> Denise Getzler (Traducteur)

ISBN : 2264024704
Éditeur : Editions 10/18 (1996)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 143 notes) Ajouter à mes livres
" On ne sait pratiquement rien d'elle, sinon quelques dates et les lieux où elle a vécu. Son iconographie est réduite à un portrait que fit d'elle sa soeur. Jane Austen (1775-1817) serait tombée dans l'oubli le plus total, n'étaient les six romans qu'elle écrivit, et qu... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par VioletteBeauregard, le 24 octobre 2011

    VioletteBeauregard
    Mansfield Park et Northanger Abbey : les deux derniers avant d'avoir lu tout Austen...je décide de m'attaquer à Mansfield Park !
    Dès le première page, surprise ! : "acheté à Paris, août 2005"...Il faut croire qu'après avoir dévoré Orgueil et préjugé, Raison et Sentiment, Persuasion et Emma, j'ai ressenti le besoin de faire une pause, et quitter quelques années les délices de la campagne anglais et ses mariages.
    Bref pitch ( aussi bref que possible, ça reste du Austen...) : Frances, est des trois soeurs Ward celle qui a fait le mariage le moins arrangeant financièrement : elle a épousé un marin, M. Price, et a, de plus, huit enfants. Ses deux soeurs, Maria et Miss Ward ( l'aînée) ont respectivement épousé un baronnet et un révérend, devant ainsi Lady Bertram et Mme Norris.
    Mme Norris incite Lady Bertram à recueillir la jeune Fanny, aînée des enfants de leur soeur, afin de lui procurer une éducation.
    C'est ainsi qu'entre en scène, Fanny Price, alors âgée de dix ans : elle quitte sa famille et sa maison pour rejoindre le domaine de Mansfield Park.
    Mansfield Park raconte donc l'enfance, l'adolescence et l'entrée dans l'âge adulte de la jeune Fanny, à Mansfield Park : ses relations avec son cousin Edmond, seul allié face au reste de la famille qui la traite par bien des égards comme le vilain petit canard de la tribu.
    La vie à Mansfield est bouleversée par l'arrivée d'Henry Crawford et de sa soeur Mary. En effet, Edmond, donc Fanny est éprise, tombe sous le charme de Mary ; et Maria et Julia entre en compétition afin de gagner le coeur d'Henry Crawford, qui lui, sombre charmeur, se jouant des demoiselles et des désirs qu'il attise, tente de séduire la douce Fanny.
    Fanny quant à elle, est attristée de voir Edmond lui préférer Mary et irritée par l'attitude de Crawford qu'elle juge impertinent, léger et immoral.
    Voici, dans les grandes lignes, l'intrigue de Mansfield Park.
    Pour ma part, dès les premières pages : quel bonheur de retrouver l'univers de Jane Austen ! C'est comme revenir dans sa vieille maison d'enfance : on en connait les moindres recoins, on se sent chez soi, les odeurs et musiques nous sont familières...
    Avec Austen on sait de quoi ça parle : l'héroïne réussira-t-elle à allier mariage d'amour et réussite financière ?
    Et...ça finit toujours bien ! (pour le personnage principal).
    Et pourtant....on en lit, et on en lit encore : les thématiques ont beau être les mêmes, c'est toujours une nouvelle expérience pour le lecteur fasciné.
    Et pourtant, celui-ci est, de tout ceux que j'ai lu auparavant, celui qui m'a le moins plu...pas parce que c'est mal écrit ou que l'intrigue est inintéressante : mais parce que Fanny Price est de toutes les héroïnes d'Austen la plus fade (selon moi).
    Fanny est douce, gentille, brave, certes, mais aussi faible et lâche par moment, et s'auto-flagelle pour un oui ou pour un non.
    Sa douceur et la capacité à voir ce qu'il y a de bon en chacun est remarquable mais non seulement elle se laisse faire mais en plus elle prend tout et tout le monde beaucoup trop au sérieux.
    Dans l'univers d'Austen, Elizabeth Bennet, Marianne Dashwood, Emma...elles sont toutes des femmes de caractères, passionnées, intelligentes et affirmée, même Elinor Dashwood : la plus sérieuse des deux soeurs dans Raison et Sentiment est sérieuse mais fait preuve d'intelligence, de fermeté quand nécessaire et de maturité.
    Ce sont ces femmes qui donnent une dimension féministe aux oeuvres de Jane Austen.
    Car si celle-ci nous écrit des romans où tout est bien qui finit bien, c'est à dire où les femmes finissent par se marier et avoir des enfants, elle met aussi en scène des romans et des histoires avec des femmes qui ont le courage de leurs opinions, qui se battent pour ce qu'elles veulent et qui font aussi preuve d'audace. Elles représentent des personnages à part entière, avec des envies et des rêves personnels, et tout ça au tout début du XIXème siècle.
    Attention je révèle fin dans ce qui suit, si vous ne l'avez pas lu arrêtez-vous ici !
    Dans ce roman, Fanny ne s'affirme à aucun moment excepté face à M. Crawford, qui est selon moi, ce qui aurait pu lui arrivé de mieux.
    J'ai sincèrement espéré que Fanny finirait avec Henry...jusqu'à la fin je me suis dit : "ah ! une surprise ? Fanny se laisserait-elle portée par le désir, la vie, serait-elle plus spontanée ?"... Non, tout ce qui planait depuis le début du livre arrive bel et bien à terme, nous n'avons pas droit à une longue lettre à la M. Darcy qui bouleverserait le récit, non, tout est tel que prévu : Henry Crawford est un sombre séducteur et Edmond le gentil pasteur qui épouse la gentille Fanny...
    Donc pour moi, une intrigue qui manque de vie, un personnage principal qui manque de vie...il nous reste tout de même l'indéniable talent de l'auteur, sa capacité à transformer les bals, les thés et les mariages en événements passionnants.
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    • Livres 3.00/5
    Par Folfaerie, le 29 mars 2010

    Folfaerie
    La famille Bertram qui possède Mansfield Park dans le comté de Northampton, se compose de Sir Thomas, assez rigide et de nature imperturbable, de son épouse Lady Bertram qui préfère la compagnie de son chien à celle de ses filles, et des 4 enfants Tom, Edmond, Maria et Julia. L'aîné est égoïste, les deux soeurs sont frivoles et un peu chipies, seul le cadet est un jeune homme noble et généreux. La famille a donc recuelli une des nièces de lady Bertram, la jeune Fanny Price, que l'on soustrait à son modeste milieu familial sans la moindre vergogne. La jeune Fanny subit l'indifférence des Bertram et surtout la méchanceté de sa seconde tante, la veuve Norris, personnage parfaitement odieux. Sa seule consolation est donc le cousin Edmond dont elle est secrètement amoureuse.
    Les années passent, Fanny a 18 ans et des nouveaux venus s'installent dans le voisinage de Mansfield Park, prétexte pour Jane Austen à créer des imbroglios amoureux dont elle a le secret. Miss Mary Crawford ne laisse pas Edmond indifférent, tandis que son frère Henry, séducteur volage, s'éprend de Fanny après avoir semé la zizanie chez les demoiselles Bertram...
    On imagine donc les soucis et quiproquos qui vont découler de tout ceci, auxquels on ajoutera un drame familial doublé d'un scandale, ingrédients que l'on trouvait déjà dans Orgueil et préjugés.
    Et cependant, j'ai éprouvé un peu de déception à la lecture de ce roman majeur de Jane Austen, un peu trop moralisateur à mon goût. Nos deux tourtereaux manquent de saveur et on finit par se désintéresser de leur sort.
    Néanmoins, comme d'habitude, le roman ne manque pas d'intérêt et Jane Austen brosse un portrait de ce milieu anglais tout en nuance, suranné mais plein de charme.
    Il y a bien quelques scènes humoristiques, mais rien d'aussi savoureux qu'Orgueil et préjugés, décidément mon préféré, et c'est certainement ce qui manque le plus à ce Mansfield Park.
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  • Par liberlibri, le 01 décembre 2008

    liberlibri
    Qu'il est heureux parfois de quitter son quotidien parisien, de se trouver éloigné de toute connexion et d'avoir entre les mains un roman poudré, presque désuet comme Mansfield Park de Jane Austen. On se croirait revenu à des temps adolescents, où l'on rêvait de grandes bâtisses avec des jeunes filles aux robes bouffantes glissant sur des parquets luisants. Une rencontre, un doux regard, une main pressée et voilà une intrigue, un récit de plusieurs centaines de pages où les sentiments seront disséqués, étudiés, exaltés jusqu'à un juste dénouement qui réconciliera coeur et raison. [N'ayant pas l'audience du Masque et la Plume, je prends la liberté de révéler le dénouement...]
    Quelle bizarrerie pourtant de s'immerger de nouveau dans ces atmosphères surannées où le temps s'écoule au rythme des saisons, où les absences durent des mois et les passions inavouées de longues années. Aujourd'hui où l'on ne cesse de courir après les minutes, harcelé par le rythme trépidant des mails, l'on peine à croire ces romans où les lettres tant attendues n'arrivent qu'au bout de longues semaines. Et pourtant, après quelques chapitres, l'on adopte cette nonchalance d'alors, ce calme d'antan. A Mansfield Park, si l'on s'émeut d'une réponse vive, si l'on s'afflige d'un départ, l'on ne modifiera pas pour autant le déroulement des journées. L'immuable semble de mise dans cet univers riant et la petite société qui le compose, si elle s'anime parfois, ne le fait que dans un strict respect des convenances. Cela prête à sourire de voir des jeunes filles s'effaroucher pour rien, de les voir se fatiguer de quelques pas, trembler, se pâmer pour une rencontre. Toutefois, l'on renoue par là avec le temps de l'enfance, celui des lectures similaires, où l'on ne livrait pas de course éperdue contre une montre qui a, quoiqu'il en soit, des minutes d'avance. Finalement, au fil des chapitres, les vacances deviennent plus paisibles et l'on se trouve apaisé, moins dépendant de moyens de communication qui paraissent bien dérisoires au regard des sentiments vrais et sincères qui n'ont, eux, que faire du temps qui passent et des écrans qui scintillent.

    Lien : http://liber-libri.blogspot.com/2008/10/villgiature-et-lectures.html
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    • Livres 3.00/5
    Par MarcF, le 29 mars 2011

    MarcF
    La jeune Fanny Price est recueilli par sa tante Lady Bertram et son mari Sir Thomas. Sir Thomas est un homme assez sévère et rigide alors que sa femme est complètement indolente. Ils ont 4 enfants, 2 fils, Tom, l'ainé, viveur et joueur, Edmond, le cadet qui veut devenir pasteur et 2 filles, Julia et Maria.
    Fanny est à peine mieux traitée qu'une servante que ce soit par ses tantes, Lady Bertram et Mme Norris ou par ses nièces, qui la méprisent et la prennent pour une idiote.
    Fanny a un caractère extrêmement timide et réservé, même si elle a une certaine droiture d'esprit. Edmond est la seule personne de la maisonnée à s'intéresser un peu à elle et à essayer de la comprendre.
    L'arrivée de Mary Crawford et de son frère va amener de l'animation.
    Je ne connaissais pas les romans de Jane Austen, mais ce sont des pavés où il ne se passe quasiment rien, une visite à un voisin, ou un bal sont des événements qui vont occuper plus de 50 pages du livre.
    L'essentiel du livre se passe au jeu des mariages, qui est attiré par qui et qui va épouser qui, un jeu très strict avec toutes les règles de l'époque de bonne morale, mais aussi l'aspect intéressé de nombreuses jeunes femmes pour qui la richesse du prétendant prime sur le reste.
    Le caractère effacé de Fanny fait qu'elle subit pas mal les événements, même si elle refuse d'épouser un homme qu'elle n'aime pas. L'intrigue se dénouera au milieu des liaisons des divers protagonistes.
    Je ne connaissais pas les romans de Jane Austen. On se laisse tenter par l'histoire, malgré la taille du livre et le peu d'action et la description de cette aristocratie anglaise aux mœurs rigides est intéressante. On a parfois envie de pousser Fanny, car elle se laisse pas mal porter par les événements.
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  • Par mallou29, le 12 octobre 2010

    mallou29
    Comme bien souvent lorsqu'il s'agit d'un livre en mauvaise posture dans ma Pal, c'est à l'occasion d'une lecture commune que ce dernier est enfin lu. Mansfield Park fait donc partie de ces naufragés de la Pal, tout juste sauvé, qui sait, d'une mise au cimetière prochaine.
    Il m'a été bien difficile de me plonger dans ce classique. Les premières pages mettent directement dans le bain, ce sera du dense. De long paragraphes, des tirades interminables, des liens familiaux alambiqués qui font perdre bien vite le file ... Au bout d'une vingtaine de page, je ne savais toujours pas qui était qui. Mais pour une fois (et surtout puisque c'est une LC) j'ai persisté et je ne le regrette pas.
    Bien que la plupart des personnages me font horreur, avec leur bienséance pompeuse et leur retenue, je me suis étonnée à vouloir savoir ce qu'il allait advenir d'eux. Surtout de Fanny. La pauvre Fanny, mon dieu que j'aurais bien aimé pouvoir la secouer un peu celle ci. Toujours discrète, elle a toujours peur de se faire remarquer, souhaite juste se fondre dans le décor, elle n'a aucune initiative et ne formule quasi jamais une opinion. Elle est amoureuse de son cousin mais ne se déclare pas, ne dit rien quand se dernier est visiblement amoureux d'une autre, se laisse courtiser par un homme qui la répugne pour rester dans les bonnes grâce de son oncle ... J'en passe car il y aurait beaucoup à dire sur les défauts de la petite Fanny. Mais mine de rien, on a envie de savoir ce qui va lui arriver et c'est ce qui m'a tenue accrochée au livre tout du long.
    Comme je le disais plus haut, le style de Jane Austen est dense. Certe. Mais il est aussi très plaisant à lire, c'est une découverte d'une autre époque que l'on fait à travers ses mots et cela m'a beaucoup plu également. J'avais déjà lu Orgueils et Préjugés du même auteur et je me rappelle avoir apprécié la même chose dans ce titre (qu'il me faudra relire car je n'en garde qu'un vague souvenir). Alors que les trois quarts du livre m'ont paru traîner un peu en longueur, j'ai été emporté dans les cents dernières pages, où "l'action" prends une nouvelle tournure, où les évènements s'enchainent à un bon rythme. J'ai particulièrement apprécié que l'auteur prenne le temps de raconter ce qu'il advient de chaque personnage après ces événements. Et ainsi pu, enfin, savoir avec qui Fanny allait se marier.
    Bref, même si cette lecture fut des plus laborieuse (plus d'une semaine pour lire un livre, cela n'est pas dans mes habitudes), je suis bien contente de m'être laissée prendre au jeu de cette lecture commune, qui me permet de résusciter mon intêret pour les classiques anglais et particulièrement pour Mlle Austen.

    Lien : http://labibliodemalou.blogspot.com/2010/06/mansfield-park-de-jane-a..
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Citations et extraits

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  • Par wictoria, le 23 mai 2010

    On la conduisit dans un petit salon, de dimension si modeste qu'elle crut tout d'abord que ce n'était qu'un couloir qui donnait sur quelque chose de plus grand, aussi demeura-t-elle un moment à attendre qu'on l'invitât à avancer ; mais quand elle s'aperçut qu'il n'y avait pas d'autre porte et vit sous ses yeux des marques d'habitation, elle rassembla ses esprits, se reprit, craignant qu'ils n'eussent soupçonné ses pensées. Sa mère ne resta toutefois pas assez longtemps pour soupçonner quoique ce fût. Elle était à nouveau à la porte d'entrée pour accueillir William.
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  • Par Yuko, le 21 septembre 2010

    "La rougeur qui avait envahi le visage de Fanny se fit encore plus vive ; et son oncle, voyant qu'elle était à ce point embarrassée qu'il lui était tout à fait impossible de prononcer un mot ou de lever les yeux, détourna d'elle son regard, et sans s'arrêter plus longtemps, poursuivit le récit de la visite de Monsieur Crawford."
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  • Par Yuko, le 21 septembre 2010

    "Edmond ne montra nulle réticence et se laissa convaincre de parler à Fanny ; il désirait connaître ses sentiments. Chaque fois qu'elle s'était trouvée dans l'embarras, elle avait eu coutume de le consulter, et il l'aimait trop pour supporter de ne pas être maintenant dans sa confidence ; il espérait lui être de quelque secours et pensait qu'il était de son devoir de l'être, car à qui d'autre pouvait-elle ouvrir son coeur ? (...) Que Fanny demeurât comme étrangère, silencieuse et réservée, était un état de chose inhabituel ; il lui faudrait percer cette réserve."
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  • Par VioletteBeauregard, le 24 octobre 2011

    La cérémonie s'accomplit selon les règles. La mariée était fort élégante, les deux demoiselles dûment inférieures; son père la conduisit à l'autel et sa mère garda tout le temps qu'elle fût debout une flacon de sels à la main, dans l'attente de quelques manifestation d'émotion; sa tante essaya de pleurer, et le docteur Grant lut le service de façon fort convaincante.
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  • Par VioletteBeauregard, le 24 octobre 2011

    Fanny Price avait à cette époque tout juste dix ans, et bien que, de prime abord, il n'y ait rien eu en elle qui pût séduire, il n'y avait rien en elle qui inspirât la répugnance au membres de sa parenté.
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