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La Source cachée de
Hella Serafia Haasse
"Je voyais que la vie sur terre pour l’homme était souvent folle, maudite, mais elle me semblait soudain sublime par son caractère énigmatique. J’ai alors, pour la première fois, essayé de recourir à l’écriture pour formuler plus clairement mes réflexions. Chaque fois, je cédais à ce désir qui brûlait en moi, car j’avais l’impression en écrivant de me délivrer de mon doute. Dans les instants où, l’esprit tendu, je cherchais les mots et les images, je me sentais libre, soulagé. Je croyais que par la grâce de ce travail créateur, mon existence d’humain prenait un sens plus profond. Après un tel effort, je me trouvais dans un état d’euphorie. J’avais beau savoir qu’en fait rien n’avait changé, le monde m’apparaissait sous un jour nouveau, clarifié, purifié.
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La Source cachée de
Hella Serafia Haasse
Je me souviens mot pour mot de sa confession. Qu’a-t-il connu de sa personne ? Qu’a-t-il cherché en elle d’autre que la forme, l’enveloppe extérieure – pas une fois je ne l’ai surpris à prononcer une parole trahissant un désir plus profond. L’Eline qu’il a évoquée, la femme qu’il voulut un jour posséder est une ombre, infiniment plus irréelle que l’ombre qui me tient compagnie depuis que je suis venu à Breskel. Meinderts ne sait rien de l’âme de cet être qu’il a rencontrée presque journellement pendant vingt ans. Comment elle était, ce qui évoluait en elle, quel combat elle livrait – il n’a rien compris de tout cela. A moi, l’étranger, s’est révélée sans que je l’aie demandé, une chose dont Meinderts ne soupçonne même pas l’existence.
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La Source cachée de
Hella Serafia Haasse
La conscience que j’ai moi, l’homme, grâce à mon système nerveux plus sensible et mon organisme infiniment plus compliqué, d’être la créature la plus fébrile et la moins harmonieuse sous les étoiles, ne fait qu’accroître mon désir de m’abîmer à jamais dans la perfection de la nature alentour. A breskel, le danger se cache dans le suave poison que l’on respire entre les roses et l’herbe : un désir de disparaître en tant qu’individu, de devenir un élément de la beauté immortelle, d’entrer dans l’éternité comme les nuages et la lumière solaire, de vivre, aussi calmement que les plantes, l’alternance et le retour de la matière.
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La Source cachée de
Hella Serafia Haasse
Ce sont les parents qui ont marqué la maison de leur empreinte. Si l’esprit d’Eline hante les lieux, c’est à la dérobée et fugitivement, comme un enfant qui s’aventure dans un sanctuaire interdit. Mais la forêt est son domaine ; ici, où elle a mené un vie libre, loin des regards indiscrets, elle continue à exister."
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Par EMOTION, le 22/02/2012
La Source cachée de
Hella Serafia Haasse
Infinie est la diversité des images d'un solstice à l'autre ; celui qui observe d'un regard aiguisé par un si grand désir voit comment, à chaque seconde, naît une nouvelle situation sans rapport avec tout ce qui précédait et différente de tout ce qui suivra. Jamais une tache d'ombre n'est deux fois la même sur une feuille ou sur le sol ; comment puis-je conserver l'image de la courbe décrite par une volée d'oiseaux fendant le ciel comme une flèche ?
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La Source cachée de
Hella Serafia Haasse
Au fond de chaque être se cache – j'en suis convaincu- un sentiment de jalousie envers la nature, qui si elle est mortelle, ne cesse de se renouveler. Comment fixer à jamais cette richesse périssable et pourtant éternellement vivace de formes, de couleurs et de lignes, comment capter l'essence de la beauté, l'élément fugace qui sans cesse nous séduit et nous trahit?
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Par Cath36, le 11/12/2011
La chasse aux étoiles de
Hella Serafia Haasse
Le médium se cacha le visage dans ses mains. Il réussit encore à articuler "Mouzique ! Mouzique !" puis se dirigea en titubant vers une petite table couverte d'accessoires de prestidigitation... A cet instant la rampe s'éteignit, de même que les petites appliques de lumière rouge fixée sur les murs. Il ne resta qu'un seul projecteur qui jetait une lueur fantomatique, d'un bleu verdâtre sur le visage effrayé de Rakatra.
"La suite !" exigeait une moitié de la salle. "Le sac !" hurlait la moitié de l'autre. Un "boum" retentissant mit fin au différent. Sorti des coulisses, un nuage de fumée phosphorescent, d'un vert soufré, se répandit sur la scène et dériva dans la salle. La panique gagna les premiers rangs. On cria "au feu! Au feu!", tandis que les lamentations de Rakatra Jakatra dominaient le tumulte : "Mes illousions ! Mes vabeurs phosphoriques !" Suivit une nouvelle pétarade. La salle fut prise sous un tir de rayons de feu, des fusées éclairantes montèrent vers le plafond du théâtre comme des ballons lumineux et éclatèrent en une pluie d'étoiles scintillantes. Des feux de Bengale embrasèrent la scène, colorant alternativement en bleu, en rouge et en violet le plateau, ainsi que Rakatra qui tournait en rond comme un hystérique. Le public était déchaîné et réclamait de la lumière et de l'air. Au milieu de cet indescriptible chaos, je réussis à échapper à mes gardiens en me faufilant à travers les spectateurs qui criaient et se bagarraient.... A cet instant un soleil crépitant illumina tout le décor d'une lumière crue. J'entendis le notaire crier : "Il est là ! Attrapez-le ! Au voleur ! Au voleur !" Des pétards explosèrent un peu partout sur la scène. Je sautai lestement par-dessus les cordes et les praticables et m'engageai dans le dédale des coulisses. La première personne que je vis fut la pauvre Fatima, qui, à moitié évanouie de peur, s appuyait contre la paroi.
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Par EMOTION, le 07/12/2011
Locataires et sous-locataires de
Hella Serafia Haasse
Elle ne trouvait pas de mots pour exprimer ce qui etait arrivé en realite. Elle avait été aspirée dans le noir des pupilles de Dupleix et là, derriere, il n'y avait rien.
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Par saphoo, le 19/03/2010
Un long week-end dans les Ardennes de
Hella Serafia Haasse
Dans le vestibule de ma maison dans les Ardennes où tu n’es pas jamais venu, il y a une immense toile d’un peintre allemand du XIX siècle, tombé dans l’oubli de nos jours, et avec raison, je pense. ….
Sur un ciel menaçant envahi de nuées sombres, un gigantesque loup noir, gueule ouverte et toutes griffes dehors, bondit sur le soleil couchant.
Parmi mes tout premiers souvenirs, il y a le moment où mon père me raconta l’histoire du loup Fenrir qui, année après année, tente de dévorer le soleil. L’astre s’affaiblit, s’éteint, devient une boule sanglante à la merci du monstre; La guerre et les catastrophes naturelles s’acharnent sur le monde, les enfants assassinent leurs parents, les frères s’entretuent, “l’homme est un loup pour l’homme”, les glaces recouvrent la terre et alors une nuit longue, très longue, commence.
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Par Irisa, le 12/02/2011
L'anneau de la clé de
Hella Serafia Haasse
C'était le domaine de Noni Meyers et de ses orchidées. Lorsque j'étais enfant, j'étais fascinée par les formes extravagantes et les couleurs magnifiques de ces fleurs. Plus tard, mon intérêt s'éveilla pour la complexité de la culture des orchidées à laquelle Noni vouait sa vie.