> Arimasa Mori (Traducteur)
> Jacques Dars (Préfacier, etc.)

ISBN : 2070304051
Éditeur : Gallimard (2003)


Note moyenne : 3.64/5 (sur 28 notes) Ajouter à mes livres
Un miséreux qui hésite entre le vol et la mort s'abrite de la pluie sous la Porte Rashô, une ruine transformée en charnier. Dans la pénombre du crépuscule, il découvre une vieille hirsute et fantomatique en train d'arracher les cheveux des cadavres..
Violents, ét... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 27 mars 2010

    Woland
    Sakuhin-shu
    Traduction & introduction : Arimasa Mori
    La présente édition est une intégrale, contrairement au petit volume Folio qui lui, ne comporte que quatre Nouvelles sur les quinze qui composent le manuscrit originel.
    Comme toujours dans un recueil de ce type, certains récits parlent au lecteur de façon plus directe que d'autres. En ce qui me concerne, voici mon palmarès par ordre de préférence décroissant : "Le Nez - le Mouchoir - Chasteté d'Otomi - Les Kappa - Villa Genkaku - Dans le Fourré - Figures Infernales."
    Au fil de ses Contes, Akutagawa mêle les récits remontant au Japon féodal et les histoires contemporaines. La nouvelle "Les Kappa" est à part car on peut la voir comme une réflexion à la Jonathan Swift émise par l'auteur sur le monde dans lequel il évolue : le narrateur, à la suite d'une chute dans un trou, tombe dans un monde parallèle, celui des Kappa, peuple mi-batracien, mi-humain, chez qui il va résider quelque temps. S'en suit toute une série de digressions des plus intéressantes, mettant en parallèle les valeurs humaines (et spécialement japonaises) et les valeurs kappa. Lorsque notre narrateur retourne dans son monde, on le prend pour un fou et il finit dans un asile d'où il ne désespère pas de s'enfuir pour rejoindre le monde des Kappa qui, désormais, lui manque ...
    Finesse et ironie sont les armes favorites d'Akutagawa. Avec elles, il parvient à faire sourire mainte et mainte fois son lecteur alors que, pour peu qu'on analyse la trame des histoires, on s'aperçoit qu'il n'y en a pas une seule qui ne soit tissée de tristesse.
    Dans "Figures Infernales", fondée sur le terrible sacrifice consenti par un peintre pour atteindre à la perfection de son art, ou dans "Le Fil d'Araignée", qui met en scène un damné auquel le Bouddha offre une chance qu'il gâche par égoïsme, sans oublier "Ogin", où une famille de Japonais christianisés renonce à "Deus" devant les flammes du bûcher, nous plongeons dans le drame le plus noir, mais avec un élément fantastique que, en dépit du discours de l'Ombre, ne joue pas un rôle si important "Dans le Fourré."
    "Chasteté d'Otomi" - en temps de guerre, une jeune femme risque de se faire violer pour préserver la vie d'un chat - "Villa Genkaku" - récit des conséquences de l'adultère d'un mari désormais mourant sur toute une famille - et le superbe "Mouchoir", où l'auteur oppose avec subtilité les coutumes japonaises et les coutumes occidentales, ne seraient pas déplacés dans une anthologie où trôneraient également Tchékhov et Mansfield. Petite touches à peine visibles, demi-teintes, silences qui disent tout, temps suspendu l'espace de quelques secondes primordiales ... : ce sont de vraies merveilles.
    Quant au "Nez", où un moine affligé d'un appendice nasal encombrant parvient à se le faire réduire pour regretter ensuite le temps où ce nez le rendait "anormal", c'est, à mon avis, le joyau le plus étincelant de cet écrin serti de Nouvelles qu'est "Rashômon." Et même si je ne vous ai pas parlé de celle qui a donné son titre au recueil ni encore de quelques autres, vous auriez bien tort de supposer qu'elles ne valent pas qu'on s'y arrête. Lisez Akutagawa : c'était un conteur de génie.
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  • Par Ecarlate, le 22 juillet 2011

    Ecarlate
    Ouvrage traduit en 1965, il se compose de plusieurs nouvelles d'Akutagawa, qui vécut de 1892 à 1927. Il se suicida à l'arsenic.Comme dit son aîné, Shyga Nayoa, "il ne pouvait pas faire autrement". Il paraît qu'il avait une santé exécrable. N'empêche qu'il était doué. Dans le fourré et la Chasteté d'Otomi, donnèrent le scénario du célèbre film Rashômon (la nouvelle éponyme est en elle-même très courte, mais intéressante, peu morale). Akutagawa, et je ne suis certes pas le premier à le dire, manie sa plume de toutes les façons possibles: grave, ironique, comique, historique, etc. Nous avons du fantastique comme avec les Vieux jours du vénérable Susanoo, le Fil d'araignée, Figures infernales, tiré toujours du folklore et mythe japonais. Les kappa (prononcer kap-pa) en est un, même s'il s'agit plus véritablement d'un conte philosophique. Là où il n'y pas de fantastique, comme le Mouchoir, l'Illumination créatrice (réflexion sur l'écriture), il est très doué pour entrer dans un personnage, le montrer dans toute sa complexité. Il nous dévoile un Japon où l'apparence physique a une terrible importance (ailleurs aussi, mais là c'est particulièrement net), comme avec le Nez (thème retrouvé dans le gruau d'ignames). Il y a cette cruauté toute insulaire du japon, (Le gruau d'Ignames, Figures infernales..). Il aborde des périodes concernant les tentatives d'évangélisation du Japon (le Martyr, Ogin, le rapport d'Ogata Ryôsai) où il révèle bien l'impact d'une religion comme le christianisme dans le Japon traditionnel, tout ce que cela peut soulever d'espoir ou d'incompréhension. Je vous le dis, il brasse large, et avec talent. La terrible villa Gengaku laisse un sentiment de malaise, d'autant plus quand on connaît un peu la vie de l'auteur (ces maladies). Que laissa-t-il comme explication de son suicide ? "Une vague inquiétude". Alors que le général Tanaka prenait avec son cabinet la direction de la vie politique du Japon, on sait comment cela finit...
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    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, le 25 février 2009

    Bunee
    Quatre contes traditionnels japonais qui rappellent le recueil de Lafcadio Hearn:
    * Rashomon, ou comment un homme de petite condition errant sous la pluie surprend une vielle femme squelettique qui vole aux cadavres leurs cheveux
    * Les figures infernales: ou comment un peintre génial va perdre son âme à peindre les enfers
    * Dans le fourré: Ou comment une même mort est décrite par plusieurs personnes, dont le mort
    * Gruau D'igname: Où comment un soldat déconsidéré se voit proposer une énorme quantité de mets précieux
    De grands classiques du genre.
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  • Par ZiziMuleATresse, le 30 septembre 2010

    ZiziMuleATresse
    Akutagawa est auteur de l'ancien Japon, où les démons et les esprits déambulent aux côtés des princesses et des guerriers. Ses contes sont semblables à ceux des frères Grimes ou de Perrault ; on se les transmet de générations en générations autour d'un bon feu et d'un verre de saké.

    Lien : http://zizi-mule-a-tresse.over-blog.com/article-rashomon-et-autres-c..
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 05 mai 2010

    [...] ... CONFESSION D'UNE FEMME VENUE AU TEMPLE DE KIYOMIZU

    Après m'avoir violentée, cet homme à la robe de chasse bleu foncé ricana sous les yeux de mon époux qui était ligoté. Oh ! comme mon mari a dû lui en vouloir ! Mais ses contorsions ne faisaient qu'enfoncer encore dans sa chair la corde qui le retenait. Instinctivement, j'ai couru, non, j'ai voulu courir de toutes mes forces vers mon mari. Le brigand, sans me laisser le temps de le faire, m'a donné un coup de pied et je suis tombée. A cet instant même, j'ai vu un étrange éclair passer dans les yeux de mon mari. Vraiment étrange ... Ce regard, maintenant encore, chaque fois que je me le rappelle, me fait tressaillir. Ne pouvant me dire le moindre mot, mon mari a enfermé dans son bref regard tout ce qu'il ressentait. Ce qui étincelait dans ses yeux, ce n'était ni de la colère, ni de la tristesse. Etait-ce autre chose qu'une lueur glaciale de mépris ? Frappée plus fortement par ce regard que par le coup de pied du malfaiteur, j'ai inconsciemment crié quelque chose et je me suis évanouie. ... [...]
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  • Par Woland, le 05 mai 2010

    [...] ... Ainsi qu'il [le héros de la nouvelle, toujours dénommé soit "l'homme", soit "il"] l'avait entendu dire, les cadavres négligemment jetés jonchaient le sol. Mais, le champ de la lumière étant plus étroit qu'il ne l'avait imaginé, il n'arriva pas à en préciser le nombre. Il pouvait seulement distinguer, sous la faible lumière, des corps nus et d'autres encore vêtus. Il y avait des hommes et des femmes, semblait-il. Tous ces cadavres, sans exception, gisaient sur le plancher, à la manière de poupées en terre, bouches bées, bras allongés. Qui y reconnaîtrait des êtres vivants d'hier ! Certaines parties proéminentes de ces corps, comme les épaules ou la poitrine, éclairées par de vagues lueurs, rendaient le reste plus sombre encore. Ils étaient ainsi comme figés dans un mutisme implacable.

    A l'odeur de pourriture, l'homme se boucha instinctivement le nez de sa main, qu'il laissa vite retomber. Car une sensation plus forte vint presque abolir son odorat.

    C'est qu'à cet instant ses yeux venaient de discerner une forme accroupie au milieu des cadavres. ... [...]
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  • Par Woland, le 05 mai 2010

    [...] ... A ces mots de Paravent des Figures Infernales, il me semble que l'aspect terrifiant de cette peinture s'impose immédiatement. Des scènes de l'Enfer, il en est d'autres. Mais les toiles de Yoshihidé différaient par leur composition de celles de ses collègues. Les Dix Rois et leur suites étaient relégués, rapetissés, dans un coin du Paravent, et dans tout l'espace libre tourbillonnaient des flammes puissantes au point de roussir le Mont des Glaives et les Arbres hérissés de sabres. De sorte que, hormis les robes jaunes et bleues à la chinoise des suppôts de l'Enfer çà et là dispersés, les langues de feu impétueuses remplissaient tout l'espace dans lequel dansaient avec furie, en forme de swastika, des fumées noires tracées en éclaboussures d'encre et des étincelles de feu projetées en poudre dorée.

    Cela seul, par sa puissance évocatrice, aurait suffi à frapper les yeux. Enfin, il n'y avait pas un damné à se contorsionner dans cette géhenne qui eût rien de commun avec ceux des habituelles Figures Infernales. La raison en est qu'en ces multitudes de damnés, Yoshihidé avait représenté des hommes de toutes conditions depuis les courtisans jusqu'aux mendiants, jusqu'aux réprouvés : grands officiers de la Cour, dans leurs impeccables robes de cérémonie, séduisantes dames d'honneur dans leurs robes à cinq plis, récitants avec leurs chapelets au cou, jeunes guerriers à hautes chaussures en bois, fillettes minces dans leur longue robe, devins portant la bandelette sacrée à la main ... il n'est pas possible de les énumérer tous. ... [...]
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  • Par Woland, le 05 mai 2010

    [...] ... La recette [pour réduire le nez de l'Aumônier] était d'ailleurs très simple : elle consistait à faire bouillir le nez dans de l'eau chaude et à le faire piétiner.

    Dans les bains du temple, l'eau était toujours à chauffer sur le feu. Le disciple rapporta sur le champ, dans un seau, de l'eau chaude si brûlante qu'on pouvait à peine y tremper un doigt. Aussi, en plongeant son nez, Zenchi risquait-il d'avoir la face brûlée par la vapeur. On mit donc sur le seau un couvercle de bois au milieu duquel était percé un trou pour le passage du nez. Le nez de l'Aumônier était d'ailleurs tout-à-fait insensible à la chaleur. Au bout d'un certain temps, le disciple demanda :

    - "Il doit être bien bouilli, maintenant ?"

    Zenchi eut un rire forcé.

    - "En entendant ces paroles, qui eût pu se douter qu'il s'agissait du nez d'un homme ?" pensa-t-il.

    Le nez plongé dans l'eau chaude lui donnait un prurit semblable à celui que cause la piqûre d'une puce.

    Lorsque le moine eut tiré du trou son nez fumant, le disciple se mit à le piétiner de toutes ses forces. Zenchi, étendu sur le côté, le nez posé à plat sur le plancher, regardait les pieds de son disciple le marteler. ... [...]
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  • Par ZiziMuleATresse, le 30 septembre 2010

    Après cet incident, la fille de Yoshihidé et ce petit singe devinrent bons amis. Elle accrocha au cou de l’animal un petit grelot d’or suspendu à un très beau ruban que la jeune princesse lui avait donné. Le singe, de son côté, quittait rarement la jeune fille. Lorsqu’il arrivait que, légèrement enrhumée, elle gardât le lit, son petit compagnon, le visage attristé, semblait-il, assis demeure au chevet de la malade, s’occupait à ronger ses ongles.
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Video de Ryûnosuke Akutagawa

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Vidéo de Ryûnosuke Akutagawa

Rashōmon, film (1950), réalisé par Akira Kurosawa, d'après la nouvelle de Ryunosuke Akutagawa "Dans le fourré" (1922). Bande-annonce








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