> Josie Salesse-Lavergne (Traducteur)

ISBN : 226402318X
Éditeur : 10-18 (1996)


Note moyenne : 3.82/5 (sur 253 notes) Ajouter à mes livres
Quatrième de couverture : Publié anonymement en 1816, Emma es l'oeuvre la plus aboutie de Jane Austen (1775-1817) et l'un des classiques du roman anglais.
Orpheline de mère, seule auprès d'un père en mauvaise santé, Emma Woodhouse, désormais la maîtresse de maiso... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 24 février 2011

    LiliGalipette
    Une dédicace royale ouvre le roman, de quoi donner le bon ton d'une Angleterre policée : "À son Altesse Royale le Prince Régent, Cet ouvrage est, grâce à la permission de son Altesse Royale, très respectueusement dédié, par la zélée, dévouée et humble servante de son Altesse Royale, L'auteur." Et nous, humbles et roturiers lecteurs, on en profite aussi !
    "Belle, intelligente et riche, jouissant d'une confortable demeure et d'un heureux caractère, Emma Woodhouse semblait dotée des plus précieux avantages de l'existence : et depuis près de vingt et un ans qu'elle était sur cette terre, elle n'avait guère connu le chagrin et la contrariété." (p. 7) Voilà une introduction idyllique qui laisse présager des remous ! La première déconvenue de la jeune Emma, c'est le mariage de sa chère gouvernante, Miss Taylor, qui épouse Mr Weston et devient la maîtresse de Randalls, propriété voisine de Hartfield où vivent les Woodhouse. Si Emme est chagrine de perdre une amie, elle a bon caractère et ne tarde pas à s'attacher à Harriet Smith, une jeune fille sans origine, et à se mettre en tête de la marier au-dessus de sa condition. "Harriet était un être qu'elle chérirait dans la mesure où elle pourrait lui faire du bien. Alors que Mrs Weston n'avait besoin de rien, Harriet avait besoin de tout." (p. 30) Emma est certes une fille aimante et une amie attentionnée, mais son imagination prime souvent sur son jugement. Alors qu'Emma se met en tête de marier Harriet avec le vicaire Mr Elton, puis avec Frank Churchill, le fils issu du premier mariage de Mr Weston, la jeune fille ne voit pas que les attentions de ces messieurs se portent soit sur elle soit sur d'autres jeunes filles mais jamais sur Harriet. Il faudra attendre la fin du roman - parfaitement parfaite - pour qu'Harriet soit mariée selon son rang et qu'Emma trouve également le bonheur. "Avec une insupportable vanité, elle s'était imaginé pouvoir sonder le coeur de tout le monde. Les évènements avaient montré qu'elle s'était complètement trompée." (p. 438)
    Emma est pleine de bonnes intentions, comme le chemin qui mène à l'enfer. Si ses proches la parent de toutes les vertus et lui prêtent tous les talents, Mr Knightley est le seul à oser élever la voix contre elle. Vieil ami qui a vu grandir la jeune fille, il n'hésite pas à critiquer son comportement et à mettre en doute sa lucidité d'entremetteuse. Quand elle se pique d'arranger des mariages, l'ami de la famille, le respectable Mr Knightley, se moque de ses talents pour le moins limités voire dangereux pour son entourage. Il ironise également sur les capacités de concentration d'Emma, laissant entendre que la jeune fille, si accomplie soit elle, pratique en dilettante les arts où chacun affirme qu'elle excelle. "Elle ne s'adonnera jamais à une activité qui nécessite du travail et de la patience et qui implique que l'imagination s'efface devant un effort pour comprendre." (p. 41) Il râle, il ironise, il se moque, mais devinez donc qui il y épousera !
    Si Emma joue les entremetteuses pour son entourage, elle répète à l'envi que le mariage n'est pas pour elle. Dévouée à son cher papa qui verrait comme une trahison que sa fille chérie quitte la demeure famille pour celle d'un époux, elle est déjà une hôtesse accomplie et se satisfait de sa situation. "Le fait d'être charmante n'est pas suffisant pour me pousser au mariage. Il faut que ce soit moi qui trouve les autres charmants, au moins une personne. Or, non seulement je ne suis pas à présent sur le point de me marier, mais je n'ai guère l'intention de jamais le faire." (p. 93) Et elle ajoute que sa situation sociale et mondaine et l'état de sa fortune la prévalent des affres de la situation de vieille fille pauvre :"C'est juste la pauvreté qui rend le célibat méprisable aux yeux des personnes." (p. 94) Une vieille fille riche dans la bonne société, position enviable pour Emma selon Jane Austen ? Hum... ça sent le rebondissement tout ça !
    Emma aime l'élégance, la distinction et les bonnes manières. Profondément rebutée par la vulgarité, elle fait son possible pour ne s'entourer que de personnes de qualité et maintenir chacun à sa place. "C'est un tel bonheur de voir des personnes sympathiques qui s'accordent bien ensemble." (p. 183) Emma Woodhouse est la reine d'un petit univers cordial et bien-pensant qui se croise dans les salons des belles demeures de Highbury, entre un bal et une partie de campagne. Dans ce microcosme, tout se sait, tout se discute, tout se commente. le potin est un art élevé au rang de la rhétorique
    Jane Austen - on l'a suffisamment dit - est une peintre habile de la société et des caractères. Les personnages secondaires bénéficient de traitements soignés dans lesquels l'auteure laisse éclater toute la puissance de son humour. Mr Woodhouse est un incorrigible hypocondriaque, fidèle jusqu'à l'excès aux recommandations de l'apothicaire Mr Perry. Veuf depuis des années, il mène une vie réglée et étriquée dans un cercle d'amis restreint et selon une mesure qui confine à l'absurde. Miss Bates, la pauvre vieille fille de la bande, est une bavarde impénitente, sotte à ses heures, d'une naïveté sans fond mais d'une bonté sans égale. Si Jane Austen célèbre ici l'amour et les mariages heureux, elle n'oublie jamais l'ironie et se plaît à égratigner encore et encore la petite société bourgeoise.
    Point n°1 (Mode "Futile" ON) : la couverture dessinée par Christian Lacroix est sublime ! La Fashion Week bat son plein à Londres alors que je lis ce livre. Je ne peux pas y être, mais les bouquins que je lis ont la e ! Je déteste le TGV de Lacroix mais là, chapeau bas pour le relooking du Livre du Poche ! Point n°2 (Mode "Futile" OFF) : si j'ai adoré Orgueil et préjugés et Raison et sentiment, Emma prend la tête du ement. Peut-être parce qu'il est plus facile de s'attacher à une héroïne qu'à une tripotée de frangines en mal d'amour. Et surtout parce qu'Emma ne met pas le mariage au centre de son existence. Si elle pourrit la vie des autres avec le sujet, elle n'est pas obsédée pour elle-même par l'union sacrée. Enfin, une fille qui pense pouvoir mener sa vie en célibattante. Bon, Jane Austen ne la laisse pas longtemps s'ébattre dans les champs divins de l'indépendance, mais le temps que ça dure, c'est trop bon ! (Rappelez-moi ce que l'on fête le 8 mars ?)
    Pour couronner ma lecture et prolonger le plaisir, séance DVD avec l'adaptation de Douglas McGrath, Emma l'entremetteuse. Tout y est ! L'ambiance feutrée des salons où l'on prend le thé avec une serviette sur les genoux et les robes empire (ah, les robes empire !!!!!). La distribution est sympathique. Gwyneth Paltrow fait une Emma convaincante. Gros coup de coeur pour Jeremy Northam dans le rôle de Mr Knightley et pour Polly Walker dans le rôle de Jane Fairfax qu'on a aussi vu dans la série Rome. le scénario ne s'éloigne pas d'un iota du texte de Jane Austen, les répliques sont calquées sur les dialogues du roman. Bref, si le film n'innove en rien, il est d'une fidélité délicieuse qui permet de mettre des visages sur les romances imaginées par Jane Austen. La déclaration finale entre Emma et son amoureux est une merveille de romantisme mièvre et sucré ! Un indispensable et parfait moment culcul !
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Audreyy, le 24 avril 2012

    Audreyy
    Après avoir découvert Orgueil et préjugés il a quelques mois, je me lance avec Emma et au risque de surprendre plusieurs lecteurs, je le préfère et de loin. Pour m'expliquer un peu, Emma est une jeune fille aux nombreux défauts, elle est têtue, elle veut toujours avec le dernier mot et avoir raison, elle se mêle des affaires des autres et souhaite qu'on lui obéisse. Malgré cela, je la trouve merveilleuse. Au fond, ce qu'elle fait ne part pas d'une mauvaise intention, même si ça crée souvent des malentendus et elle est néanmoins gentille et attentionnée envers son père par exemple qui est malade. Elle est aussi loyale avec Harriet, cette jeune fille qu'elle souhaite marier.
    Pour en venir à l'histoire, Emma se découvre un don d'entremetteuse ou plutôt elle croit en avoir un car un couple s'est réunit comme elle l'avait prédit. C'est pourquoi, elle s'est mise en tête de marier Harriet Smith, une jeune fille réservée et qui n'a pas confiance en elle. Emma vise très haut pour cette fille, elle veut un homme digne d'elle. C'est pourquoi, elle incite Harriet à refuser la main de Mr Martin car elle ne le trouve pas assez bien pour elle. Elle a de meilleures intentions pour elle seulement ses intentions se réveleront catastrophiques et créeront des malentendus.
    Bien entendu, on est dans un roman de Jane Austen alors des histoires de couples, il y en a la pelle notamment, celle d'Emma. Qui gagnera le coeur d'Emma? Franck Churchill ou Mr Knightley? Personnellement, mon coeur balance pour ses deux hommes.
    L'histoire est très agréable à lire et on est tout de même un peu dans le même registre que Orgueil et préjugés. Cependant, encore une fois, Jane Austen crée des longueurs. Certains passages s'avèrent sans importance et pas mal de pages auraient pu être enlevées.
    Néanmoins, j'ai adoré. On passe un très bon moment fort agréable avec Emma et tous les autres. Les cent dernières pages sont superbes. Une fin digne en soi. Puis, vous remarquerez qu'à cette époque du XIXème siècle, l'ennui est vite présent alors tous les soirs on est de sortie. Que ce soit pour un dîner ou un bal, on découvre comment ces jeunes gens passent leurs journées.
    Je vous invite à le découvrir si vous avez envie d'une histoire d'amour à l'eau de rose, dans un style ni trop facile, ni trop difficile.
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    • Livres 4.00/5
    Par Titine75, le 04 février 2010

    Titine75
    Emma Woodhouse est une jeune femme de 21 ans, orpheline de mère et vivant avec son père dans le village de Highbury. Leur domaine de Hartfield est le lieu le plus élevé socialement. Emma est gâtée par la vie et n'a connu que peu de contrariété puisque sa mère est morte lorsqu'elle était bébé. Elle est très entourée par sa famille et ses amis et ses journées sont remplies de mondanités et de bavardages. Son occupation favorite est de jouer les entremetteuses pour ses proches. C'est dans ce but qu'elle prend sous son aile Harriet Smith dont les origines sont inconnues mais qu'Emma s'entête à penser nobles. “Emma allait la prendre en main, l'améliorerait, la détacherait de ses relations pernicieuses et l'introduirait dans la bonne société. Elle la guiderait dans ses goûts et dans ses façons. C'était là une entreprise prometteuse et certainement charitable, parfaitement adaptée à la situation d'Emma, à ses disponibilités et à ses capacités.” Emma oblige Harriet à refuser la demande en mariage de Robert Martin, un fermier prospère et fort épris. Malgré les avertissements de Mr Knighley, grand ami des Woodhouse, Emma n'en fait qu'à sa tête et veut marier Harriet au vicaire Mr Elton. Mais Emma est une bien jeune femme qui ne connaît que peu de choses au sentiment amoureux. Elle apprendra à ses dépens que son jugement en la matière est des plus déplorable.
    Emma” est le cinquième roman écrit par Jane Austen et ce près de vingt ans après “Orgueil et préjugé” et “Raison et Sentiments”. C'est avant tout un roman d'apprentissage, Emma est au début très satisfaite de sa personne et de son sens de l'observation. En réalité, son imagination la rend parfaitement aveugle. Emma interprète les faits et gestes de son entourage à l'aune de ses rêveries. Mr Elton semble rechercher la compagnie de Harriet, il s'inquiète de sa santé mais tout cela n'a qu'un seul but : se rapprocher d'Emma. Lorsque Mr Elton lui fait sa demande en mariage, Emma tombe de haut. Mais ce cuisant échec ne stoppe aucunement notre marieuse ! Elle change son fusil d'épaule et tente un rapprochement entre Harriet et Frank Churchill, fils du mari de la nourrice d'Emma. Comme Mr Elton, Frank Churchill n'est en rien intéressé par Harriet puisqu'il est déjà fiancé ! Emma est systématiquement à côté de la plaque pour les autres et pour elle-même. Elle ne devine pas les intentions de Mr Knighley et ce n'est qu'à la toute fin qu'elle réalise son amour pour lui.
    Jane Austen en écrivant ce roman voulait décrire un personnage central qu'elle seule pouvait aimer. Emma pourrait agacer le lecteur par son aveuglement, son obstination à faire le bonheur des autres contre leur gré. Mais Jane Austen traite son enfant gâtée avec beaucoup d'humour et d'ironie. Mr Knighley se charge régulièrement de la remettre à sa place. Au final, Emma est un personnage que je trouve très attachant et on ne saurait lui tenir rigueur de ses erreurs faites dans un élan de jeunesse et d'excès de confiance. La hiérarchie sociale dans “Emma” est très importante et respectée à la lettre. Les unions doivent s'envisager entre des niveaux sociaux équivalents. On est loin de “Orgueil et préjugé” où Mr Darcy pouvait épouser Elizabeth Bennet qui lui était inférieure socialement. Ici on ne se mélange pas ! Emma est d'ailleurs très à cheval sur cette question. On s'en aperçoit à deux reprises. Lorsque Mr Elton déclare sa flamme à Emma, celle-ci est choquée qu'il puisse imaginer une union avec une famille si élevée. “En revanche, il ne pouvait ignorer qu'elle lui était infiniment supérieure financièrement et socialement. Il ne pouvait ignorer que les Woodhouse étaient établis à Hartfield depuis plusieurs générations, qu'ils étaient la branche cadette d'une très longue lignée, et que les Elton n'étaient rien du tout.” De même lorsque Harriet avoue à Emma qu'elle est amoureuse de Mr Knighley, notre héroïne est outrée qu'Harriet ne se rende pas compte de son infériorité. “Mr Knighley et Harriet Smith ! Quelle promotion pour celle-ci ! Quel avilissement pour lui ! Emma imaginait avec horreur la dégradation que cela représenterait pour lui, les sourires railleurs et les quolibets. Il serait livré en pâture à la dérision générale.” Foin d'amitié, Harriet redevient une jeune femme sans biens et sans origine lorsqu'elle espère s'élever socialement. Emma est d'autant plus en colère que c'est elle qui a introduit Harriet dans la haute société. Jane Austen nous montre là la cruauté de la petite société de province, chacun s'accroche à son milieu et en défend les privilèges en ne se mélangeant pas. L'auteur décrit l'étroitesse d'esprit de ce microcosme et d'Emma en particulier. Mr Knighley lui apprendra certainement à ouvrir les yeux, lui qui sait apprécier les qualités humaines de Robert Martin, simple fermier.
    Emma” est un roman extrêmement bavard, toute l'intrigue, que certains qualifieraient de mince, tient dans les dialogues. Il y a peu de descriptions dans “Emma” contrairement aux premiers romans de Jane Austen. Et cette manière d'écrire colle parfaitement au personnage central qui trouve que : “Bavarder était chose plus facile qu'étudier.” Emma peut se moquer de Miss Bates, véritable moulin à paroles, mais elle n'est guère mieux ! J'ai trouvé que la forte présence des dialogues rendait ce roman très vivant, très animé.
    J'ai beaucoup apprécié la relecture d'”Emma” dont tous les personnages (à part l'arrogante Mrs Elton) sont touchants. Jane Austen me séduit encore une fois pour son ironie mordante, Emma n'échappe pas au ridicule où l'a conduit son manque de jugement. le tableau de la société de province est encore une fois sans concession, enfermée dans les carcans du rang social. Un moment de lecture délicieux, à l'image de l'héroïne de Jane Austen.

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 24 décembre 2007

    Woland
    Emma
    Traduction : Josette Salesse-Lavergne
    Après avoir eu un peu de mal à entrer dans ce roman, le plus ambitieux de Jane Austen, je viens d'achever de le dévorer aujourd'hui et je ne suis pas loin de lui conférer la première place devant "Orgueil et préjugés" ou encore "Persuasion."
    Le style est toujours aussi austenien, aussi serré, curieux mélange entre ce que nous donneront le XIXème siècle commençant et le XXème encore dans les limbes. La construction est soigneusement agencée et, si l'on tient compte de l'époque à laquelle ce texte est né, il n'y a, en fait, aucune longueur superflue. Une fois de plus, nous sommes dans la campagne anglaise, un petit village sympathique dénommé Highbury avec ses hobereaux et sa petite bourgeoisie. Et une fois de plus, le thème choisi est l'amour, le mariage. Toutes proportions gardées et à la mode anglaise, on pourrait y voir une forme de marivaudage.
    Emma Woodhouse, l'héroïne, est une jeune fille intelligente, sensible et dotée d'un sens aigu des convenances sociales. Elle souffre d'une manie assez rare à son âge : elle prétend marier les autres et non se marier avant les autres. Au tout début du roman, elle persuade sa toute nouvelle amie, Harriet Smith, de refuser la demande en mariage d'un prétendant qui, selon elle, lui est inférieur (il s'agit d'un gros fermier) et d'orienter ses batteries sur le jeune et fringant vicaire, Mr Elton.
    Là-dessus, viennent se greffer des intrigues secondaires que j'aurai garde de révéler car cela gâcherait le plaisir du futur lecteur. Qu'il sache seulement que cette diversité dans les actes et les caractères permet à Jane Austen de faire le point sur tous les défauts qu'elle reprochait déjà à la société dans ses romans précédents : compartimentation sociale trop étanche, abaissement de la femme si celle-ci n'a ni fortune, ni mari, inégalités confondantes entre le statut de l'homme et celui de la femme, etc ...
    Mais jamais Austen n'a été aussi puissante, aussi cinglante, aussi féroce - aussi violente même. Son ton évoque ici celui, froid et tranquille, d'une personne extrêmement courtoise qui, sans perdre son sang-froid, inflige à ceux qu'elle déteste toute une pluie de critiques acérées, les enchaînant avec une parfaite maîtrise les unes à la suite des autres.
    Oui, décidément, "Emma" est bien le meilleur roman de Jane Austen. ;o)
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    • Livres 3.00/5
    Par reveline, le 08 mars 2011

    reveline
    Si l'on excepte l'ennui suscitée par une intrigue assez mince et les interminables considérations oiseuses sur le rang social et le niveau intellectuel de chacun, avouons qu'Emma n'est pas au demeurant un personnage très sympathique: prétentieuse, orgueilleuse, obséquieuse, manipulatrice, c'est une empêcheuse de tourner en rond doublée d'une Melle je me mêle de ce qui ne me regarde pas... Jane Austen elle-même reconnaissait l'antipathie du personnage. De toute façon, tous les protagonistes du roman m'ont semblé franchement antipathiques chacun à un degré différent.

    Dans les toutes premières pages, nous découvrons Emma occupée à bavarder avec son père, Mr.Woodehouse, un vieillard geignard et hypocondriaque. Quelques lignes plus loin, d'autres personnages dont l'ancienne gouvernante d'Emma, nous font le portrait de la jeune fille en débattant à son sujet, confirmant notre première impression du personnage, même si Emma a quand même quelques ami(e)s qui la défendent face aux critiques de Mr. Knightley.
    Le lecteur essaie de ne pas prendre parti de suite ou de se braquer précipitamment contre elle dès les premiers chapitres mais l'attitude d'Emma envers les autres personnages ne plaide pas en sa faveur !

    Si son opposition au mariage la rend moderne pour l'époque et si ses raisons de rester célibataire semblent justes, elle ne peut pas s'empêcher de préciser que sa fortune est telle qu'elle n'a pas besoin d'un mari pour vivre. Ce qui montre son orgueil et sa préoccupation de l'argent.
    Mais au fond n'adore-t-on pas détester Emma ? L'arrogante, l'idiote Emma (malgré la haute opinion qu'elle a d'elle-même et de son intelligence). Si une phrase du roman se devait d'ailleurs de définir la personnalité de la jeune fille, nul doute que ce serait celle-ci :

    « le splendide isolement auquel sa grandeur la condamnait lui pesait singulièrement »
    (Emma, pp.161/162).

    Tout est dit.

    Le persiflage raffiné des personnages, se dénigrant les uns les autres sans en avoir l'air, témoigne du style inimitable et du talent absolu de Jane Austen à restituer l'atmosphère de son siècle et du milieu social duquel elle est issue.
    L'ironie élégante avec laquelle elle dénonce les travers de la bonne société anglaise fait que cette lecture reste plaisante malgré une lenteur quelque peu exaspérante.
    Austen sait nous donner l'impression lorsque nous la lisons d'être transportés dans un autre monde, très loin de notre quotidien, un monde où les conversations sont aussi bienséantes que futiles, remplies d'hypocrisie, et où le fiel se cache sous le miel, où l'on se dispute pour des peccadilles, comme la compétence d'un médecin par rapport à un autre ou l'importance de manger de la bouillie ou de prendre des bains de mer. Salamalecs datés à laquelle notre époque n'entend plus grand-chose.

    Le dialogue de sourds entre Mr. Elton et Emma, qui ne distingue pas les avances de ce dernier, alors qu'elle lui en destine une autre, est amusant. L'incompréhension entre les personnages est souvent un outil utilisé par Jane Austen pour faire naître une impossibilité (cf. Orgueil et préjugès) mais ici elle est utilisée comme un ressort comique et point comme une des figures de l'empêchement caractéristique des romans sentimentaux dont Austen se moque dans tous ses romans.
    Cependant, il est manifeste qu'Emma et Mr. Knightley, de par leurs querelles et l'évolution de leur relation, sont de pauvres ersatzs de Liz et Darcy !
    Alors, oui, le style est lourd comme un pudding et l'intrigue phagocytée par des personnages inintéressants, les dialogues poussifs, l'amour raisonnable et raisonné, loin de toute passion (Knightley est plus un grand frère qu'un amant romantique !). Bien sûr, Emma ne vaut en rien les autres romans d'Austen, cependant l'oeuvre reste fréquentable malgré ses nombreux défauts.



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Citations et extraits

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  • Par wictoria, le 04 mai 2010

    Je devais taire mes sentiments tant que vous vous demeuriez indécise, mais je n'hésite plus à vous approuver en vous voyant si nettement résolue. Chère Harriet, je suis vraiment ravie. J'aurais été tellement malheureuse de vous perdre ! Je ne vous ai rien dit tant que vous n'aviez pas pris de décision, car je ne voulais pas vous influencer, mais ce mariage nous aurait forcément séparées. Jamais je n'aurais pu aller rendre visite à une Mrs. Robert Martin d'Abbey Mill Farm, mais à présent, je suis assurée de vous garder toujours pour amie.
    Harriet n'avait pas du tout soupçonné le danger qu'elle courait et elle fut bouleversée rien qu'en y songeant.
    - Vous n'auriez pas pu venir me voir ! s'écria-t-elle, stupéfaite. Non, bien sûr... C'aurait été impossible, mais je n'y avais pas pensé. Mon Dieu, ç'aurait été trop affreux ! Je l'ai échappé belle ! Chère Miss Woodhouse, je ne renoncerais pour rien au monde au plaisir et à l'honneur d'être de vos intimes.
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  • Par Nanne, le 07 mars 2010

    Belle, intelligente et riche, jouissant d'une confortable demeure et d'un heureux caractère, Emma Woodhouse semblait dotée des plus précieux avantages de l'existence : et depuis près de vingt et un ans qu'elle était sur cette terre, elle n'avait guère connu le chagrin ou la contrariété. Fille cadette d'un père excessivement affectueux et indulgent, elle avait très tôt tenu le rôle de maîtresse de maison, du fait du mariage de sa sœur. Sa mère était morte depuis trop longtemps pour qu'Emma pût conserver de ses caresses autre chose qu'un vague souvenir, et à Mrs. Woodhouse s'était substituée la gouvernant, une excellente femme dont l'affection était quasiment celle d'une mère.
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  • Par Aela, le 02 février 2011

    Emma Woodhouse, handsome, clever, and rich, with a comfortable home and happy disposition, seemed to unite some of the best blessings of existence; and had lived nearly twenty-one years in the world with very little to distress or vex her.
    She was the youngest of the two daughters of a most affectionate, indulgent father, and had, in consequence of her sister's marriage, been mistress of his house from a very early period. Her mother had died too long ago for her to have more than an indistinct remembrance of her caresses, and her place had been supplied by an excellent woman as governess, who had fallen little short of a mother in affection.
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  • Par MissSugarTown, le 17 décembre 2011

    Mrs Goddard dirigeait une école. Ce n'était pas un collège, une institution, l'un de ces établissements où en de grandes phrases aussi délicates qu'absurdes on prétend, au nom de principes et systèmes nouveaux, concilier un apprentissage sans partis pris de toutes les sciences et les règles de la morale mondaine, et où, contre des sommes exorbitantes, on vole leur santé à des jeunes filles avec pour seul résultat de les rendre extrêmement vaniteuses.
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  • Par Nanne, le 07 mars 2010

    Mr. Elton était précisément la personne choisie par Emma pour supplanter le jeune fermier dans l'esprit de Harriet. Il lui semblait que cela ferait un excellent mariage ; et pareil projet était si manifestement souhaitable, si naturel, et sa réalisation si probable qu'elle n'avait, pour sa part, guère de mérite à le favoriser. Elle craignait que tout le monde eût déjà envisagé et prédit cette union.
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"Persuasion" Livre vidéo. Non sous-titré. Non traduit.








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