> Silvain Chupin (Traducteur)
> René de Ceccatty (Préfacier, etc.)

ISBN : 2268052796
Éditeur : Les Editions du Rocher (2005)


Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres

" Un soir, j'étais assis en tailleur devant ma lampe,plongé distraitement dans une lecture, quand j'entendis soudain la cloison séparant ma pièce de celle d'à côté coulisser avec une douceur presque inquiétante. Je jeta... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(2)

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Melopee, le 11 juin 2011

    Melopee
    Première nouvelle, "Le masque" nous laisse entrevoir le personnage d'Heikichi, clown à ses heures d'autant plus incontrôlable qu'il boit souvent. A l'occasion de ses beuveries il fait le pitre et amuse la galerie en dansant, arborant son fameux masque hyottoko. Sauf que le dénouement sera tout autre cette fois...
    Il y a du Maupassant dans cette nouvelle car derrière le personnage fantasque on sent toute la profondeur d'une personnalité qui peine à s'exprimer malgré le déguisement, la danse, les fêtes...
    Deuxième nouvelle "Un doute" confronte deux hommes, deux parfaits inconnus qui se retrouvent pour une confession que l'un fait à l'autre comme pour s'expurger d'une faute qu'il garderait sur la conscience. L'un est invité pour donner des cours de morale, l'autre s'invite pour chercher réconfort et écoute. le second raconte donc l'histoire d'un tremblement de terre, celui de Nôbi, qui a dévasté sa vie. Lors de celui-ci, sa femme est restée coincée sous les décombres, le bas du corps coincé sous une poutre. La fumée se fait grandissante, l'incendie approche et la femme supplie que son mari lui vienne en aide. Et cet homme paniqué tente de trouver une solution, sentant leurs efforts conjoints vains.
    Une nouvelle sur le choix qui bien évidemment laisse place au doute car qui prend une décision doit toujours peser le pour et le contre, doit toujours être sûr d'être au clair avec sa conscience. Je ne vous livre pas la fin mais c'est vrai que cette seconde nouvelle m'a bien fait réfléchir.
    Troisième et dernière nouvelle "Le wagonnet" ou comment une simple distraction peut déraper sans qu'on voie venir les répercussions. Ryôhei a 8 ans lorsqu'il voit se construire une voie ferrée à proximité. Débrouillard et toujours avide de nouveautés, ce sont les wagons, transportant les matières premières, qui retiennent son attention. Avec son frère et un voisin, il subtilise un jour un wagonnet pour partir un peu en voyage. Vite rattrapé, il rend l'objet du délit mais garde un œil sur ces curieux moyens de locomotion. Et un jours l'occasion de représente, de remonter dans un wagon. Ce sont deux ouvriers qui proposent qu'il grimpe dans les descentes. Eh hop, le voilà qui dévale les pentes les unes après les autres, s'éloignant toujours davantage de son petit village. Puis la prise de conscience survient : il fait nuit et il est loin de tout en compagnie de parfaits inconnus. le voilà donc à courir pour regagner sa confortable chaumière, trébuchant dans la pierre. Et c'est un petit garçon encore sous le choc qui franchit les portes de sa maison.
    En somme, voilà un petit recueil sans prétention mais à la plume tout à fait décisive. Car les histoires sont courtes et très différentes. le dénominateur commun c'est cette espèce de noirceur : La peur de la vie, les remords, la nuit recouvrant tout. Les personnages sont agités de curieux instincts : ils semblent agir comme des pantins et ne pas avoir de prise sur leur existence.
    J'ai vraiment été happée par ce petit recueil et relirais avec plaisir du Ryûnosuke Akutagawa.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 28 janvier 2012

    le_Bison
    Un matin, j'étais assis brinquebalant dans la chaleur étouffante d'un métro parisien, pour une fois peu bondé, quand je surpris un type en train de danser ou faire le pitre. Un nez allongé, un regard vide, une expression froide… J'avais envie de lui demander de s'arrêter pour laisser mon âme se reposer tranquillement, mais peine perdue ; il me semblait déjà bien éméché jusqu'au moment où il s'écroula devant moi. Impossible de le réveiller, il était MORT ! et il portait un masque. Y aurait-il de quoi être submergé par une vague d'inquiétude ?
    Un soir, j'étais assis en tailleur devant mon verre de bière, plongé dans de réflexions bassement brassicoles (en clair, est-ce que ma bière était bonne), quand j'entendis la porte grincer. Discrètement, un type vient me voir pour m'expliquer son cas personnel. Pourquoi moi ? Il parait qu'au-dessus de mon verre de bière, flotte une aura de moralité qui jaillit sur mon esprit. Sans me laisser respirer, il me raconta sa terrible histoire. Un tremblement de terre, sa femme prisonnière des décombres, le feu qui se propage, sa femme qui va bruler vive. Impossible de la libérer. BRULÉE VIVE ! Il trouve une pierre et fracasse le crane de sa femme pour lui épargner l'atroce souffrance d'être immolée. Depuis, il se pose des questions sur son acte, il a un doute… Et moi que lui répondre ? Rien… Juste le sentiment d'être lentement enseveli par une vague d'inquiétude.
    Un après-midi champêtre, j'étais assis sur un banc à regarder canards et cygnes batifoler dans un petit bassin citadin (à quoi devais-je penser ce jour-là ? dans ces moments-là) quand je me souvins d'une vieille histoire d'antan. Une ligne de chemin de fer abandonnée ou presque, un wagonnet qui n'attendait que d'être poussé, rêve de gamin (les trains ça fascine toujours les gosses). Lorsque justement deux ouvriers poussèrent lourdement le wagonnet. le gamin se proposa de les aider. Et à sa grande surprise, ils acceptèrent. Et voilà la fière équipe qui poussa, poussa, poussa le wagonnet, grimpa, descendit, grimpa, pendant des kilomètres (et des heures)… Jusqu'à la vieille taverne où les ouvriers en profitèrent pour boire quelques bières, laissant le gamin seul sur la route. C'est au moment de rentrer chez lui, SEUL, alors que le jour venait de tomber qu'il ressenti cette vague d'inquiétude l'étouffer à la gorge pour quelques frayeurs nocturnes sur le chemin du retour.

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/?p=785
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)

> voir toutes (1)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par le_Bison, le 28 janvier 2012

    C’était alors que le grand tremblement de terre s’est produit – c’était le 28 octobre, vers sept heures du matin, comment pourrais-je oublier ? J’étais près du puits à me curer les dents, et ma femme en train de verser le riz d’une marmite dans la cuisine… La maison s’est écroulée sur elle. En à peine une ou deux minutes, un grondement formidable, digne d’un typhon, a retenti dans la terre, la maison s’est mise à pencher sous mes yeux, puis je n’ai plus vu que des tuiles voler. En un clin d’œil, je me suis retrouvé plaqué au sol sous l’auvent effondré, complètement abasourdi, et secoué par les vagues du séisme qui déferlaient de toutes parts. J’ai rampé au milieu de la fumée de poussière et, lorsque j’ai enfin réussi à m’extraire de sous l’auvent, le toit de ma maison était par terre, je voyais même des brins d’herbes entre les tuiles.

    A ce moment-là, je ne saurais dire si j’étais ahuri ou en proie à la panique. J’étais comme absent à moi-même, pétrifié sur place, et c’est alors que, tandis que je jetai un œil à l’aspect de mer déchainée que présentaient les toits effondrés partout aux alentours, j’ai entendu un brouhaha considérable mêlant bruits et voix indistinctement – grondement de la terre, poutres qui tombent, arbres qui se brisent [...]
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (1)

Video de Ryûnosuke Akutagawa

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Ryûnosuke Akutagawa

Rashōmon, film (1950), réalisé par Akira Kurosawa, d'après la nouvelle de Ryunosuke Akutagawa "Dans le fourré" (1922). Bande-annonce








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Une vague inquiétude par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Quiz