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EAN : 9782706716218
224 pages
Salvator (25/01/2018)
3.62/5   4 notes
Résumé :
Aujourd’hui, les chrétiens d’Orient sont menacés. Alors que notre monde est fait de diversité ethnique, culturelle, linguistique et religieuse,le Moyen-Orient se vide de cette richesse et se prive d’un apport essentiel pour favoriser la compréhension entre les groupes et les minorités. Mais pourquoi en est-on arrivé là ? Comment cette diversité a-t-elle été gérée, voire malmenée dans le monde arabe ? Que dire d’un tel drame ?
À travers des rappels historique... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Il arrive parfois que le titre ou le sous titre d'un livre masque son contenu et c'est l'impression que me laisse le très bel ouvrage que Joseph Yacoub consacre aux chrétiens d'orient et plus particulièrement à ceux vivant en Irak et en Syrie.

« Une diversité menacée » comporte trois parties bien différentes.

La première analyse la pensée nationaliste arabe et montre comment les régimes soi disant laïques qui ont dirigé la Syrie et l'Irak ont nié toute diversité culturelle et religieuse et ont favorisé le développement de l'islamisme radical. Depuis le génocide des chrétiens arméniens il y a un siècle, l'agonie de ceux vivant aujourd'hui en Irak et en Syrie (parfois fils des arméniens ayant fui la Turquie), Joseph Yacoub montre la marginalisation progressive de toutes les communautés non islamiques et l'effacement de toute référence culturelle pré islamique … le parallèle avec une certaine pensée laïque française qui gomme toute référence antérieure à 1789 est flagrant. J'ai particulièrement apprécié les pages consacrées à la Mésopotamie (qui font écho au remarquable Palmyre de Paul Veyne) et qui rappellent que la civilisation est née en partie sur les bords de l'Euphrate

La deuxième partie est consacrée à l'Iran et le Kirghizistan, deux pays musulmans, non arabes, qui permettent un certain multiculturalisme et respectent leur riche passé Nestorien. Comme quoi l'islam serait assez différent selon son implantation géographique et le niveau de la société où il s'épanouit. Cette partie m'a semblé survoler une réalité qui mériterait sans doute un exposé plus consistant ?

La troisième partie ma passionné avec l'histoire de Jacques l'Assyrien, premier évêque de la Tarentaise, et celle d'Abraham son compatriote, prédicateur en Auvergne qui montre que deux diocèses français ont été fondés par des missionnaires de l'Église assyro-chaldéenne. Qui sait quelle est la vocation des réfugiés syriens que la France accueille ? Quels seront les fruits de leur intégration ?

Enfin, dans sa conclusion, l'auteur dessine les évolutions que les états arabes devraient apporter à leurs constitutions pour permettre aux diverses communautés de s'épanouir … ces pages m'ont semblé bien utopiques … mais après tout en ces jours où la paix semble s'instaures en Corée … laissions une chance à l'espoir !

Cet ouvrage est donc bien plus large dans son objet que le sous titre ne l'annonce et ces deux cents pages sont très denses avec une grande partie de sa pagination consacrée à des notes d'une grande richesse. Ce n'est pas seulement le rapport entre l'islam et les religions qui est évoqué, c'est le rapport entre la culture arabe et les autres cultures !

Merci à Babelio et Salvator d'avoir permis qu'une opération Masse Critique offre un ouvrage d'une telle hauteur de vue auquel manque un jeu de cartes pour s'orienter dans sa géographie.
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J'ai enfin fini le livre et je peux affirmer que certains passages n'étaient pas faciles à lire. Cela étant c'était une lecture très intéressante qui rejoint d'ailleurs ma lecture du "Livre noir de la condition des chrétiens dans le monde", où les pays musulmans tenaient la première place.
Il le rejoint, mais pas tout à fait non plus, toutefois ils se complètent bien. En effet si le Livre noir est un état des lieux actuels de la situation des chrétiens dans le monde, celui de Monsieur Joseph Yacoub va surtout développer l'aspect historique, politique et culturel de la question chrétienne en Orient. Certes il va aborder un peu l'actualité en parlant notamment du calvaire des otages chrétiens, mais ce n'est pas la part la plus grosse du bouquin. Les trois aspects cités plus haut, remplissent vraiment le livre.

Déjà d'un point de vue historique et culturel, Joseph Yacoub va rappeler que les chrétiens étaient là avant et ont donc participé activement à l'histoire et à la culture de ces pays, notamment par des débats via les innombrables écoles antiques (Antioche, Alexandrie…) et aussi via les chrétiens syriaques qui ont eux-mêmes fortement participé à l'âge d'or islamique avec les juifs. Sans eux les musulmans n'auraient probablement pas eu grand-chose du savoir antique. D'ailleurs l'âge d'or peut être aussi plus tardif et contemporain.
"L'histoire ne s'arrête pas à la fin du 13ème siècle, période qui correspond généralement au déclin. Sous l'influence des idées de la Modernité occidentale, des voyageurs et des missionnaires, le 19ème siècle fut un tournant. Il a donné un élan sans précédent qui marque le retour de la langue et de la littérature syriaques (classique et moderne) après des siècles de régression. Les voyages d'études en Occident se multiplient. A partir de 1840, le syriaque connaîtra une floraison de publications autochtones et des traductions, accompagnées d'anthologies, de grammaires et de dictionnaires. Depuis les revues se sont multipliées. A l'époque moderne et contemporaine, les chrétiens ont participé activement à la renaissance arabe comme théoriciens, acteurs et traducteurs." Page 176
Ensuite et toujours pour les mêmes catégories, il va rappeler dans un but pédagogique et par soucis de vérité historique, ceux qui étaient là avant les chrétiens (babyloniens, grecques, juifs…) et qui ont eux-mêmes laissé leur trace dans l'histoire de ces pays.
L'auteur va même plus loin en dépassant les frontières orientales, en parlant de ce que les chrétiens d'Orient ont apporté à l'Occident, notamment des hommes d'église comme Jacques premier évêque de la Tarentaise. Ceci dans le but de montrer les liens qui uni le christianisme d'Occident et d'Orient, et rappeler par ces petits points que l'Occident devrait aujourd'hui adopter une position plus ferme sur les problèmes que traverses les chrétiens d'Orient, comme par exemple au niveau des discriminations (qui sont énormes et ont toujours été car l'Islam est une religion discriminatoire de base).
De même, Joseph Yacoub rappelle via quelques citations de chrétiens d'Orient, que l'Occident devrait un peu plus les écouter, et notamment quand ils dénoncent le manque de réciprocité dans le traitement des hommes et des femmes en orient à cause de la religion.
« Nous, chrétiens syriens, souhaiterions seulement être traités dans ce pays à majorité musulmane comme les musulmans le sont en Europe dans les pays de tradition chrétienne. […] Et nous en voulons un peu aux Occidentaux de ne pas avoir appuyés pour demander l'application de la réciprocité. » (Propos de François Abou Mokh, évêque. Page 201.)
Et effectivement, on peut comprendre que ça énerve, si ici les musulmans ont trop de droit qui fait que l'Europe est envahie par l'islamisme au nom des Droits de l'Homme détournés, il faut bien penser que les chrétiens d'Orient n'en ont pas autant chez eux qui est pourtant leurs terres ancestrales. Ce qui est anormal on en convient.

Comme vous commencez peut-être déjà à le voir, ce livre n'est pas qu'un livre d'histoire, qui retracerai dans de grandes lignes précises l'Histoire de l'Orient depuis l'époque de la Mésopotamie. En effet, il est aussi un appel à changer pour les pays musulmans, notamment en remettant dans l'Histoire de ces pays les peuples et cultures qui étaient là avant et qui ont laissé des traces matérielles et immatérielles dans les paysages, dans les langues, dans les cultures, et qui sont pourtant absents des musées ou des livres d'histoire à cause du nationalisme arabe et de l'islamisme. Comme le dit joliment l'auteur « L'homme n'est pas un être abstrait, né ex nihilo. Il est le produit de l'histoire. », un pays c'est pareil, et il serait temps pour les musulmans de s'en rappeler...
Pour continuer dans la description du livre, j'ai laissé voir aussi dans les lignes un peu plus hautes, que ce livre était aussi un appel à l'Occident qui devraient appuyer le principe de réciprocité et soutenir les chrétiens d'Orient dans leur demande d'égalité ; toutefois il est bon de préciser que ces pages ne sont pas qu'un « appel », puisque ce bouquin est aussi un état de fait.
Un état de fait en montrant notamment que même laïc ou imprégné de bon sentiment, les pays musulmans et/ou arabes (difficile de séparer ces deux termes) restent imprégnés de cette culture religieuse qui concerne le plus gros pourcentage de la population, de fait et à cause de cela il existe une réelle difficulté de liberté et d'égalité pour les populations non musulmanes. L'auteur décrit notamment la situation irakienne qui fait un pas en avant, un pas en arrière, entretient le flou, et tout cela dans la même constitution !
Cela étant et pour une touche d'espoir (?), l'auteur nous montre à côté qu'il existe au moins un pays musulman non arabe, le Kirghizistan, qui est purement et simplement laïc – notamment grâce à l'occupation soviétique – et qui n'hésite pas à partir à la recherche de son passé chrétien nestorien. Si cela laisse de l'espoir et montre que la laïcité et la diversité sont possibles en terre islamique, il ne faut pas non plus oublier comme le précise l'auteur que ça reste aussi un pays assez faible et jeune, qui n'est pas à l'abri d'un retournement d'idée à cause de violence. Mais voilà, l'auteur a eu l'honnêteté de parler de ce pays et ceci malgré sa passion chrétienne. Et j'insiste sur ce dernier point car il est vrai qu'il cache mal ses passions, mais d'un côté tout ce qui écrit là est juste, donc ça se comprend qu'il vive cet effacement de l'histoire très mal lui qui est né en Syrie. Nous même en Occident on ne le vit pas mieux d'ailleurs...

En résumé, et comme vous le devinez ce livre est nécessaire pour comprendre le présent des minorités en terre musulmane et voir leur traitement. C'est accessoirement un bon complément au "Livre noir de la condition des chrétiens dans le monde", et un excellent bouquin pour prendre de la distance sur les sempiternels discours de l'amitié entre religion, puisqu'ici l'auteur montre bien que ça doit aller plus loin qu'une supposée amitié ; toutefois c'est très « difficile » à lire car on est vite saturé par l'information. Donc à lire, oui, mais doucement et calmement, et ne pas hésiter à relire des passages si besoin.
Lien : http://encreenpapier.canalbl..
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Tout d'abord, merci aux éditions Salvador et l'opération Masse Critique de Babelio, pour m'avoir permis de rencontrer cet auteur.

le format du livre est assez pratique et rentre dans le sac à main, l'illustration de couverture bien choisie, le papier de bon grain et la typographie aérée le rendent très agréable à lire.

Le contenu du livre est assez dense : en recensant très consciencieusement et très minutieusement tous les apports et les traces des chrétiens d'Orient au moyen-Orient et ailleurs, l'auteur fait clairement un plaidoyer pour la sauvegarde des chrétiens et surtout des Assyro-chaldéens dans un Moyen-Orient qui s'arabise et adhère à un islam de plus en plus radical (Daesch ).
Si le lecteur cherche un ouvrage d'initiation à la question des chrétiens d'Orient, sous la forme d'un exposé au ton neutre, objectif, uniquement factuel et informatif, il lui faudra trouver un autre ouvrage.
Si la question intéresse vraiment le lecteur, il lui faudra aussi s'armer de courage pour faire des recherches sur les multiples communautés, lieux etc évoqués, réussir à faire abstraction du ton passionné, enflammé de l'auteur, et prendre patience face aux aller-retours chronologiques aussi incessants qu'à mon sens inutiles au sein d'un même paragraphe ou chapitre.
ce n'est donc pas une lecture "facile", pas d'objectif de "vulgarisation" ....
Pour la lectrice que je suis, même en ayant une certaine connaissance du Moyen-Orient et des questions religieuses, le contenu est d'un abord me semble-t-il moyennement aisé.
Cependant :
- L'auteur utilise souvent de (trop) nombreuses citations et donne de moult références bibliographiques : certains (les articles de presse du Figaro, La Croix) sont facilement accessibles en ligne ou en bibliothèques et dans leur contenu; quant aux ouvrages universitaires anciens ou contemporains, ils peuvent permettre d'aller plus loin dans la réflexion ou tout simplement de clarifier un thème effleuré ou non explicité par l'auteur, mais ce sont des livres spécialisés à trouver dans une université.
- j'ai aimé et appris beaucoup dans les passages relatifs à un pays ou un personnage en particulier (ex : Iran, Kirghizstan, St Thomas en Inde ) qui apparaissent dans la seconde partie, sont plus abordables
- la conclusion pose des questions intéressantes sur le devenir des pays du Moyen-orient et des chrétiens en ces régions

Pour conclure, je suis contente d'avoir persisté et été au bout de cet ouvrage, même si j'ai eu un temps de découragement dans la première partie, et pas seulement parce que je m'étais engagée à faire cette critique : j'y ai appris beaucoup (notamment sur les missions des chrétiens d'Orient en Asie et en Occident), et je salue avec admiration l'érudition encyclopédique de l'auteur... même si j'aurais souhaité qu'il soit plus pédagogue et qu'il rende ses propos plus abordables, à la fois dans les tournures de phrases, l'exposé en ordre chronologique des arguments/références en se rappelant que tout le monde ne travaille pas ce sujet depuis 50 ans ! J'espère qu'il me pardonnera !
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Quand j'ai commencé ce livre, ce qui m'a marqué c'est l'angle d'attaque utilisé par l'auteur. Joseph Jacoub nous fait dans un premier temps un cours d'histoire. Mes découvertes furent nombreuses concernant des pays que l'on étudie peu dans nos cours d'histoire traditionnels que ce soit au lycée ou encore au séminaire. J'ai véritablement découvert des pays, leur histoire commune et comment ils ont évolué en fonction du temps.

Il est vrai que l'auteur met en relief que ces pays, dont par exemple l'Assyrie, est cité de nombreuses fois dans la Bible et dont le peuple est bien plus vieux que l'ère chrétienne.

Dans la partie suivante l'auteur regarde les traces que laisse les paysages ou que l'on découvre lors de fouilles archéologiques. Les nombreuses traces qui laissent penser que ces pays, aujourd'hui à majorité musulmane étaient bels et bien chrétiens. Des traces qui montrent aussi le martyr de l'Église d'Orient par les persécutions des IVème et Vème siècle.

Mais l'histoire de ces peuples martyrs ne s'arrête pas là puisqu'aujourd'hui encore, en orient des chrétiens sont tués pour leur foi. L'auteur n'a pas peur de le dire et c'est fort de ses recherches poussées qu'il nous fait découvrir un peuple, une culture effacée par un islam radical et des martyrs qui encore aujourd'hui font rougir la terre d'Asie centrale.

J'ai beaucoup aimé lire ce livre qui m'a instruit sur ces peuples que je ne connaissais pas. Je le conseille à tous ceux qui voudraient en savoir un peu plus sur ces chrétiens souvent oubliés.

Bonne lecture !
Lien : https://lirechretien.fr/2018..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
L'histoire ne s'arrête pas à la fin du 13ème siècle, période qui correspond généralement au déclin. Sous l'influence des idées de la Modernité occidentale, des voyageurs et des missionnaires, le 19ème siècle fut un tournant. Il a donné un élan sans précédent qui marque le retour de la langue et de la littérature syriaques (classique et moderne) après des siècles de régression. Les voyages d'études en Occident se multiplient. A partir de 1840, le syriaque connaîtra une floraison de publications autochtones et des traductions, accompagnées d'anthologies, de grammaires et de dictionnaires. Depuis les revues se sont multipliées. A l'époque moderne et contemporaine, les chrétiens ont participé activement à la renaissance arabe comme théoriciens, acteurs et traducteurs. (P. 176)
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Les syriaques ont traité de tous les sujets. Si les intellectuels nationalistes arabes avaient pris la peine de chercher, ils y auraient trouvé des idées y compris sur le patriotisme et la justice sociale, sujets qu'ils chérissaient.
La pensée syriaque embrasse en effet tous les domaines du savoir, religieux, philosophique, éthique, moral, juridique, politique, spirituel, ascétique, poétique, historique, linguistique, grammatical, encyclopédique... Autrement dit, contrairement à ce que certains affirment, elle ne se limite pas à la dimension religieuse malgré son importance. Son âge d'or commence à fleurir à partir du 4ème siècle, qui vit depuis le début des publications et des traductions du grec en syriaque et des contributions de grand intérêt.
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Au confluent de l'Orient et de l'Occident, accepter le principe de réciprocité de traitement. Les musulmans qui revendiquent, à juste titre, des droits et des libertés publiques pour eux en Occident, devraient aussi avoir le souci de ces mêmes droits dans leurs pays d'origine pour tous ceux qui ne partagent pas la religion musulmane, comme les chrétiens et les autres minorités. Défendre cette diversité menacée les honorerait, car on est loin de l’égalité de traitement.
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L’homme n’est pas un être abstrait, né ex nihilo. Il est le produit de l’histoire.
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