> Charlotte Woillez (Traducteur)

ISBN : 2742797122
Éditeur : Actes Sud (2011)


Note moyenne : 4.75/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres

Chaque matin, Rose et Tolani suivent ensemble le parcours du combattant qui, de trottoir puant en bus surpeuplé, les mène de leur appartement à la banque où elles travaillent. Leur quotidien dans Lagos en ces années 1980, alors que le... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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  • Par christianebrody, le 10 novembre 2011

    christianebrody
    Trois-quart d'heure que je déambulais comme une âme en peine dans cette grande surface dédiée à la culture en me demandant si les gens ne lisaient que des romans policiers/polars ou des biographies de gens dont je moque royalement… il y en avait de partout jusqu'à ce que je tombe sur cette couverture, superbe, et ce titre qui résonne comme une claque. Et puis, je voulais changer d'horizon, sortir de mon petit confort littéraire, être bousculée dans mes habitudes. Alors pourquoi ne pas plonger dans ce continent, découvrir de nouveaux auteurs qui m'en feront aimer d'autres.
    Dans une langue colorée, énergique, imagée, Sefi Atta nous invite à découvrir Lagos à travers le véritable parcours du combattant que se livrent ses héroïnes, Rose et Tolani. Chaque jour se répète. Se lever, se préparer, quitter un appartement rongé par la moisissure, jongler entre les monceaux d'immondices posés devant l'immeuble, attraper le bus bondé qui vous mène au travail en espérant ne pas mourir en chemin car le chauffeur ignore superbement le code de la route et les mots « contrôle technique » et une fois sur place, se battre contre un chef pusillanime, libidineux, obséquieux et incommode. Colocataires et travaillant pour la même société, elles se battent tous les jours pour un salaire de misère sans grand espoir de grimper les échelons car dominées par une hiérarchie profondément machiste, viscéralement inféodée au pouvoir en place et peu encline à perdre les pots de vin qui agrémentent leur existence. Sans perdre le sourire, elles luttent contre leur pauvreté, leur statut de « second class citizen », l'absurdité du monde qui les entoure en achetant des chaussures, en rêvant de mariage, en gardant la foi en un avenir si ce n'est meilleur au moins moins sombre qu'il ne l'est déjà. Malheureusement Rose est licenciée pour insubordination. Dans un pays soumis à la récession économique, trouver un travail révèle du chemin de croix. Lorsque la seule ambition est de sortir à tout prix de l'indigence, n'importe quelle proposition est bonne à prendre, même au prix de sa vie.
    C'est Tolani la principale narratrice. A travers elle, on saisit la complexité du Nigéria et peut-être de l'Afrique. Après des luttes sans fin, le colonialisme, l'indépendance, le pays est toujours engoncé par un héritage culturel, familial, social. Faire face à la corruption ambiante est une tâche malaisée mais avoir aussi à guerroyer contre les habitudes ancestrales quand les seules préoccupations sont de pouvoir manger au moins une par jour, garder un toit sur la tête, espérer aucune coupure d'eau ou d'électricité, sortir du bouge puant la fosse septique, économiser un peu… ça en fait beaucoup pour cette jeune femme célibataire et pauvre. Touchante dans son combat contre la société en générale, ses pensées l'emportent souvent vers sa mère restée au village, une femme illettrée, teinturière émérite qui a su par son entêtement bousculer les conventions sociales et asseoir sa position au sein du village, de la famille. Une existence qui semble se dérouler sur un ring de boxe mais qui lui a apporté une indépendance d'esprit. Deux vies qui finalement se ressemblent car rien n'a jamais changé et certainement pas pour le meilleur. Toujours se démener contre les ragots, la jalousie, le tribalisme, le despotisme des hommes, le manque d'argent, la religion, l'exécrable puanteur, la chaleur …….. Et si l'avenir était ailleurs?

    Excellent complément aux guides touristiques achetés en vitesse en prévision des vacances. Je doute qu'à part les formalités administratives, les plages, les monuments, le soleil, les conseils d'hygiène, on y aborde la réalité de la vie africaine. Ce livre recoupe les dires que mes amis africains m'ont fait partager. Tout y est. Même la joie de vivre qui ne les quitte jamais. J'ai vraiment goûté cette histoire très rythmée, imprégnée d'humour, vivante, efficace. J'ignore tout de la littérature africaine mais celui-ci me donne envie d'en découvrir plus. C'est un bon livre, une excellente surprise.
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 06 février 2012

    brigittelascombe
    Que ce soit au Cameroun dans le soleil qui m'a brûlée de Calixthe Beyala, que ce soit entre France et Sénégal dans Trois femmes puissantes de Marie N'Diaye, on s'aperçoit que la vie d'une Africaine est parsemée d'embûches et soumise aux dures lois masculines.
    Avale de Seffi Atta(romancière,nouvelliste et dramaturge contemporaine dont Le meilleur reste à venir a obtenu le prix Wole-Soyinka 2006) conte la vie pleine de péripéties, sinon de mort,de deux Nigérianes, Rose et Tolani, colocataires et amies, secrétaires dans une banque, harcelées successivement par leur patron vicieux.
    Rose, loyale,d'un caractère fort et un brin vulgaire, passe d'homme en homme, des pas toujours recommandables(violents et même susceptibles de tuer) comme OC "pas net". Après avoir giflé Salako son directeur, elle est renvoyée et boit un peu trop.Une solution facile lui est proposée!
    Tolani, sa "sister" plus discrète, ne rêve que de se marier avec le crédule Sanwo qui lui emprunte de l'argent et se fait arnaquer.
    Renvoyée elle aussi,après s'être indignée des avances de Salako, sans le sou, elle se laisse influencer par le seul moyen possible de gagner un pactole.... Avaler (d'où le tître Avale).
    Avaler. Avaler quoi? de la cocaïne enfermée dans un préservatif. de la drogue à faire transiter vers Londres ou les Etats Unis.
    Les "dents du bonheur" de Rose lui porteront-elles chance?
    Les rêves prémonitoires de Tolani la mettront-ils en garde?
    Avale est un roman rondement mené (en deux parties une plus longue avant "voyage" et une plus courte en guise de conclusion) entrecoupé des courts récits de la mère de Tolani qui revient sur le passé par "peur d'être une bâtarde", une écriture fluide et imagée, une ambiance vraie qui dénonce des trafics quotidiens sur fond de "mesures disciplinaires" du gouvernement car l'action se déroule en 1980 et un zeste de sorcellerie pour camper le décor superstitieux.
    Sans "reconsidérer la question" comme Tolani, c'est décidé je choisis d'Avaler une soupe d'igname ou même aux piments plutôt que...
    Cinq étoiles!!!
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    • Livres 5.00/5
    Par Lalivrophile, le 23 janvier 2012

    Lalivrophile
    Voilà un livre à côté duquel je suis contente de n'être pas passée. Il fait réfléchir, et décrit avec délicatesse le parcours de femmes fortes, qui savent ce qu'elles veulent, mais n'empruntent pas toujours le bon chemin pour y arriver. Trois femmes (en parallèle, il y a le récit de la mère de Tolani), qui refusent de se laisser étouffer par le carcan des conventions, qui ne se résignent pas, veulent faire valoir leur droit au respect.
    Si je comprends pourquoi Rose est ainsi, je ne suis pas parvenue à la trouver réellement sympathique. À l'instar de la narratrice, le lecteur sait très vite qu'elle se fourvoie: elle fait de mauvais choix, donne de l'importance à des choses qui n'en ont pas, est assez têtue pour s'obstiner dans la mauvaise direction, tout en le sachant. Elle en a assez de cette vie qui la malmène, et veut atteindre l'aisance financière coûte que coûte. Elle ne veut pas s'en laisser conter par Johnny ou par la voisine. Elle refuse d'être l'objet de monsieur Salako. Soit. Seulement, Rose dépense beaucoup d'énergie à tout faire de travers. Elle se montre immodérée, exubérante, hurlant pour un rien, s'en prenant aux mauvaises personnes...
    [...]
    Lire la suite sur:

    Lien : http://www.lalivrophile.net/avale-de-sefi-atta
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  • Par anniepesnel, le 25 février 2012

    anniepesnel
    livre simple mais pas dans le sens péjoratif , plein d'humanité et nous apprend beaucoup de choses sur les traditions ou coutumes africaines.
    A lire
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Citations et extraits

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  • Par brigittelascombe, le 06 février 2012

    Tu n'es pas unique, me dit un jour mon père.Il y en a beaucoup comme toi partout dans le monde.Ne prends pas ta chance pour une bénédiction et leur malchance pour une malédiction.Le vent pourrait bien tourner.
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  • Par brigittelascombe, le 06 février 2012

    C'est ce que j'ai toujours dit:nousles Nigérians,on suit aveuglément.Le système est complètement chaotique parce que les gens ne sont pas d'accord,et quand on suit le mouvement sans réfléchirn on tombe tous dans le même trou noir.
    Je souris.
    -C'est quoi ce trou noir?
    -Le trou noir de l'existence africaine.
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  • Par brigittelascombe, le 06 février 2012

    Je savais que quand la vie est dure on tient le coup en attendant une porte de sortie.
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  • Par brigittelascombe, le 06 février 2012

    Ici, une femme ne peut pas se permettre d'être gentille.Entre les hommes et nous,c'est la guerre.La guerre tu m'entends?
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  • Par brigittelascombe, le 06 février 2012

    L'honnêteté divisait les gens.C'était la duplicité qui les rapprochait.
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