> Denise Getzler (Traducteur)

ISBN : 2264024704
Éditeur : 10-18 (1996)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 166 notes) Ajouter à mes livres
" On ne sait pratiquement rien d'elle, sinon quelques dates et les lieux où elle a vécu. Son iconographie est réduite à un portrait que fit d'elle sa soeur. Jane Austen (1775-1817) serait tombée dans l'oubli le plus total, n'étaient les six romans qu'elle écrivit, et qu... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Missbouquin, le 26 mai 2012

    Missbouquin
    Fanny Price a une dizaine d'années quand elle est confiée à son oncle et sa tante Bertram, qui vivent dans la luxueuse villa de Mansfield Park. Brutalement arrachée de tout ce qu'elle a connu jusqu'à présent, elle va doucement grandir entre ses cousines Maria et Julia qui n'hésitent pas à lui montrer leur supériorité, et son cousin Edmond qui la comprend et la défend toute son adolescence. L'arrivée à l'âge adulte et à l'âge de se marier des jeunes gens ne va pas être de tout repos, surtout qu'arrivent dans le voisinage la famille Crawford, frère et sœur, qui vont mettre le feu aux poudres …
    C'est mon second Jane Austen, après le classique Orgueil et Préjugés dont j'avais auparavant visionné les belles prestations de Keira Knightley, Matthew MacFadyen et la série TV avec Colin Firth. Un ouvrage phare dans ma carrière de lectrice. Cependant, je n'avais pas osé repiocher dans la courte bibliographie de Jane Austen, jusqu'à ce qu'une très bonne amie m'offre Mansfield Park pour mon anniversaire en juillet dernier. Mieux vaut tard que jamais, j'ai profité d'une lecture commune avec George et Lili pour l'attaquer enfin.
    Autant le dire tout de suite, j'ai mis plus de deux semaines à le lire (avec des interruptions certes), et je n'ai finalement apprécié le roman tout entier qu'à la lumière de la fin. En effet, je me suis trouvée dans la position du lecteur niais qui tombe dans le piège tendu par l'auteur … Fort heureusement, Lili m'a permis de sauver la face en me remettant sur le droit chemin, 100 pages avant la fin …
    En effet, j'avoue que je me suis un peu ennuyée à la lecture de ce long roman, qui aurait pu selon moi être quelque peu réduit. Les jardins bien rangés, les longues discussions inutiles, les interminables conciliabules hypocrites entre chaque personnage, m'ont très vite lassés. J'aime le style du 19e, même quand il ne raconte pas grand chose. Par exemple, j'adore Proust pour son analyse psychologique fine de la société. Ici Jane Austen nous propose cette analyse mais de la société mondaine, une société embourgeoisée, hyper traditionaliste et conventionnelle, pleine de bons sentiments, de moralité mais qui ne sont que de façade; et cela m'a moins passionné.
    Ma lassitude vient aussi du personnage principal, Fanny, qui est désespérément timide, manque de confiance en elle tout le long du roman et m'a agacé à force de vouloir se rendre insignifiante. Certes, elle n'a jamais été à sa place dans la maison de ses oncle et tante, et elle a subi des brimades (Tante Norris : “La stupidité et la déraison de ceux qui s'écartent du rang qui est le leur et essayent de paraître plus qu'ils ne sont, me fait penser qu'il est juste de vous prévenir, Fanny [...]; et je vous implore et vous supplie de ne pas vous mettre en avant, de ne pas parler et donner votre avis comme si vous étiez l'une de vos cousines”). Mais son faible caractère est parfois désespérant. Elle ne devient vraiment intéressante, pour moi, que dans la deuxième partie du roman où elle commence à avoir des opinions propres et à écouter ses sentiments. Mais sa pruderie et sa moralité un peu bornée m'ont énervé. J'avais envie de la secouer. Bon d'accord, c'était sûrement les mœurs de la société de cette fin du XIXe, et quand on voit l'autre face de cette société, à travers la famille de Fanny qui vit dans une misère relative, on se dit que finalement c'était pas si mal …
    Fort heureusement il y avait Edmond, le cousin parfait qui est tendre, beau, grand et saura ouvrir les yeux au bon moment … :)
    Malgré ma difficulté relative à la lecture de ce texte, je ne peux nier que Jane Austen a un style vraiment remarquable, dans ces romans touffus, et m'a bien plu par son humour décalé et l'ironie qu'elle peut parfois montrer envers ses personnages même. de plus, elle dénonce avec force l'hypocrisie que j'ai souligné plus haut ainsi que la dépendance des femmes à l'égard du mariage, mariages arrangés et sans amour (Mademoiselle Crawford : “Je n'aime pas voir que l'on se marie avec quelqu'un d'indigne de soi; mais tout le monde devrait se marier dès qu'un beau parti se présente”), ce à quoi se refuse Fanny, montrant ainsi qu'elle a été élevée dans un monde différent …
    En bref, un roman riche, sur lequel j'ai revu mon opinion après coup, et qui me motive pour ouvrir un autre Jane Austen prochainement … Emma sûrement, qui est un vrai chef d'œuvre parait-il.

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2012/05/26/mansfield-park-jane-a..
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    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Aline1102, le 11 mars 2012

    Aline1102
    A l'âge de dix ans, Fanny Price est recueillie par son oncle, Sir Thomas Bertram, afin de recevoir une éducation digne de ce nom, que ses parents seraient bien incapables de lui donner étant donné leur pauvreté. La petite fille arrive donc dans la magnifique demeure de son oncle, Mansfield Park, où elle rejoint deux cousins déjà adolescents, Tom et Edmund, et deux cousines un peu plus âgées qu'elle, Julia et Maria. le seul à ne pas traiter Fanny comme une domestique supplémentaire est Edmund, qui prend très à coeur la formation de l'esprit de la petite fille et lui conseille des lectures instructives.

    Peu à peu, tout ce petit monde grandit et Fanny devient une belle jeune fille. Malheureusement, elle est toujours aussi mal considérée par ses tantes: Lady Bertram lui fait faire tous les menus travaux qu'elle ne veut pas réaliser elle-même, et Mrs Norris passe son temps à rabaisser la jeune fille.

    Mais l'arrivée des Crawford dans le voisinage va bouleverser la vie de Fanny. Henry Crawford, le frère, tente de séduire Fanny, tandis qu'Edmund semble beaucoup apprécier Mary Crawford.... Trop aux yeux de Fanny qui craint de les voir se marier.

    Mansfield Park a été publié en 1814 et est souvent considéré comme le plus ambitieux des romans de Jane Austen, en raison de la complexité des personnages et des relations tissées entre ceux-ci.

    Je dois dire que cette complexité se reflète également dans le texte original. Beaucoup plus long que "Sense and Sensibility" ou "Pride and Prejudice", "Mansfield Park" est aussi beaucoup plus intense et une certaine tension se fait sentir tout au long du roman.

    Car Fanny n'a pas de chance et la façon dont Mrs Norris la traite, dès les premières pages est tout simplement révoltante. Cette femme qui n'hésite pas à mentir pour se faire passer pour plus vertueuse et généreuse qu'elle ne l'est réellement est particulièrement insupportable. Pas étonnant que J.K Rowling, grande admiratrice de Jane Austen, ait donné son nom à la méchante chatte du concierge de Poudlard (Miss Teigne en français, s'appelle en effet Mrs Norris dans la version originale).

    Au rang des personnages désagréables, le vertueux Edmund occupe également une belle place! Malgré ses bons sentiments et la considération dont il fait preuve à l'égard de Fanny, lorsque survient Miss Mary Crawford, Edmund devient presque aussi ignoble que sa tante Norris. Ce futur homme d'église, qui prend sa profession très au sérieux, se lance ainsi dans de très longs discours moralisateurs qui n'ont en fait d'autre objet que de camoufler autant que faire se peut ses sentiments à l'égard de Miss Crawford... Mais, bien entendu, personne n'est dupe! En tout cas, le lecteur ne l'est pas et Fanny non plus, et Edmund finit en fait pas passer pour un sale hypocrite qui, comme Mrs Norris, essaye de se faire passer pour quelqu'un de bien alors que sa prétendue abnégation ne sert que lui-même et son amourette. Vous l'aurez compris, je déteste Edmund!
    Mais c'est justement grâce, principalement, à ces deux personnages, que la tension évoquée plus haut se fait sentir. On finit par tellement détester Mrs Norris et Edmund que l'on a envie de les voir blessés, morts, exilés, ruinés... Au final, on ne peut poser le roman avant de l'avoir terminé et d'avoir appris le sort de chacun et de ces deux-là en particulier.

    Fanny, de son côté, est malheureusement assez insipide. Malgré son statut d'héroïne du roman, elle n'occupe que peu de place dans le récit, si ce n'est comme observatrice des autres personnages. C'est à travers ses yeux que nous en apprenons plus sur chacun d'entre eux et que les intrigues (romantiques, souvent) sont peu à peu dévoilées.

    Mais malgré cela, il est tout à fait possible de s'attacher à son personnage, car ses malheurs finissent par la rendre beaucoup plus sympathiques, de même que sa vertu. Car la jeune Fanny est sans doute, avec son oncle, Sir Thomas, l'un des seuls personnages réellement vertueux du roman. Et elle, au moins, n'essaye pas de mettre cette qualité en avant. Au contraire, Fanny reste toujours discrète et effacée, même (et surtout) lorsqu'elle souffre.

    "Mansfield Park" est donc encore un très bon roman de Jane Austen, mettant en scène des personnages intéressants, dotés par l'auteure de personnalités particulièrement complexes et très fouillées. A découvrir!
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par VioletteBeauregard, le 24 octobre 2011

    VioletteBeauregard
    Mansfield Park et Northanger Abbey : les deux derniers avant d'avoir lu tout Austen...je décide de m'attaquer à Mansfield Park !
    Dès le première page, surprise ! : "acheté à Paris, août 2005"...Il faut croire qu'après avoir dévoré Orgueil et préjugé, Raison et Sentiment, Persuasion et Emma, j'ai ressenti le besoin de faire une pause, et quitter quelques années les délices de la campagne anglais et ses mariages.
    Bref pitch ( aussi bref que possible, ça reste du Austen...) : Frances, est des trois soeurs Ward celle qui a fait le mariage le moins arrangeant financièrement : elle a épousé un marin, M. Price, et a, de plus, huit enfants. Ses deux soeurs, Maria et Miss Ward ( l'aînée) ont respectivement épousé un baronnet et un révérend, devant ainsi Lady Bertram et Mme Norris.
    Mme Norris incite Lady Bertram à recueillir la jeune Fanny, aînée des enfants de leur soeur, afin de lui procurer une éducation.
    C'est ainsi qu'entre en scène, Fanny Price, alors âgée de dix ans : elle quitte sa famille et sa maison pour rejoindre le domaine de Mansfield Park.
    Mansfield Park raconte donc l'enfance, l'adolescence et l'entrée dans l'âge adulte de la jeune Fanny, à Mansfield Park : ses relations avec son cousin Edmond, seul allié face au reste de la famille qui la traite par bien des égards comme le vilain petit canard de la tribu.
    La vie à Mansfield est bouleversée par l'arrivée d'Henry Crawford et de sa soeur Mary. En effet, Edmond, donc Fanny est éprise, tombe sous le charme de Mary ; et Maria et Julia entre en compétition afin de gagner le coeur d'Henry Crawford, qui lui, sombre charmeur, se jouant des demoiselles et des désirs qu'il attise, tente de séduire la douce Fanny.
    Fanny quant à elle, est attristée de voir Edmond lui préférer Mary et irritée par l'attitude de Crawford qu'elle juge impertinent, léger et immoral.
    Voici, dans les grandes lignes, l'intrigue de Mansfield Park.
    Pour ma part, dès les premières pages : quel bonheur de retrouver l'univers de Jane Austen ! C'est comme revenir dans sa vieille maison d'enfance : on en connait les moindres recoins, on se sent chez soi, les odeurs et musiques nous sont familières...
    Avec Austen on sait de quoi ça parle : l'héroïne réussira-t-elle à allier mariage d'amour et réussite financière ?
    Et...ça finit toujours bien ! (pour le personnage principal).
    Et pourtant....on en lit, et on en lit encore : les thématiques ont beau être les mêmes, c'est toujours une nouvelle expérience pour le lecteur fasciné.
    Et pourtant, celui-ci est, de tout ceux que j'ai lu auparavant, celui qui m'a le moins plu...pas parce que c'est mal écrit ou que l'intrigue est inintéressante : mais parce que Fanny Price est de toutes les héroïnes d'Austen la plus fade (selon moi).
    Fanny est douce, gentille, brave, certes, mais aussi faible et lâche par moment, et s'auto-flagelle pour un oui ou pour un non.
    Sa douceur et la capacité à voir ce qu'il y a de bon en chacun est remarquable mais non seulement elle se laisse faire mais en plus elle prend tout et tout le monde beaucoup trop au sérieux.
    Dans l'univers d'Austen, Elizabeth Bennet, Marianne Dashwood, Emma...elles sont toutes des femmes de caractères, passionnées, intelligentes et affirmée, même Elinor Dashwood : la plus sérieuse des deux soeurs dans Raison et Sentiment est sérieuse mais fait preuve d'intelligence, de fermeté quand nécessaire et de maturité.
    Ce sont ces femmes qui donnent une dimension féministe aux oeuvres de Jane Austen.
    Car si celle-ci nous écrit des romans où tout est bien qui finit bien, c'est à dire où les femmes finissent par se marier et avoir des enfants, elle met aussi en scène des romans et des histoires avec des femmes qui ont le courage de leurs opinions, qui se battent pour ce qu'elles veulent et qui font aussi preuve d'audace. Elles représentent des personnages à part entière, avec des envies et des rêves personnels, et tout ça au tout début du XIXème siècle.
    Attention je révèle fin dans ce qui suit, si vous ne l'avez pas lu arrêtez-vous ici !
    Dans ce roman, Fanny ne s'affirme à aucun moment excepté face à M. Crawford, qui est selon moi, ce qui aurait pu lui arrivé de mieux.
    J'ai sincèrement espéré que Fanny finirait avec Henry...jusqu'à la fin je me suis dit : "ah ! une surprise ? Fanny se laisserait-elle portée par le désir, la vie, serait-elle plus spontanée ?"... Non, tout ce qui planait depuis le début du livre arrive bel et bien à terme, nous n'avons pas droit à une longue lettre à la M. Darcy qui bouleverserait le récit, non, tout est tel que prévu : Henry Crawford est un sombre séducteur et Edmond le gentil pasteur qui épouse la gentille Fanny...
    Donc pour moi, une intrigue qui manque de vie, un personnage principal qui manque de vie...il nous reste tout de même l'indéniable talent de l'auteur, sa capacité à transformer les bals, les thés et les mariages en événements passionnants.
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    • Livres 3.00/5
    Par Folfaerie, le 29 mars 2010

    Folfaerie
    La famille Bertram qui possède Mansfield Park dans le comté de Northampton, se compose de Sir Thomas, assez rigide et de nature imperturbable, de son épouse Lady Bertram qui préfère la compagnie de son chien à celle de ses filles, et des 4 enfants Tom, Edmond, Maria et Julia. L'aîné est égoïste, les deux soeurs sont frivoles et un peu chipies, seul le cadet est un jeune homme noble et généreux. La famille a donc recuelli une des nièces de lady Bertram, la jeune Fanny Price, que l'on soustrait à son modeste milieu familial sans la moindre vergogne. La jeune Fanny subit l'indifférence des Bertram et surtout la méchanceté de sa seconde tante, la veuve Norris, personnage parfaitement odieux. Sa seule consolation est donc le cousin Edmond dont elle est secrètement amoureuse.
    Les années passent, Fanny a 18 ans et des nouveaux venus s'installent dans le voisinage de Mansfield Park, prétexte pour Jane Austen à créer des imbroglios amoureux dont elle a le secret. Miss Mary Crawford ne laisse pas Edmond indifférent, tandis que son frère Henry, séducteur volage, s'éprend de Fanny après avoir semé la zizanie chez les demoiselles Bertram...
    On imagine donc les soucis et quiproquos qui vont découler de tout ceci, auxquels on ajoutera un drame familial doublé d'un scandale, ingrédients que l'on trouvait déjà dans Orgueil et préjugés.
    Et cependant, j'ai éprouvé un peu de déception à la lecture de ce roman majeur de Jane Austen, un peu trop moralisateur à mon goût. Nos deux tourtereaux manquent de saveur et on finit par se désintéresser de leur sort.
    Néanmoins, comme d'habitude, le roman ne manque pas d'intérêt et Jane Austen brosse un portrait de ce milieu anglais tout en nuance, suranné mais plein de charme.
    Il y a bien quelques scènes humoristiques, mais rien d'aussi savoureux qu'Orgueil et préjugés, décidément mon préféré, et c'est certainement ce qui manque le plus à ce Mansfield Park.
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  • Par liberlibri, le 01 décembre 2008

    liberlibri
    Qu'il est heureux parfois de quitter son quotidien parisien, de se trouver éloigné de toute connexion et d'avoir entre les mains un roman poudré, presque désuet comme Mansfield Park de Jane Austen. On se croirait revenu à des temps adolescents, où l'on rêvait de grandes bâtisses avec des jeunes filles aux robes bouffantes glissant sur des parquets luisants. Une rencontre, un doux regard, une main pressée et voilà une intrigue, un récit de plusieurs centaines de pages où les sentiments seront disséqués, étudiés, exaltés jusqu'à un juste dénouement qui réconciliera coeur et raison. [N'ayant pas l'audience du Masque et la Plume, je prends la liberté de révéler le dénouement...]
    Quelle bizarrerie pourtant de s'immerger de nouveau dans ces atmosphères surannées où le temps s'écoule au rythme des saisons, où les absences durent des mois et les passions inavouées de longues années. Aujourd'hui où l'on ne cesse de courir après les minutes, harcelé par le rythme trépidant des mails, l'on peine à croire ces romans où les lettres tant attendues n'arrivent qu'au bout de longues semaines. Et pourtant, après quelques chapitres, l'on adopte cette nonchalance d'alors, ce calme d'antan. A Mansfield Park, si l'on s'émeut d'une réponse vive, si l'on s'afflige d'un départ, l'on ne modifiera pas pour autant le déroulement des journées. L'immuable semble de mise dans cet univers riant et la petite société qui le compose, si elle s'anime parfois, ne le fait que dans un strict respect des convenances. Cela prête à sourire de voir des jeunes filles s'effaroucher pour rien, de les voir se fatiguer de quelques pas, trembler, se pâmer pour une rencontre. Toutefois, l'on renoue par là avec le temps de l'enfance, celui des lectures similaires, où l'on ne livrait pas de course éperdue contre une montre qui a, quoiqu'il en soit, des minutes d'avance. Finalement, au fil des chapitres, les vacances deviennent plus paisibles et l'on se trouve apaisé, moins dépendant de moyens de communication qui paraissent bien dérisoires au regard des sentiments vrais et sincères qui n'ont, eux, que faire du temps qui passent et des écrans qui scintillent.

    Lien : http://liber-libri.blogspot.com/2008/10/villgiature-et-lectures.html
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Citations et extraits

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  • Par Missbouquin, le 26 mai 2012

    “Je n’aime pas voir que l’on se marie avec quelqu’un d’indigne de soi; mais tout le monde devrait se marier dès qu’un beau parti se présente
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  • Par Missbouquin, le 26 mai 2012

    “La stupidité et la déraison de ceux qui s’écartent du rang qui est le leur et essayent de paraître plus qu’ils ne sont, me fait penser qu’il est juste de vous prévenir, Fanny [...]; et je vous implore et vous supplie de ne pas vous mettre en avant, de ne pas parler et donner votre avis comme si vous étiez l’une de vos cousines”
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  • Par Aline1102, le 11 mars 2012

    Mais Mlle Frances désobligea toute sa famille en s’éprenant d’un lieutenant de marine, sans éducation, sans fortune et sans avenir. Elle aurait difficilement pu s’arrêter à un choix plus malencontreux. Sir Thomas Bertram avait tout intérêt, autant par principe que par fierté, à souhaiter que tous ceux de sa famille aient une situation respectable et aurait aidé de bon coeur la soeur de Lady Bertram dans ce sens. Mais la profession du mari de celle-ci était si peu intéressante qu’avant qu’il n’ait eu le temps de trouver le moyen de les aider, une mésintelligence profonde intervint entre les deux soeurs. C’était ce qui devait naturellement arriver à la suite d’un mariage aussi désastreux. Pour éviter des reproches inutiles, Mme Price n’avait jamais écrit à sa famille à ce sujet, jusqu’à ce qu’elle fût mariée.

    Lady Bertram, qui était une femme de caractère froid et indolent, se serait très bien accommodée d’abandonner sa soeur et de ne plus penser à elle.

    Mais Mme Norris était moins passive et ne fut satisfaite que lorsqu’elle eut écrit une longue lettre furieuse à Fanny, où elle lui montrait l’indignité de sa conduite et l’injuriait en conséquence. À son tour, Mme Price se froissa et se fâcha. Il y eut un échange de lettres désagréables entre elles, dans lesquelles Sir Thomas ne fut pas épargné, tant et si bien qu’il en résulta une brouille qui dura un temps considérable.
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  • Par Aline1102, le 11 mars 2012

    Fanny Price avait alors juste dix ans et s’il n’y eût rien de bien attirant dans son apparence il n’y avait non plus rien de repoussant. Elle était de petite taille pour son âge, n’avait pas le teint éclatant et rien de séduisant et était excessivement timide. Mais quoique gauche son aspect n’avait rien de vulgaire ; sa voix était douce et quand elle parlait sa physionomie devenait même jolie.
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  • Par wictoria, le 23 mai 2010

    On la conduisit dans un petit salon, de dimension si modeste qu'elle crut tout d'abord que ce n'était qu'un couloir qui donnait sur quelque chose de plus grand, aussi demeura-t-elle un moment à attendre qu'on l'invitât à avancer ; mais quand elle s'aperçut qu'il n'y avait pas d'autre porte et vit sous ses yeux des marques d'habitation, elle rassembla ses esprits, se reprit, craignant qu'ils n'eussent soupçonné ses pensées. Sa mère ne resta toutefois pas assez longtemps pour soupçonner quoique ce fût. Elle était à nouveau à la porte d'entrée pour accueillir William.
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"Persuasion" Livre vidéo. Non sous-titré. Non traduit.








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