Mansfield Park et
Northanger Abbey : les deux derniers avant d'avoir lu tout Austen...je décide de m'attaquer à
Mansfield Park !
Dès le première page, surprise ! : "acheté à Paris, août 2005"...Il faut croire qu'après avoir dévoré
Orgueil et préjugé, Raison et Sentiment,
Persuasion et
Emma, j'ai ressenti le besoin de faire une pause, et quitter quelques années les délices de la campagne anglais et ses mariages.
Bref pitch ( aussi bref que possible, ça reste du Austen...) : Frances, est des trois soeurs Ward celle qui a fait le mariage le moins arrangeant financièrement : elle a épousé un marin, M. Price, et a, de plus, huit enfants. Ses deux soeurs, Maria et Miss Ward ( l'aînée) ont respectivement épousé un baronnet et un révérend, devant ainsi Lady Bertram et Mme Norris.
Mme Norris incite Lady Bertram à recueillir la jeune Fanny, aînée des enfants de leur soeur, afin de lui procurer une éducation.
C'est ainsi qu'entre en scène, Fanny Price, alors âgée de dix ans : elle quitte sa famille et sa maison pour rejoindre le domaine de
Mansfield Park.
Mansfield Park raconte donc l'enfance, l'adolescence et l'entrée dans l'âge adulte de la jeune Fanny, à
Mansfield Park : ses relations avec son cousin Edmond, seul allié face au reste de la famille qui la traite par bien des égards comme le vilain petit canard de la tribu.
La vie à Mansfield est bouleversée par l'arrivée d'Henry Crawford et de sa soeur Mary. En effet, Edmond, donc Fanny est éprise, tombe sous le charme de Mary ; et Maria et Julia entre en compétition afin de gagner le coeur d'Henry Crawford, qui lui, sombre charmeur, se jouant des demoiselles et des désirs qu'il attise, tente de séduire la douce Fanny.
Fanny quant à elle, est attristée de voir Edmond lui préférer Mary et irritée par l'attitude de Crawford qu'elle juge impertinent, léger et immoral.
Voici, dans les grandes lignes, l'intrigue de
Mansfield Park.
Pour ma part, dès les premières pages : quel bonheur de retrouver l'univers de Jane Austen ! C'est comme revenir dans sa vieille maison d'enfance : on en connait les moindres recoins, on se sent chez soi, les odeurs et musiques nous sont familières...
Avec Austen on sait de quoi ça parle : l'héroïne réussira-t-elle à allier mariage d'amour et réussite financière ?
Et...ça finit toujours bien ! (pour le personnage principal).
Et pourtant....on en lit, et on en lit encore : les thématiques ont beau être les mêmes, c'est toujours une nouvelle expérience pour le lecteur fasciné.
Et pourtant, celui-ci est, de tout ceux que j'ai lu auparavant, celui qui m'a le moins plu...pas parce que c'est mal écrit ou que l'intrigue est inintéressante : mais parce que Fanny Price est de toutes les héroïnes d'Austen la plus fade (selon moi).
Fanny est douce, gentille, brave, certes, mais aussi faible et lâche par moment, et s'auto-flagelle pour un oui ou pour un non.
Sa douceur et la capacité à voir ce qu'il y a de bon en chacun est remarquable mais non seulement elle se laisse faire mais en plus elle prend tout et tout le monde beaucoup trop au sérieux.
Dans l'univers d'Austen, Elizabeth Bennet, Marianne Dashwood,
Emma...elles sont toutes des femmes de caractères, passionnées, intelligentes et affirmée, même Elinor Dashwood : la plus sérieuse des deux soeurs dans Raison et Sentiment est sérieuse mais fait preuve d'intelligence, de fermeté quand nécessaire et de maturité.
Ce sont ces femmes qui donnent une dimension féministe aux oeuvres de
Jane Austen.
Car si celle-ci nous écrit des romans où tout est bien qui finit bien, c'est à dire où les femmes finissent par se marier et avoir des enfants, elle met aussi en scène des romans et des histoires avec des femmes qui ont le courage de leurs opinions, qui se battent pour ce qu'elles veulent et qui font aussi preuve d'audace. Elles représentent des personnages à part entière, avec des envies et des rêves personnels, et tout ça au tout début du XIXème siècle.
Attention je révèle fin dans ce qui suit, si vous ne l'avez pas lu arrêtez-vous ici !
Dans ce roman, Fanny ne s'affirme à aucun moment excepté face à M. Crawford, qui est selon moi, ce qui aurait pu lui arrivé de mieux.
J'ai sincèrement espéré que Fanny finirait avec Henry...jusqu'à la fin je me suis dit : "ah ! une surprise ? Fanny se laisserait-elle portée par le désir, la vie, serait-elle plus spontanée ?"... Non, tout ce qui planait depuis le début du livre arrive bel et bien à terme, nous n'avons pas droit à une longue lettre à la M. Darcy qui bouleverserait le récit, non, tout est tel que prévu : Henry Crawford est un sombre séducteur et Edmond le gentil pasteur qui épouse la gentille Fanny...
Donc pour moi, une intrigue qui manque de vie, un personnage principal qui manque de vie...il nous reste tout de même l'indéniable talent de l'auteur, sa capacité à transformer les bals, les thés et les mariages en événements passionnants.