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Éditeur : Emile-Paul Frères Editeurs Paris (01/01/1919)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
"Le Livre de l'Émeraude", paru en 1902, a été écrit en 1900 par un jeune Marseillais en quête d'un peuple et d'une civilisation où s'enraciner. Suarès a trente-deux ans quand il tire de sa vie quotidienne cet hymne solaire, cette offrande à la nature, ce portrait de la Bretagne et des Bretons. C'est le premier effort d'identification à un pays qu'il découvre ; il en fait un portrait qui, près d'un siècle plus tard, garde intacte sa valeur de témoignage. La Bretagne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
gill
  19 juillet 2016
Que dire de ce livre ?
Sinon qu'il laisse son lecteur sans voix, sans force pour ouvrir un nouvel ouvrage, sans volonté de reprendre haleine.
Que dire de tant de beauté, de tant de sincérité et de tant de violence ?
Les premières pages s'ouvrent, à Paris, sur le quai d'une gare où se bouscule une foule de marins, de jeunes demoiselles en coiffes et de vieilles femmes vêtues de noir.
C'est, déjà, un peu la Bretagne ...
Ce livre, paru en 1919, est fait de quatre-vingt-deux textes très courts.
Ils sont en prose mais tissés de la plus pure des poésies.
L'ouvrage est précédé d'une dédicace.
La Bretagne va mourir.
Tout est dit !
Avec ce siècle qui s'annonce, guette le nivellement, venu du nouveau monde barbare anglo-saxon, de "l'esprit machiné dans les usines de la morale et de l'esprit à bon marché".
L'auteur n'est pas breton.
Il aime, en elle, la belle émeraude qui jette ses derniers feux.
André Suarès a peint une Bretagne qui n'existe plus.
Chaque texte est comme une aquarelle, comme un portrait tracé au fusain, comme une sombre peinture à l'huile.
Le livre est magnifique.
Sa beauté rend parfois même son accès un peu difficile.
La lecture doit s'y faire lente et appliquée.
Cette littérature est de celle où l'on s'attarde, où l'on musarde au détour de chaque phrase.
Tout y est fait de petites touches fines, sincères et poignantes.
Ni la beauté, ni la misère, ni le malheur, le mépris et la bonté, rien n'échappe à la plume d'André Suarès, qui observe, jauge et décrit.
L'ouvrage est une grande fresque humaine où le folklore n'a pas sa place.
Le beau y voisine avec le pitoyable.
Le livre est magnifique et terrible.
Il est peut-être celui qui emmêle toutes les littératures, assurément celui qui nous remet face à notre condition humaine, probablement celui que, dans une vie, il faut avoir lu ...
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
gillgill   19 juillet 2016
Les vieux regardent et laissent faire.
Bien loin de tout approuver, que de blâmes ils auraient à faire entendre : mais ils n'osent point blâmer.
Ce n'est pas qu'ils aient peur : c'est qu'il sied aux vieux de se taire.
Nulle part, pas même à la campagne, le vieillard n'éprouve plus fortement le sentiment de céder la place : les vieux marins rendent aux jeunes l'hommage fatal qu'exige la force ; les jeunes hommes ont le pouvoir que les vieux n'ont plus.
Et le respect des fils adoucit, sans l'effacer, le regret des pères ...
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gillgill   18 juillet 2016
Une simplesse paysanne, une franche hardiesse de marins respirait de cette foule.
Elle encombrait le quai.
Il semblait qu'il ne restât plus une place libre ; et le train devait être bondé.
Mais en dépit des filles rieuses, des marins et des soldats peut-être ivres, cette foule faisait moins de bruit qu'une autre : on s'interpellait peu, les cris ne s'élevaient que de loin en loin ; et le murmure même n'était pas continu.
Déjà, c'était la Bretagne ...
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gillgill   19 juillet 2016
Dans une petite gare, on ne parla plus français, et j'entendis la langue dure dont l'accent chante.
Je vis les haies mouillées, et les paisibles vaches.
Je revis le ciel humide qui sourit de plus près aux ajoncs sombres sur la lande qui lui rend, en rêvant, son grave et mélancolique sourire ; le pays où toutes les femmes en noir portent des coiffes blanches, et où les hommes très droits ont l'air supérieur à leur fortune ...
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gillgill   19 juillet 2016
Le barbare est partout à nos portes, - je veux dire l'automate saxon, machiné dans les usines de la morale et de l'esprit à bon marché. Le monde nouveau se reconnaît déjà dans les États-Unis, - dont le nom odieux semble peindre un univers partout nivelé sous une médiocrité impitoyable ...
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gillgill   19 juillet 2016
Elle pleurait ; et son mari, assis sur un coffre, serrait les lèvres, le regard perdu, résolu de ne rien dire, ni un mot de consolation, ni rien de ce qu'il éprouvait.
Il gardait son sentiment comme un secret.
Pourtant, sa femme ayant bégayé dans un sanglot :
"C'est ... c'est la seconde fois ... ah ..." - les muscles de sa face se rétractèrent, et il eut les larmes aux yeux ...
- Habillez-le, dit-il ...
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