrian.
— Aucun Immortel n'a le droit de détruire la vie, expliqua Danalieth, mais rien ne les empêche de jeter des obstacles sur la route d'un ennemi. Je crois que nous pourrions créer des récifs sur lesquels ces infortunés marins briseraient leurs embarcations.
— Il est dangereux de soulever le fond de la mer, rétorqua Hadrian. Ce phénomène pourrait en engendrer d'autres, plus terribles encore.
Onyx observait les Immortels avec des yeux chargés de rancune. D'une seconde à l'autre, il allait exploser de colère.
— Nous pourrions utiliser les vents, proposa Fan, mais l'envahisseur débarquerait ailleurs.
— Faites pour le mieux, accepta finalement l'ancien roi.
— De toute façon, je préfère affronter un raz de marée plutôt qu'un autre millier de ces satanés insectes, lança Bergeau.
— Puis-je faire une suggestion, maître Abnar ? fit Dempsey avec déférence. Si les transformations que vous entendez effectuer sont permanentes, je vous en prie, prévoyez un ou deux points de sortie entre ces récifs pour les pêcheurs de Zénor.
— Nous ferons de notre mieux, répondit l'Immortel, comprenant fort bien qu'il était dans la nature du Bérylois de penser aux moyens de subsistance des autres.
Les trois Immortels se déplacèrent vers la plage à la vitesse d'une flèche. Voyant que ses hommes avaient tourné la tête pour voir ce que feraient ces créatures surnaturelles, Hadrian utilisa aussitôt ses facultés télépathiques pour les rappeler à l'ordre. Les scarabées argentés approchaient rapidement par le sud et ils devaient être prêts à les arrêter. Justement, au loin, un nuage de sable s'élevait.
— Ils ne peuvent pas avoir passé la nuit dans le Désert et revenir au galop vers Zénor ! se découragea Nogait.
— On ne sait rien sur cette espèce, commenta Chloé, près de lui.
La terre se mit à trembler sous les pieds des soldats, qui comprirent que leurs défenseurs divins étaient à l'œuvre. Hadrian jeta un coup d'œil de leur côté, pour s'assurer qu'ils ne risquaient rien pendant l'opération magique. Il s'agissait d'un vieux réflexe de la part d'un homme qui avait participé à une guerre contre des sorciers. Ces derniers les avaient frappés de façon si sournoise cinq cents ans plus tôt...
— Hadrian, on dirait qu'ils sont plus nombreux, remarqua Onyx.
— ls sont peut-être allés chercher des amis, ricana Nogait.
— Non, affirma Bergeau. Il n'y a pas de scarabées à deux pattes dans le Désert.
— Peuvent-ils avoir creusé des tunnels là-bas aussi ? demanda Keiko.
— Ce n'est pas impossible, admit Hadrian.
Pendant que les Immortels transformaient le relief sous-marin, le sol continuait de remuer, rendant plutôt précaire l'équilibre des unités de combat.
Oubliez le tremblement de terre et concentrez-vous sur votre travail, ordonna Hadrian en captant le malaise de ses troupes.
De l'écume blanche se forma alors au large, tandis que les pics rocheux arrêtaient de croître à la
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CielvariableCielvariable   14 mai 2013
Elle n’avait jamais aimé ce prétentieux jeune homme,
mais sa mort l’affligea terriblement. Elle vint s’agenouiller
près de sa dépouille et chercha à savoir comment il avait
perdu la vie. La lance d’un scarabée avait laissé un trou béant
dans sa gorge. Téméraire et inconscient, il s’était sans doute
précipité sur le plus gros des coléoptères sans s’assurer que
ses compagnons pouvaient le seconder. Cassildey n’avait
jamais appris à travailler en équipe et cette faiblesse venait
de lui coûter la vie.
Les blessés n’étant pas en état de le suivre dans la cour
du château, où il aurait dû procéder à l’incinération du
Chevalier Honsu et des Écuyers Jukos, Armil, Christer et
Cassildey, Hadrian décida de le faire sur place en utilisant
un feu magique. Les cinq héros furent donc alignés au
milieu de la grande pièce.
– Que les dieux accueillent favorablement ces braves
soldats qui ont donné leur vie pour sauver leurs semblables,
prononça solennellement l’ancien roi. Leurs noms passeront
à l’histoire.
Les défenseurs d’Enkidiev se recueillirent en regardant
brûler leurs compagnons. Plusieurs pleurèrent en silence.
Lorsque les corps ne furent plus que des cendres, Jenifael les
ramassa magiquement et quitta le hall sans inviter qui que
ce soit à la suivre.
Les soldats n’avaient pas le coeur à manger, alors
Hadrian attendit avant de leur proposer d’emprunter des
mets un peu partout sur le continent. Il se tourna plutôt vers
Abnar. L’Immortel observait les Chevaliers sans laisser
transparaître ses émotions.
– Puis-je vous parler en privé ? lui demanda Hadrian.

– Certainement.
Les deux hommes quittèrent le hall et longèrent le corridor
qui menait à la cour. Physiquement, ils ne se ressemblaient
pas, même si, en théorie, Abnar aurait pu changer
son apparence. Ce dernier avait choisi de conserver le visage
de son enfance. Il portait ses cheveux blond foncé très
courts, tandis que les cheveux noirs d’Hadrian touchaient
ses épaules. Leur forme de visage était différente, mais ils
avaient les mêmes yeux, ceux de leur père.
– J’aimerais vous entretenir au sujet de la loyauté, commença
Hadrian une fois qu’ils furent dehors.
– Allez-vous aussi me réclamer des facultés magiques ?
se rebiffa l’Immortel.
– Je ne les refuserais certes pas, mais je pensais plutôt
à votre propre engagement vis-à-vis des dieux. J’admire votre
fidélité et votre obéissance, mais je déplore que vous ne
sachiez pas faire preuve de plus de souplesse.
– Nous ne sommes pas créés pour être flexibles.
– Est-ce qu’on vous ordonne spécifiquement d’être
rigides ?
– Les dieux exigent notre soumission inconditionnelle.
– Mais vous ont-ils ordonné d’être rigides ?
– Pas en ces termes.
Hadrian fit quelques pas dans la grande cour, puis se
retourna en fronçant légèrement les sourcils, car il voulait

faire bien attention d’employer des mots qui iraient droit au
coeur de son demi-frère.
– Il n’est pas facile d’être un meneur d’hommes, Abnar.
Je parle ici par expérience. Notre père, le Roi Kogal, m’a
enseigné tout ce qu’il savait sur la politique, la diplomatie,
la stratégie de guerre, mais il a ajouté, lorsque je lui ai succédé,
que malgré toutes mes connaissances, je devrais tôt
ou tard faire face à des situations où mon intuition me serait
plus utile.
– Je ne suis pas un dirigeant de ce monde, je suis un
simple serviteur de Parandar.
– Le dieu suprême savait que, tout comme moi, vous
feriez un jour face à des problèmes auxquels vos maîtres
célestes ne vous avaient pas préparé.
– Cessez de tourner autour du pot, Hadrian.
– Au lieu d’analyser cette guerre en fonction des directives
que vous avez reçues du panthéon, essayez de la voir
à travers les yeux de ceux qui la vivent.
– Vous aimeriez que je me rebelle, comme Danalieth ?
– Cessez de raisonner comme on vous a enseigné à le
faire et pensez à ces braves soldats qui ont été tués parce
que le ciel les a laissés tomber. Parandar vous a prié de
veiller sur les hommes. Croyez-vous vraiment qu’il vous
garderait rancune de les aider à protéger leurs terres et leur
façon de vivre ? Cela ne fait-il pas partie de votre mandat
céleste ?
Abnar baissa les yeux pendant un moment, songeur.
Hadrian ne le pressa pas.

– J’ai amèrement regretté d’avoir transformé des
mercenaires en créatures magiques, soupira finalement
l’Immortel.
– Ni vous ni moi ne pouvions prévoir ce qui se passerait.
C’est toutefois cette décision de votre part qui nous
a permis autrefois de l’emporter sur les sorciers et les
guerriers d’Amecareth.
Le Magicien de Cristal ne répliqua pas.
– Il ne s’agit pas de milliers d’hommes provenant de
toutes les couches sociales d’Enkidiev, poursuivit Hadrian.
Les Chevaliers ne sont que deux cents et ils ont été triés sur
le volet. Vous leur confiez la défense de tout un continent
sans rien faire pour les aider lorsqu’ils en ont le plus besoin.
Le Roi d’Argent enfonça le pieu encore plus creux.
– Danalieth n’est pas un insoumis, comme vous le prétendez.
À mon avis, son amour pour ce monde est exemplaire.
– Il a été condamné à disparaître...
– Qu’est-ce qui est le plus important à vos yeux, Abnar :
votre propre survie ou l’accomplissement de votre charge ?
Incertain, Abnar s’éloigna de son demi-frère en se tordant
les mains.
– Je ne sais plus quoi faire, avoua-t-il enfin. Les dieux
sont trop préoccupés en ce moment pour me conseiller.
– Les dieux ne devraient pas vous dicter vos moindres
gestes. Ils vous ont confié une mission, alors qu’ils vous
fassent confiance. Ils ne s’intéressent qu’à sa finalité, pas

aux moyens que vous prendrez pour réussir. Laissez-vous
guider par les besoins du moment. Prenons cette journée,
par exemple. Lorsqu’il a vu que les vaisseaux de l’empereur
allaient débarquer des milliers de nouveaux guerriers sur
nos plages, Danalieth a tout de suite pensé à nous en
protéger.
– Vous aimeriez donc que j’accorde plus de pouvoirs
aux Chevaliers, c’est bien cela ?
– Ce qui presse le plus, c’est de donner au moins des
bracelets magiques à un membre du groupe de sire Wellan
et à un autre de celui de sire Jasson. Pour le reste, je m’en
remets à vous.
Le Magicien de Cristal hocha doucement la tête. Hadrian
sut qu’il ne pouvait pas pousser plus loin son audace. Il
se courba avec respect et retourna à l’intérieur. En entrant
dans le hall, il constata, avec satisfaction, que ses soldats
prenaient du mieux. Nogait commençait d’ailleurs à tenter
ses camarades en leur décrivant en détail ce qu’ils mangeraient
à cette heure à Émeraude. Utilisant la magie que
lui avait tout récemment enseignée son ami Onyx, Hadrian
fit d’abord apparaître une longue table au centre de la pièce,
puis des chaises, empruntées à son ancien palais d’Argent.
Ceux qui avaient repris leurs forces aidèrent les blessés
à se rendre à leur siège. Swan fit asseoir son mari encore
chancelant près d’elle. Onyx la remercia par un baiser, puis
se tourna vers le nouveau commandant. C’était le Hadrian
qu’il avait connu jadis, le guerrier sans peur et sans reproche
que tous admiraient.
– Si j’ai bien compris, la nourriture d’Émeraude vous
remettrait d’aplomb ? les taquina Hadrian.

– Moi, tant que j’ai du vin, je serai content, répliqua
Onyx.
Ils se mirent tous à suggérer des mets différents. Puisqu’il
était impossible de distinguer quoi que ce soit dans
cette cacophonie, Hadrian s’en tint à sa première idée et alla
magiquement chercher ce que les serviteurs étaient en train
de préparer dans les cuisines d’Émeraude. Les soldats affamés
se jetèrent sur les plats comme des loups.
Jenifael, où es-tu ? s’inquiéta alors Swan. Je suis sur le balcon
qui domine l’océan, répondit aussitôt son apprentie. Le repas
est servi, jeune fille, lui indiqua la femme Chevalier.
Donnez-moi encore quelques minutes, maître. Je dois dire au
revoir à mes amis et ce n’est pas facile. Il y avait des sanglots
dans la voix de Jenifael.
– Laisse-la tranquille, recommanda Onyx en se versant
du vin.
– Elle est sous ma responsabilité, riposta Swan.
– Elle a presque l’âge de devenir Chevalier. Il est grand
temps qu’elle apprenne à réfléchir seule.
De toute façon, la petite déesse n’avait pas l’intention de
faire attendre son maître bien longtemps. Appuyée contre le
parapet de pierre, elle faisait voler les cendres en spirale
devant ses yeux.
– Tu aurais été un redoutable Chevalier si Sage n’avait
pas été tué par l’ennemi, hoqueta-t-elle. Il est dommage
que la vie ne t’ait pas donné la chance de remédier à tes
faiblesses. Que les dieux t’accompagnent, Cassildey.
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CielvariableCielvariable   14 mai 2013
– Non, affirma Bergeau. Il n’y a pas de scarabées à deux
pattes dans le Désert.
– Peuvent-ils avoir creusé des tunnels là-bas aussi ?
demanda Keiko.
– Ce n’est pas impossible, admit Hadrian.
Pendant que les Immortels transformaient le relief sousmarin,
le sol continuait de remuer, rendant plutôt précaire
l’équilibre des unités de combat.
Oubliez le tremblement de terre et concentrez-vous sur votre
travail, ordonna Hadrian en captant le malaise de ses troupes.
De l’écume blanche se forma alors au large, tandis que
les pics rocheux arrêtaient de croître à la surface de l’eau.
Mais le docte Hadrian avait vu juste : en modifiant la forme
de la croûte terrestre, les Immortels avaient provoqué
d’autres changements géographiques sur le continent. Les
volcans à l’est du Royaume de Jade éclatèrent de fureur,
lançant des jets de lave très haut dans les airs.
– Je m’en occupe, annonça Danalieth en s’évaporant.
Fan allait le suivre lorsqu’elle fut rappelée d’urgence
dans le monde céleste par la déesse de Rubis. Seul Abnar
demeura sur la plage pour surveiller l’efficacité de leur
intervention.
Les coléoptères n’étaient plus qu’à une faible distance.
Les Chevaliers pouvaient déjà entendre les cliquetis métalliques
de leurs mandibules.
Préparez-vous ! cria Hadrian dans leurs esprits. Servez-vous
d’abord de votre magie ! Visez leurs yeux ! Les paumes s’allumèrent
sur toute la ligne de défense. Même les Écuyers

attendaient leurs adversaires de pied ferme. Ils pouvaient
maintenant distinguer leurs carapaces, sur lesquelles se reflétaient
les rayons du soleil.
Est-ce qu’ils sont assez près ? demanda nerveusement
Nogait. Attendez encore un peu ! leur commanda Hadrian. Il
ne servait à rien de gaspiller des rayons incandescents qui
n’atteindraient aucune cible et qui chaufferaient à blanc les
mains des combattants. À quelques pas d’Hadrian, Onyx
ressemblait un chat qui n’attendait que le moment de fondre
sur sa proie.
Maintenant ! hurla mentalement Hadrian. Des centaines
de faisceaux furent décochés, visant la tête des guerriers
argentés. L’éblouissant feu d’artifice sema d’abord la confusion
dans les rangs ennemis. Lorsque les rayons incisifs
crevèrent les yeux de l’avant-garde, les insectes comprirent
ce qu’ils devaient faire. Ils baissèrent la tête et foncèrent sur
les soldats vêtus de vert en pointant leurs javelots droit
devant.
Les Chevaliers dégainèrent rapidement leurs épées et
chargèrent les guerriers-insectes. Dès lors, Hadrian cessa
d’observer la bataille pour y participer lui-même. Il para les
coups de lance, frappant le visage de ses opposants avec le
plat de sa lame, espérant atteindre leurs orbites. Le choc des
armes combiné au bruit métallique des mandibules devint
bientôt insupportable. Le nouveau commandant aurait aimé
savoir comment se débrouillaient les plus jeunes, mais il ne
pouvait tout simplement pas porter son attention ailleurs
que sur ses propres combats.
La mêlée dura de nombreuses heures et mit les soldats
à rude épreuve. Lorsque le dernier scarabée tomba, aux mains
de Bergeau, une odeur pestilentielle s’élevait du champ de
bataille. Haletant et fourbu, Hadrian pivota lentement sur

lui-même en sondant le carnage. C’est alors qu’il constata
que beaucoup des siens avaient subi des blessures. Leurs
frères et leurs soeurs d’armes, trop épuisés pour les soigner,
s’étaient tout de même penchés sur eux.
Au loin, sur la plage, Hadrian vit la silhouette du
Magicien de Cristal, qui avait assisté passivement à l’affrontement.
Pouvez-vous au moins transporter mes soldats dans le hall du
Château de Zénor ? lui demanda-t-il par télépathie.
Abnar apparut instantanément près de l’ancien roi.
– Vous y compris ? s’enquit l’Immortel.
– Non. Il faut que quelqu’un reste pour incendier ces
cadavres. Nous n’avons vraiment pas besoin d’une épidémie,
en ce moment.
– Dans ce cas, ce sera moi.
Il n’eut pas le temps de questionner davantage le
Magicien de Cristal sur les restrictions que lui imposaient
les dieux. Il se retrouva sur-le-champ dans le hall humide de
l’ancienne forteresse des rois de Zénor. Plus de la moitié de
ses braves soldats gisaient sur le sol. Certains gémissaient
de douleur, d’autres demeuraient silencieux. L’autre moitié
des troupes était assise près des blessés. Personne n’avait
assez de force pour rester debout. Malgré sa faiblesse, Santo
appliquait déjà ses mains magiques sur les plaies de ses
frères d’armes.
Hadrian s’aperçut alors qu’il ne voyait Onyx nulle part !
Il chercha Swan du regard et la trouva courbée sur son mari.
Le commandant enjamba rapidement les corps qui le

séparaient de son ancien lieutenant et s’agenouilla à son
côté. Pantelant, Onyx cherchait à arrêter lui-même le sang
qui jaillissait de la taillade dans son armure. Exténuée, Swan
n’arrivait pas à accumuler suffisamment d’énergie dans ses
paumes pour refermer la blessure. Hadrian repoussa les
mains de son ami et cautérisa chair, veines et organes.
– Merci, articula péniblement Swan.
Elle se laissa tomber sur le dos près d’Onyx. « Je dois
trouver un remontant pour que les bien portants puissent
soigner leurs compagnons... », s’alarma le chef. En réponse
à sa prière, Abnar se matérialisa près de lui.
– Je vous en conjure, redonnez des forces à ceux qui
sont indemnes afin qu’ils viennent en aide aux blessés.
Une douce lumière blanche émana du corps de l’Immortel
et se propagea rapidement dans toute la pièce. Hadrian ressentit
lui-même une nouvelle vitalité s’installer dans tous
ses membres.
– Merci, Abnar.
Pour donner l’exemple à ses soldats, le commandant
se pencha sur ceux qui l’entouraient pour leur donner des
soins.
– Sire, Christer est mort..., annonça Sherman d’une voix
tremblante.
On lui apprit également que Jukos, Honsu, Armil et
Cassildey avaient subi le même sort.
– Cassildey ? s’étonna Jenifael.
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CielvariableCielvariable   14 mai 2013
Elle lança les cendres dans la mer, puis essuya ses
larmes.
– C’est à votre père que vous pensez ? demanda une
voix qu’elle reconnut aussitôt.
– À lui et à tous les vaillants soldats qui ont perdu
inutilement la vie, répondit-elle en se retournant.
– Wellan était un grand homme. Il me manquera beaucoup
à moi aussi.
Hadrian portait l’armure des Chevaliers qui, de l’avis de
Jenifael, lui seyait mieux que ses vêtements noirs. « Probablement
parce qu’ils le font trop ressembler à Onyx »,
déduisit-elle.
– Pourtant, il a été votre maître de magie, se rappela
l’ancien roi, qui avait capté ces réflexions.
– Il était encore Farrell à cette époque, du moins, je le
pense.
– Onyx est un homme complexe. Il a plusieurs visages.
– Celui qu’il adopte depuis qu’il est devenu roi ne me
plaît pas autant.
– Venez vous sustenter pendant qu’il en est encore temps.
Il lui tendit la main et Jenifael la prit en rougissant.
– Vous avez vieilli, on dirait, remarqua-t-il.
Cette fois, l’apprentie dut faire appel à sa maîtrise de la
magie pour ne pas se transformer en boule de feu intimidée.
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Elle accompagna le roi en lui bloquant ses pensées, de peur
de paraître déplacée. Dès qu’ils entrèrent dans le hall, la
jeune fille alla prendre place auprès de Swan.
– Est-ce que tu te sens bien ? s’enquit son maître devant
son air morose.
– Je trouve injuste que Cassildey n’ait pas vécu assez
longtemps pour devenir un véritable Chevalier d’Émeraude,
déplora Jenifael. Mon père a bien essayé de lui apprendre à
travailler de concert avec nous, mais Cassildey était bien
trop fier pour suivre ses conseils.
– Et la fierté est un défaut, à ton avis ? la questionna
Onyx, qui venait d’avaler tout le contenu de son hanap.
– Oui, quand une personne se croit supérieure aux autres
alors qu’en réalité, elle ne l’est pas. Si Cassildey avait eu le
bonheur d’être éduqué par un maître, il n’aurait sans doute
pas été aussi arrogant.
– Sa Majesté a eu des parents et cela ne l’a pas empêchée
d’avoir une opinion très avantageuse d’elle-même, fit
remarquer Nogait, assis de biais avec Onyx.
Le silence s’abattit dans la grande pièce et les soldats
attendirent de voir comment leur souverain réagirait à cette
remarque cinglante. Au bout de la table, Hadrian réprima
un sourire amusé. Il n’allait certainement pas venir en aide
à son ancien lieutenant dans une affaire aussi personnelle.
– J’ai acquis le droit d’imposer ma supériorité à mes
semblables, répondit très sérieusement Onyx.
– Quand, exactement ? voulut savoir Nogait, qui ne
semblait pas comprendre qu’il jouait avec le feu.

– Nogait, c’est toi qui manques de respect en ce moment,
l’avertit Dempsey, le commandant de sa troupe.
– Je suis seulement curieux.
– Lorsqu’on naît paysan et qu’on réussit à s’élever
jusqu’au rang de roi, on peut tout se permettre, rétorqua
Onyx.
– Ou presque, ajouta Swan pour détendre l’atmosphère.
Abnar apparut alors derrière Hadrian, mettant momentanément
fin à cette discussion. Comme toutes les fois qu’un
Immortel s’approchait de lui, Onyx éprouva aussitôt une
répulsion instinctive.
– Ce soir, j’accorderai à deux d’entre vous un pouvoir
qui leur permettra de remplacer leurs commandants, déclara
le Magicien de Cristal.
– Et les autres ? réclama Bergeau.
– J’y songerai.
Il baissa la tête et disparut dans un tourbillon de petites
étoiles dorées.
– Il n’a pas dit qui ! protesta Robyn.
– Je pense l’avoir deviné, annonça Bailey, assis près de
Bridgess.
Cette dernière contemplait avec étonnement les deux
bracelets noirs qui venaient de remplacer ceux qu’elle portait
normalement pour protéger ses poignets.

– On connaît le nouveau chef du groupe de Wellan,
alors qui est celui du groupe de Jasson ? demanda Falcon.
Ariane se leva lentement en montrant ses avant-bras à
ses frères d’armes.
– La voilà, les informa Chloé.

Au même moment, un Chevalier et quatre Écuyers
franchissaient le portail de l’antichambre des morts. Un
Immortel souriant vint à leur rencontre et les informa de ce
qui leur arrivait, puis les conduisit vers les immenses portes
dorées, gardées par deux dieux inférieurs.
Wellan vit passer ses hommes sur le sentier de cailloux
blancs. Malgré sa faiblesse, il parvint à se lever et à les
rattraper.
– Wellan ! s’exclama joyeusement Honsu.
Les deux Chevaliers s’étreignirent un instant, puis le
grand chef serra aussi dans ses bras Jukos, Christer et Armil.
Il parut surpris de trouver Cassildey derrière eux.
– Je crains de vous avoir fait honte jusque dans la mort,
confessa l’apprenti. J’ai combattu l’ennemi avec la fureur d’un
lion, sans me soucier de mes coéquipiers. Les guerriers
argentés ont réussi à m’isoler et il ne leur a pas été difficile
de me tuer.
– Ce qui importe, c’est que tu reconnaisses maintenant
ton erreur, affirma Wellan. Lassa est-il sauf ?

– Abnar l’a emmené en lieu sûr.
Pourtant, à la surface de l’étang révélateur, Wellan avait
vu le porteur de lumière en proie à de grands tourments,
dans ce qui ressemblait à une grotte.
– Sommes-nous sur les grandes plaines de lumière ?
chercha à savoir Cassildey.
– Non, mais on vous y conduira dans un moment.
– Pourquoi n’y êtes-vous pas déjà ?
– J’ai encore des choses à régler avant de jouir de mon
repos éternel. Suis les autres, Cassildey. Je vous rejoindrai
bientôt.
Il embrassa le fougueux jeune homme sur le front et le
regarda partir avec ses camarades. Wellan ne put s’empêcher
de penser que cette fois, Lassa avait perdu tous ses protecteurs.
Son sort reposait désormais entre les mains
d’Abnar...
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ShrimpShrimp   11 décembre 2010
Parfois, l'amour est éphémère. D'autre fois, il est profond et tenace. Peu importe le temps qu'il dure, il ne faut jamais le laisser passer.
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Thème : Les Chevaliers d'Émeraude, Tome 1: Le feu dans le ciel de Anne RobillardCréer un quiz sur ce livre