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ISBN : 2070468186
Éditeur : Gallimard (07/01/2016)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 442 notes)
Résumé :
"Une semaine qu'elle tient. Une semaine qu'elle n'a pas cédé. Adèle a été sage. En quatre jours, elle a couru trente-deux kilomètres. Elle est allée de Pigalle aux Champs-Élysées, du musée d'Orsay à Bercy. Elle a couru le matin sur les quais déserts. La nuit, sur le boulevard Rochechouart et la place de Clichy. Elle n'a pas bu d'alcool et elle s'est couchée tôt.
Mais cette nuit, elle en a rêvé et n'a pas pu se rendormir. Un rêve moite, interminable, qui s'es... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (106) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  21 novembre 2017
Les hommes peuvent croire qu'elle est leste et facile. Les femmes peuvent la penser prédatrice, les plus indulgentes dirent qu'elle est fragile, une chose est sûre, ils ont tous tort.
Adèle s'est mariée et a fait un enfant avec Richard pour avoir une respectabilité et un refuge après les moments sensuels, les instants de transgression, la débauche. Mais qu'est-ce qui pousse une journaliste jolie, mère d'un petit garçon, mariée à un médecin qui l'aime et lui fait confiance à l'addiction sexuelle ? Adèle ne sait pas, si ce n'est sa mère mal aimante, jalouse et indiscrète. Depuis son adolescence, la source d'un mal être, compensé par l'érotisme qui donne du relief à sa vie, mais accentue sa paranoïa et la pousse dans une fuite en avant mortifère.
Leila Slimani, que le sujet difficile de la nymphomanie n'a pas rebuté, raconte avec une indéniable finesse une vie gâchée par des pulsions, un désir insatiable, avec l'inévitable détresse de ne pouvoir y mettre fin. Dans ce premier roman porteur d'une grande tristesse, elle montre la solitude extrême, inextinguible et irrémédiable que crée l'addiction. Une maladie honteuse, prenant ses racines dans l'enfance, impliquant le besoin d'exister à travers le désir des autres, de combler un vide en se remplissant de n'importe quel homme, une malédiction qui confisque l'essentiel bonheur d'aimer et de s'aimer.
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tynn
  11 décembre 2014
Adèle est malade...
Adèle est sexuellement compulsive. Sa vie est un désir insatiable de corps, une pulsion impossible à contenir, une détresse à ne pouvoir y mettre fin. Ses infidélités sont légions, avec ce besoin irrationnel d'amants de passage qui entraine mensonges et dissimulation, crainte du sida ou d'une grossesse involontaire. Son corps est un tyran insatisfait, en dépit de sa maigreur, de son tabagisme et sa honte.
C'est une bien curieuse personne qu'Adèle, femme froide et secrète, entre dépression et névroses, incapable de se satisfaire de sa vie de bourgeoise assez gâtée entre mari aimant et enfant.
Quand Richard découvre la vérité, cette duplicité le laisse anéanti: "sa femme est un imposteur absolument magnifique".
Il faut bien dire que j'ai fait la fine bouche pendant le premier tiers, incapable de trouver de l'intérêt à cette histoire de névrose sexuelle. Peu à peu la pathologie de la nymphomanie apparait, avec cette narration factuelle, glaçante, sans affect, aux mots crus mais jamais provocateurs. Leïla Slimani ne tombe pas dans le piège de la vulgarité ou de la moralisation. Elle décrit une addiction mortifère, incontrôlable et désespérante. Son écriture est fluide et directe, aérée de chapitres courts donnant rythme et nervosité au récit. On peut s'étonner du choix osé que choisit cette jeune marocaine pour un premier roman.
J'ai peu aimé le thème mais reconnait un vrai talent d'écriture et une curiosité littéraire.
Livre audacieux pour un portrait de femme pas tout à fait parfaite.
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rabanne
  19 janvier 2017
Après avoir particulièrement apprécié Chanson douce, j'étais curieuse de connaître le premier roman de la lauréate du Goncourt 2016.
J'ai aimé cette histoire de femme en souffrance, bien que tout concourait au jugement péremptoire, voire au dégoût. Plus précisément, c'est la plume de l'auteure, introspective et percutante, qui m'a de nouveau charmée.
Dans une addiction (ici, sexuelle), la volonté n'est plus maîtresse, la tentation impitoyable, le passage à l'acte euphorisant, l'arrière-goût amer, le manque atrocement frustrant. Adèle se retrouve piégée par ce cercle vicieux et infernal, marquée par de profondes blessures narcissiques, un manque probant de reconnaissance affective lorsqu'elle était enfant (dont la perverse "jalousie" de sa mère). Elle souffre et, quitte à exister pour les autres, elle se regarde s'autodétruire à petit feu...
Adèle m'a vraiment touchée, mais pas émue. Je ne me suis pas sentie le droit de la juger. A lire, si le sujet ne vous rebute pas.
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Ambages
  24 mars 2017
« Son sexe n'est plus qu'un morceau de verre brisé, un labyrinthe de stries et de fêlures. Une fine paroi de glace sous laquelle flottent des cadavres gelés. »
Adèle souffre. Depuis son enfance, elle a froid. Un manque d'amour, une mère toxique et un père soumis et malheureux, bref, une famille où le froid a cristallisé les sentiments et la mère les a d'autant plus facilement broyés, anéantis. le sexe sera sa manière d'exister et de se détruire jusqu'à ce que cette femme redevienne « une surface sans fond et sans revers. Un corps sans ombre. » Ce qu'elle a toujours été dans le regard de sa famille.
Difficile de grandir en développant une harmonie, une confiance en soi. Adèle a peur. Cette émotion qu'elle connaît avec sa mère qui l'abandonne seule des jours entiers dans une chambre d'hôtel, est la seule qui lui paraisse être réelle. Pour se réchauffer, elle découvre la moiteur de son entrejambe.
« Les hommes l'ont tiré de l'enfance. Ils l'ont extirpée de cet âge boueux et elle a troqué la passivité enfantine contre la lascivité des geishas. »
Adulte elle aura toujours peur. Ce sentiment est réel, il a de la consistance pour elle. Elle est déséquilibrée, toujours sur la corde raide, prenant des risques, sa manière d'exister et cela lui donne le grand frisson. Elle vit une double vie, mère et épouse à certains moments de la journée, chienne lascive les heures restantes, « l'érotisme habillait tout. Il masquait la platitude, la vanité des choses », étendue sous des corps inconnus, elle existe « mille fois à travers le désir des autres ».
Elle trouve un intérêt à cette vie de mensonges, « elle est exaltée, comme le sont les imposteurs qu'on n'a pas encore démasqués. » Mais il ne faut pas se tromper. Ce n'est pas la duperie qui l'apaise de ses souffrances. J'ai plutôt ressenti qu'elle comblait un manque profond d'amour par cette vie de chair violente, furtives et fugaces. Depuis l'éveil de ses sens, elle a découvert un moyen de voir enfin quelqu'un s'intéresser à elle, et tant pis si ce n'est que pour le sexe, c'est déjà un intérêt qu'on lui témoigne. Avec une mère qui rabaisse constamment, elle trouve enfin une petite éclaircie dans sa vie, un espoir.
Mariée et mère, elle sait que cet espoir tient à peu et que l'âge venant, « elle aurait sans doute intérêt à arrêter maintenant, avant que tout s'écroule, avant de ne plus avoir ni l'âge ni la force. Avant de devenir pitoyable, de perdre en magie et en dignité. »
Son époux ne sait rien. Jusqu'au jour où un vieux téléphone blanc à clapet est découvert par mégarde. « Auprès d'Adèle, il a le sentiment d'avoir vécu avec une malade sans symptômes, d'avoir côtoyé un cancer dormant, qui ronge et ne dit pas son nom. » Quel constat ! Il faut dire qu'il est médecin... cela explique sans doute le fait qu'il fasse des comparaisons avec des maladies. Et ensuite ? Une réaction : partir loin de Paris et des tentations, il se fait plaisir. A cet égard, a-t-il cherché, rien qu'une fois, à donner du plaisir de sa femme ?
« Adèle a déchiré le monde. »
Leïla Slimani a déchiré le monde avec son premier roman, Adèle peut laisser certains indifférents, peut choquer ou en émouvoir d'autres selon les ressentis. Mais il reste pour moi que Leïla Slimani trouble, perturbe et déchire. Elle a décrit la souffrance intérieure d'une femme avec une plume qui personnellement me touche énormément.
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trust_me
  08 septembre 2014
Adèle a tout pour elle. Parisienne, 35 ans, belle, journaliste, mariée à un chirurgien, maman d'un petit Lucien. En apparence, elle a tout pour elle. Mais la réalité est bien plus sombre.
Son job ? « Adèle n'aime pas son métier. Elle hait l'idée de devoir travailler pour vivre. Elle n'a jamais eu d'autres ambitions que d'être regardée. […] Elle aurait adoré être la femme d'un homme riche et absent. Au grand dam des hordes enragées de femmes actives qui l'entourent, Adèle aurait voulu traîner dans une grande maison, sans autre souci que d'être belle au retour de son mari. Elle trouverait merveilleux d'être payée pour son talent à distraire les hommes. »
Son fils ? « Lucien est un poids, une contrainte dont elle a du mal à s'accommoder. Adèle n'arrive pas à savoir où se niche l'amour pour son fils au milieu de ses sentiments confus : panique de devoir le confier, agacement de l'habiller, épuisement de monter une pente avec sa poussette rétive. L'amour est là, elle n'en doute pas. Un amour mal dégrossi, victime du quotidien. Un amour qui n'a pas de temps pour lui-même. »
Son homme ? « Dans la rue, ils marchent vite, l'un à coté de l'autre. Ils ne se touchent pas. S'embrassent peu. Leurs corps n'ont rien à se dire. Ils n'ont jamais eu l'un pour l'autre d'attirance, ni même de tendresse, et d'une certaine façon cette absence de complicité charnelle les rassure. »
Pour affronter le quotidien, Adèle multiplie les aventures et les coucheries. N'importe où, n'importe quand, avec n'importe qui. Adèle joue les femmes fatales, elle existe à travers le regard des autres. le désir n'a pas d'importance. « Elle n'avait pas envie des hommes qu'elle approchait. Ce n'était pas à la chair qu'elle aspirait mais à la situation. Etre prise. Observer le masque des hommes qui jouissent. Se remplir. Goûter une salive. […] L'érotisme habillait tout. Il masquait la platitude, la vanité des choses. »
Le portrait d'une femme insatisfaite. D'une femme perdue, malade. le portrait d'une nymphomane trompant son monde en permanence et dont la chute semble inéluctable. Leïla Slimani ne tombe pas dans la facilité et évite un enchaînement de scènes crues et gratuites auxquelles le déroulement du récit aurait pu pourtant l'autoriser. Il y a bien sûr quelques passages explicitement sexuels mais je n'y ai trouvé aucune surenchère. Pour autant, je ressors de ce premier roman à la limite de l'agacement. le portrait de cette bourgeoisie parisienne m'a souvent semblé très caricatural. le style froid n'a, à aucun moment, attiré mon empathie pour cette pauvre Adèle, que je me garderais bien de plaindre ou d'enfoncer. Bref, j'ai eu du mal, en tournant la dernière page, à donner du sens à cette histoire à la limite du pathétique. Mais bizarrement, j'ai aussi l'impression d'être passé à coté de quelque chose de plus profond. Bref, je suis un peu perdu.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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critiques presse (3)
Culturebox   24 novembre 2014
Ames sensibles s'abstenir. Leïla Slimani nous parle d'une femme à la dérive, prisonnière de sa quête de partenaires sexuels. Un roman violemment réaliste, bouleversant et brutal.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Lexpress   13 octobre 2014
Si elle s'englue parfois dans les clichés sociétaux ou les scènes trop attendues et si la construction du récit paraît un peu déséquilibrée, la romancière n'en livre pas moins un saisissant portrait de femme, tout en nuances, doublé d'une fable (a)morale, au dénouement inattendu.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Bibliobs   02 octobre 2014
Leïla Slimani a l'intelligence stylistique de fuir tout ce que son histoire pourrait avoir de sexy. C'est cru, mais la chair a rarement semblé aussi sordide que dans cet examen clinique de la nymphomanie.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (122) Voir plus Ajouter une citation
ChristineZChristineZ   03 décembre 2017
Richard a débarrassé le petit déjeuner. Les tasses sales reposent dans l’évier, une tartine est restée collée sur une assiette. Adèle s’assoit sur le canapé en cuir. Elle n’enlève pas son manteau, serre son sac contre son ventre. Elle ne bouge plus. La journée ne commencera que quand elle aura pris sa douche. Quand elle aura lavé sa chemise qui sent le tabac froid. Quand elle cachera ses cernes sous son maquillage. Pour l’instant, elle repose dans sa crasse, suspendue entre deux mondes, maîtresse du temps présent. Le danger est passé. Il n’y a plus rien à craindre.
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AstazieAstazie   29 novembre 2017
On ne trahit pas celui qui vous a pardonné.
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evannaevanna   26 novembre 2017
Il n'a pas fermé les volets et alors qu'elle se glisse dans le lit, Adèle peut voir les traits apaisés de son mari. Il lui fait confiance. C'est aussi simple et aussi brutal que cela. S'il se réveillait, verrait-il sur elle les traces que cette nuit a laissées ? S'il ouvrait les yeux, s'il se rapprochait d'elle, sentirait-il une odeur suspecte, lui trouverait-il un air coupable ? Adèle lui en veut de sa naïveté, qui la persécute, qui alourdit sa faute et la rend plus méprisable encore. Elle voudrait griffer ce visage lisse et tendre, éventrer ce sommier rassurant.
Elle l'aime pourtant. Elle n'a que lui au monde.
Elle se convainc que c'était sa dernière chance. Qu'on ne l'y reprendra plus. Qu'elle dormira désormais dans ce lit la conscience tranquille. Il pourra bien la regarder, il n'y aura rien à voir. (p. 52)
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evannaevanna   26 novembre 2017
Adèle a bien dormi. La couette ramenée sur le menton, elle raconte à Richard qu'elle a rêvé de la mer. Pas la mer de son enfance, verdâtre et vieille, mais la mer, la vraie, celle des lagons, des calanques et des pins parasols. Elle était couchée sur une surface dure et brûlante. Un rocher peut-être. Elle était seule et avec précaution, avec pudeur, elle enlevait son soutien-gorge. Les yeux mi-clos, elle se tournait vers le large et des milliers d'étoiles, reflets du soleil sur l'eau, l'empêchaient d'écarter les paupières. "Et dans ce rêve, je me disais : souviens-toi de ce jour. Souviens-toi comme tu as été heureuse." (p. 53)
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AMRAMR   30 juin 2017
Adèle a fait un enfant pour la même raison qu’elle s’est mariée. Pour appartenir au monde et se protéger de toute différence avec les autres. En devenant épouse et mère, elle s’est nimbée d’une aura de respectabilité que personne ne peut lui enlever. Elle s’est construit un refuge pou les soirs d’angoisse et un repli confortable pour les jours de débauche

[…]

Elle ne sait pas ce qui fait plaisir à Richard. Ce qui lui fait du bien. Elle ne l’a jamais su. Leurs étreintes ignorent toute subtilité. Les années n’ont pas amené plus de complicité, elles n’ont pas émoussé la pudeur. Les gestes sont précis, mécaniques. Droit au but. Elle n’ose pas prendre son temps. Elle n’ose pas demander. Comme si la frustration risquait d’être si violente qu’elle pourrait l’étrangler.

[…]

À travers la porte, elle entend la voix de Richard qui demande gentiment : « tu es bientôt prête ? » Elle sait qu’il sourit à la baby-sitter l’air de dire « ah, ce que les femmes son coquettes ». Adèle est prête mais elle veut qu’il l’attende. Elle étend une serviette sur le sol de la salle de bain et se couche. Elle ferme les yeux et fredonne une chanson.

[…]

- Donc, tu ne dis rien. De toute façon, tu ne dis jamais rien, constate-t-il d’une voix calme. Tu ne te prononces pas, alors ne me reproches pas de prendre des décisions. Et sincèrement, je ne sais pas pourquoi tu as besoin de te comporter comme ça. De te soûler, de parler aux gens de haut comme si tu avais tout compris de la vie et qu’on n’était qu’une bande de moutons imbéciles à tes yeux. Tu sais, tu es tout aussi ordinaire que nous, Adèle. Le jour où tu l’accepteras, tu seras beaucoup plus heureuse.



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