ISBN : 2070786064
Éditeur : Gallimard (2007)


Note moyenne : 3.47/5 (sur 114 notes) Ajouter à mes livres
Encore aujourd'hui, il m'arrive d'entendre, le soir, une voix qui m'appelle par mon prénom, dans la rue. Une voix rauque. Elle traîne un peu sur les syllabes et je la reconnais tout de suite : la voix de Louki. Je me retourne, mais il n'y a personne. Pas seulement le so... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Lali, le 10 février 2011

    Lali
    Il y a Dans le café de la jeunesse perdue de Patrick Modiano cette ambiance un peu glauque qu'on retrouve dans la plupart de ses romans et que ne supportait pas un de mes collègues du temps où j'étais à la radio de Radio-Canada - il y a vingt ans. Comme si le temps n'avait pas eu prise sur Modiano. Comme s'il n'avait cessé d'errer dans celles qu'il appelle ici des « zones neutres ». Oserais-je dire, pour mon plus grand plaisir?
    Car jamais n'ai-je été déçue par l'écriture ou par les histoires de Modiano. Pas une seule fois depuis 1978 alors que je le découvrais comme on déterre du sable le plus beau coquillage de la plage. Si bien que nous ne nous sommes pratiquement jamais quittés et qu'il est un des deux écrivains qui s'affichent sur mes murs.
    J'ai donc ouvert Dans le café de la jeunesse perdue le cœur battant. Il y avait un moment que je ne m'étais plongée dans cet univers qui chaque fois me trouble et me plait.
    J'ai donc suivi les traces de Louki qui a débarqué un jour au Condé, ce café où se réunissaient surtout des jeunes soir après soir. Ce café dans lequel elle a laissé sa trace si bien que certains ont un jour voulu en partant à sa recherche la retrouver et du coup trouver cette part de leur propre jeunesse perdue.
    Quatre voix, dont celle de Louki, nous racontent ce café, les personnages qui s'y attablaient autrefois et ceux et celles qui font partie de l'histoire de Louki sans avoir fréquenté ce lieu.
    Du Modiano comme on prendrait tous les jours. Parce que c'est lui et parce qu'il n'y a personne d'autre pour raconter de telles histoires et de cette façon. Des histoires qui font dire à certains qu'il ne fait qu'écrire toujours le même livre. Tant pis pour eux. Ils ne connaîtront jamais le bonheur de savourer du Modiano. Moi, je sais. Et je prendrais bien une autre part de gâteau.


    Lien : http://lalitoutsimplement.com/du-modiano-comme-on-prendrait-tous-les..
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    • Livres 4.00/5
    Par patachinha, le 24 octobre 2009

    patachinha
    Dans le café de la jeunesse perdue est un hymne à la mélancolie, à la douceur, à la nostalgie. Paris. Années 60. Au coeur des quartiers de la rive gauche, des êtres épris de liberté, noyés dans la torpeur d' une vie qui n' a plus de sens cherchent le repos à l' agitation de leurs coeurs. le Condé, rendez-vous de quelques intellectuels blasés, des écrivains râtés, d' étudiants insatisfaits. Une somme d' individus qui sont à la recherche de quelque chose sans savoir très bien quoi. Ils sont là, font acte de présence, mais en réalité ne s' attachent à ce repère commun, que par nécessité. Des liens se créent au détour d' une bière, et d' une discussion quelconque. Chacun conserve en réalité une part d' ombre; un accord tacite existe pour ne dire que très peu sur soi même, voir rien. On se contente de futilités et c' est plus que suffisant.

    Et pourtant, " nous vivons à la merci de certains silences. Nous en savons long les uns sur les autres. Alors nous tâchons de nous éviter. le mieux, bien sûr, c' est de se perdre définitivement de vue."

    Les aléas ferront en sorte de les disperser, certains à jamais. Néanmoins quelque chose les unit malgré eux : il est bien vrai qu' un seul être vous manque et tout est dépeuplé.

    Louki faisait partie de ceux-là. Louki n' avait qu' une vingtaine d' années lorsqu' elle s ' est engouffrée dans ce monde décalé, à part dans le bourdonnement de Paris. Elle aussi était devenue une habituée. Pour autant on ne savait que très peu de choses sur elle. Mais elle a marqué les esprits de beaucoup de gens, même des années plus tard, après la transformation de ce café en une maroquinerie, Louki existait toujours dans les esprits. Sa voix, ses gestes, sa tenue, son sourire... Quelques uns se remémorent par bribes de sa vie; le lecteur lui se contente d' assembler les pièces du puzzle pour découvrir un être las de ce la vie a consenti lui donner, et qui dans une quête agonisante presque, tente de déjouer tout le fatalisme que lui impose sa vie.
    Le regard d' un inconnu, étudiant des mines nous laisse entrevoir sa physionomie, son côté mystérieux. Un détective privé à la recherche de cette jeune fille nous en dévoile les raisons. Louki elle- même tente de trouver une justification à ce qui l' enchaîne à cette constante tristesse et mélancolie. Roland, lui, apparaît comme un sauveur déchu. Louki pouvait- elle être sauvée au fond? Elle et tant d' autres qui se livraient à ces destins, à ces rencontres hasardeuses, à ces désillusions, à une vie bohêmienne recherchant de pâles lueurs d' espoir dans ce dénominateur commun : le Condé.

    Ce point de passage obligatoire entre la Terre et le néant, obéissait à une logique propre et personne ne semblait s' en offusquer : " On dit tant de choses... Et puis les gens disparaissent un jour et on s' aperçoit qu' on ne savait rien d' eux, même pas leur véritable identité." Louki faisait bien partie de ceux-là. Son passage sur Terre soulève bien des questions : aux personnages qui la cotoyèrent ainsi qu' au lecteur lui même.

    J' ai bien aimé ce livre qui par son écriture est très envoûtant. Il me donnait envie d' écouter du jazz et de me replonger dans un livre constitué de photos exclusivement en noir et blanc, acheté il y a quelques années en face du centre Pompidou.
    Son titre est très évocateur d' une certaine ambiance propre aux cafés et bars parisiens, du moins tel que j' imagine. Modiano est un auteur que je découvre pour la première fois à travers son dernier opus, je n' en suis pas déçue du tout.



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    • Livres 4.00/5
    Par jd, le 29 août 2008

    jd
    Je n'avais jamais lu aucun roman de Patrick Modiano ; Ecrivain suffisamment célèbre pourtant pour que l'éditeur Gallimard utilise son nom seul afin d'orner la célèbre bande rouge qui entoure les couvertures de romans. Habituellement, on peut y lire « Goncourt, Renaudot, Fémina…. Ici, Modiano. Comme une marque de fabrique. Une évidence.
    Mais, alors que je suis souvent sensible à ces signes de marketing ;-), c'est le titre du roman en lui-même qui m'a donné l'envie de le lire. Un véritable appel aux souvenirs, un hymne à une certaine ambiance : « Dans le café de la jeunesse perdue », un titre aux résonances déjà envoûtantes.
    Ce café, « amalgame de plusieurs cafés de l'époque qui n'existent plus car ils ont été remplacés par des magasins de luxe » expliquera Modiano, on saura bientôt qu'il s'appelle « le Condé ». L'auteur n'attend pas longtemps pour nous le faire découvrir, dès la première phrase, en même temps qu'il nous fait rentrer par la porte de l'ombre dans l'univers de Louki : « Des deux entrées du café, elle empruntait toujours la plus étroite, celle qu'on appelait la porte de l'ombre. » On a compris, ce moment avec Modiano sera grave, mystérieux, voire troublant. Les phrases sont posées, les mots sont lourds, précieux, appliqués.
    Nous sommes dans le quartier de l'Odéon, dans ce café du VIe arrondissement, dans ce Paris mythique du début des années 60. Louki, est celle qui « accroche la lumière », et qui semble venir se protéger dans ce café où se réunit une bande hétéroclite faite d'intellectuels, d'étudiants, d'écrivains, d'artistes. L'ensemble de l'histoire de cette Louki, de son vrai nom Jacqueline Delanque, va nous être raconté par quatre personnes: un jeune homme qui suit des cours à l'Ecole des Mines, un détective privé à la recherche de Jacqueline, Louki elle-même, et enfin par un certain Roland, son amant, écrivain à la recherche des « zones neutres » de Paris, dans lesquelles il aime se balader avec Louki. De ces personnages, on ne sait pas grand chose, quelques bribes d'informations, quelques anecdotes, presque rien.
    À travers ces quatre narrateurs, nous apprendrons l'histoire de Louki, avec un passé lourd de secrets et de non dits, entre paradis artificiels et milieux infréquentables, l'histoire d'une fuite vers nulle part. « Plus tard, j'ai ressenti la même ivresse chaque fois que je coupais les ponts avec quelqu'un. Je n'étais vraiment moi-même qu'à l'instant où je m'enfuyais. Mes seuls bons souvenirs sont des souvenirs de fuite ou de fugue. »

    L'écriture de Modiano, « trop lisse, trop propre », « trop ciselée » diront certains m'a absolument convaincu, et surtout ému. Certes, je n'y retrouve pas la douleur intérieure, la rage, la passion que j'aime retrouver en littérature, mais je me suis laissé envoûter par ce Paris que j'aurais aimé connaître et cette Louki que j'aurais aimé sauver.
    D'autres critiques sur http://lesbottesrouges.hautetfort.com
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    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, le 16 décembre 2009

    Bunee
    On l'apprend ici et là , ce titre est tiré d'une phrase de Guy Debord:
    À la moitié du chemin de la vraie vie, nous étions environnés d'une sombre mélancolie,
    qu'ont exprimée tant de mots railleurs et tristes, Dans le café de la jeunesse perdue.
    Dans le Paris – quartier latin des années 60, Café du Condé, un café à la patronne maternelle que l'on imagine volontiers derrière son comptoir à essuyer les verres et couver du regard ses jeunes habitués.
    Point de rencontre très bohème, carrefour des cultures et des milieux : des étudiants brillants, des flambeurs, des oisifs, des hommes sombres au passé trouble, des rêveurs attablés à leur ile.
    Point de convergence entre les destinées, vers un seul et unique drame.
    Quatre narrations centrées vers une seule personne. Jacqueline – surnommée Louki par les habitués.
    Une jeune femme gracile et mystérieuse, mélancolique, fuyante et fugueuse, qui passe son temps au café et glisse ici comme sur un rêve – elle finira défenestrée. On apprendra au fil du livre qu'elle était malheureuse, confinée dans une vie terne, mariée à un homme triste et banal, cherchant à échapper aux réminiscences d'un passé blessé.
    C'est un récit très aérien, à la fois réaliste et poétique, une esthétique fascinante de l'éphémère, du passage, du provisoire.
    Et puisqu'ici bas rien ne dure ….
    Oisive jeunesse
    A tout asservie,
    Par délicatesse
    J'ai perdu ma vie.
    (Rimbaud cité par Modiano – cet ange bizarre - ici )

    Nous ne sommes pas ici dans la nostalgie, mais dans le gaspillage, la générosité, l'immodéré. Ici ce n'est pas tant quand la jeunesse se détruit, mais « se dilapide par un élan de générosité, un manque d'économie, de calcul. »
    La part de l'ange bizarre
    « Quand j'étais enfant, livré à moi-même, il y avait une fille dans l'immeuble, un peu américaine, qui faisait les Beaux-Arts. Elle devait m'emmener à l'école mais elle me faisait des mots d'excuses et me traînait dans des endroits bizarres, un hôtel rue Gît-le-Coeur et un café, rue du Four, où il y avait des gens de son âge. Des types qui n'avaient rien à voir avec ceux du Flore ou des Deux-Magots. Beaucoup plus marginaux, des desperados. Je me rappelle des choses de l'époque de la jeunesse de cette fille qui avait 20 ans dans les années 50 et ça se superpose avec ma propre jeunesse et avec la jeunesse d'aujourd'hui, dans une sorte d'intemporalité. Ça peut paraître absurde, mais quand j'observe la jeunesse de maintenant je trouve des ressemblances avec des gens des années 50. Je reconnais dans la rue des silhouettes qui m'ont frappé quand j'avais 8 ans. Les époques ne se ressemblent pas, mais la jeunesse a toujours les mêmes gestes... »
    Sur le « Fixeur d'ombres »:
    En pensant à ce personnage, je pensais un peu à moi. Jeune, je songeais à tous ces gens qu'on croise dans des lieux de passage, des gares ou des cafés, et je me disais trouvais dommage de ne pas pouvoir les répertorier, pour garder une trace de leur passage. C'est pour ça aussi que j'ai toujours été fasciné par les annuaires, par exemple : les gens y figurent et puis, l'année d'après, ils disparaissent. La seule trace qui reste d'eux, finalement, c'est cet annuaire.

    Want More ?
    Sur le wiki
    Sur le réseau modiani

    Interlude lexical :
    Mot récurrent qu'inspire visiblement le café de la jeunesse perdue et dont je m'interdirai par conséquent l'emploi : interlope
    « labyrinthe d'un monde interlope d'identités incertaines » selon M. Raspiengeas ici
    « Monde interlope » Selon Clabeaut sur Culturofil
    « Quartiers interlopes » selon modiano dans son interview pour le nouvel obs ici
    NDLR: le message est truffé de liens, auxquels vous pouvez accéder sur le lab.

    Lien : http://lelabo.blogspot.com/2009/10/patrick-modiano-dans-le-cafe-de-l..
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  • Par liberlibri, le 01 décembre 2008

    liberlibri
    Ce vers de Ronsard, appartenant à un poème qu'il retira de la version définitive de ses Oeuvres ne peut que faire écho au dernier roman de Patrick Modiano. Dans le café de la jeunesse perdue retrace l'itinéraire de Louki, frêle créature face à la fuite du temps. Autour d'elle, les hommes qu'elle a fascinés et qui, tristement, notent comme le poète vendômois que :

    le temps s'en va, ma Dame, le temps s'en va,
    Las, le temps, non, mais nous nous en allons,
    Et tôt serons étendus sous la lame.

    Ce récit à plusieurs voix s'articule autour du chapitre où Louki elle-même dit Je, tandis que les autres chapitres, où les narrateurs masculins interviennent, enserrent et tentent de retenir cette héroïne fragile. Louki est insaisissable, elle ne se trouve à son aise que dans la fuite qui lui donne l'illusion, fugace, d'échapper à un quotidien poisseux.

    Je n'étais vraiment moi-même qu'à l'instant où je m'enfuyais. Mes seuls bons souvenirs sont des souvenirs de fugue. Mais la vie reprenait toujours le dessus.

    Il y a des accents céliniens dans ce récit. Comme Bardamu, Louki est lasse de toujours faire « ce qu'on a trop fait la veille ». Ceux qui recherchent cette jeune femme ne découvrent rien d'autres que de vagues souvenirs, ils voient seulement danser de lointains visages, à jamais perdus. C'est à une sorte de valse des morts que Modiano nous convie, valse où l'héroïne n'en « finit pas de quitter ce monde ».

    Lien : http://liber-libri.blogspot.com/2008/05/le-temps-sen-va.html
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Citations et extraits

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  • Par sentinelle, le 05 décembre 2010

    Souvent, j'avais peur et pour me rassurer je serais volontiers allée retrouver ma mère, mais je l'aurais dérangée dans son travail. Aujourd'hui, je suis sûre qu'elle ne m'aurait pas grondée, puisque la nuit où elle est venue me chercher au commissariat des Grandes-Carrières, elle ne m'a fait aucun reproche, aucune menace, aucune leçon de morale. Nous marchions en silence. Au milieu du pont Caulaincourt, je l'ai entendue dire d'une voix détachée; " ma pauvre petite", mais je me demandais si elle s'adressait à moi ou à elle-même. Elle a attendu que je me déshabille et que je me mettre au lit pour entrer dans ma chambre. Elle s'est assise au pied du lit et elle restait silencieuse. Moi aussi. Elle a fini par sourire, Elle m'a dit: "Nous ne sommes pas très bavardes...', et elle me regardait droit dans les yeux. C'était la première fois que son regard restait aussi longtemps fixé sur moi et la première fois que je remarquais combien ses yeux étaient clairs,gris, ou d'un bleu délavé. Gris-bleu. Elle s'est penchée et m'a embrassée sur la joue, ou plutôt j'ai senti ses lèvres de manière furtive. Et toujours ce regard fixé sur moi, ce regard clair et absent. Elle a éteint la lumière et avant de refermer la porte elle m'a dit: ' Tâche de ne plus recommencer.' Je crois que c'est la seule fois qu'un contact s'est établie entre nous, si bref, si maladroit et pourtant si fort que je regrette de n'avoir pas eu, les mois suivants, un élan vers elle qui aurait encore provoqué ce contact. Mais nous n'étions ni l'une ni l'autre des personnes très démonstratives. Peut-être vis-à-vis de moi avait-elle cette attitude en apparence indifférente parce qu'elle ne se faisait aucune illusion sur mon compte. Elle se disait sans doute qu'il n'y avait pas grand-chose à espérer puisque je lui ressemblais.
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  • Par jeanmarcg, le 15 février 2011

    Livre polyphonique pour tenter de retracer le parcours météorique d'une femme qui fuit, fuit le monde et elle même, Jaqueline alias Louki, "Dans le café de la jeunesse perdue" est un livre brumeux comme tous les livres de Modiano, un livre qui semble lui même vouloir fuir dans l'une de ces "zones neutres" de Paris dont parle l'un des personnage. Intrigant et nostalgique, c'est une balade dans un Paris de toute éternité, puisqu'il semble n'avoir jamais existé, comme une carte postale noir et blanc que l'auteur tenterait de colorier, en y ajoutant des personnages qui se croisent sans forcément échanger... sans savoir où ils vont.
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  • Par sentinelle, le 05 décembre 2010

    J'ai toujours cru que certains endroits sont des aimants et que vous êtes attiré vers eux si vous marchez dans leurs parages. Et cela de manière imperceptible, sans même vous en douter. Il suffit d'une rue en pente, d'un trottoir ensoleillé ou bien d'un trottoir à l'ombre. Ou bien d'une averse. Et cela vous amène là, au point précis où vous deviez échouer. Il me semble que Le Condé, par son emplacement, avait ce pouvoir magnétique et que si l'on faisait un calcul de probabilités le résultat l'aurait confirmé: dans un périmètre assez étendu, il était inévitable de dériver vers lui. J'en sais quelque chose.
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  • Par sentinelle, le 05 décembre 2010

    Encore aujourd'hui, il m'arrive d'entendre, le soir, une voix qui m'appelle par mon prénom, dans la rue. Une voix rauque. Elle traîne un peu sur les syllabes et je la reconnais tout de suite : la voix de Louki. Je me retourne, mais il n'y a personne. Pas seulement le soir, mais au creux de ces après-midi d'été où vous ne savez plus très bien en quelle année vous êtes. Tout va recommencer comme avant. Les mêmes jours, les mêmes nuits, les mêmes lieux, les mêmes rencontres. L'Éternel Retour.
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  • Par sentinelle, le 05 décembre 2010

    Je l'ai regardé qui s'éloignait vers Neuilly et le bois de Boulogne, d'une démarche de plus en plus lente, comme pour laisser à quelqu'un l'occasion de la retenir. J'ai pensé qu'elle ne reviendrait plus au Condé et que je n'aurais plus jamais de ses nouvelles. Elle disparaîtrait dans ce que Bowing appelait "anonymat de la grande ville", contre quoi il prétendait lutter en remplissant de noms les pages de son cahier.
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Les lectures d'influence de Olivier Adam : livre 1 : "L'horizon" de Modiano.








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