AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2352046548
Éditeur : Les Arènes (06/09/2017)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 181 notes)
Résumé :
Rabat, été 2015. Suite à la parution de son livre "Dans le jardin de l'ogre", un roman cru et audacieux qui aborde la thématique de l'addiction sexuelle, Leila Slimani part à la rencontre de ses lectrices marocaines. Face à cette écrivaine franco-maghrébine décomplexée qui aborde la sexualité sans tabou, la parole se libère. Au fil des pages, l'auteur recueille des témoignages intimes déchirants qui révèlent le malaise d'une société hypocrite dans laquelle la femme ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (59) Voir plus Ajouter une critique
jeunejane
  05 novembre 2017
Après la publication de son roman "Le jardin de l'ogre", Leïla Slimani se trouve au Maroc et rencontre une jeune femme, Nour dans les salons de son hôtel.
Elle a ensuite recueilli d'autres confidences des femmes marocaines opprimées dans leurs choix de vies de femmes.
On découvre des femmes aussi libérées dans leurs pensées que les femmes occidentales.
Soit, elles décident de vivre leur liberté et ce n'est pas simple, soit elles se plient et deviennent des personnes à la pensée duale, de vraies personnalités doubles comme la dame dessinée à la page 24 , avec un double visage, deux pensées ( pour moi, la plus belle illustration de l'album).
Ce reportage à travers le Maroc donnera ce roman graphique illustré par Laetitia Coryn et écrit par Leïla Slimani.
J'ai aimé les paysages, les vues de villes et villages, les personnages dans l'ensemble mais j'ai moins aimé les visages. L'ensemble donne une vision distante.
Les paroles et les textes manquent légèrement d'âme.
Certes, le ton est donné et nous annonce qu'il s'agit d'un reportage.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          490
boudicca
  07 décembre 2017
Lorsque Leïla Slimani sort son premier roman en 2014 (« Dans le jardin de l'ogre »), elle rencontre une jeune compatriote qui se met à lui raconter les difficultés qu'elle rencontre au quotidien en tant que femme marocaine. L'auteure y puise l'inspiration pour un essai intitulé « Sexe et mensonge » qui dénonce l'hypocrisie de la société marocaine vis à vis de la sexualité et son rapport complexe avec le corps féminin. C'est cet essai qui est ici adapté en roman graphique par Leïla Slimani et Laeticia Coryn dont l'objectif est simple mais pourtant difficile à atteindre : libérer la parole des femmes. Un thème qui fait évidemment échos à l'actualité, et pas seulement au Maroc, après les révélations de l'affaire Wellenstein ou encore la profusion des hashtags « balance ton porc » et « me too ». L'ouvrage est organisé en trois parties dont la première consiste essentiellement à recueillir cette parole des Marocaines afin de donner au lecteur un aperçu du paysage sur place. Et ce qu'on entend à de quoi révolter. On découvre l'histoire d'une fillette mariée de force et cherchant à plaire à son mari qui ne veut pas la toucher. Une autre raconte ses deux mariages catastrophiques, avec viols, coups et humiliations à la clé. Une autre encore raconte son mal être en tant que lesbienne dans un pays où l'homosexualité est puni d'emprisonnement. le premier constat qui saute aux yeux, c'est évidemment cette violence quotidienne que subissent les femmes. Les coups, enfants, parce qu'elles osent dirent qu'un « garçon est amoureux d'une fille » et que ça ne se fait pas. Les viols à l'adolescence parce que les garçons sont persuadés que de toute façon elles n'étaient déjà plus vierges. Les insultes (« pute », « salope ») dès toute petite, juste parce qu'elles s'épilent les sourcils ou portent une jupe jugée trop courte.
La seconde chose que l'on remarque, c'est cette espèce de schizophrénie des hommes marocains qui, d'un côté, ne se gênent pas pour sortir et coucher avec des femmes en dehors des liens du mariage, et de l'autre estime tout à fait normal d'attendre de leur épouse qu'elle soit vierge au moment de la nuit de noce. La virginité revêt ainsi une importance totalement démesurée, au point qu'une loi permet d'ailleurs aujourd'hui encore de punir « d'un mois à un an d'emprisonnement toutes personnes de sexes différents qui, n'étant pas unis par les liens du mariage, ont entre elles des relations sexuelles ». Ce tabou oblige évidemment les femmes à tenir un double discours et les met souvent dans des situations humiliantes, voire dangereuse lorsqu'il est question d'avortements qui, évidement, doivent se faire de manière clandestine (on compterait jusqu'à 600 interruptions de grossesse pratiquées chaque jour au Maroc, dont des centaines qui entraînent des risques dramatiques pour la femme). le bilan est accablant et on prend pleinement conscience de l'importance pour les Marocaines de briser le silence qu'on leur impose et de prendre conscience qu'elles ne sont pas seules. La seconde partie du roman graphique, très courte, fait office d'intermède et relate les événements révélateurs qui se sont déroulés au Maroc lors de l'été 2015. Il y eut d'abord la polémique suscitée par le film Much Loved ; puis les concerts de Jennifer Lopez et Placebo qui ont fait scandale (la première parce qu'elle était trop dénudée, le second parce qu'il s'était peint sur le torse le numéro 489 barré pour dénoncer l'article de loi qui pénalise l'homosexualité au Maroc) ; et enfin il y a eu ces lynchages d'homosexuels dans la rue et une agression particulièrement marquante de deux jeunes filles à cause de leur tenue.
La troisième et dernière partie propose des éléments d'analyse pour tenter de comprendre ces mécanismes précédemment décrits. Pour ce faire, l'auteur met en scène un certain nombre d'intellectuels et militants défendant la cause des femmes et apportant un regard critique vis à vis du rapport des Marocains à la sexualité. C'est le cas par exemple de la journaliste Mona Eltahawi qui dénonce dans ses écrits la misogynie du monde arabe, mais aussi de la théologienne Asma Lamrabet, qui se bat pour une réécriture des textes sacrées du Coran à partir d'une perspective plus féministe, ou encore du réalisateur du fameux film « Much Loved », Nabil Ayouch. Tous ont pour point commun de dénoncer le rapport malsain que les hommes marocains entretiennent avec la sexualité et la stigmatisation des femmes qui cherchent à s'émanciper. Ce qui compte avant tout, en fin de compte, c'est le regard de l'autre et la honte que l'on fait systématiquement rejaillir sur les femmes. Ce portrait sombre et déprimant de la société marocaine d'aujourd'hui est fort heureusement nuancé par l'auteur qui insiste tout de même sur les évolutions positives de ces dernières années. Leïla Slimani rapporte par exemple quelques témoignages d'hommes qui veulent eux aussi que les choses changent et n'acceptent pas la façon dont sont traitées les femmes dans leur pays. L'auteur montre aussi que les résistances à la libération des Marocaines ne viennent pas toujours de ceux qu'on croit. Ainsi, des islamistes peuvent être pour une ouverture du droit à l'avortement, tandis que des femmes vont s'y opposer. En dépit de la dureté des témoignages recueillis, la plupart des femmes et des hommes interrogés ici s'accordent tout de même pour dire que, peu à peu, la parole commence à se libérer, permettant aux femmes de sortir de leur isolement et de lutter plus efficacement pour une plus grande égalité avec les hommes.
Leïla Slimani et Laetitia Coryn signent un très bel ouvrage qui permet aux Marocaines de parler des violences et des injustices dont elles sont victimes dans leur pays, tout en analysant le comportement masculin et les tabous relatifs à la sexualité et au corps féminin. A lire !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
letilleul
  01 mai 2018
Dans ce roman graphique Leila Slimani et Laetitia Coryn parlent sans tabou d'un sujet parfois épineux : la sexualité de la femme, au Maroc.
A travers différents témoignages, elles livrent sans fard le témoignage et le vécu de ces femmes. Elles parlent des pressions et des conventions sociales et politiques qui déterminent leurs destins qui comme dans beaucoup d'autres pays. Les auteurs dénoncent ainsi la condition sexuelle des femmes où les tabous, les traditions et la religion font foi en dépit du désir et du droit d'aimer.
Une BD qui fait reflechir sur les droits de la femme et qui démontre que le chemin pour une égalité de traitement n'est pas terminé.
Un roman graphique engagé qui traite avec intelligence du sujet et donne envie d'avancer.
Commenter  J’apprécie          310
Under_the_Moon
  07 août 2019
Reportage de Leïla Slimani illustré par Laetitia Coryn sur tous les tabous qui entourent la sexualité et étouffent beaucoup de personnes au Maroc, en particulier les femmes.
Au-delà de la dimension purement informative de la BD, j'ai trouvé ces témoignages très poignant. Sans misérabilisme et sans propos malsains ou crus mal placés, l'auteure interroge plusieurs personnes qu'elles soient d'anciennes victimes, des femmes libres qui décident de vivre selon leurs convictions, prostituées, lesbienne, sociologues ou des hommes !
Ce qui est décrit est pour un lectorat occidental assez terrible et nous amène à relativiser un peu sur ce qui se passe chez nous. Toutefois, le fait de lire la problématique sous un autre angle et dans un pays où conservateurs et progressistes s'opposent met aussi en perspective certains discours rétrogrades qui peuvent se multiplier chez nous aussi.
Comme le répètent certaines associations (certes, elles aussi pour précher pour leur paroisse) : un objet utilisé comme instrument de soumission dans un pays ne saurait être un instrument de libération dans un autre.
De quoi donner matière à réfléchir en tout cas, c'est indéniable.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240
thedoc
  19 décembre 2018
Ce roman graphique est l'adaptation en dessins d'un essai écrit par Leïla Slimani, « Sexe et mensonges », sur le rapport très complexe qu'entretient la société marocaine avec la question du corps et de la sexualité hors mariage.
A la façon d'un reportage, l'auteur a recueilli les confidences de plusieurs femmes, anonymes, féministes, sociologues, intellectuelles, homosexuelles, mais aussi les témoignages d'hommes qui souhaitent faire évoluer les mentalités et la loi marocaine.
Au fil des entretiens où les femmes n'hésitent pas à partager leur vie intime, leurs désirs, leurs blessures et leurs peurs liées à la pression sociale, législative et religieuse, on découvre combien le Maroc demeure enserré dans un carcan de vertu hypocrite. Soit comparée à un bijou, soit considérée comme une simple génitrice, la femme n'a pas droit au plaisir et n'a pas droit de féminité. Il s'ensuit un rapport à la sexualité complètement faussé et rétrograde où les jeunes femmes, comme les jeunes hommes, ne trouvent pas le bonheur. Tout ce qui a trait au désir est rejeté, parce qu'on a appris aux gens à les diaboliser. Prostitution et pornographie restent alors le seul échappatoire – réel mais caché – pour assouvir des fantasmes considérés comme honteux et criminels. Les femmes dites « libérées » en paient alors le prix… Certains témoignages sont bouleversants et glaçants.
La condition sexuelle féminine est un véritable drame au Maroc où l'islam, religion d'Etat interprétée sous un angle misogyne et incorrect, condamne le désir et la liberté d'aimer des femmes.
Le chemin est encore long à parcourir pour que les femmes obtiennent des droits fondamentaux. Des auteurs comme Leïla Slimani, heureusement, oeuvrent à cette lutte essentielle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          253

critiques presse (2)
Bedeo   05 janvier 2018
Même si certains passages sont un peu difficiles, on apprécie l’étude sérieuse que Leïla Slimani a menée auprès de ses lectrices, une véritable enquête de terrain sociétale à l’instar de King Kong Théorie de Virginie Despentes.
Lire la critique sur le site : Bedeo
BDGest   25 septembre 2017
Paroles d'honneur expose de manière claire un sujet qui fâche, une crise qui couve et se cache sous le voile de l'hypocrisie. Cette initiative est à saluer car beaucoup de ses victimes n'ont pas forcément la possibilité ou la force de s'exprimer.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
Shan_ZeShan_Ze   28 avril 2018
[Au Maroc] Aujourd'hui encore, j'ai des amies qui gagnent leur vie et qui ne trouvent pas de propriétaire qui accepte de louer un appartement à une célibataire.
- Fiches de paie, avis d'imposition, pièces d'identité... vous n'êtes pas mariée ?
A chaque fois, ils trouvent des excuses.
- Par contre, il manque une autorisation écrite de votre père.
- Quoi ? Mais je gagne deux fois plus que lui ! C'est absurde !
En réalité, ils ont peur des rumeurs du quartier. Ils imaginent qu'une femme seule va faire entrer des hommes ou ouvrir une maison close.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
jeunejanejeunejane   05 novembre 2017
- Les autres femmes ont peur que je leur vole leur mari...
Et les maris craignent que mon statut de femme libérée ait une mauvaise influence sur leur épouse...
- Du coup, on ne t'invite pas ou peu. Je connais.
Commenter  J’apprécie          210
tchouk-tchouk-nougattchouk-tchouk-nougat   03 octobre 2017
Quand tu vois ta femme comme une machine à procréer, qui n'est pas censée éprouver de plaisir, et dont le corps est quasiment ta propriété, comment veux-tu avoir un rapport sain à la sexualité?
Commenter  J’apprécie          190
blandine5674blandine5674   21 janvier 2018
- Juste avant votre arrivée, je discutais avec des chercheuses américaines. Elles m’expliquaient que l’une d’elles avait donné une dissertation à ses élèves dont le sujet était : « Qu’est-ce que la religion pour vous, en un ou deux mots. » A cela la majorité des jeunes femmes avait répondu : « La peur ».
- C’est terrible !
Commenter  J’apprécie          101
MarquePageMarquePage   31 octobre 2017
Avant d'être un individu, une femme est une mère, une sœur, une épouse, une fille, garante de l'honneur familial, et, pire encore, de l'identité nationale. Sa vertu est un enjeu public.
Il reste à inventer la femme qui ne serait à personne, qui n'aurait à répondre de ses actes qu'en tant que citoyen lambda et pas en fonction de son sexe.
Commenter  J’apprécie          60
Lire un extrait
Videos de Leïla Slimani (60) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Leïla Slimani
Michaëlle Gagnet "L?amour interdit" - Sexe et tabous au Maghreb / préface de Leila Slimani
En librairie le 12 juin 2019 208 pages ? 17 ? http://www.editionsarchipel.com/livre/lamour-interdit/
Au Maghreb, l?amour prend souvent l?allure d?un sport de combat. Pour s?aimer, il faut ruser, jouer des apparences, oser de?fier les conventions. En Tunisie, premie?re de?mocratie du monde arabe, la re?volution sexuelle n?a pas encore eu lieu : le concubinage est passible de prison, la virginite? encore sacralise?e. Au Maroc, les relations hors mariage sont pe?nalise?es et les me?res ce?libataires conside?re?es comme des parias. En Alge?rie, il faut se cacher pour s?aimer, le harce?lement sexuel est un fle?au quotidien. Quant aux homosexuels, ils sont conside?re?s comme des criminels et risquent trois anne?es de prison. L?auteur a recueilli les te?moignages de dizaines d?hommes et de femmes, de couples et de ce?libataires, d?he?te?rosexuels et d?homosexuels en Tunisie, au Maroc et en Alge?rie. Tous racontent la difficulte? de s?aimer, le poids des traditions, de la religion et des lois re?trogrades. Ils disent aussi leur soif de liberte? et leur envie d?en finir avec ce carcan qui les e?touffe. Des te?moignages forts, essentiels, qui relatent un combat quotidien pour la liberte?. ----------- Re?alisatrice de documentaires et reportages pour Arte, France 2, France 5 et M6, Michae?lle Gagnet a ve?cu trois ans en Tunisie. Elle est l?auteure du documentaire "Sexe et Amour au Maghreb", diffuse? sur M6 en janvier 2019, qui a inspire? ces re?cits.
« Aujourd?hui, il y a de nombreuses raisons d?espérer même si, comme le révèle ce livre bouleversant, la situation des droits sexuels au Maghreb donne lieu à d?innombrables tragédies individuelles. » Leila Slimani (extrait de sa préface)
+ Lire la suite
autres livres classés : marocVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les personnages de Tintin

Je suis un physicien tête-en-l'air et un peu dur d'oreille. J'apparais pour la première fois dans "Le Trésor de Rackham le Rouge". Mon personnage est inspiré d'Auguste Piccard (un physicien suisse concepteur du bathyscaphe) à qui je ressemble physiquement, mais j'ai fait mieux que mon modèle : je suis à l'origine d'un ambitieux programme d'exploration lunaire.

Tintin
Milou
Le Capitaine Haddock
Le Professeur Tournesol
Dupond et Dupont
Le Général Alcazar
L'émir Ben Kalish Ezab
La Castafiore
Oliveira da Figueira
Séraphin Lampion
Le docteur Müller
Nestor
Rastapopoulos
Le colonel Sponsz
Tchang

15 questions
3475 lecteurs ont répondu
Thèmes : bd franco-belge , bande dessinée , bd jeunesse , bd belge , bande dessinée aventure , aventure jeunesse , tintinophile , ligne claire , personnages , Personnages fictifsCréer un quiz sur ce livre
.. ..