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ISBN : 2352046548
Éditeur : Les Arènes (06/09/2017)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Rabat, été 2015. Suite à la parution de son livre "Dans le jardin de l'ogre", un roman cru et audacieux qui aborde la thématique de l'addiction sexuelle, Leila Slimani part à la rencontre de ses lectrices marocaines. Face à cette écrivaine franco-maghrébine décomplexée qui aborde la sexualité sans tabou, la parole se libère. Au fil des pages, l'auteur recueille des témoignages intimes déchirants qui révèlent le malaise d'une société hypocrite dans laquelle la femme ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
jeunejane
  05 novembre 2017
Après la publication de son roman "Le jardin de l'ogre", Leïla Slimani se trouve au Maroc et rencontre une jeune femme, Nour dans les salons de son hôtel.
Elle a ensuite recueilli d'autres confidences des femmes marocaines opprimées dans leurs choix de vies de femmes.
On découvre des femmes aussi libérées dans leurs pensées que les femmes occidentales.
Soit, elles décident de vivre leur liberté et ce n'est pas simple, soit elles se plient et deviennent des personnes à la pensée duale, de vraies personnalités doubles comme la dame dessinée à la page 24 , avec un double visage, deux pensées ( pour moi, la plus belle illustration de l'album).
Ce reportage à travers le Maroc donnera ce roman graphique illustré par Laetitia Coryn et écrit par Leïla Slimani.
J'ai aimé les paysages, les vues de villes et villages, les personnages dans l'ensemble mais j'ai moins aimé les visages. L'ensemble donne une vision distante.
Les paroles et les textes manquent légèrement d'âme.
Certes, le ton est donné et nous annonce qu'il s'agit d'un reportage.
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boudicca
  07 décembre 2017
Lorsque Leïla Slimani sort son premier roman en 2014 (« Dans le jardin de l'ogre »), elle rencontre une jeune compatriote qui se met à lui raconter les difficultés qu'elle rencontre au quotidien en tant que femme marocaine. L'auteure y puise l'inspiration pour un essai intitulé « Sexe et mensonge » qui dénonce l'hypocrisie de la société marocaine vis à vis de la sexualité et son rapport complexe avec le corps féminin. C'est cet essai qui est ici adapté en roman graphique par Leïla Slimani et Laeticia Coryn dont l'objectif est simple mais pourtant difficile à atteindre : libérer la parole des femmes. Un thème qui fait évidemment échos à l'actualité, et pas seulement au Maroc, après les révélations de l'affaire Wellenstein ou encore la profusion des hashtags « balance ton porc » et « me too ». L'ouvrage est organisé en trois parties dont la première consiste essentiellement à recueillir cette parole des Marocaines afin de donner au lecteur un aperçu du paysage sur place. Et ce qu'on entend à de quoi révolter. On découvre l'histoire d'une fillette mariée de force et cherchant à plaire à son mari qui ne veut pas la toucher. Une autre raconte ses deux mariages catastrophiques, avec viols, coups et humiliations à la clé. Une autre encore raconte son mal être en tant que lesbienne dans un pays où l'homosexualité est puni d'emprisonnement. le premier constat qui saute aux yeux, c'est évidemment cette violence quotidienne que subissent les femmes. Les coups, enfants, parce qu'elles osent dirent qu'un « garçon est amoureux d'une fille » et que ça ne se fait pas. Les viols à l'adolescence parce que les garçons sont persuadés que de toute façon elles n'étaient déjà plus vierges. Les insultes (« pute », « salope ») dès toute petite, juste parce qu'elles s'épilent les sourcils ou portent une jupe jugée trop courte.
La seconde chose que l'on remarque, c'est cette espèce de schizophrénie des hommes marocains qui, d'un côté, ne se gênent pas pour sortir et coucher avec des femmes en dehors des liens du mariage, et de l'autre estime tout à fait normal d'attendre de leur épouse qu'elle soit vierge au moment de la nuit de noce. La virginité revêt ainsi une importance totalement démesurée, au point qu'une loi permet d'ailleurs aujourd'hui encore de punir « d'un mois à un an d'emprisonnement toutes personnes de sexes différents qui, n'étant pas unis par les liens du mariage, ont entre elles des relations sexuelles ». Ce tabou oblige évidemment les femmes à tenir un double discours et les met souvent dans des situations humiliantes, voire dangereuse lorsqu'il est question d'avortements qui, évidement, doivent se faire de manière clandestine (on compterait jusqu'à 600 interruptions de grossesse pratiquées chaque jour au Maroc, dont des centaines qui entraînent des risques dramatiques pour la femme). le bilan est accablant et on prend pleinement conscience de l'importance pour les Marocaines de briser le silence qu'on leur impose et de prendre conscience qu'elles ne sont pas seules. La seconde partie du roman graphique, très courte, fait office d'intermède et relate les événements révélateurs qui se sont déroulés au Maroc lors de l'été 2015. Il y eut d'abord la polémique suscitée par le film Much Loved ; puis les concerts de Jennifer Lopez et Placebo qui ont fait scandale (la première parce qu'elle était trop dénudée, le second parce qu'il s'était peint sur le torse le numéro 489 barré pour dénoncer l'article de loi qui pénalise l'homosexualité au Maroc) ; et enfin il y a eu ces lynchages d'homosexuels dans la rue et une agression particulièrement marquante de deux jeunes filles à cause de leur tenue.
La troisième et dernière partie propose des éléments d'analyse pour tenter de comprendre ces mécanismes précédemment décrits. Pour ce faire, l'auteur met en scène un certain nombre d'intellectuels et militants défendant la cause des femmes et apportant un regard critique vis à vis du rapport des Marocains à la sexualité. C'est le cas par exemple de la journaliste Mona Eltahawi qui dénonce dans ses écrits la misogynie du monde arabe, mais aussi de la théologienne Asma Lamrabet, qui se bat pour une réécriture des textes sacrées du Coran à partir d'une perspective plus féministe, ou encore du réalisateur du fameux film « Much Loved », Nabil Ayouch. Tous ont pour point commun de dénoncer le rapport malsain que les hommes marocains entretiennent avec la sexualité et la stigmatisation des femmes qui cherchent à s'émanciper. Ce qui compte avant tout, en fin de compte, c'est le regard de l'autre et la honte que l'on fait systématiquement rejaillir sur les femmes. Ce portrait sombre et déprimant de la société marocaine d'aujourd'hui est fort heureusement nuancé par l'auteur qui insiste tout de même sur les évolutions positives de ces dernières années. Leïla Slimani rapporte par exemple quelques témoignages d'hommes qui veulent eux aussi que les choses changent et n'acceptent pas la façon dont sont traitées les femmes dans leur pays. L'auteur montre aussi que les résistances à la libération des Marocaines ne viennent pas toujours de ceux qu'on croit. Ainsi, des islamistes peuvent être pour une ouverture du droit à l'avortement, tandis que des femmes vont s'y opposer. En dépit de la dureté des témoignages recueillis, la plupart des femmes et des hommes interrogés ici s'accordent tout de même pour dire que, peu à peu, la parole commence à se libérer, permettant aux femmes de sortir de leur isolement et de lutter plus efficacement pour une plus grande égalité avec les hommes.
Leïla Slimani et Laetitia Coryn signent un très bel ouvrage qui permet aux Marocaines de parler des violences et des injustices dont elles sont victimes dans leur pays, tout en analysant le comportement masculin et les tabous relatifs à la sexualité et au corps féminin. A lire !
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tchouk-tchouk-nougat
  03 octobre 2017
Leïla Slimani nous le dit en préface, c'est lors d'une tournée de dédicace pour son roman "dans le jardin de l'ogre" qu'elle a rencontré des marocaines ayant le désir de s'exprimer sur leur sexualité, sujet tabou dans leur culture. L'auteur a eu envie de recueillir ses témoignages, et de les dévoiler au public sous forme d'une BD. Une manière pour elle de dédiaboliser le sujet et de faire avancer les mentalités.
Cela donne un joli roman graphique, mis en image par Laetitia Coryn qui a su, grâce à un dessin simple, faire ressortir les témoignages de ces femmes marocaines. On s'attend au contenu, on s'attend même souvent à pire, mais je trouve que c'est dit que manière très neutre, sans à priori et sans jugement de valeur. Tout en dénonçant l'hypocrisie des traditions et des lois marocaines, et en poussant gentiment les femmes à s'émanciper.
Un recueil de témoignages donc, sur un sujet d'actualité, encore trop tabou dans certains pays. Après j'ai parfois trouvé la lecture décousue, certains passages plus ennuyant que d'autre. J'aurais aimé, pour parler de ce sujet délicat mais au combien important, une histoire plus tangible.
Néanmoins je salue bien bas ce genre d'ouvrages qui j'espère est un moyen pour faire avancer les choses. En parler c'est déjà ouvrir les esprits!
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MarquePage
  31 octobre 2017
Une BD très intéressante, instructive, touchante et révoltante de par son sujet. On a du mal à croire que ça existe encore de nos jours.
Traitée sans jugement, avec pudeur mais sans tabou. C'est fait de façon très intelligente, documentée, dans le but de sensibiliser. Des témoignages variés sur un même thème pour nous faire comprendre cette pauvre réalité, en comprendre les tenants et les aboutissants, une BD aussi porteuse d'espoir. On se laisse emporter par ce quotidien.
Certains passages sur la religion, les enjeux de ces coutumes culturelles, le pourquoi du comment, sont ardus et gâchent le plaisir de la BD. Un peu de répétition.
Comment ne pas s'attacher à toutes ces femmes variées, fortes, victimes, différentes, comme tout le monde ?
Les dessins renferment une certaine douceur avec les couleurs crayonnées. Sans qu'ils soient exceptionnels.
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Catilina38
  29 septembre 2017
Le travail d'édition (les Arènes n'est pas à l'origine un éditeur BD) est de très bonne qualité, avec un beau livre doté d'une maquette élégante et soignée jusqu'à la quatrième de couverture. Une préface de Leïla Slimani explique l'origine du projet et une biographie des personnes rencontrées clôt le livre. A noter que l'illustration de couverture n'est pas due à l'illustratrice de la BD, mais on reste dans un style très proche et il n'y a pas tromperie.
Suite au succès de ses ouvrages, les éditions des Arènes ont demandé à la médiatique Leïla Slimani d'adapter son travail sur la sexualité des marocaines dans une version BD. Ce qui aurait pu n'être qu'une transposition commerciale aboutit à un très bel objet cohérent, une véritable BD et une belle réussite. Si la trame est celle du reportage BD, l'on sent le regard de l'illustratrice dans certains plans larges, paysages, vie de rue au Maroc et l'on reste bien dans un cadre BD avec son appropriation graphique. Les textes sont élégants, les dialogues très fluides et le tout s'enchaîne sans difficulté malgré la structure qui passe du récit de Slimani aux entretiens avec les autres personnages. L'album est découpé en chapitres qui aèrent le tout et jamais l'on ne sent la lourdeur que peuvent revêtir certains albums de reportage BD. L'illustration y est sans doute pour beaucoup. Ce sujet est passionnant, plein de découvertes, mené sans pathos, avec quelques révoltes et l'on sent la sincérité de la retranscription des témoignages. le format BD apporte une légèreté qui permet de passer beaucoup d'informations sans plomber la lecture, si bien que Paroles d'honneur se parcoure d'une traite.
Laetitia Coryn a surtout travaillé dans la BD d'humour dans un style plutôt cartoon et la technique utilisée ici démontre une remarquable maîtrise technique dans un ton plus réaliste notamment dans les expressions des personnages que l'on distingue bien physiquement et qu'elle parvient à rentre touchantes. La colorisation (réalisée par une coloriste) est très agréable, l'effet crayonné ajoutant une texture très agréable. L'exercice n'est pas évident puisqu'il s'agit d'une succession de discussions entre deux personnages. Les planches sont pourtant très aérées avec des alternances de portraits, de paysages, de représentations de scènes familiales ou de cases façon strip. L'on est immergé dans les familles et les rues marocaines, avec quelques focus sur des costumes traditionnels, des échoppes, etc. C'est documenté, fait avec le plus grand sérieux, très chouette.
Au final nous avons un pari réussi qui fait le pont entre la BD classique et le reportage journalistique (souvent plus austère), sans oublier l'importance du graphisme dans ce média. Je recommande chaudement cet album, sur un sujet peu abordé dans les médias français et qui nous fait nous questionner y compris sur la place de la femme dans les familles françaises.
Lien : https://etagereimaginaire.wo..
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critiques presse (1)
BDGest   25 septembre 2017
Paroles d'honneur expose de manière claire un sujet qui fâche, une crise qui couve et se cache sous le voile de l'hypocrisie. Cette initiative est à saluer car beaucoup de ses victimes n'ont pas forcément la possibilité ou la force de s'exprimer.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
jeunejanejeunejane   05 novembre 2017
- Les autres femmes ont peur que je leur vole leur mari...
Et les maris craignent que mon statut de femme libérée ait une mauvaise influence sur leur épouse...
- Du coup, on ne t'invite pas ou peu. Je connais.
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tchouk-tchouk-nougattchouk-tchouk-nougat   03 octobre 2017
Quand tu vois ta femme comme une machine à procréer, qui n'est pas censée éprouver de plaisir, et dont le corps est quasiment ta propriété, comment veux-tu avoir un rapport sain à la sexualité?
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MarquePageMarquePage   31 octobre 2017
Avant d'être un individu, une femme est une mère, une sœur, une épouse, une fille, garante de l'honneur familial, et, pire encore, de l'identité nationale. Sa vertu est un enjeu public.
Il reste à inventer la femme qui ne serait à personne, qui n'aurait à répondre de ses actes qu'en tant que citoyen lambda et pas en fonction de son sexe.
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tchouk-tchouk-nougattchouk-tchouk-nougat   04 octobre 2017
-Je le rappelle qu'elles utilisaient des méthodes vraiment obsolètes pour se protéger des maladies... des trucs de grand-mère, sans aucune efficacité.
-De toute façon, la MST la redoutée au Maroc, ce sont les bébés!
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MarquePageMarquePage   31 octobre 2017
- L'émancipation est d'abord conscientisation. Si les femmes n'ont pas pris la pleine mesure de l'état d'infériorité dans lequel elles sont maintenues, malheureusement elles ne feront que le perpétuer, encore et encore. Alors il faut en parler. Le plus possible.
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