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ISBN : 226402383X
Éditeur : 10-18 (1996)


Note moyenne : 4.13/5 (sur 370 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Sous le vernis d'un genre, chacune des phrases de Jane Austen attaque les conventions, traque les ridicules, et finit avec une grâce exquise par pulvériser la morale bourgeoise, sans avoir l'air d'y toucher. Les héroïnes de Jane Austen lui ressemblent, elles aiment les ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Ellen-R, le 13 novembre 2012

    Ellen-R
    On dit que Persuasion est le roman de la maturité pour Jane Austen. Et je confirme, parce que le plaisir de lecture qu'il offre est en tous les cas immense, aussi bon, peut-être même meilleur encore, qu'Orgueil et préjugés.
    Notre héroïne est ici Anne Elliot, déjà 28 ans lorsqu'on la rencontre, et toujours pas mariée. Sa sœur aînée, Elisabeth, non plus d'ailleurs, au contraire de leur cadette, Mary. Leur père, le baronnet Walter Elliot, est d'un snobisme effarant, jugeant les gens sur leur mine au sens littéral : la beauté et la prestance étant pour lui d'une importance capitale (suivi en ce sens par Elisabeth). Leur mère est hélas décédée lorsqu'Anne avait treize ans. Et c'est totalement reléguée à l'arrière-plan par sa famille, sans affection et sans véritable soin, qu'elle s'est construite depuis.
    Heureusement, elle a une amie très chère, qui était l'intime de sa mère, Lady Russell, qui l'aime tendrement et veille sur elle du mieux qu'elle le peut.
    Aussi, lorsqu'elle s'éprend du capitaine Wentworth, Lady Russell la persuade de rompre cet engagement, estimant, en toute bonne foi argumentée, que ce mariage serait une erreur. Anne obtempère, confiante dans le jugement de son amie.
    Son cœur, pour autant, n'oubliera jamais sa tendre inclination. Et huit ans et demi plus tard, le destin replace pour un temps nos deux ex-tourtereaux dans la même ville. Mais la donne a changé, la maturité a fait son œuvre, et le cousin William Walter Elliot, héritier présomptif du titre de baronnet, est soudain dans la place lui aussi, charmant et attentif.
    Alors… Que penser ? Que faire ? Qui pense quoi ? Et à qui ?
    C'est tout un petit monde plein de personnalités retorses et variées qui se croisent, jusqu'à la conclusion…
    Ah, j'ai adoré ce roman. le moment où la lettre qui va dénouer la situation est glissée sur le bureau, l'exaltation totale qui nous saisit à l'instar d'Anne, a-t-on bien interprété ? Va-t-on être déçu ? Ou lorsque la personnalité de Willliam Elliot s'éclaire enfin… Ou la sœur Mary à qui on donnerait bien une ou deux claquounettes au passage pour la faire revenir sur terre… Ou la connerie du père qui est parfaitement risible… Vraiment, à déguster du début à la fin sans aucune longueur, une grande joie. C'est pétillant, merveilleusement entraînant !
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    • Livres 5.00/5
    Par Aline1102, le 31 mars 2012

    Aline1102
    Anne Elliot est la fille d'un baronnet désargenté, Sir Walter, contraint de louer la demeure familiale à un amiral de la marine et à son épouse.
    Quelle n'est pas la surprise d'Anne lorsqu'elle apprend que les nouveaux locataires de son père sont la soeur et le beau-frère du capitaine Frederick Wentworth, l'homme qu'Anne aimait follement huit ans plus tôt... Convaincue par son amie, Lady Russell, d'oublier le jeune homme, Anne s'est inclinée, au grand désespoir de Wentworth, qui en est venu à considérer le manque de caractère de la jeune fille comme l'un des plus grands défauts dont peut faire preuve une jeune fille.
    Lorsqu'ils se rencontrent à nouveau, Anne a vingt-sept ans et Wentworth n'est plus le jeune homme sans argent et sans carrière prometteuse. Tous deux ont évolué: le caractère d'Anne s'est affirmé et Frederick a fait fortune après être monté en grade. Pourront-ils se retrouver?

    "Persuasion" est un roman tout à fait étonnant, tout en étant très agréable à lire.
    La première surprise de l'histoire, c'est l'âge des jeunes femmes de l'histoire: Anne a donc vingt-sept ans, ce qui en fait certainement la plus âgées des héroïnes de Jane Austen, et sa soeur aînée, Elizabeth, en a vingt-neuf. Seconde surprise, aucune d'elle n'est encore mariée, alors que tout le monde se souvient de Charlotte Lucas qui, dans "Orgueil et préjugés", se qualifiait elle-même de fardeau pour ses parents parce que, plus jeune qu'Elizabeth, elle n'était pas mariée. Et, ici, il n'est pas question de fardeau, puisque Sir Walter ne désespère pas, persuadé qu'il est de pouvoir pousser Elizabeth, sa favorite, à faire un beau mariage.
    Passés ces premiers éléments inhabituels, on se retrouve en terrain connu: Anne n'est pas appréciée à sa juste valeur par son père et ses deux soeurs, qui la considèrent un peu comme une idiote, trop laide et fanée pour se marier.
    Or, Anne est une jeune fille tout à fait délicieuse. Intelligente, réfléchie, généreuse, elle séduit dès les premières pages. Comme Fanny Price, dans "Mansfield Park", elle est traitée de façon révoltante par la plupart des personnes formant son petit entourage. Mais la comparaison s'arrête là, puisque Anne est beaucoup moins effacée et discrète que Fanny.
    Car, même si elle n'est absolument pas aussi orgueilleuse que son père et ses soeurs, très fiers de leur titre, Anne est néanmoins consciente de sa valeur et du rang qu'elle occupe dans la société. Ce trait de caractère est d'ailleurs très agréable, puisqu'il renforce en quelque sorte cette maturité qui se dégage du personnage d'Anne: on sent qu'elle en a fini avec les hésitations de sa jeunesse, celles qui lui ont fait abandonner sa relation avec Wentworth, et qu'à vingt-sept ans, elle sait enfin ce qu'elle veut. Ces traits de caractère, ajoutés à sa vitalité et à son esprit, rappellent légèrement Elizabeth Bennet, d'Orgueil et préjugés.
    En ce qui concerne l'histoire d'amour entre Anne et Wentworth, le suspense n'est, bien entendu, pas très développé. On se doute bien que, comme d'habitude, l'héroïne va devoir choisir entre deux hommes et que, au moment où elle choisira l'un d'eux, elle apprendra des horreurs sur l'autre. Ici encore, c'est le cas: alors que M. Elliot, un cousin, est très attiré par Anne, qui le trouve elle-même sympathique, la jeune fille apprend de la bouche de l'une de ses amies, Mrs Smith, qu'Elliot est en fait un menteur et un manipulateur. Après cette révélation, on se doute bien de la tournure que prendront les événements. Mais, après tout, ce n'est pas désagréable de lire une charmante histoire où tout se termine bien pour tous les personnages que l'on trouve sympathiques!
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    • Livres 5.00/5
    Par Syl, le 13 avril 2013

    Syl
    Le baronnet Sir Walter Elliot est fier de ses origines, de sa personne, de son rang et des quelques lignes dans le registre « le baronnetage » qui le racontent. Veuf depuis une douzaine d'années, il vit dans le château familial implanté dans le Somerset, avec deux de ses filles célibataires, Elizabeth et Anne, la troisième, Mary, étant mariée à Charles Musgrove, un hobereau fortuné de la région.
    Au décès de la mère, l'aînée Elizabeth a pris, à l'âge de seize ans, la gestion de la maison. Des trois filles, elle est celle qui ressemble le plus au baronnet. Belle, fière, autoritaire, dévouée à son titre, elle est aussi la préférée de cet homme égocentrique, adepte de Narcisse, qui voit en ce doublon, la noblesse de sa race. Anne, la deuxième dans la lignée, était une enfant intelligente, cultivée, un peu en retrait, un bouton de rose plein de promesse, à peine éclos, portrait de sa mère. Mais à l'âge de vingt-sept ans, la fraîche jeunesse ayant palie, elle s'apparente plus à une petite souris terne, une gouvernante, une vieille fille desséchée, qu'à une demoiselle épanouie. Quant à Mary la petite dernière, elle est épouse et mère. Sa personnalité, peut-être fragilisée par la perte de sa mère très jeune, est instable,capricieuse, craintive et bilieuse.
    La vie se déroulerait dans une routine bien confortable, entre Londres et le château de Kellynch, si des problèmes financiers ne venaient pas interférés ; la ruine et l'expropriation menacent la famille.S'étant sécrétée petit à petit, cette précarité arrive à un stade ultime qu'il n'est plus permis d'ignorer. Sir Elliot est contraint de faire appel à ses amis et voisins pour des conseils… C'est Lady Russell, une vieille amie de sa femme et marraine d'Anne, qui établit un programme d'économies. Cependant les propositions sont mal accueillies… mais que faire ?
    « Quoi ! toutes les commodités de la vie effacées d'un trait ! Voyages, Londres, serviteurs, chevaux, table… des diminutions et des restrictions partout ! Ne plus même vivre aussi décemment qu'un simple gentilhomme ! Non ! Il préférait quitter sur l'heure le château de Kellynch plutôt que d'y rester à des conditions aussi ignominieuses. »
    … Ils pourraient louer le château et partir vivre à Bath avec un train de vie plus modeste.
    En dressant une liste des personnes susceptibles d'habiter le château, un nom apparaît dans la conversation qui renvoie Anne à la douceur amère de quelques souvenirs.
    Par l'intermédiaire de M. Shepherd, homme d'affaires et ami, un locataire est trouvé. le respectable amiral Croft viendrait y habiter avec sa femme Sophia, soeur aînée du capitaine Frederick Wentworth, une ancienne connaissance.
    Alors que tous déblatèrent et louangent la Royal Navy, les méfaits combinés de la mer et du soleil sur la peau, sur l'amiral Croft et son pedigree… Anne se remémore quelques mois de l'année 1806… Elle a dix-neuf ans, elle est belle, pleine de fougue et follement amoureuse d'un capitaine de frégate venu en villégiature dans le Somerset.
    Elle semble si lointaine, presque étrangère, cette demoiselle qui avait dû refuser la demande en mariage d'un bel officier. Trouvant cette alliance déshonorante, Sir Elliot s'était opposé à l'union, soutenu par Lady Russell qui trouvait que sa filleule méritait quelqu'un de mieux placé. Si l'un s'outrage par snobisme, l'autre prend d'autres prétextes pour étayer ses recommandations, alors que les sentiments de base ne sont que jalousie et inquiétude. Sa fille de coeur partirait sous d'autres cieux, suivre son militaire de mari. Ainsi, le portrait d'un jeune et fringant officier se flétrissait à chaque parole et ses qualités se paraient de défauts… Cet homme n'a pas de fortune, il est trop intrépide voire dangereux, il lui manque de la finesse et de l'esprit…
    Anne, en ce jour de rappel, compte aussi les jours de regrets. L'innocence et la confiance ont généré des années de solitude, de tristesse et de soupirs déçus.
    Mais bientôt… lorsqu'elle se promène dans les allées du jardin, effleurant les massifs du bout des doigts, songeuse et mélancolique… oui, bientôt… « Encore quelques mois et il se promènera peut-être ici. »
    Bath ne sera pas la destination d'Anne qui a été appelée par sa soeur Mary, encore en émois de quelques travers… AUppercross Hall, elle joue un rôle terne et discret, mais elle est aussi un noyau où tous gravitent. Tour à tour réceptacle de commisérations de la part de Mary, de Charles et des parents de celui-ci, les Musgrove, infirmière pour sa migraineuse de soeur et ses neveux énergiques, pianistes aux heures des divertissements… son âme généreuse et altruiste se voue entièrement à ses proches.
    Uppercross et la Grande Maison, fief des Musgrove, sont voisins de Kellynch. Très rapidement, ils sympathisent avec les nouveaux arrivants, occasionnant une effervescence enjouée et dynamique. Les Croft sont des gens charmants et ce capitaine Wentworth, venu en vacances auprès de sa soeur, est délicieux ! Son allure, sa galanterie, sa bienveillance et sa fortune qui n'est pas à négliger, font de lui un savoureux parti qui séduit dans l'instant les jeunes soeurs de Charles, Henrietta et Louisa. de plus, il s'avérerait que le capitaine cherche une épouse.
    Anne aurait souhaité disparaître. Enfoncée dans le décor, grise et vieillie, muette comme une absente, elle se présente à Frederick Wentworth, insignifiante, délavée et décatie. Elle est « méconnaissable » tel est le terme qu'il emploie pour la désigner, telle est l'image qu'il veut garder pour se venger.
    Persuasion
    Anne se persuade que son avenir est au service des siens. Mais peut-on penser qu'à vingt-sept ans la vie est finie ?
    Frederick se persuade que n'importe quelle jeune fille ferait une bonne épouse, pourvu qu'elle ait « un esprit solide et des manières douces »… « Un peu inférieure, je saurai, bien sûr, m'en accomoder, mais l'écart ne doit pas être grand. Si je suis idiot, je le serai bel et bien , car j'ai réfléchi sur ce sujet plus que la plupart des hommes. » Mais peut-il oublier les sentiments ?
    Et tous les autres qui se persuadent que…
    Charles préfère la chasse à sa famille, que Dick, le jeune frère de Charles mort lors d'une bataille navale, aurait pu être un homme digne comme Wentworth, que Sir Elliot peut retrouver ses aises, qu'Elizabeth, malgré son âge, trouvera une fortune à épouser…
    Persuasion, tous s'aveuglent pour avancer.
    L'automne dans le Somerset, puis à Lyme au bord de la mer, jusqu'à la fin de la saison à Bath, Anne s'épanouira comme une fleur, une hellébore, une rose d'hiver.
    Ce dernier roman de Jane Austen a été publié après sa mort. Comme dans ses autres écrits, elle peint la société anglaise sans complaisance, toujours avec des petites touches ironiques qui rendent le tableau léger et moqueur. Il n'y a aucune déception, tout est à sa place… la famille, la femme, l'amour, la campagne, les demeures, les goûters, les visites de politesse, les bals, la musique, Bath, des personnagescroustillants dont la palette variée des caractères aborde toutes sortes de personnalités, les fourbes, les hautains, les généreux, les héros…, les petites mesquineries, les faux-semblants, le jeu des sentiments, tout cela plus une part qui honore les soldats des guerres napoléoniennes.
    L'histoire raconte Anne qui a eu la sotte idée d'écouter ses aînés et d'ignorer son coeur par crainte et soumission. La jeune fille était docile, assujettie à une discipline servile et s'est laissée endormir par le temps dans de nombreux regrets. Comme dans un conte, elle s'est emprisonnée en pénitence dans une armure et s'est muée en « servante » pour son père et ses soeurs. Lorsqu'elle revoit Frederick, elle est prête à neutraliser son amour toujours présent et à être spectatrice de la romance qui se joue entre lui et Louisa. de son côté, le héros de Trafalgar, revenu avec des richesses prises en mer, n'est guère prévenant envers celle qui l'a refusé. Aimable, patient, rieur, avec les autres, il teste l'indifférence avec Anne. Je ne sais pas si ce sont des représailles calculées. Certes, une graine vengeresse devait germer, mais son détachement est surtout dû à la déception de voir après sept années, la silhouette fantomatique d'une personne qui représentait le suc de la jeunesse et de ses espérances, son havre.
    A ce couple, se joignent d'autres histoires, d'autres gens, qui font de ce livre un petit bijoux que j'ai beaucoup aimé lire.
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    • Livres 4.00/5
    Par 100choses, le 25 janvier 2012

    100choses
    Ce billet voit enfin le jour, alors qu'il y a plusieurs mois qu'il aurait pu être publié… En fait, j'ai un peu tout fait à l'envers avec ce récit. J'ai commencé par visionner deux adaptations, dont je vous parle dans de futurs billets, puis j'ai lu le roman, en juillet dernier, mais débordée par les événements, je n'ai pas pris le temps de rédiger de billet…Depuis, j'ai revisionné les films un certain nombre de fois, et je suis finalement revenue au roman, grâce à un audiobook offert par Amazon.co.uk (je suis une fidèle cliente de leurs period dramas, et productions BBC en tous genres, mais comprenez que vu les prix pratiqués, ce serait dommage de se priver) . J'ai donc pu redécouvrir ce récit, porté par la voix de Juliet Stevenson. Et je crois que je l'ai encore plus savouré que lors de ma première découverte. Cette dernière donne une véritable identité à chaque personnage, et puis forcément son accent anglais est parfait, alors c'est un plaisir de l'écouter (j'aime d'amour les sonorités de la langue anglaise; deux mots d'anglais, des cheveux longs ou de jolies bouclettes, un soupçon d'esprit, un peu de culture et je suis une fille perdue -_-'). J'ai écouté les 8 heures du fichier pratiquement d'une traite, sortant de dessous ma couette, uniquement pour aller me réapprovisionner en thé et en biscuits. Expérience délicieuse…
    Quant au roman en lui-même, je suis assez embêtée au moment d'en parler, parce que je l'ai aimé, beaucoup, mais pas tant que j'aurais voulu. du coup, je ne sais pas bien où le placer dans mon top austenien… Ce billet m'aidera peut-être à y voir plus clair. Voyons cela en détail, même si je crains d'être un peu brouillonne par moments.
    Très clairement, j'ai largement préféré l'intrigue, les personnages, leur histoire à ceux d' Orgueil et préjugés ou de Lady Susan. Ils m'ont semblé plus proches de moi et plus touchants, bouleversants même. Je me suis par exemple, bien plus reconnue en Anne, qu'en Elizabeth, même si cette dernière est adorable. Anne et ses 27 ans, sa solitude, sa discrétion, ses renoncements… Avec de tels ingrédients, je devais adorer ce roman. Et c'est finalement de là que viendra ma légère déception.
    J'ai aussi beaucoup aimé le ton plus grave, amer presque, de cette histoire. L'humour est largement aussi présent que dans O&P par exemple (il suffit de lire le premier paragraphe pour s'en convaincre), mais aussi plus piquant. J'ai trouvé ici Jane Austen beaucoup moins tendre et indulgente qu'avec ses autres personnages (du moins ceux que je connais), mais cela encore m'a beaucoup plu.
    Puisqu'il est question des personnages, j'ai bien sûr été, je l'ai dit au début, douloureusement touchée par Anne et le capitaine; et puis quel bonheur de les voir enfin réunis ! Mais le couple Croft m'a énormément plu aussi, la tendresse qui les unit fait plaisir à voir et puis Sophia est une femme extraordinaire ! Harville et Benwick m'ont bien plu aussi ; ils sont très attachants. Les autres membres de la famille Elliot m'ont tous horripilée, mais en même temps, c'était assez jouissif et drôle de soupirer d'agacement contre eux, tant l'humour est présent à chacune de leurs apparitions. Lady Russell me laisse plus indécise… tout comme Anne, je n'arrive pas vraiment à la blâmer, parce qu'on sent vraiment qu'elle aime et estime Anne, et qu'elle n'a pas agi par mesquinerie. Elle pensait vraiment agir pour le mieux. Alors oui, son influence est regrettable , mais c'est au final un personnage que je n'ai pas réussi à détester. Enfin, j'ai aimé la douceur, la joie de vivre et la force de caractère de Mrs Smith. Au milieu de tous ses malheurs, c'est un personnage que j'ai trouvé rayonnant.
    Enfin, comme toute lectrice normalement constitué, j'ai succombé à la lettre du capitaine Wentworth. Bien que j'en connaisse déjà la teneur, pour avoir vu les adaptations, en découvrir les mots couchés sur le papier, puis les entendre lus m'a bouleversée comme si je les découvrais pour la première fois. Cette lettre me file à chaque fois des frissons. Moi aussi, je veux qu'un damoiseau m'écrive une telle lettre !
    Mais en même temps, il y a tout un tas de petites chose dans la narration qui m'ont chagrinée… Je sais bien que le roman a été publié à titre posthume et que donc Jane Austen ne l'a sans aucun doute pas autant peaufiné qu'elle l'aurait voulu, et c'est justement ce qui me rend malheureuse. Trop de choses à peine survolées, alors que j'aurais aimé plus de détails, trop de passages un peu « bancals » (particulièrement au début) qui sonnent plus comme des notes de l'auteur pour elle-même, des pistes de développement que comme de réels paragraphes du roman. C'est dommage, et triste, une fois de plus. Avec une si belle trame, ce roman aurait pu être absolument parfait…
    Mais malgré tout, au terme de ce billet, je me rends compte qu'il y a beaucoup plus de points positifs que de négatifs et je crois pouvoir dire que pour l'instant ce roman est mon préféré de mes 3 lectures Austeniennes. le contenu magnifique rattrape sans aucun doute les petits défauts sur le plan de la forme.

    Lien : http://leboudoirdemeloe.co.uk/2012/01/25/austen-jane-persuasion/
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    • Livres 3.00/5
    Par Woland, le 24 décembre 2007

    Woland
    Persuasion
    Traduction : André Bélamich
    Eclairons tout d'abord le titre. Quand Henry, le frère de Jane Austen, le fit publier peu après la mort de sa soeur, il choisit le mot anglais "Persuasion", par référence probable à "Orgueil et Préjugés" puisque, dans la langue de Shakespeare, "Persuasion" désigne surtout une idée préconçue, une conviction. Alors que notre "Persuasion" française n'a plus grand rapport avec cela. D'ailleurs, le titre provisoire que la romancière avait trouvé à son dernier manuscrit était : "Ann Elliott ou l'Ancienne inclination", ce qui est tout autre chose.
    Quoi qu'il en soit, ce dernier opus est d'une délicatesse achevée et l'on peut imaginer Henry James se pâmant en le lisant. L'héroïne, que sa créatrice jugeait parfois "trop bonne", est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît. En apparence en effet, Ann est un personnage soumis, presque gris, qu'a toujours écrasée la volonté des autres. A commencer par celle de son père et de sa soeur aînée, la très brillante (et très snob) Elisabeth Elliott. Obsédés par le titre de baronnet de sir Elliott, ces deux-là jugent avec tant de hauteur les fortunes et les soupirants qui se présentent qu'il ne faut pas s'étonner de voir Miss Elliott encore fille à l'âge - pourtant respectable à cette époque - de 27 ans.
    C'est dans la même optique que, huit ans plus tôt, tous deux avaient fait pression sur Ann pour que celle-ci déclinât la proposition de mariage du capitaine Wentworth, jeune officier de marine qui n'avait pour lui que sa valeur morale. Ils avaient été aidés dans leur entreprise par lady Russell, la marraine d'Ann, femme pourtant sympathique et à dix mille lieues des prétentions de Sir John et de son aînée, mais qui avait elle aussi pensé à l'époque que sa préférée pouvait prétendre à mieux.
    Les années passant et Sir Elliott et son aînée se refusant à réduire leur train de vie, les voilà contraints de louer leur propriété et de s'exiler à Bath. le père et sa favorite s'exilent les premiers, laissant Ann chez Mary, troisième et dernière des soeurs Elliott et la seule à ce jour à avoir fait un relatif beau mariage.
    Bien entendu, de concours de circonstances en hasard plus ou moins heureux, Ann va retrouver le capitaine Wentworth sur sa route ...
    Si Austen revisite à sa façon le thème Cendrillon, elle ne s'en fait pas moins acerbe et dure dans la vision qu'elle donne d'une société où seule compte la sauvegarde des apparences - et de sa fortune. Peu importe par exemple que le cousin des Elliot, qui doit plus tard récupérer le titre de Sir John en raison d'une entente juridique nommée "entail", ait fait un premier mariage fortuné mais sans amour dans l'unique but de bien asseoir ses revenus personnels : bien que la chose soit de notoriété quasi publique, tout le monde s'attend bien à ce qu'Ann agrée sa demande. Soit, ce gentleman s'est vu forcé à un mariage de raison par les circonstances. Mais maintenant qu'il est veuf et riche, n'est-il pas logique qu'il choisisse sa deuxième épouse parmi les filles de l'homme dont la mort lui garantira un titre ? En un sens, c'est même très moral ...
    Comme on le voit, la caricature, ici, est très amère et Ann n'aura pas trop de sa douceur et de sa force d'âme pour parvenir sans trop de blessures à une fin que Jane Austen, en dépit de son expérience personnelle, a voulu heureuse. Il faut dire que, si elle tenait à venger son lecteur du comportement outrancier et presque vulgaire de Sir Elliott et d'Elizabeth tout au long du livre, la romancière n'avait pas d'autre choix. ;o)
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Critiques presse (1)


  • Telerama , le 06 juillet 2011
    Les amours empêchées d'une héroïne tout sauf résignée.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par SheepCeline, le 13 septembre 2011

    Je ne puis écouter davantage en silence. Il faut que je vous parle, avec les moyens dont je dispose. Vous transpercez mon âme. Je suis partagé entre l'angoisse et l'espoir. Non, ne me dites pas qu'il est trop tard, que ces précieux sentiments ont disparu à jamais. Je vous offre de nouveau un coeur qui vous appartient encore plus totalement que lorsque vous l'avez brisé il y a huit ans et demi. Ne prétendez pas que l'homme oublie plus vite que la femme, que son amour meurt plus tôt. Je n'ai jamais aimé que vous. Injuste, j'ai pu l'être, faible et rancunier, je l'ai été... mais inconstant, jamais. C'est vous seule qui m'avez fait venir à Bath. C'est pour vous seule que je pense, que je fais des projets... Ne l'avez-vous pas senti? N'avez-vous pas compris mes souhaits?... Je n'aurais même pas attendu ces dix jours si j'avais pu lire vos sentiments comme je pense que vous avez dû pénétrer les miens. J'arrive à peine à vous écrire. J'entends à tout moment quelque chose qui me bouleverse. Vous baissez la voix, mais je puis distinguer les inflexions de cette voix, quand même elles échapperaient à d'autres... O parfaite, excellente créature ! Vous nous rendez bien justice. Vous êtes sûre que l'attachement et le constance véritables existent parmi les hommes. Soyez assurée de les trouver infiniment fervents, infiniment fidèles chez F.W.
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  • Par mathilde08, le 26 août 2012

    Arrivés dans Union Street, un pas rapide et qui lui était familier se fit entendre derrière eux. Elle eut le temps de se préparer à voir Wentworth. Il les rejoignit, puis parut indécis sur ce qu'il devait faire ; il se tut et la regarda. Elle soutint ce regard en rougissant. Alors l'indécision de Wentworth cessa et il marcha à côté d'elle.
    Charles, frappé d'une pensée soudaine, dit tout à coup :
    -Capitaine, où allez-vous ? A Gay Street, ou plus loin ?
    -Je n'en sais rien, dit Wentworth, surpris.
    -Allez -vous près de Camden Place ? Parce qu'alors je n'ai aucun scrupule à vous prier de me remplacer, et de donner votre bras à Anne. Elle est un peu souffrante ce matin et ne doit pas aller seule si loin ; et il faut que j'aille chez mon armurier. Il m'a promis de me faire voir un superbe fusil qu'il va expédier, et si je n'y vais pas tout de suite il sera trop tard.
    Wentworth n'avait aucune objection à faire à cela, il s'empressa d'accepter, réprimant un sourire et une joie folle.
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  • Par Megelio, le 16 avril 2013

    Pour elle, le plaisir de la promenade devait naître de la marche, de la journée, de la contemplation des derniers sourires de l’année sur les feuilles rousses et les haies fanées, et des quelques descriptions poétiques, parmi des milliers d’autres, qu’elle se répétait sur l’automne, cette saison qui exerce une influence singulière et inépuisable sur l’esprit tendre et délicat, cette saison qui a tiré de tout poète digne d’être lu un essai de description ou quelques vers pleins de sentiments.
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  • Par wictoria, le 31 mars 2010

    Henriette lui a demandé ce qu’il pensait de vous, lorsqu’ils sont partis, et il a dit que vous étiez si changée qu’il ne vous aurait pas reconnue.
    Mary n’avait pas assez de sensibilité pour respecter, d’ordinaire, celle de sa sœur ; mais elle ne se douta pas le moins du monde qu’elle venait de lui faire une blessure particulière.
    « Méconnaissable ! » Anne acquiesça totalement, en proie à une silencieuse et profonde mortification. Sans aucun doute, il en était ainsi et elle ne pouvait pas prendre sa revanche, car lui n’avait pas changé, pas enlaidi en tout cas.
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  • Par Morgouille, le 14 février 2011

    La vérité sur cette page pathétique d’histoire familiale était que les Musgrove avaient eu la mauvaise fortune d’avoir un fils insupportable et désespérant et la bonne fortune de le perdre avant qu’il eût atteint ses vingt ans ; qu’on l’avait envoyé en mer parce qu’il n’y avait rien à tirer de sa stupidité à terre ; qu’il avait toujours donné très peu de souci à sa famille, ce qu’il méritait d’ailleurs ; peu de nouvelles et presque aucun regret, lorsque le bruit de sa mort lointaine eut cheminé jusqu’à Uppercross, deux ans plus tôt.
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