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Critiques sur Paroles d'honneur (60)
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jeunejane
  05 novembre 2017
Après la publication de son roman "Le jardin de l'ogre", Leïla Slimani se trouve au Maroc et rencontre une jeune femme, Nour dans les salons de son hôtel.
Elle a ensuite recueilli d'autres confidences des femmes marocaines opprimées dans leurs choix de vies de femmes.
On découvre des femmes aussi libérées dans leurs pensées que les femmes occidentales.
Soit, elles décident de vivre leur liberté et ce n'est pas simple, soit elles se plient et deviennent des personnes à la pensée duale, de vraies personnalités doubles comme la dame dessinée à la page 24 , avec un double visage, deux pensées ( pour moi, la plus belle illustration de l'album).
Ce reportage à travers le Maroc donnera ce roman graphique illustré par Laetitia Coryn et écrit par Leïla Slimani.
J'ai aimé les paysages, les vues de villes et villages, les personnages dans l'ensemble mais j'ai moins aimé les visages. L'ensemble donne une vision distante.
Les paroles et les textes manquent légèrement d'âme.
Certes, le ton est donné et nous annonce qu'il s'agit d'un reportage.

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letilleul
  01 mai 2018
Dans ce roman graphique Leila Slimani et Laetitia Coryn parlent sans tabou d'un sujet parfois épineux : la sexualité de la femme, au Maroc.
A travers différents témoignages, elles livrent sans fard le témoignage et le vécu de ces femmes. Elles parlent des pressions et des conventions sociales et politiques qui déterminent leurs destins qui comme dans beaucoup d'autres pays. Les auteurs dénoncent ainsi la condition sexuelle des femmes où les tabous, les traditions et la religion font foi en dépit du désir et du droit d'aimer.
Une BD qui fait reflechir sur les droits de la femme et qui démontre que le chemin pour une égalité de traitement n'est pas terminé.
Un roman graphique engagé qui traite avec intelligence du sujet et donne envie d'avancer.
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Saiwhisper
  28 octobre 2018
Voici une bande dessinée biographique pertinente qui mérite les critiques élogieuses que l'on peut trouver sur les sites littéraires, la blogosphère et les médias ! En effet, les deux auteures touchent avec justesse, réalisme et brio des thématiques d'actualité. Avec un style fin, épuré et très agréable, Laëtitia Coryn retrace le témoignage de plusieurs femmes maghrébines au passé douloureux. Leïla Slimani y aborde la sexualité de la Femme malheureusement opprimée par la pression sociale, la famille, le conservatisme, la loi et la religion. de l'enfance au statut de mère, les personnages vont toucher aux thématiques du viol, de l'avortement, de l'homosexualité, de la vie de famille et de la violence dans le couple.

Même si l'on a l'impression d'être face à un reportage souhaitant montrer un maximum d'éléments liés à la sexualité, cette BD a l'avantage d'informer et dénoncer. On donne enfin la parole à ces femmes marocaines que la pression sociale, la honte et le secret ont longtemps muselées. Ce roman graphique pousse vraiment à la réflexion. Hélas, on constate qu'il y a encore un long chemin avant de voir l'émancipation de la Femme partout… Certains récits sont tellement durs, révoltants, injustes et atroces ! Il est important d'ouvrir les yeux sur cette réalité…

Malgré l'importance du sujet, je reconnais cependant ne pas avoir été autant conquise que je l'aurais souhaité… J'ai trouvé certains récits un peu décousus, tandis que d'autres auraient mérité d'être un peu plus détaillés… Il y a également quelques répétitions. Bien évidemment, c'est un simple regret personnel qui n'enlève rien au poids de cette lutte qu'on mené les deux auteures ! Une bande dessinée engagée à découvrir.
Lien : https://lespagesquitournent...
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thedoc
  19 décembre 2018
Ce roman graphique est l'adaptation en dessins d'un essai écrit par Leïla Slimani, « Sexe et mensonges », sur le rapport très complexe qu'entretient la société marocaine avec la question du corps et de la sexualité hors mariage.
A la façon d'un reportage, l'auteur a recueilli les confidences de plusieurs femmes, anonymes, féministes, sociologues, intellectuelles, homosexuelles, mais aussi les témoignages d'hommes qui souhaitent faire évoluer les mentalités et la loi marocaine.

Au fil des entretiens où les femmes n'hésitent pas à partager leur vie intime, leurs désirs, leurs blessures et leurs peurs liées à la pression sociale, législative et religieuse, on découvre combien le Maroc demeure enserré dans un carcan de vertu hypocrite. Soit comparée à un bijou, soit considérée comme une simple génitrice, la femme n'a pas droit au plaisir et n'a pas droit de féminité. Il s'ensuit un rapport à la sexualité complètement faussé et rétrograde où les jeunes femmes, comme les jeunes hommes, ne trouvent pas le bonheur. Tout ce qui a trait au désir est rejeté, parce qu'on a appris aux gens à les diaboliser. Prostitution et pornographie restent alors le seul échappatoire – réel mais caché – pour assouvir des fantasmes considérés comme honteux et criminels. Les femmes dites « libérées » en paient alors le prix… Certains témoignages sont bouleversants et glaçants.
La condition sexuelle féminine est un véritable drame au Maroc où l'islam, religion d'Etat interprétée sous un angle misogyne et incorrect, condamne le désir et la liberté d'aimer des femmes.

Le chemin est encore long à parcourir pour que les femmes obtiennent des droits fondamentaux. Des auteurs comme Leïla Slimani, heureusement, oeuvrent à cette lutte essentielle.
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Under_the_Moon
  07 août 2019
Reportage de Leïla Slimani illustré par Laetitia Coryn sur tous les tabous qui entourent la sexualité et étouffent beaucoup de personnes au Maroc, en particulier les femmes.

Au-delà de la dimension purement informative de la BD, j'ai trouvé ces témoignages très poignant. Sans misérabilisme et sans propos malsains ou crus mal placés, l'auteure interroge plusieurs personnes qu'elles soient d'anciennes victimes, des femmes libres qui décident de vivre selon leurs convictions, prostituées, lesbienne, sociologues ou des hommes !
Ce qui est décrit est pour un lectorat occidental assez terrible et nous amène à relativiser un peu sur ce qui se passe chez nous. Toutefois, le fait de lire la problématique sous un autre angle et dans un pays où conservateurs et progressistes s'opposent met aussi en perspective certains discours rétrogrades qui peuvent se multiplier chez nous aussi.

Comme le répètent certaines associations (certes, elles aussi pour précher pour leur paroisse) : un objet utilisé comme instrument de soumission dans un pays ne saurait être un instrument de libération dans un autre.

De quoi donner matière à réfléchir en tout cas, c'est indéniable.
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tchouk-tchouk-nougat
  03 octobre 2017
Leïla Slimani nous le dit en préface, c'est lors d'une tournée de dédicace pour son roman "dans le jardin de l'ogre" qu'elle a rencontré des marocaines ayant le désir de s'exprimer sur leur sexualité, sujet tabou dans leur culture. L'auteur a eu envie de recueillir ses témoignages, et de les dévoiler au public sous forme d'une BD. Une manière pour elle de dédiaboliser le sujet et de faire avancer les mentalités.

Cela donne un joli roman graphique, mis en image par Laetitia Coryn qui a su, grâce à un dessin simple, faire ressortir les témoignages de ces femmes marocaines. On s'attend au contenu, on s'attend même souvent à pire, mais je trouve que c'est dit que manière très neutre, sans à priori et sans jugement de valeur. Tout en dénonçant l'hypocrisie des traditions et des lois marocaines, et en poussant gentiment les femmes à s'émanciper.
Un recueil de témoignages donc, sur un sujet d'actualité, encore trop tabou dans certains pays. Après j'ai parfois trouvé la lecture décousue, certains passages plus ennuyant que d'autre. J'aurais aimé, pour parler de ce sujet délicat mais au combien important, une histoire plus tangible.
Néanmoins je salue bien bas ce genre d'ouvrages qui j'espère est un moyen pour faire avancer les choses. En parler c'est déjà ouvrir les esprits!
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boudicca
  07 décembre 2017
Lorsque Leïla Slimani sort son premier roman en 2014 (« Dans le jardin de l'ogre »), elle rencontre une jeune compatriote qui se met à lui raconter les difficultés qu'elle rencontre au quotidien en tant que femme marocaine. L'auteure y puise l'inspiration pour un essai intitulé « Sexe et mensonge » qui dénonce l'hypocrisie de la société marocaine vis à vis de la sexualité et son rapport complexe avec le corps féminin. C'est cet essai qui est ici adapté en roman graphique par Leïla Slimani et Laeticia Coryn dont l'objectif est simple mais pourtant difficile à atteindre : libérer la parole des femmes. Un thème qui fait évidemment échos à l'actualité, et pas seulement au Maroc, après les révélations de l'affaire Wellenstein ou encore la profusion des hashtags « balance ton porc » et « me too ». L'ouvrage est organisé en trois parties dont la première consiste essentiellement à recueillir cette parole des Marocaines afin de donner au lecteur un aperçu du paysage sur place. Et ce qu'on entend à de quoi révolter. On découvre l'histoire d'une fillette mariée de force et cherchant à plaire à son mari qui ne veut pas la toucher. Une autre raconte ses deux mariages catastrophiques, avec viols, coups et humiliations à la clé. Une autre encore raconte son mal être en tant que lesbienne dans un pays où l'homosexualité est puni d'emprisonnement. le premier constat qui saute aux yeux, c'est évidemment cette violence quotidienne que subissent les femmes. Les coups, enfants, parce qu'elles osent dirent qu'un « garçon est amoureux d'une fille » et que ça ne se fait pas. Les viols à l'adolescence parce que les garçons sont persuadés que de toute façon elles n'étaient déjà plus vierges. Les insultes (« pute », « salope ») dès toute petite, juste parce qu'elles s'épilent les sourcils ou portent une jupe jugée trop courte.

La seconde chose que l'on remarque, c'est cette espèce de schizophrénie des hommes marocains qui, d'un côté, ne se gênent pas pour sortir et coucher avec des femmes en dehors des liens du mariage, et de l'autre estime tout à fait normal d'attendre de leur épouse qu'elle soit vierge au moment de la nuit de noce. La virginité revêt ainsi une importance totalement démesurée, au point qu'une loi permet d'ailleurs aujourd'hui encore de punir « d'un mois à un an d'emprisonnement toutes personnes de sexes différents qui, n'étant pas unis par les liens du mariage, ont entre elles des relations sexuelles ». Ce tabou oblige évidemment les femmes à tenir un double discours et les met souvent dans des situations humiliantes, voire dangereuse lorsqu'il est question d'avortements qui, évidement, doivent se faire de manière clandestine (on compterait jusqu'à 600 interruptions de grossesse pratiquées chaque jour au Maroc, dont des centaines qui entraînent des risques dramatiques pour la femme). le bilan est accablant et on prend pleinement conscience de l'importance pour les Marocaines de briser le silence qu'on leur impose et de prendre conscience qu'elles ne sont pas seules. La seconde partie du roman graphique, très courte, fait office d'intermède et relate les événements révélateurs qui se sont déroulés au Maroc lors de l'été 2015. Il y eut d'abord la polémique suscitée par le film Much Loved ; puis les concerts de Jennifer Lopez et Placebo qui ont fait scandale (la première parce qu'elle était trop dénudée, le second parce qu'il s'était peint sur le torse le numéro 489 barré pour dénoncer l'article de loi qui pénalise l'homosexualité au Maroc) ; et enfin il y a eu ces lynchages d'homosexuels dans la rue et une agression particulièrement marquante de deux jeunes filles à cause de leur tenue.

La troisième et dernière partie propose des éléments d'analyse pour tenter de comprendre ces mécanismes précédemment décrits. Pour ce faire, l'auteur met en scène un certain nombre d'intellectuels et militants défendant la cause des femmes et apportant un regard critique vis à vis du rapport des Marocains à la sexualité. C'est le cas par exemple de la journaliste Mona Eltahawi qui dénonce dans ses écrits la misogynie du monde arabe, mais aussi de la théologienne Asma Lamrabet, qui se bat pour une réécriture des textes sacrées du Coran à partir d'une perspective plus féministe, ou encore du réalisateur du fameux film « Much Loved », Nabil Ayouch. Tous ont pour point commun de dénoncer le rapport malsain que les hommes marocains entretiennent avec la sexualité et la stigmatisation des femmes qui cherchent à s'émanciper. Ce qui compte avant tout, en fin de compte, c'est le regard de l'autre et la honte que l'on fait systématiquement rejaillir sur les femmes. Ce portrait sombre et déprimant de la société marocaine d'aujourd'hui est fort heureusement nuancé par l'auteur qui insiste tout de même sur les évolutions positives de ces dernières années. Leïla Slimani rapporte par exemple quelques témoignages d'hommes qui veulent eux aussi que les choses changent et n'acceptent pas la façon dont sont traitées les femmes dans leur pays. L'auteur montre aussi que les résistances à la libération des Marocaines ne viennent pas toujours de ceux qu'on croit. Ainsi, des islamistes peuvent être pour une ouverture du droit à l'avortement, tandis que des femmes vont s'y opposer. En dépit de la dureté des témoignages recueillis, la plupart des femmes et des hommes interrogés ici s'accordent tout de même pour dire que, peu à peu, la parole commence à se libérer, permettant aux femmes de sortir de leur isolement et de lutter plus efficacement pour une plus grande égalité avec les hommes.

Leïla Slimani et Laetitia Coryn signent un très bel ouvrage qui permet aux Marocaines de parler des violences et des injustices dont elles sont victimes dans leur pays, tout en analysant le comportement masculin et les tabous relatifs à la sexualité et au corps féminin. A lire !
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rosacalifronia
  05 septembre 2019
La semaine dernière, j'ai assisté à une conférence sur l'impact du mouvement #MeToo au Maroc et j'ai retrouvé dans ce roman graphique tout ce qui avait été dit : les relations sexuelles hors mariage, le port de la jupe, la virginité garante d'un bon mariage. Leïla Slimani compose son roman sous forme de reportage-documentaire et donne la parole à des femmes qui en sont justement privées.
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badpx
  07 janvier 2018
J'avais vu Leïla Slimani sur le plateau de LGL à propos de cette BD, et cela m'avait donné très envie de le lire. Alors quand je vois que ma petite Médiathèque a investi dessus, je me suis précipitée..... Mais.....
Ce livre m'a beaucoup fait penser à Love Story à l'iranienne.
Même format pour des propos similaires : le schizophrénie de la société musulmane (ici marocaine) par rapport à la vie sexuelle de ses individus.
Cette BD étant une adaptation, d'un essai du même auteur, je pense que je vais ajouter à ma PAL ce autre livre... qui à mon avis correspondra beaucoup mieux au récit qui est fait.
Décidément la BD ne peut pas tout raconter
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emilie5335
  13 février 2018
Leïla Slimani a obtenu le Goncourt 2016 avec son roman Chanson douce. Son nom sur la couverture de cette bande dessinée (ou roman graphique) a attiré mon attention. Elle y parle sans tabou de la sexualité dans son pays d'origine, le Maroc, où règne sur ce sujet la plus grande des hypocrisies puisque d'un côté la loi condamne toujours les relations sexuelles hors mariage et de l'autre les Marocains ont une sexualité très proche de celle des Occidentaux. Cela conduit à des situations totalement hallucinantes : des hommes qui n'ont aucun problème à avoir des relations sexuelles avec des femmes avant le mariage mais qui refusent de se marier avec des femmes non vierges ; des femmes qui ont des relations sexuelles avant le mariage mais qui font en sorte que leur hymen ne soit pas touché en pratiquant la sodomie ou encore des femmes qui subissent des opérations chirurgicales (hymenoplastie) pour réparer leur hymen et pouvoir être vierges « à nouveau » pour leur mariage…. Leïla Slimani reste nuancée dans ce texte : elle explique que certains hommes marocains, et même parfois certains religieux, sont plus ouverts sur ces sujets que certaines femmes marocaines considérées pourtant comme des progressistes. Cela démontre à quel point le sujet est épineux. Elle donne aussi la parole à une théologienne qui étudie le Coran et sa traduction pour montrer que cette image de femme sanctuarisée n'est pas présente dans les textes initiaux mais n'est comme souvent qu'une « interprétation sélective et machiste du Coran ». J'ai trouvé ce roman graphique très enrichissant, je ne connaissais pas cette situation totalement hypocrite du Maroc sur le sujet de la sexualité et c'est une bonne chose qu'un auteur aussi connu que Leïla Slimani la fasse connaître pour faire évoluer les mentalités là-bas. Elle a aussi écrit en parallèle un essai sur le même thème Sexe et mensonges : la vie sexuelle au Maroc que je n'ai pas lu mais je trouve que le support de la bande dessinée est une bonne idée car cela peut permettre de toucher un plus large public notamment chez les jeunes.
Lien : http://monpetitcarnetdelectu..
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