AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2352045681
Éditeur : Les Arènes (11/01/2017)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 86 notes)
Résumé :
Dans le livre Dans le jardin de l'ogre (Gallimard, 2014), Adèle, jeune épouse et mère de famille, sombrait dans l'addiction sexuelle. Un roman cru et audacieux sous la plume d'une jeune musulmane partie ensuite à la rencontre de ses lectrices marocaines.
De ville en ville, Leïla Slimani a écouté les déchirements d'une société où la femme ne peut être que vierge ou épouse. Où tout ce qui est hors la loi ou hors mariage est nié : prostitution, homosexualité, bu... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
nath45
  29 septembre 2017
Un très bel essai sur la sexualité au Maroc. Leila Slimani nous livre des portraits de femmes qu'elle a rencontrées et qui lui confient sans tabou leur vie sexuelle. Ces femmes issues de tous les milieux sont trop souvent coincées entre la tradition, la religion et l'émancipation, elles sont soumises à la ruse pour échapper aux menacent permanentes qu'elles soient familiales, policières, religieuses. C'est aussi valable pour les hommes et plus encore pour les homosexuels.
Les filles sont éduquées dès l'enfance à la frustration de leur corps, surtout rester vierge, mais aussi je cite :"avant d'être un individu, la femme est une mère, une soeur, une épouse, une fille. Elle est la garante de l'honneur familiale et, pire encore, de l'identité nationale. Sa vêtu est un enjeu public."
Pour les femmes ce n'est pas facile d'assumer le choix d'une relation sexuelle hors mariage, même les prostituées estiment qu'elles ont tort et espèrent être sauvées et expiées de leurs péchés, certaines homosexuelles font parfois le choix de se marier pour sauver la face.
Tout n'est pas sombre, beaucoup de femmes s'affranchissent, elles ont une soif de liberté il faut juste que la législation change, s'adapte à ces changements mais aussi les mères, et là je reprends les propos de la journaliste Joumana Haddad qui s'adresse aux mères après les agressions sexuelles de Cologne le 31 décembre 2015 : "Désolée de vous l'annoncer ainsi, à vous les mères, mais si vos fils deviennent des harceleurs, des violeurs, des violents, des pourris, des mauvais maris, des machos, ce n'est pas uniquement la faute de la société et de la culture : vous en êtes également responsables. Au lieu de répéter à votre fille qu'elle est une proie, cessez de dire à votre fils qu'il est un chasseur. Au lieu d'apprendre à votre fille à se taire, essayez d'apprendre à votre fils à écouter. Au lieu d'interdire à votre fille de porter une jupe, essayer de faire comprendre à votre fils qu'une jupe n'est pas une invitation au sexe. Au lieu de forcer votre fille à se couvrir, essayer d'expliquer à votre fils qu'une femme est autre chose qu'un corps."
Cet essai questionne sur la place de la femme, de l'homme, l'épanouissement de la jeunesse, le droit à la vie privée, à l'intime, à la liberté sexuelle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          292
de
  24 mai 2018
Des femmes non plus « objet » mais « sujet » de l'histoire
« le fait de vivre ou d'avoir grandi dans des sociétés où la liberté sexuelle n'existe pas fait du sexe un objet d'obsession permanent ». Mais y a-t-il une région du monde où existe l'égale liberté des unes et des autres, en matière de sexualité existe ? C'est oublier un peu vite, les rapports sociaux de sexe (système de genre), la domination sociale des femmes par les hommes, la réduction de la sexualité à la pénétration, l'oubli des désirs des femmes, les interdits dominants sous des formes historiques et situées, la domination aujourd'hui des modèles pornographique…
Mais le propos de l'autrice est moins général. Les relations sexuelles hors mariage, la « fornication » ou zinasont pénalisées au Maroc, les avortements sont illégaux (sauf en cas de viol, de malformations graves ou d'inceste), les homosexuel·les vivent « dans la peur et l'humiliation »… Les « autorités » tiennent un discours hypocrite : « Faites ce que vous voulez, mais faites-le en cachette ». Il y a donc une culture institutionnalisée du mensonge, le poison de l'hypocrisie, le déni des réalités au nom d'une « culture » ou d'une « identité » « données comme figées et anhistoriques », un ordre sans « droits individuels et sexuels » où la virginité (des seules femmes) est un impératif, la passivité de celles-ci incluse dans le mariage. Ce contrôle social sur le corps des femmes leur interdit « de jouer pleinement son rôle de citoyenne ». Les femmes sont niées en tant qu'individue.
Leila Slimani revient sur Adèle, personnage de son premier roman, « Une femme rongée par les remords et par sa propres hypocrisie », le concept de h'chouma, la notion de dépendance au groupe, les transgressions des « frontières sacrées ».Son livre n'est pas une étude sociologique, mais une livraison de paroles brutes, « Cette parole vibrante et intense, ces histoires qui m'ont bouleversée, émue, qui m'ont mise en colère et parfois révoltée ».
Quelques éléments choisis subjectivement dans ces rencontres entre femmes.
Les enfants abandonnés sans identité ni généalogie, le climat de confusion et d'angoisse, l'application des lois musulmanes « peu importe mon rapport intime à la religion », l'obsession de la virginité, la virginité comme outil de coercition, la reconstitution d'hymens, la commercialisation de faux hymens censés saigner, « la misère sexuelle est un capitalisme comme un autre »…
« Je ne demande pas la lune : juste vivre ce que je veux, avec qui je veux », le débat sur l'avortement sous le seul angle sanitaire « pour occulter complètement la question de la liberté sexuelle et du droit des femmes à disposer de leur corps », l'argument du « respect de la loi islamique », la pornographie et ce sexe qui « fait vendre du papier et exploser les audiences », le paragraphe du code pénal « selon lequel un violeur qui épouse sa victime ne peut plus être poursuivi en justice » et son abrogation par le Parlement, l'idée de séparation étanche entre l'espace public et l'espace privé, l'arbitraire et les humiliations, les tartuffes…
Le sexe prisonnier, des femmes vivant seules, les sites de rencontre, Internet, le cinéma, l'injonction au silence, les discours sur les « traditions » et l'« occident », la « terrible violence », la « cause des hommes », « Tout ça,me dit-elle, ça ne sert pas la cause de l'islam. Ça ne sert qu'une seule cause : celle des hommes », faire l'amour comme crime originel, l'imposition d'une sociabilité dans et par le couple, la place des femmes et les droits des femmes, « Elles ont bien sûr le droit de travailler, le devoir de payer des impôts mais elles n'ont pas totalement gagné le privilège de marcher en paix dans la rue, de s'assoir à une terrasse pour fumer une cigarette, etc. »…
L'érotisme arabe, les sexualités historiques, « la colonisation va par ailleurs édicter des lois très restrictive dans ce domaine », le puritanisme sexuel, l'interdiction de l'homosexualité inspiré du code français, l'argument asséné « C'est le Coran qui le dit », l'oubli de l'adresse à l'Insan (l'être humain), le halal et le haram, le déni de l'esprit critique du/de la croyant·e, dogmatisme et éthique…
L'identité supposée, mélange de protestation et de réaction, une construction historique, le passé effacé par le passé colonial, le présent défiguré par la marchandisation, et toujours le corps des femmes comme enjeu pour les hommes. La sexualité n'est pas une question identitaire ou morale, mais bien une question politique. Et pour la plupart des responsables religieux « le croyant-citoyen n'est pas autorisé à penser par lui-même et à prendre ses décisions en toute conscience ». Combattue par les uns et les autres, au nom de la religion ici, au nom de l'athéisme là, au nom de la concurrence libre et non faussée un peu partout, la liberté de conscience est haïe par tous les despotes et les masculinistes.
« Egalité des sexes », une autrice souligne les avancées des féministes, « revalorisation des droits, bataille pour l'accès à l'éducation, à la santé, à l'emploi, à la contraception : en cinquante ans, les féministes ont accompli un travail colossal ». Elle ajoute : « La lutte contre la répression sexuelle est un combat qui reste à mener »
Les pratiques sociales – dont les pratiques sexuelles – se sécularisent « sans que ce soit pour autant assumé ». Par le silence et les interdits imposés la sexualité des jeunes leur est volée, les unes et les autres ont recours à des « bricolage spatio-sexuel ». La question la fin de l'interdiction (ou « légalisation ») des relations sexuelles hors mariage est posée. « Cuisiner, faire des enfants et bien s'occuper de son mari » n'est pas horizon émancipateur. Les femmes peuvent vivre libre sans contrôle d'un homme. L'apparence (hymen) ne saurait dire ce qu'est une personne. le mariage peut-être une forme de prostitution institutionnalisée. Aucun groupe social n'a le droit de regard sur le corps des femmes.
Fatima Mernissi, citée par l'autrice écrivait : « Beaucoup des activités préférées des gens telles que se promener, découvrir le monde, chanter, danser et exprimer son opinion font partie des interdictions pour les femmes. le bonheur d'une femme viole la qa'ida »
Des paroles de femmes, des indignations et des luttes, la sécularisation contre la religion d'Etat, des pratiques derrière l'hypocrisie et les mensonges, des possibles émancipateurs contre des traditions inventées, des mots de femmes qui veulent être et vivre.
Reste une expression : « misère sexuelle » aussi répandue qu'imprécise. La misère sexuelle est une construction sociale, elle ne peut-être comprise qu'en regard des images fabriquées de ce que pourrait être le plaisir ou l'orgasme. Elle ne peut-être analysée qu'en prenant en compte les rapports sociaux de sexe (système de genre) et la construction de la sexualité dans ces rapports. Car il ne s'agit ici ni de caresses, partagées ou non, ni même de plaisir ou d'orgasme, mais bien d'accès à la pénétration vaginale, qui a beaucoup plus à voir avec la procréation qu'avec l'atteinte du plaisir. Les visions socialement étriquées (et incorporées) de la sexualité « obligée » pour les hommes définissent des normes qu'ils veulent imposer aux femmes, le reste étant méprisé sous le vocable de « préliminaires ». Et si justement la misère n'était que l'autre face de la scission liminaire ?
Mais dit autrement, la « misère sexuelle » des femmes à travers le monde, c'est leur objectivisation, la négation de leur être sujet et de leur puissance de jouissance…
La multiplication souhaitable d'autres livres,, sous cette forme ou sous d'autres manières, dans chaque région du monde, participe à rendre audibles les voix de femmes, visibles les concrets des réalités sexuelles – au delà des interdits, des préjugés, des fantasmes – vécues entre contrainte, double morale, volonté de maitriser son corps et ses désirs…

Lien : https://entreleslignesentrel..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Kirzy
  25 octobre 2017
Chapeau bas, Mme Slimani ! Après un remarquable Dans le Jardin de l'ogre et un Goncourt archi mérité pour Chanson douce, vous auriez pu vous la jouer mémère peinarde et capitaliser sur la lumière du jour. Au lieu de ça, vous choisissez de nous offrir un livre plus que d'actualité sur le droit à une sexualité libre, un combat quotidien pour les Marocaines.
Pas un roman donc mais un recueil de témoignages de Marocaines de tout horizon sociologique et de toute génération, entrecoupés de réflexions ou de recadrages informatifs.
Pas non plus un livre de sociologie tellement on sent vibrer la chair entre les lignes, les souffrances endurées, les rêves aussi.
Un livre nécessaire et édifiant que l'on referme la boule au ventre. Je n'oublierai pas Soraya à qui sa mère répétait chaque jour " n'oublie pas de rester vierge", Nour qui fait croire qu'elle est vierge à son amoureux du moment, Zhor violée à 15 ans qui a été montré du doigt, F. qui se prostitue pour les bourgeois frustrés ... Terrible.
Pour rappel, au Maroc, tout acte sexuel hors mariage est considéré comme un crime réprimé, qui plus est l'homosexualité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          155
DanetteB
  11 novembre 2017

Pour celles et ceux qui ne me connaissent pas, je dois vous dire que ce livre était pour moi une évidence à lire... J'ai vécu plus de 7 ans au Maroc, non pas en tant que touriste, mais parmi et avec les marocains. Lors de ma vie là-bas, j'ai rapidement constaté toute cette hypocrisie autour du sexe, toute cette misère affective et sexuelle, cette souffrance et ce manque d'amour...
L'AMOUR : autant dire qu'il ne fait pas partie de leur vocabulaire, de leur culture, éducation et de leur quotidien. Les nombreux mariages arrangés en sont hélas la preuve. le poids de la famille, de la religion sont des barrières insurmontables pour ceux et celles qui veulent s'en libérer et ils le paient très cher.
Je ne me pose pas ici, en juge, loin de moi l'idée. Je les aime et les respecte trop pour cela. de plus, de quel droit, pourrais - je les juger ?
Je suis juste agréablement surprise de constater que la parole se libère. Leïla Slimani en est la preuve vivante. Elle a osé, elle ose et à mes yeux, c'est un acte de grand courage. Oui, quand on connait l'état d'esprit qui règne au Maroc, on imagine qu'elle risque de ne plus être la bienvenue.
Toute société ne supporte pas que l'on dévoile ses travers. Au Maroc, le sexe est tabou, on n'en parle pas, on le chuchote... le silence est de rigueur.
Leïla Slimani brise ce silence avec des témoignages sincères et courageux de marocaines et de quelques marocains. Son analyse est particulièrement juste et forte. Les femmes qui témoignent dans cet ouvrage ne font pas semblant; les mots qu'elles utilisent, les récits qu'elles relatent sont volontairement crus, cinglants et douloureux. Pas de faux semblants.
2017 et la femme est toujours considérée comme un objet sexuel, comme inférieure à l'homme; même en occident. Elle doit prouver chaque jour qu'elle a le droit d'exister, d'avoir des désirs, des rêves; d'avoir un corps et de l'utiliser comme bon lui semble.
Ce livre est un cri de détresse, de douleurs, mais aussi d'espoir pour la jeune génération marocaine et un énorme cri d'amour avec un grand A !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
chocoladdict
  02 octobre 2017
Je connaissais Leila Slimani pour ses romans Dans le jardin de l'ogre (après avoir lu cet essai, je comprends un peu mieux l'accueil qu'a pu recevoir dans son pays ce roman où il est question d'une femme nymphomane) et Chanson douce qui a obtenu en 2016 le prix Goncourt. Je ne regarde quasiment pas la télévision mais il parait qu'elle est invitée sur pas mal de plateaux de télé en ce moment.
Sexe et mensonges : la vie sexuelle au Maroc n'est pas un essai sociologique mais le recueil de la parole de femmes et d'hommes marocains plus libres que les autres ou qui ont un regard assez critique sur la société marocaine et ses rapports avec la sexualité pour avoir envie d'en témoigner, peut être « éveiller les consciences » et qui sait, même si cela est une goutte d'eau, faire évoluer les choses.
Est ce qu'une situation sous prétexte qu'elle est culturelle (ce que l'auteur démonte par ailleurs) est sensée perdurer ? de rencontre en rencontre, Leila Slimani dresse le portrait d'une société hypocrite, où le regard de l'autre semble guider toute conduite, où la consommation de pornographie est très forte mais où toute sexualité en dehors du mariage n'est pas sensée exister.
Sexe et mensonges : la vie sexuelle au Maroc dépasse largement la simple accumulation de témoignages car il propose par exemple l'éclairage d'une chercheuse en théologie, Asma Lamrabet :
‘N'importe qui peut dire n'importe quoi au nom de la religion. Dès qu'on veut justifier le fait de vous dominer, on vous assène cette phrase « C'est le Coran qui le dit ».Il faut que les femmes aient les outils pour argumenter face à cette inculture religieuse généralisée. Nous ne devons pas accepter n'importe quoi au nom du sacré. »
ou celui du sociologue Dialmy qui explique très finement ce qui peut se résumer à une phrase :
« Faites ce que vous voulez, mais faites-le en cachette. »
Ce qu'il faut souligner aussi, malgré le fait que les hommes ont une liberté (celle d'avoir une vie sexuelle hors mariage puisqu'il n'y aucun moyen de le vérifier) que n'ont pas les femmes, c'est que le propos ne tombe pas dans le manichéisme : les hommes ne sont pas vus comme des ennemis et les femmes ne sont pas forcément toutes des victimes. L'éditorialiste Sanaa al Aji rappelle :
« Eux aussi souffrent de ce malaise, de cette ambiguïté. Ils ont eux aussi envie que les relations avec les femmes soient plus simples. Il faut dire que les femmes ont, elles aussi, un lien mercantile avec leurs corps. Pour beaucoup d'entre elles, le mari représente d'abord un avancement social. L'homme donne une dot en contrepartie du mariage. (…) Beaucoup de femmes veulent la modernité mais elles veulent en même temps que le mari gagne de l'argent et s'occupe d'elles. Très peu assument vraiment la modernité. »
Il n'empêche qu'au Maroc les relations hétérosexuelles hors mariage, les actes homosexuels et l'avortement sont aujourd'hui punis par le code pénal.
Lien : http://www.chocoladdict.fr/2..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60

critiques presse (5)
LeDevoir   30 octobre 2017
Leïla Slimani sonde l’hypocrisie des moeurs qui cimente les relations au Maroc
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LaPresse   07 septembre 2017
La récipiendaire du Goncourt 2016 pour son terrible roman Chanson douce nous revient avec un essai sur la vie sexuelle des Marocains, un ouvrage qui lui a demandé deux années d'enquête sur le terrain.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeMonde   06 septembre 2017
Dans « Sexe et mensonges. La vie sexuelle au Maroc », Leïla Slimani, lauréate du Goncourt 2016, brise le tabou sur la sexualité au Maroc en donnant la parole aux femmes.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Culturebox   05 septembre 2017
Un livre de témoignages de femmes qui montre combien le droit à une sexualité libre reste un combat quotidien des Marocaines.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LePoint   28 août 2017
L'enquête de la lauréate du Goncourt 2016 sur la sexualité au Maroc décrit les dérives d'une société hypocrite qui repose sur "une morale manichéenne".
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
chocoladdictchocoladdict   02 octobre 2017
‘N’importe qui peut dire n’importe quoi au nom de la religion. Dès qu’on veut justifier le fait de vous dominer, on vous assène cette phrase « C’est le Coran qui le dit ».Il faut que les femmes aient les outils pour argumenter face à cette inculture religieuse généralisée. Nous ne devons pas accepter n’importe quoi au nom du sacré. »
Commenter  J’apprécie          80
BRAEMBRAEM   29 septembre 2017
Pour la sociologue marocaine, si Shérérazade est un personnage si extraordinaire, ça n'est pas parce qu'elle incarnerait la femme orientale séductrice et lascive mais, bien au contraire, parce qu'elle reprend ses droits sur le récit, qu'elle n'est plus seulement objet mais sujet de l'histoire. Les femmes doivent retrouver le moyen de peser sur une culture qui l'otage des religieux et du patriarcat. En prenant la parole, en se racontant, elles usent d'une des armes les plus puissantes contre la haine et l'hypocrisie généralisée. Les mots.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
rkhettaouirkhettaoui   26 septembre 2017
Le sexe est devenu une nouvelle ligne rouge. Les Marocains oscillent entre le fantasme et la détestation. Nous sommes le cinquième consommateur mondial de pornographie sur Internet, et en même temps les gens appellent continuellement à la décence. Il y a 160 000 personnes qui sont allées voir Jennifer Lopez, un million et demi de Marocains ont regardé le concert à la télévision, et ensuite ils l’insultent sur Internet parce qu’elle était habillée de manière trop provocante. Aujourd’hui, on fait face à une opposition en termes identitaires : le sexe, c’est l’autre, l’Occident décadent, alors que l’identité marocaine et musulmane s’apparenterait à la vertu et à la pudeur. Mais on oublie tout. On oublie que c’est nous, les Arabes et les musulmans, qui avons au XVe siècle choqué l’Occident par nos écrits érotiques. On a inventé l’érotologie. Nous sommes devenus amnésiques.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Nat_85Nat_85   18 février 2018
Désolée de vous l'annoncer ainsi, à vous les mères, mais si vos fils deviennent des harceleurs, des violeurs, des violents, des pourris, des mauvais maris, des machos, ce n'est pas uniquement de la faute de la société et de la culture : vous en êtes également responsables. Au lieu de répéter à votre fille qu'elle est une proie, cessez de dire à votre fils qu'il est un chasseur. Au lieu d'apprendre à votre fille à se taire, essayer d'apprendre à votre fils à écouter. Au lieu d'interdire à votre fille de porter une jupe, essayer de faire comprendre à votre fils qu'une jupe n'est pas une invitation au sexe. Au lieu de forcer votre fille à se couvrir, essayer d'expliquer à votre fils qu'une femme est autre chose qu'un corps.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
rkhettaouirkhettaoui   26 septembre 2017
Avec les années et avec la distance, j’ai sans doute oublié à quel point il était difficile de vivre sans ces libertés qui me sont devenues si naturelles. En France, on a peut-être du mal à imaginer la schizophrénie qu’engendre la découverte de sa sexualité pour une jeune fille dans un pays où l’islam est religion d’État et où les lois sont extrêmement conservatrices sur tous ces sujets.
Je suis marocaine et, au Maroc, les lois musulmanes s’appliquent à moi. Peu importe mon rapport intime à la religion. Quand j’étais adolescente, mes parents ont donc dû m’expliquer, même si cela était en contradiction avec leurs propres convictions, qu’il m’était interdit d’avoir des relations sexuelles hors mariage ou même de me trouver dans un endroit public avec un homme qui n’était pas de ma famille.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Leïla Slimani (55) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Leïla Slimani
31.05.18 - INTEGRALE - L. Slimani, L. Salvayre, D. Franck, P. Pécherot, M. Guven...
autres livres classés : marocVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (5 - essais )

Roland Barthes : "Fragments d'un discours **** "

amoureux
positiviste
philosophique

20 questions
298 lecteurs ont répondu
Thèmes : essai , essai de société , essai philosophique , essai documentCréer un quiz sur ce livre
. .