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ISBN : 2226241426
Éditeur : Albin Michel (2012)

Note moyenne : 3.1/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Paul est envoyé à Rome par son journal au moment de l’agonie du pape Jean-Paul II pour écrire un papier « d’ambiance ». Lui, qui ne connaît rien au catholicisme, se sent piégé par sa rédaction. Il se rend dans les églises, les quartiers populaires, il est troublé par la beauté des femmes… et découragé par l’ampleur de sa tâche journalistique Un an plus tôt, Paul avait passé un séjour enchanteur à Rome avec Constance, la femme qu’il aime. Elle le rejoint mais quelque... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
Tempuslegendae
Tempuslegendae08 mars 2013
  • Livres 5.00/5
Ce roman est très court. Il serait décent que je puisse aussi me restreindre dans l'écriture d'un commentaire. Mais comment faire, lorsqu'on a conscience d'avoir entre les mains le fruit cultivé par un génie, Goncourt 2003?
Cela vous dirait de vous laisser entraîner dans une Rome de fantasmes et de rêveries? Connaître les remous d'une relation inaboutie? Flirter avec un fantôme d'amour par excellence?
Mars 2005, Paul, envoyé spécial à Rome d'un hebdomadaire français, est chargé d'écrire «un papier d'ambiance», suite aux rumeurs annonçant la disparition prochaine de Jean-Paul II. Situation cocasse (pas tout à fait d'actualité) pour celui qui se sent si peu, habité par la foi et qui s'avoue volontiers «escorté d'une traînée de concupiscence du matin jusqu'à soir».
Clémence est la jeune femme qui l'accompagne, partage sa furtive existence depuis huit ans. Il sait tout d'elle (ou presque), de sa nuque à son grain de peau, de ses lectures à ses silences répétés. Un jour, elle lui avoue dans une demi-candeur: «J'ai rencontré quelqu'un. Quelqu'un qui me parle gentiment.» Puis lui laisse un mot d'adieu. L'antique cité lui aurait-elle livré son vrai visage?
Désillusion et descente aux enfers. le narrateur fait l'amer constat qu'on ne connaît jamais personne, on cesse seulement de l'ignorer: «J'avais vécu à côté d'une étrangère que je croyais familière.» Á compter de ce jour, il n'arrive plus à écrire et se rêve en Stendhal.
Dans cette ville de ruine où les funérailles se succèdent, la mort semble à ses aises: «Le murmure des prières s'élevait comme une rumeur marine pour accompagner le cadavre le long de la pente douce de la mort.»
«Le passeur de l'éternité»- ainsi qu'il nomme joliment le souverain pontife- a passé le pas et Constance vit désormais à Paris. du pont San Angelo au quartier de l'Eur, le narrateur traîne son chagrin dans les ruelles labyrinthiques, s'offre quelques mesures de vin blanc gouleyant sur les terrasses bondées, mais tout lui rappelle celle qu'il ne s'évertue même pas à oublier. Sa silhouette lui apparaît à chaque coin de rue, dans la foule des magasins et galeries. Il interroge les secrets de «l'immortelle bien-aimée» dans ses nuits sans sommeil et entretient une conversation en absence: «Depuis qu'elle m'avait quitté, elle se métamorphosait en un fantôme qui me harcelait.»
Dans ce dialogue interne, feutré, on perçoit deux voix, celle érosive du doute et cette autre qui maintient, en dépit de l'évidence du monde, que toute insatisfaction a sa beauté. En somme, le drame de la raison humaine saurait-il condamner à ne jamais pouvoir, savoir ou ignorer? Mais point de pathos ni d'attendrissement naïf pour cet opus de la littérature.
Je sais, on ne peut s'empêcher de penser à Flaubert. La force de ce livre réside dans la majesté tranquille des phrases, l'immersion poétique d'un univers défunt, les mouvements accablés et funèbres qui installent le lecteur dans une intelligente intimité. Honnêtement, que peut-on demander de mieux?
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narmiz
narmiz23 juillet 2012
  • Livres 2.00/5
Tout dans ce livre transpire le « livre de littérature française cliché » qu'on aimerait aimer parce qu'on devrait le haïr, mais qu'on déteste quand même .
Le narrateur, journaliste en fin de carrière, est envoyé à Rome par son rédacteur en chef afin de rédiger des « papiers d'ambiance » sur l'agonie du Pape d'une part, et ses funérailles lors d'un voyage ultérieur.
Il est accompagné lors de chaque voyage de sa compagne, Constance, et le livre (on a peine à parler de roman) est le récit de leurs pérégrinations dans différents quartiers et lieux de Rome, des souvenirs de voyages passés ici ou ailleurs qui surviennent à ces occasions ; et des sentiments successifs de l'auteur vis-à-vis de sa compagne, jusqu'à l'inévitable (et annoncée depuis le début) rupture finale, où elle reconnaît qu'elle en voit en effet un autre, et les errements qui s'ensuivent de l'auteur dans une Rome de plus en plus fantasmée.
Le livre qu'on devrait haïr, parce qu'il réunit tous les tics du roman « à la française » qu'on croyait à vrai dire disparu : absence d'intrigue réelle, primauté absolue du style sur l'histoire ou les personnages, personnages fantomatiques ou peu incarnés, au comportement psychologiquement aberrant ou incompréhensible. Et je passe sur le découpage abscons, l'importance démesurée accordée aux lieux, etc. le plus énervant étant sans doute les jérémiades et les doutes sur le métier de journaliste et le souci des réactions du rédacteur en chef et des « vieux abonnés ».
Le livre qu'on aimerait aimer, parce qu'il y a un vrai charme à ses errances dans Rome ; même si elles sont un peu cliché, parfois une anecdote charme ou une remarque tombe juste, et le style est maîtrisé, élégant, précis, félin.
Le livre qu'on finit quand même par détester, parce qu'au global on ne comprend rien des personnages, que la galerie de repas au restaurant et de « choses » vues à Rome lasse, et que le style sans le fond c'est comme le fond sans le style : ça ne tient pas.
Je précise enfin que j'ai lu ce livre dans le cadre de l'opération « Masse critique » du site Babelio.com

Lien : http://lespicilege.wordpress..
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Zarps
Zarps24 juin 2012
  • Livres 3.00/5
Liaison romaine est un très beau texte que nous propose Jacques Pierre Amette, tout en sensualité. Deux histoires se croisent, la relation finissante du journaliste parisien et de sa jeune amante et l'agonie du pape Jean Paul II, cette dernière étant la raison de leur présence à Rome. Une seule véritable histoire donc, celle d'Eros et Thanatos.
Mais le récit importe peu, ce qui compte ici, ce sont les sensations, le ressenti, à chaque phrase les sens sont mis à l'honneur. La mort du pape n'est qu'un moyen pour parler des deux véritables héroïnes du roman, Constance, femme objet du désir et surtout Rome, ville mouvante et orageuse, qui d'ailleurs souvent se confondent.
Un texte mélancolique sur la séparation mais aussi une magnifique ballade dans les rues romaines, ce sont les raisons qui me font dire que j'ai beaucoup aimé ce livre, et je ne regrette qu'une chose, sa concision.
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Coucal
Coucal25 juin 2012
  • Livres 3.00/5
En journalisme, on appelle un papier d'ambiance, un article qui s'attache aux à-côtés d'un événement, à la manière dont il est perçu par ses spectateurs. En ce sens on peut dire que J-P Amiette a écrit un livre d'ambiance sur un journaliste qui écrit un papier d'ambiance. le protagoniste est en effet chargé d'écrire un tel article sur la mort de Jean-Paul II en 2005. Pendant son séjour à Rome, il est quitté par sa maîtresse et finit par rendre un mauvais papier qui ne sera pas publié. On imagine aisément que l'intrigue n'est pas essentielle dans ce court roman. Ce qui compte…c'est l'ambiance. L'auteur nous prend par la main pour nous faire visiter Rome, ses trattorias, ses bars plus ou moins glauques et ses haut lieux historiques. Au passage il nous prend à témoin, avec quelque impudeur, du délitement de son couple. Les amateurs de suspense et de l'action ne trouveront pas leur compte dans ce livre, en revanche il plaira aux amoureux de la petite musique des mots et des sentiments, de la belle langue et de la ville éternelle.
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Alili1995
Alili199523 avril 2014
  • Livres 5.00/5
Roman très interessant et très bon à lire. Assez long quand même, mais très bien écrit. Même si l'histoire est assez simple, celle d'un couple qui se sépare peu à peu...
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Les critiques presse (2)
Lexpress21 juin 2012
Un beau roman où s'entrelacent Rome et une histoire personnelle.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LePoint20 juin 2012
C'est émouvant, sensible, violent, subtil, grinçant parfois, d'une justesse troublante et superbement écrit. À ne pas rater.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations & extraits (1) Ajouter une citation
fabricelfabricel06 août 2012
"Je voulais identifier et surprendre la femme cachée. L'étrange venin de la paranoîa m'empoisonnait. J'avais, sous les yeux, l'image dansante de son beau chignon qui mettait en valeur sa nuque parfaite. Je savais que jamais je n'avais pu accéder à sa vie intime, même en pénétrant tant de fois en elle. J'avais vécu à côté d'une étrangère que je croyais familière." (p. 140)
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Video de Jacques-Pierre Amette (7) Voir plusAjouter une vidéo

Jacques Pierre Amette : La maîtresse de Brecht
Olivier BARROT s'entretient avec Jacques-Pierre AMETTE, auteur du roman "La maîtresse de Brecht" publié chez Albin Michel. Ils évoquent la mémoire de Bertolt Brecht qui a quitté l'Allemagne Nazie en 1933 pour se rendre à Hollywood, via le Danemark et la Finlande. En 1948, il est de retour en Allemagne de l'Est où le régime espère faire de lui l'incarnation du renouveau communiste. La...
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