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ISBN : 2352046548
Éditeur : Les Arènes (06/09/2017)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 57 notes)
Résumé :
Rabat, été 2015. Suite à la parution de son livre "Dans le jardin de l'ogre", un roman cru et audacieux qui aborde la thématique de l'addiction sexuelle, Leila Slimani part à la rencontre de ses lectrices marocaines. Face à cette écrivaine franco-maghrébine décomplexée qui aborde la sexualité sans tabou, la parole se libère. Au fil des pages, l'auteur recueille des témoignages intimes déchirants qui révèlent le malaise d'une société hypocrite dans laquelle la femme ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
jeunejane
  05 novembre 2017
Après la publication de son roman "Le jardin de l'ogre", Leïla Slimani se trouve au Maroc et rencontre une jeune femme, Nour dans les salons de son hôtel.
Elle a ensuite recueilli d'autres confidences des femmes marocaines opprimées dans leurs choix de vies de femmes.
On découvre des femmes aussi libérées dans leurs pensées que les femmes occidentales.
Soit, elles décident de vivre leur liberté et ce n'est pas simple, soit elles se plient et deviennent des personnes à la pensée duale, de vraies personnalités doubles comme la dame dessinée à la page 24 , avec un double visage, deux pensées ( pour moi, la plus belle illustration de l'album).
Ce reportage à travers le Maroc donnera ce roman graphique illustré par Laetitia Coryn et écrit par Leïla Slimani.
J'ai aimé les paysages, les vues de villes et villages, les personnages dans l'ensemble mais j'ai moins aimé les visages. L'ensemble donne une vision distante.
Les paroles et les textes manquent légèrement d'âme.
Certes, le ton est donné et nous annonce qu'il s'agit d'un reportage.
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boudicca
  07 décembre 2017
Lorsque Leïla Slimani sort son premier roman en 2014 (« Dans le jardin de l'ogre »), elle rencontre une jeune compatriote qui se met à lui raconter les difficultés qu'elle rencontre au quotidien en tant que femme marocaine. L'auteure y puise l'inspiration pour un essai intitulé « Sexe et mensonge » qui dénonce l'hypocrisie de la société marocaine vis à vis de la sexualité et son rapport complexe avec le corps féminin. C'est cet essai qui est ici adapté en roman graphique par Leïla Slimani et Laeticia Coryn dont l'objectif est simple mais pourtant difficile à atteindre : libérer la parole des femmes. Un thème qui fait évidemment échos à l'actualité, et pas seulement au Maroc, après les révélations de l'affaire Wellenstein ou encore la profusion des hashtags « balance ton porc » et « me too ». L'ouvrage est organisé en trois parties dont la première consiste essentiellement à recueillir cette parole des Marocaines afin de donner au lecteur un aperçu du paysage sur place. Et ce qu'on entend à de quoi révolter. On découvre l'histoire d'une fillette mariée de force et cherchant à plaire à son mari qui ne veut pas la toucher. Une autre raconte ses deux mariages catastrophiques, avec viols, coups et humiliations à la clé. Une autre encore raconte son mal être en tant que lesbienne dans un pays où l'homosexualité est puni d'emprisonnement. le premier constat qui saute aux yeux, c'est évidemment cette violence quotidienne que subissent les femmes. Les coups, enfants, parce qu'elles osent dirent qu'un « garçon est amoureux d'une fille » et que ça ne se fait pas. Les viols à l'adolescence parce que les garçons sont persuadés que de toute façon elles n'étaient déjà plus vierges. Les insultes (« pute », « salope ») dès toute petite, juste parce qu'elles s'épilent les sourcils ou portent une jupe jugée trop courte.
La seconde chose que l'on remarque, c'est cette espèce de schizophrénie des hommes marocains qui, d'un côté, ne se gênent pas pour sortir et coucher avec des femmes en dehors des liens du mariage, et de l'autre estime tout à fait normal d'attendre de leur épouse qu'elle soit vierge au moment de la nuit de noce. La virginité revêt ainsi une importance totalement démesurée, au point qu'une loi permet d'ailleurs aujourd'hui encore de punir « d'un mois à un an d'emprisonnement toutes personnes de sexes différents qui, n'étant pas unis par les liens du mariage, ont entre elles des relations sexuelles ». Ce tabou oblige évidemment les femmes à tenir un double discours et les met souvent dans des situations humiliantes, voire dangereuse lorsqu'il est question d'avortements qui, évidement, doivent se faire de manière clandestine (on compterait jusqu'à 600 interruptions de grossesse pratiquées chaque jour au Maroc, dont des centaines qui entraînent des risques dramatiques pour la femme). le bilan est accablant et on prend pleinement conscience de l'importance pour les Marocaines de briser le silence qu'on leur impose et de prendre conscience qu'elles ne sont pas seules. La seconde partie du roman graphique, très courte, fait office d'intermède et relate les événements révélateurs qui se sont déroulés au Maroc lors de l'été 2015. Il y eut d'abord la polémique suscitée par le film Much Loved ; puis les concerts de Jennifer Lopez et Placebo qui ont fait scandale (la première parce qu'elle était trop dénudée, le second parce qu'il s'était peint sur le torse le numéro 489 barré pour dénoncer l'article de loi qui pénalise l'homosexualité au Maroc) ; et enfin il y a eu ces lynchages d'homosexuels dans la rue et une agression particulièrement marquante de deux jeunes filles à cause de leur tenue.
La troisième et dernière partie propose des éléments d'analyse pour tenter de comprendre ces mécanismes précédemment décrits. Pour ce faire, l'auteur met en scène un certain nombre d'intellectuels et militants défendant la cause des femmes et apportant un regard critique vis à vis du rapport des Marocains à la sexualité. C'est le cas par exemple de la journaliste Mona Eltahawi qui dénonce dans ses écrits la misogynie du monde arabe, mais aussi de la théologienne Asma Lamrabet, qui se bat pour une réécriture des textes sacrées du Coran à partir d'une perspective plus féministe, ou encore du réalisateur du fameux film « Much Loved », Nabil Ayouch. Tous ont pour point commun de dénoncer le rapport malsain que les hommes marocains entretiennent avec la sexualité et la stigmatisation des femmes qui cherchent à s'émanciper. Ce qui compte avant tout, en fin de compte, c'est le regard de l'autre et la honte que l'on fait systématiquement rejaillir sur les femmes. Ce portrait sombre et déprimant de la société marocaine d'aujourd'hui est fort heureusement nuancé par l'auteur qui insiste tout de même sur les évolutions positives de ces dernières années. Leïla Slimani rapporte par exemple quelques témoignages d'hommes qui veulent eux aussi que les choses changent et n'acceptent pas la façon dont sont traitées les femmes dans leur pays. L'auteur montre aussi que les résistances à la libération des Marocaines ne viennent pas toujours de ceux qu'on croit. Ainsi, des islamistes peuvent être pour une ouverture du droit à l'avortement, tandis que des femmes vont s'y opposer. En dépit de la dureté des témoignages recueillis, la plupart des femmes et des hommes interrogés ici s'accordent tout de même pour dire que, peu à peu, la parole commence à se libérer, permettant aux femmes de sortir de leur isolement et de lutter plus efficacement pour une plus grande égalité avec les hommes.
Leïla Slimani et Laetitia Coryn signent un très bel ouvrage qui permet aux Marocaines de parler des violences et des injustices dont elles sont victimes dans leur pays, tout en analysant le comportement masculin et les tabous relatifs à la sexualité et au corps féminin. A lire !
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tchouk-tchouk-nougat
  03 octobre 2017
Leïla Slimani nous le dit en préface, c'est lors d'une tournée de dédicace pour son roman "dans le jardin de l'ogre" qu'elle a rencontré des marocaines ayant le désir de s'exprimer sur leur sexualité, sujet tabou dans leur culture. L'auteur a eu envie de recueillir ses témoignages, et de les dévoiler au public sous forme d'une BD. Une manière pour elle de dédiaboliser le sujet et de faire avancer les mentalités.
Cela donne un joli roman graphique, mis en image par Laetitia Coryn qui a su, grâce à un dessin simple, faire ressortir les témoignages de ces femmes marocaines. On s'attend au contenu, on s'attend même souvent à pire, mais je trouve que c'est dit que manière très neutre, sans à priori et sans jugement de valeur. Tout en dénonçant l'hypocrisie des traditions et des lois marocaines, et en poussant gentiment les femmes à s'émanciper.
Un recueil de témoignages donc, sur un sujet d'actualité, encore trop tabou dans certains pays. Après j'ai parfois trouvé la lecture décousue, certains passages plus ennuyant que d'autre. J'aurais aimé, pour parler de ce sujet délicat mais au combien important, une histoire plus tangible.
Néanmoins je salue bien bas ce genre d'ouvrages qui j'espère est un moyen pour faire avancer les choses. En parler c'est déjà ouvrir les esprits!
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emilie5335
  13 février 2018
Leïla Slimani a obtenu le Goncourt 2016 avec son roman Chanson douce. Son nom sur la couverture de cette bande dessinée (ou roman graphique) a attiré mon attention. Elle y parle sans tabou de la sexualité dans son pays d'origine, le Maroc, où règne sur ce sujet la plus grande des hypocrisies puisque d'un côté la loi condamne toujours les relations sexuelles hors mariage et de l'autre les Marocains ont une sexualité très proche de celle des Occidentaux. Cela conduit à des situations totalement hallucinantes : des hommes qui n'ont aucun problème à avoir des relations sexuelles avec des femmes avant le mariage mais qui refusent de se marier avec des femmes non vierges ; des femmes qui ont des relations sexuelles avant le mariage mais qui font en sorte que leur hymen ne soit pas touché en pratiquant la sodomie ou encore des femmes qui subissent des opérations chirurgicales (hymenoplastie) pour réparer leur hymen et pouvoir être vierges « à nouveau » pour leur mariage…. Leïla Slimani reste nuancée dans ce texte : elle explique que certains hommes marocains, et même parfois certains religieux, sont plus ouverts sur ces sujets que certaines femmes marocaines considérées pourtant comme des progressistes. Cela démontre à quel point le sujet est épineux. Elle donne aussi la parole à une théologienne qui étudie le Coran et sa traduction pour montrer que cette image de femme sanctuarisée n'est pas présente dans les textes initiaux mais n'est comme souvent qu'une « interprétation sélective et machiste du Coran ». J'ai trouvé ce roman graphique très enrichissant, je ne connaissais pas cette situation totalement hypocrite du Maroc sur le sujet de la sexualité et c'est une bonne chose qu'un auteur aussi connu que Leïla Slimani la fasse connaître pour faire évoluer les mentalités là-bas. Elle a aussi écrit en parallèle un essai sur le même thème Sexe et mensonges : la vie sexuelle au Maroc que je n'ai pas lu mais je trouve que le support de la bande dessinée est une bonne idée car cela peut permettre de toucher un plus large public notamment chez les jeunes.
Lien : http://monpetitcarnetdelectu..
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Ogrimoire
  07 février 2018
Ce « roman graphique », qui n'en est pas totalement un, me fait irrémédiablement penser à Persepolis de Marjane Satrapi. Si le dessin est moins noir, la situation décrite, elle, ne l'est pas moins.
Avec le rappel des événements de 2015 dont, pour la plupart, je dois avouer que je les avais oubliés, mais, surtout, avec la parole de ces femmes qui racontent leur quotidien, on découvre une société marocaine marquée par une incroyable misère sexuelle. Et, alors que certains marocains font preuve d'une redoutable hypocrisie – ils n'hésitent pas à braver l'interdit pour « coucher », mais attendent cependant de celle qu'ils épousent qu'elle arrive vierge au mariage -, ce n'est malgré tout pas à un procès des hommes. En effet, l'émotion, la colère, la révolte n'empêche pas Leïla Slimani de donner aussi la parole à ces hommes qui, eux-mêmes, souffrent de cette morale rigoriste qui empêche tous les marocains, hommes ou femmes, de vivre pleinement leur vie.
Le texte est brut, parfois brutal, et toujours sans fioritures. Mais ce sont les témoignages qui veulent cela. Comment imaginer autre chose ?
L'un des moments qui illustrent bien le côté paradoxal de la situation, pour moi, c'est le moment où Asma Lamrabet, directrice du Centre des études féminines en islam, souligne le fait que les marocaines ne veulent plus être considérées comme des bijoux ou des bonbons. Car, si cela peut sembler galant, c'est surtout mis en avant pour justifier de les maintenir dans un carcan, un écrin « protecteur ».
Et les dessins sont à l'avenant : certains présentent les couleurs vives des villes marocaines, d'autres sont plus ternes, pour souligner l'ambiance sombre, d'autres enfin sont plaqués sur un fond blanc, clinique. On a parfois une profusion de détails, parfois quelques lignes seulement. Ce n'est pas forcément le genre de dessin que j'attends pour une bande dessinée, mais dans ce contexte là, cela m'a convenu.
Par dessus tout, l'importance et l'intérêt de ce livre, c'est son message de tolérance et sur l'importance de libérer la parole de toutes ces femmes, écrasées par des maris violents, soumises à une pression religieuse, familiale et sociale absolument terrifiante.
Lien : https://ogrimoire.wordpress...
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critiques presse (2)
Bedeo   05 janvier 2018
Même si certains passages sont un peu difficiles, on apprécie l’étude sérieuse que Leïla Slimani a menée auprès de ses lectrices, une véritable enquête de terrain sociétale à l’instar de King Kong Théorie de Virginie Despentes.
Lire la critique sur le site : Bedeo
BDGest   25 septembre 2017
Paroles d'honneur expose de manière claire un sujet qui fâche, une crise qui couve et se cache sous le voile de l'hypocrisie. Cette initiative est à saluer car beaucoup de ses victimes n'ont pas forcément la possibilité ou la force de s'exprimer.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
OgrimoireOgrimoire   07 février 2018
Des cours primaires de l’école publique jusque dans les madrasa coraniques, on dit « Craignez Dieu, sinon vous n’êtes pas un bon musulman ». Dans ce contexte, il est évident qu’on a aussi peur de la sexualité. Il faut complètement revoir la façon d’éduquer les filles et les garçons, et leur enseigner la religion comme une éthique de libération, d’émancipation plutôt que comme une morale rigoriste et sans nuances.
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jeunejanejeunejane   05 novembre 2017
- Les autres femmes ont peur que je leur vole leur mari...
Et les maris craignent que mon statut de femme libérée ait une mauvaise influence sur leur épouse...
- Du coup, on ne t'invite pas ou peu. Je connais.
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tchouk-tchouk-nougattchouk-tchouk-nougat   03 octobre 2017
Quand tu vois ta femme comme une machine à procréer, qui n'est pas censée éprouver de plaisir, et dont le corps est quasiment ta propriété, comment veux-tu avoir un rapport sain à la sexualité?
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blandine5674blandine5674   21 janvier 2018
- Juste avant votre arrivée, je discutais avec des chercheuses américaines. Elles m’expliquaient que l’une d’elles avait donné une dissertation à ses élèves dont le sujet était : « Qu’est-ce que la religion pour vous, en un ou deux mots. » A cela la majorité des jeunes femmes avait répondu : « La peur ».
- C’est terrible !
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tchouk-tchouk-nougattchouk-tchouk-nougat   04 octobre 2017
-Je le rappelle qu'elles utilisaient des méthodes vraiment obsolètes pour se protéger des maladies... des trucs de grand-mère, sans aucune efficacité.
-De toute façon, la MST la redoutée au Maroc, ce sont les bébés!
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