Ce billet voit enfin le jour, alors qu'il y a plusieurs mois qu'il aurait pu être publié… En fait, j'ai un peu tout fait à l'envers avec ce récit. J'ai commencé par visionner deux adaptations, dont je vous parle dans de futurs billets, puis j'ai lu le roman, en juillet dernier, mais débordée par les événements, je n'ai pas pris le temps de rédiger de billet…Depuis, j'ai revisionné les films un certain nombre de fois, et je suis finalement revenue au roman, grâce à un audiobook offert par Amazon.co.uk (je suis une fidèle cliente de leurs period dramas, et productions BBC en tous genres, mais comprenez que vu les prix pratiqués, ce serait dommage de se priver) . J'ai donc pu redécouvrir ce récit, porté par la voix de Juliet
Stevenson. Et je crois que je l'ai encore plus savouré que lors de ma première découverte. Cette dernière donne une véritable identité à chaque personnage, et puis forcément son accent anglais est parfait, alors c'est un plaisir de l'écouter (j'aime d'amour les sonorités de la langue anglaise; deux mots d'anglais, des cheveux longs ou de jolies bouclettes, un soupçon d'esprit, un peu de culture et je suis une fille perdue -_-'). J'ai écouté les 8 heures du fichier pratiquement d'une traite, sortant de dessous ma couette, uniquement pour aller me réapprovisionner en thé et en biscuits. Expérience délicieuse…
Quant au roman en lui-même, je suis assez embêtée au moment d'en parler, parce que je l'ai aimé, beaucoup, mais pas tant que j'aurais voulu. du coup, je ne sais pas bien où le placer dans mon top austenien… Ce billet m'aidera peut-être à y voir plus clair. Voyons cela en détail, même si je crains d'être un peu brouillonne par moments.
Très clairement, j'ai largement préféré l'intrigue, les personnages, leur histoire à ceux d'
Orgueil et Préjugés ou de
Lady Susan. Ils m'ont semblé plus proches de moi et plus touchants, bouleversants même. Je me suis par exemple, bien plus reconnue en Anne, qu'en Elizabeth, même si cette dernière est adorable. Anne et ses 27 ans, sa solitude, sa discrétion, ses renoncements… Avec de tels ingrédients, je devais adorer ce roman. Et c'est finalement de là que viendra ma légère déception.
J'ai aussi beaucoup aimé le ton plus grave, amer presque, de cette histoire. L'humour est largement aussi présent que dans O&P par exemple (il suffit de lire le premier paragraphe pour s'en convaincre), mais aussi plus piquant. J'ai trouvé ici
Jane Austen beaucoup moins tendre et indulgente qu'avec ses autres personnages (du moins ceux que je connais), mais cela encore m'a beaucoup plu.
Puisqu'il est question des personnages, j'ai bien sûr été, je l'ai dit au début, douloureusement touchée par Anne et le capitaine; et puis quel bonheur de les voir enfin réunis ! Mais le couple Croft m'a énormément plu aussi, la tendresse qui les unit fait plaisir à voir et puis Sophia est une femme extraordinaire ! Harville et Benwick m'ont bien plu aussi ; ils sont très attachants. Les autres membres de la famille Elliot m'ont tous horripilée, mais en même temps, c'était assez jouissif et drôle de soupirer d'agacement contre eux, tant l'humour est présent à chacune de leurs apparitions. Lady Russell me laisse plus indécise… tout comme Anne, je n'arrive pas vraiment à la blâmer, parce qu'on sent vraiment qu'elle aime et estime Anne, et qu'elle n'a pas agi par mesquinerie. Elle pensait vraiment agir pour le mieux. Alors oui, son influence est regrettable , mais c'est au final un personnage que je n'ai pas réussi à détester. Enfin, j'ai aimé la douceur, la joie de vivre et la force de caractère de Mrs Smith. Au milieu de tous ses malheurs, c'est un personnage que j'ai trouvé rayonnant.
Enfin, comme toute lectrice normalement constitué, j'ai succombé à la lettre du capitaine
Wentworth. Bien que j'en connaisse déjà la teneur, pour avoir vu les adaptations, en découvrir les mots couchés sur le papier, puis les entendre lus m'a bouleversée comme si je les découvrais pour la première fois. Cette lettre me file à chaque fois des frissons. Moi aussi, je veux qu'un damoiseau m'écrive une telle lettre !
Mais en même temps, il y a tout un tas de petites chose dans la narration qui m'ont chagrinée… Je sais bien que le roman a été publié à titre posthume et que donc
Jane Austen ne l'a sans aucun doute pas autant peaufiné qu'elle l'aurait voulu, et c'est justement ce qui me rend malheureuse. Trop de choses à peine survolées, alors que j'aurais aimé plus de détails, trop de passages un peu « bancals » (particulièrement au début) qui sonnent plus comme des notes de l'auteur pour elle-même, des pistes de développement que comme de réels paragraphes du roman. C'est dommage, et triste, une fois de plus. Avec une si belle trame, ce roman aurait pu être absolument parfait…
Mais malgré tout, au terme de ce billet, je me rends compte qu'il y a beaucoup plus de points positifs que de négatifs et je crois pouvoir dire que pour l'instant ce roman est mon préféré de mes 3 lectures Austeniennes. le contenu magnifique rattrape sans aucun doute les petits défauts sur le plan de la forme.
Lien : http://leboudoirdemeloe.wordpress.com/2012/01/25/austen-jane-persuas..